‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 32 sur 70 · FORT OSTELL · texte numérisé non relu

FORT OSTELL

Après avoir donné le récit complet des aventures de l'aile droite du 65e bataillon dans sa marche à travers la plaine, l'histoire de la campagne de laile gauche s'impose À Pauteur comme un devoir impérieux. Le but de cet ouvrage serait manqué et le lecteur serait privé de la partie sinon la plus intéressante du moins bien importante de l'histoire de la campagne du 65e. Pendant que sous le Lt.-Col.

ite des sol- Hughes le bataillon droit ajoutait à force de fatigues,

FA de misères et de courage une page glorieuse à sou 10, Tente foire ER ee en

DAUX em | À histoire, le bataillon gauche, divisé en cinq détache. nent. ments et dispersé sur une étendue de cent-cinquante

milles, menait à bonne fin sa mission de pacification. Partout où le 65e a passé, il a laissé des traces

glorieuses de son séjour et c’est surtout dans l'ex: trème ouest que l'aile gauche, après une vie séden taire de six semaines, a su mériter son titre de soldat missionnaire. Prêchant d'exemple, il à pu par sa bonne tenue, sa conduite régulière, ses mœurs douces et tranquilles, en imposer à lesprit impressionnable des nombreuses tribus sauvages au milieu desquelles il a vécu. Partout, Sauvages comme Métis avaient surnommé les volontaires de Montréal les ‘bons petits habits noirs” et abéis saient à leurs officiers avec plus de respect que de crainte.

Comme il a été mentionné plus haut, il y avait cinq détachements dont voici les noms par ordre de distances de Galgarry : vingt hommes de la compagnie No. 8, sous le commandement du lieut. Normandeau, à la Traverse du Chevreuil Rouge, à cent milles au nord de Calgarry ; la compagnie No. | (vingt-cinq hommes et deux officiers) sous les ordres du capt. Ostell, à la Rivière Bataille, trente-hui; milles au nord du premier détachement; viugt hommes choisis des compagnies 1, 3, 4 et 8.sous le capt. Ethier, aux Buttes de la Paix, trentecinq milles plus haut; la compagnie No. 2, avec le capt, des Trois-Maisons comme chef, Edmonton, quarante milles au nord des Buttes de la Paix, soit deux cent. treize milles de Galgarry,et finalement la compagnie No. 7, sous le lieut. Doherty au Fort Saskatchewan, vingt milles à l’est d'Edmonton. Dès le 14 mai toutes ces différentes garnisons furent mises sous les ordres du lieut.-col. Ouimet qui tenait ses quartiers-généraux à Edmonton. La mission de ce bataillon ainsi dispersé était d’abord de protéger les

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lignes de communication pour permettre le passage libre des transports de provisions de Calgarry jusqu'au front; mission importante, comme on peut le voir, car de sa vigilance et de sa fidélité à remplir son devoir dépendait la vie du bataillon droit, Le second but que ce bataillon devait atteindre était la pacification des nombreuses tribus sauvages au milieu desquelles il séjournait. Chaque détachement était entouré de quinze cents à deux mille Sauvages, qui, au commencement de la campagne, étaient dans une excitation extraordinaire, et que l'arrivée des troupes ne fit qu'augmenter plutôt que diminuer. Chacun des postes était dans la position la plus précaire, car, à part le soulèvement des tribus environnantes, on craignait à juste raison les Pieds Noirs qui murmuraient contre le gouvernement et étaient poussés à la révolte par Gros-Ours lui-même. Si, un bon matin, il avait plu à ces messieurs de s'insurger, leur marche naturelle était de Calgarry à Edmonton et, l’emportant de beaucoup par le nombre, ils s'emparaient un à un des forts situés le long de leur route et pas un volontaire de l'aile gauche n'aurait vécu pour raconter les massacres commis.

Pour ne pas tran embrouiller le lecteur, la vie de garnison de la compagnie No. 1 fera le récit du premier chapitre. La position occupée par les différents détachements étant connue du iecteur, il lui sera plus facile de cornprendre la campagne en procédant par ordre de compagnies.

Le 5 mai, vers midi, la compagnie No 1 arrivait à Edmonton avec le reste de l’aile gauche, moins trois hommes qu'on avait dû laisser pour compléter

la garnison du Fort aux Buttes de la Paix. Elle alla camper avec le reste du bataillon à l'est du Fort. La compagnie No.7 était déjà rendue au Fort Saskatchewan, Les Nos. 5 et 6 quitièrent Edmonton le même jour pour se diriger sur Fort Pitt, Le lende.

main, les ordres de brigade commandaient aux capts. Ostell et Bauset de se tenir prèts à partir, avec leurs compagnies, dans les vingt-quatre heures. IL Cut dire ici que les capts. Beauset et Ostell avaient été mentionnés spécialement par le major Perry au major général Strange pour leur conduite à la Tra. verse du Chevreuil Rouge, et ces deux capitaines sont les seuls oMciers de compagnie dont il ait été fait une mention spéciale.

Cependant deux heures plus tard un contre-ordre, faisant remplacer la compagnie No. 1 par le No. 4 fut transmise au bataillon. Le capt. Ostell devait rester à.Edmonton où il serait commandant en chef, ayant sous lui sa compagnie et la compagnie No. ?, à Edmonton, le détachement du Fort Saskatchewan, et les volontaires anglais d'Edmonton. On était occupé à aire les préparatifs pour entrer dans le Fort quand vers midi, le 7 mai, le capt. Ostell reçut un nouvel ordre du général Strange. Cette fois-ci, il fallait partir, à une heure d'avis, et retourner sur ses pas jusqu'à la Rivière Bataille, soixante et dix milles au sud. Le même soir, tous les hommes de la compagnie No. 1 étaient en marche et, trois jours plus tard, après un voyage des plus rudes, ils arrivaient au lieu de leur desti nation, un vieux chantier isolé au milieu de la plaine, à un mille et demi au nord de la Rivière Bataille, Pour bien comprendre la mission de ce

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détachement, voici le texte même des instructions qu'il avait reçues avant son départ d'Edmonton ;

Edmonton, 7 mai 1885.

Instructions à l'officier commandant le détache. ment du 6e bataillon à la Rivière Bataille.

Vous avez été choisi à cause de la réputation mi. litaire que vous vous êtes acquise par votre habileté et votre énergie. La protection de notre ligne de communication avec la base de nos dépôts de pro:visions est d’une importance essentielle. Le pays à l'est de votre Fort est bien difficile et deviendra très-certainement une ligne d'opérations, le long de laquelle des maraudeurs indiens essaieront par petites bandes de s'emparer de nos transports de provisions. Vous occuperez le vieux chantier de 1a Baie d'Hudson près de chez le R. P. Scullen.

Vous le mettrez dans un état de défense aussi complet que possible, construisant une défense de flanc de manière à empêcher l'ennemi de s’approcher assez pour incendier la maison.

Vous embrasserez probablement la maison du R. P. Scullen dans votre ligne de défense. Vous mar: querez la portée de vos carabines du Fort & ‘vus les objets dans les alentours, et habituerez vos hommes à mesurer au pas ces différentes distances de manière à ce qu’ils se les rappellent, ce qui rendra votre feu plus effectif en cas d'attaque. Après que vous aurez complété la défense de votre fort, vous emploierez vos hommes à réparer, à temps perdu, les chemins dans le voisinage de votre poste, mais, en aucun temps, vous ne laisserez votre

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Ïl est probable qu'une troupe de carabiniers à che. val aura aussi ses quartiers-généraux à votre poste Ils feront une patrouille régulière entre la Rivière du Chevreuil Rouge et Edmonton.

Toutes les provisions tant pour les rations des Sauvages que pour les vôtres vous seront confiées, Le Père Scullen, j'en suis sur, vous aidera de son mieux par ses connaissances el son influence.

Par ordre, G. H. Dar, Capitaine, Major de Brigade,”

Malgré l’apparente précision de ces instructions, elles ne peurent être exécutées à la lettre, car contrairement aux informations, il n’y avait aucune maison habitable sur la réserve du Père Scullen. Le capitaine Ostell continua plus loin, et, à dix milles au sud,trouva un chantier qu'après une semaine de travail on put mettre en état de défense, Le Lt.-Col, Ouimet approuva plus tard l’action du capitaine Ostell. Malgré toute la bonne volonté possible les travaux de fortification n’avançaient pas vite, car, vu le petit nombre de soldats qui composaient le détachement, chacun avait beaucoup à faire. Il y avait, comme on le sait, vingt-cinq hommes, Pendant le jour, quatre d’entre eux, un sous-oflicier et trois soldats, montaient la garde ; et la nuit, cette garde était doublée. À part ces derniers, il faut aussi déduire un boulanger, un cuisinier, le servant des officiers et deux soldats qui travaillaient aux corvées d’eau et de bois de chauffage, Il restait donc

à peine dix hommes pour travailler aux tranchées et autres fortifications. Cependant au bout de quel. ques <emaines, l'ouvrage était presque terminé. Une tranchée de deux pieds et demi de profondeur, faite en forme de carreau, a été creusée tout autour Ga terrain sur une longueur de deux cents verges : elle communique au moyen de quatre canaux «vec un fossé de cinq pieds de profondeur qui entoure la maison. Un abattis de branches la protége contre toute attaque immédiate. Des ponts mobiles ont été posés sur les canaux pour donner plus de facilités de transport aux voitures de charge qui stationnaient au fort, De fortes barricades ont été construites pour protéger les portes et les fenêtres. Un mur en tourbe de six pieds de haut a été élevé tout autour de la maison, au-dessus du fossé. Vingt-huit meurtrières percées dans les murs complètent la défense du Fort. Pendant les premiers jours, c’est-à-dire, jusqu'à la fin du mois de mai, toute la garnison et surtout le capilaine étaient sur des épines. Les travaux de fortification se poursuivaieut de sept heuies du matin à six heures du soir et quelquefois mérne la nuit. Les Sauvages des alentours étaient dans un malaise perceptible et, malgré les remontrances des missionnaires qui leur apprenaïient à nous considérer comme des frères, ils attendaient avec anxiété les résultats des batailles qui se livraient dans l’est, Enfin la prise de Batoche délivra les garnisons de leur fausse position. Plusieurs tribus qui avaient quitié leurs réserves à l'arrivée de* troupes, revinrent s'y établir à la fin de mai et tout rentra dans ‘ordre, Voici la liste des hommes qui passèrent le temps

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de la campagne au Fort Ostell : J, B. Ostell, capitaine, commandant ; A. GC. Plinguet, lieutenant ; H: Beaudoin, sergent de couleur; Anatole E. Robichaud, second sergent; G. Aumond, caporal. Les soldats T. Bélanger, J. Bourgeois, A. Cadieux, KR. Caples, À Chartrand, I. Chalifoux, G R. Daoust i1},

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