‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 33 sur 70 · LIEUTENANT PLINGUET · texte numérisé non relu

LIEUTENANT PLINGUET

O. Drolet, Louis Goulet, Émile Haudin, Jacque: Labelle, Arthur Lanthier, E. Latulippe (2, Ludger Longpré, A. Marsan, A. Michaud. A. Narbonne, A.

(1) Nommé caporal le 23 juin ; élevé au grade de sergent le 6 juillet.

(2) Nommé caporal le 6 juillet,

Ouimet, J. Parent, A. Pepin, H. Picard et Louis Weichold.

Les incidents qui marquèrent le passage de la compagnie No. 1 au Fort Ostell sont peu nombreux, l'auteur se borue dans ce récit à n’en raconter que les principaux.

Le 12 mai, vers les six heures du soir, un courrier apporta une dépêche au capitaine de la part du Lieut.-Col. Ouimet, lui ordonnant de se rendre le soir même chez le Père Scullen pour avoir une entrevue particulière. Le capitaine fait immédiatement seller son cheval et laisse le Lieut. Plinguet en charge du Fort. Il ne revint que le lendemain matin avec d'assez bonnes nouvelles. Les Pieds-Noirs dont on redoutait un soulèvement étaient rentrés dans l'ordre.

Quelques jours plus tard, le 16 mai, le Dr, Powell, un jeune gradué de l’université McGill, arrivait au Fort. Il était officiellement attaché en qualite de chirurgien aux trois garnisons du 65ème situées au sud d'Edmonton, devant tenir ses quartiers généraux au Fort Ostell. Le nouveau médecin était à peine entré en fonction que tous l’estimaient et l’aimaient comme un des leurs. En effet, depuis cette date jusqu'à la fin de la campagne, le docteur Powell remplit sa tâche avec une fidélité et un dévouement exemplaires. [lui fallait faire à cheval une moyenne de cent cinquante milles par semaine pour visiter les différents postes où son devoir l’appelait. Il voyageait toujours seul, #t ne craignait pas de traverser les réserves des Sauvages qui se trouvaient sur sa route et où un jour ou l’autre il pouvait être attaqué et massacré. Les officiers de chacune des trois

et Louis

age de Îla 1ombreux, Outer que

1 courrier à part du rendre le ir une enmmédiateinguet en ain matin Noirs dont itrés dans

Jr, Powell, crivait au ualite de ituées au généraux it à peine laimaient cette date ur Powell 'ouement moyenne ir visiter . Il voyatraverser

t sur sa tre atta- > des trois

garnisons n'ont pas manqué de le mentionner spéci- : alement dans leurs rapports au commandant en chef à Edmonton. Le 19 rnai, le courrier, qui faisait le service entre le Fort Ethier et le Fort Ostell, arriva malade au camp. il était tombé à bas de son cheval. Le capitaine fit alors appeler le sergent C. R. Daoust (qui n’était que soldat à cette date) et lui confia la mission de remplacer le courriér malade, Deux jours plus tard, il revenait au Fort après avoir rempli sa mission à la satisfaction de ses chefs.

Le 23 mai, vers onz2 heures An soir, le corps de garde sort à la hâte nour répondre à l'appel du soldat Bélanger qui monte l'arrière garde. La nuit est très-sombre et c’est à peine si l’on peut distinguer à six picds devant soi. Bélanger jure ses grands dieux qu'il à vu un cavalier arriver assez près du parapet et, qu’à sa voix, ila changé de direction et est parti au galop; il ne doute pas que ce ne soit un espion. On fait alors une patrouille à travers le bois et les marais aux alentours du Fort. Tous reviennent mouillés et de mauvaise humeur.

L'un est tombé de tout son long dans un marais que l'obscurité lui cachait, un autre s’est frappé la tête sur une branche d'arbre, un troisième s’est’ massacré la figure sur une talle d'herbes sèches, et personne n'a pris ni vu un Sauvage; ce n’est donc pas étonnant qu'on soit de mauvaise humeur. Le reste de la nuit se passa bien tranquille.

Le jour de la fête de la Reine se passa sans autre incident que la réception d’une liasse de ‘ Patries.” C'étaient les premières nouvelles imprimées que l’on recevait. Six jours plus tard, les commissaires Royaux, chargés de faire une enquête sur les griefs

des Métis, passaient au Fort. Ils étaient trois : Mes. sieurs Forget, Street et Goulet. Le capitaine Pallisor était avec eux. Il allait se joindre à l'état-major du gén. Strange pour y occuper la place de major de brigade. Le mème soir, le R. P. Scullen vient cou cher au Fort, et un grand nombre de soldats en pro: fitent pour remplir leurs devoirs religieux. Le len demain matin, le bon missionnaire célèbre la basse messe dans le grenier du Fort. Tous les soldats y sont présents ainsi que les commissaires.

Cest le premier service religieux auquel les soldats assistent depuis leur départ de Calgarry, le vingt-trois avril dernier.

Le quatre juin, vers les onze heures de Pavantmidi, les soldats sortent à la hâte et présentent les armes à Sa Grandeur Mgr. Grandin qui arrête au Fort en passant, Il dînue avec le capitaine, et, après diner, les soldats vont le visiter sous la tente, fl leur adresse quelques bonnes paroles de consolation, puis distribue à tous des médailles, scapulaires, etc. Avant son départ, Sa Grandeur bénit le Fort qu'on baptise Fort Ostell, puis part en promettant que là première mission qui s'établirait sur la rivière Bataille, en cet endroit, se nommerait Saint-Jean d'Ostell. Quelques jours plus tard, vers le neuf juin, le capitaine, ayant reçu une dépêche spéciale, se met en route pour la rivière du Chevreuil Rouge I se fait accompagner d’un détachement de carabiniers à cheval sous les ordres du Lt. Dunn. Le but de sa mission est d'aider un train très-considérable de transports à traverser le pays et arriver en sûreté à Edmonton. Ce train était protégé par une qua. rantaine de volontaires du 9e de Québec, sous les

} \] & À Lo

is : Mes- > Palliser major du major de rient cou ts en pro:

Le leu.

a la basse soldeis v

uquel les Igarry, le le l'avantentent les arrête au >, et, apres

tente, Îl bnsolation,

laires, etc.

ort qu'on int que la la rivière aint-Jean s le neuf spéciale, il Rouge de carabi-

nn. Le but isidérahle

en sûreté une qua- , SOUS les

SERRE ARE 2 our ee

me

ordres du Lit. Dupuy. Il Y avait déjà huit jours qu'il était retardé à la Traverse du Chevreuil Rouge par la crue de la rivière, Le capitaine Ostell, met. tant à profit sa connaissance de la rivière par le fait d'y avoir travaillé vers la fin du mois d'avril, lors du passage du bataillon gauche, réussit à faire tra. verser tout le train après dix-huit heures de travail Le douze au soir, le capitaine revenait à son Fort, et le lendemain les officiers du 9e arrètaient en passant.

Le quatorze juin, le capt. Ostell partait pour les Buttes de Ja Paix où il allait voir l'agent des Sauvages, un nommé Lucas, à propos de malentendus surve. nus entre les Sauvages et lui. Depuis l’arrivée des troupes dans ces territoires, il existait une anomalie étrange dans les rapports des officiers de compagnie avec les Sauvages. Comme le lecteur a pu le voir plus haut dans l’ordre du gén. Strange, le capitaine Ostell avait été instruit de voir aux rations des Sauvages, mais aucun ordre n'avait êté donné à l'agent Lucas. Ainsi quand le capitaine demandait à l'agent de donner telle ou telle ration, ce dernier lui répondait qu'il n'avait aucun ordre à recevoir de lui, vu qu'il dépendait du département des Sauvages et n’a. vait rien à voir dans les affaires du ministère de la Milice. Heureusement cette entrevue du capitaine avec l’agent mit fin, pour quelque temps, à un état de choses embarrassant,

Le seize juin, on hisse un magnifique drapeau, présent du Lt. Col. Amyot du 9e au capt. Ostell.

Dans l'après-midi, on nous apporte des provisions en masse. Tout le bas du fort était rempli de sacs de fleur, de sel, de boites de corn beef, de hard tacks

et Le reste, Quelques-uns des soldats se découragent, car il y a de quoi nous faire subsister jusqu’au printemps prochain.

Le vingt juin cessa le systèmeo rganisé des cour.

riers.

Depuis l’arrivée des troupes, on avait établi

six postes de courriers entre Calgarry et Edmonton. Le p'emier poste était de Calgarry à Scarlet, une dis. tance de quarante milles ; le deuxième de Scarlet à Millar, quarante-cinq milles ; le troisième de Millar à la Traverse du Chevreuil Rouge, quinze milles: le quatrième de la Traverse du Chevreuil Rouge à la Rivière Bataille,trente-cinq milles; le cinquième de la Rivière Bataille aux Buttes de la Paix, trente. huit milles, et le dernier des Buttes de la Paix à Edmonton, quarante milles. A chaque poste, excepté au troisième, il y avait deux courriers. Par ce système les dépêches se transmettaient régulière. ment toutes les vingt-quatre heures entre Calgarry et Edmonton, sur une distance de deux cent treize milles. Le vingt-cinq juin, ça commence enfin à avoir l’air du départ. Le lieutenant peut à peine contenir sa joie, chacun lit sur sa figure la bonne

nouvelle.

ses hommes pour leur distribuer des chemises et des

Vers les six heures, le capitaine réunit

caleçons, puis il leur communique la dépêche

suivante :

Fort Edmonton, 24 juin 1885.

Au Capt. Osez, Commandant,

Monsieur,

J'ai ordre du Lt.-Col. Ouimet de vous avertir de faire des préparatifs immédiats pour conduire votre

Rivière Bataille.

sde cut aidé > né

couragent, qu'au prin-

é des courvail établi Edmonton.

let, une dis:

e Scarlet à Le de Millar ize milles; 1 Rouge à nquième de aix, trentela Paix à ste, exceple rs, Par ce t régulière.

re Calgarry cent treize ice enfin à ut à peine e la bonne aine réunit mises et des la dépêche

uin 4835.

Bataille.

avertir de duire votre

compagnie au Fort Edmonton où vous devrez vous rapporter pas plus tard que lundi prochain, le vingtneuf courant.

On vous envoie des waggons pour le transport. Vous emporterez avec vous tout le bagage, armes, habits et équipement de campagne de votre détachement,

Vous ordonnerez aux deux hommes des Carabiniers à cheval du Lt. Dunn, qui sont chez vous, de prendre la charge de votre poste, et vous pindrsz d'eux les reçus de tous les effets et provisions que vous laissorez à la Rivière Bataille,

J’ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, Capt. C. Bossé, Major de Brigade.

Il est impossible de dépeindre la scène qui suivit la lecture de cette lettre. Il faut avoir enduré toutes les souffrances de cette campagne, avoir souffert de tous les ennuis de ces solitudes pour comprendre ce qu'est l’ordre du retour. Le lendemain, chacun prépare son bagage et ce ne fut pas long.. Dans l'après-midi, Bobtail, chef des Cris, vint visiter le Fort avec sa femme ; il est accompagné de jeunes Sauvages parmi lesquels Pic de Bois. Bobtail est un homme qui paraît arriver à la soixantaine, Il a une figure très-intelligente, mais son regard n'est pas franc et,quand il parle, on dirait qu’il n’exprime que la moitié de ce qu’il pense. Il était monté sur un magnifique mustang gris fer. Il portait sur sa pôitrine une médaille * Victoria ” en argent. De

longues plumes ornaient sa Coiffure de peau de Joutre.

Pendant qu’il essaie de se faire comprendre du capitaine, un autre Sauvage, de costume encore plus étrange, entre en scène. C'est Alexis, surnommé le Prêtre des Montagnes. De loin, il ressemble étran. gement an fameux vicaire de Wakefield. Grimpe sur une haridelle aux allures douteuses, une grande croix rouge flanquée au milieu du dos, un vieux chapeau enfoncé sur le crâne, il avait un air de Sancho Pança impossible à dépeindre. Cependant cet homme au costume original est devant Dieu un des plus grands hommes de l'Ouest. Quand il des. cendit de cheval, sa figure ascétique et son apparence religieuse impressionnèrent les soldats. On put alors voir sen costume au complet. Il porte une graude jaquette bleue, un châle blanc avec une grande croix en flanelle rouge sur les épaules, sa tunique est rouge comme sa croix. Îl a en outre un crucifix à sa ceinture. Il parla en français et servit d'interprète à Bobtaïl. Alexis obtint un permis du capitaine sur la parole de Bobtail, qui en faisait de grandes louanges. Gette nuit personne ne put dormir. Il était deux heures du matin quand on cessa de parler du prochain voyage.

Le lendemain, vingt-sept juin, vers les quatre heures et demie de l'après-midi, la compagnie No. | quitta le Fort Ostell et se mit joyeusement en route pour Edmonton.

DRE PEL rt

peau

‘enudre du acore plus nommé le ble étran- , Grimpe ne grande un vieux un air de Cependant it Dieu un nd il dessOn Appadates, On 1 porte une avec une spaules, sa n outre un is et servit permis du faisait de e ne pui quand on

les quatre ignie No. | at en route

Page 1