‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 27 sur 70 · CAPITAINE GIROUX · texte numérisé non relu

CAPITAINE GIROUX

et les waggons. Vers onze heures et demie a. m., l'on | partit à bord du Big-Bear au nombre de quatre-vingt- ; pi dix neuf, officiers, sous-officiers, soldats et bateliers. | m Tout le bagage fut laissé en arrière ; chaque homme 14 ve n’apporta que ses armes, sa Capote et une couverte. A

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deux heures et demie p. m,, un éclairour vient aunoncer que l'avant-garde est engagée,

Par ce courier, le général fait parvenir au Lt-Col. Hughes l’ordre de longer la côte et de débarquer aussitôt qu'on déploiera un drapeau blanc sur la montagne. Tous attendent le signal avec impatience. Enfin, vers trois heures moins cinq minutes, on descend des bateaux et vers trois heures et vingt minutes on se met en route pour le champ de bataille. On peut entendre distinctement la fusillade. Au moment du départ, tous s’agenouillent et la scène est des plus solennelles. Les yeux tournés vers le ciel, le Révérend Père Provost implore la bénédicüon du Tres-Haut sur la vaillante phalange canadienne et lui donne l’absolution, Jamais spectacle ne fut plus saisissant de grandeur et de majesté.

Le tableau, encadré dans limmensité de la plaine, prenait des proportions grandioses. Ainsi réconforté, le bataillon se met en marche et gravit la piremière colline. Tous obéissent aux commandements en silence et dans un ordre parfait. Le canon fait tonner sa voix d’airain et répand la plus grande terreur parmi les Sauvages qui se sauvent dans un bois adjacent. Pendant leur fuite, les soldats tirent trois décharges de mousqueterie. Immédiatement après l’on reçoit l’ordre de bivouaquer. Les chariots contenant les provisions n'étant pas arrivés, l’on se couche sans souper,

Que la nuit parut longue aux soldats épuisés par les fatigues de la veille et incapables de dormir! On passe la nuit à la belle étoile sans couverte ni capote. Vers le matin quelques chariots arrivent. À trois heures on se met en rangs et

tous prennent à la hâte un déjeuner des plus modestes, Quelques minutes plis tard la coloune s'est mise en marche et rencontre l'ennemi dans une position fortement retranchée, sur une éminence rendue presqu'inapprochable par un ravin profond qui la sépare des volontaires. Le général ordonne au 65e de descendre en tirailleurs dans ce ravin, pendant que l’on installe le canon sur la côte opposée. Plusieurs détonations reétentissent à la fois du côté des Sauvages; mais pas un homme ne bronche, pas une seule balle n'avait atieint son but, Les volontaires, en ce moment, descendent la côte au pas de charge et, malgré la terrible solennité du moment, trouvent encore un bon mot pour égayer les moins philosophes le long de ia route, En effet le spectacle est imposant! Cent jeunes soldats, la fleur de la jeunesse montréalaise, se précipitant de cœur joie au milieu des balles ennemies, qu’une m' divine peut seule faire dévier de leur route ; derrière chique compagnie, le capitaine devenu sérieux, comprenant toute l'importance de sa charge, toute la responsabilité que lui impose sa position; un peu plus loin, le révérend aumônier, revêtu du surplis blanc, la sainte étole au cou et prêt à administrer les derniers sacrements de la sainte Eglise. Le révérend Père attend avec calme l'heure de remplir son devoir et jette de tous côtés un regard inquiet. Tout à coup, au milieu de la fumée, il distingue le brave Lemay qui tombe frappé à la poitrine, En un clin d'œil il est aupres de ui ainsi que l’ambulancier Marc Prieur. On relève le malheureux blessé et le prêtre lui donn? les saintes huiles. Puis on le transporte dans la voiture

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d'ambulance. Le chirurgien-major est déjà près de lui et lui donne ses soins. On fenid la chemise de Lemay et, au premier coup d'œil, la blessure parait mortelle. La balle a passé si près du cœur qu'au premier abord on a quelques doutes sur la possibilité d'une guérison. L'hémorragie se produit et bientôt toute la figure et les habits de Lemay sont couverts du sang qui lui sort par la bouche, On a à peine donné les soins à Lemay, qu'un autre ambulancier, aidé du général Strange en personne, ap: porte Marcotte et le dépose à côté de Lemay dans le waggon d'ambulance. La plaie n’est pas si dangereuse que celle de Lemay, la balle ayant frappé Marcotte à l'épaule. Le premier coup de feu fut tiré à ou vers six heures et demie du matin et vers neuf heures et demie la fusillade avait cessé. Voyant que l'ennemi était de beaucoup supérieur en nombre et que sa position était imprenable, le général ordonna la retraite qui se fit dans le plus grand ordre. Dans toute cette affaire le 65e n'a pas êté ménagé ; en se rendant au combat il était à l'avant-garde et dans la retraite il formait l'arrière. garde. Vers midi le 65e s'arrête sur une hauteur, où il se retranche fortement. Le général part avec le transport de fourgons et ordonne au 65e de se rendre à bord du Big Bear. On se remet donc en route ; mais en descendant la colline qui borde la rive on s’apercoit que le bateau n'y est plus. On fut donc obligé de continuer par terre et il était sept heures et demie du soir quand la première compagnie arriva à Fort Pitt. Le lieutenant Mackay y était arrivé pendant la journée avec ses hommes et une compagnie de l’Infanterie Légère de Winnipeg.

On ne peut guère se figurer la fatigue des soldats après les événements de cette journée. Pas un n'avait dormi de toute la nuit précédente ; on était parti pour le champ de bataille sans avoir à peine déjeuné ; l'on était resté trois heures sous le feu, puis il avait fallu revenir à pied au Fort, une dis. tance de onze milles. Aussi chacun goûta-til avec délices le repas qui fut servi au Fort et la nuit de repos qui le suivit.

Voici les noms de ceux du 65e qui ont pris part à la bataille de la Butte aux Français:

Lt.-col. Hughes, major Prévost, major Robert, adj. Starnes, Dr. Paré, l'abbé Provost, l'instructeur Labranche. Comp. No. 3: Capt E. Bauset, Li ÆF. Ostell, sergents N. Gauvreau, J. B Dussault, A. Beaudin, caporaux, Browning, Les. perance. Soldats : J. Marcotte, J. Deslauriers, Eug. Maillet, E. Brais, A. Brais, E. Soulière, Alp. Mérino, U. Viau, Jos. Gaudet, Marc. Prieur, ambulancier, Ed. Aoule, Jos. Desglandon, Alb. Sauriol, H. Chartrand, Alex Martin, P. Sarrasin, A. Laviolette, A. Gagnon, Alf. Boisvert, Alex Riché. Comp. No.4: Capt. A. Roy, Lt. Hébert, sergents G. Labelle, Houle, P. Valiquette, caporaux R. Vallée, Pouliot, E. Barry. Soldats : Ephrem Lemay, Ant. Mousette, G. Tessier, F. Carli, J. Martineau, B. Rodier, N. Beaulne, A. Fafard, F. X. Pouliot, D. Traversé, Alp. Dumont, S. Gascon, J. Roy, A. Labelle, X. Lortie, C. Gravel, Jos. Paquette, P. Dufresne, C. Grenier, ambulancier, clairon Descastiau. Comp. No. 5 : sergents D'Amour, Bennet. Soldats : Valois, Desroches, Despatie, Jutras, Beauchamp, L. Ledue, Jos. Dagenais, Tellier, Gaurvreau, Jos. Morin, Marceau, W. Rowarty, clairon, T.

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Robichaud. Comp. No. 6 à la charge du canon : Sergent Lapierre, Soldats : L. Rose, C. Clairmont. A. Bertrand, O. Bertrand, E. Chalifoux, X. Larin. Jos. Lavoie, H. Langlois, D. Dansereau, H. O. Rochon. E. Allard, N. Doucet.

La journée qui suivit fut donnée entièrement au repos et chacun flâna de son mieux. Dans l'äprès. midi, Borrodaile et Scott, les deux couriers qui étaient allés à Battleford, arrivent au Camp et annoncent la soumission de Poundmaker. La s'écoule silencieuse,

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