‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 38 sur 70 · CAPT, DOHERTY · texte numérisé non relu

CAPT, DOHERTY

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Brousseau, D. Caron, D. Clifford, À. E. Clendeuning, N. Fafard, L. Fournier, James Kelly, Thos. Kennedy, Adolphe Laberge, Emile Lefebvre, KE. Lafontaine, Ulric Lamontagne, JS, Victor Murien, A. E. Marier dos. E, Monette, Alfred Marsouin, Albert Perreault, dohn Polan, Michael Roach, Georges Smith, Pierre Schinck, Lucien Sauriol, J, E. Thériault, Chs. Thuot, L. P, Wilson, trompette, Octave Giroux, tambour, À. Rémillard.

La route d'Edmonton à Fort Saskatchewan est passablement bonne, mais les chevaux étant fatigués par la dernière marche de Calgarry à Edmouton, on n'arriva au Fort que quelques heures plus tard. À mi-chemin le détachement fit une halle, et alla luncher à une espèce d'hôtel tenu par un ancien Montréalais, qui, il y a quelques années passées, était chef de cuisine au St. Lawrence Hall. Ce premier repas plut tellement aux voyageurs que plus tard jamais aucun officier ou homme de la garnison, qui quittait le Fort Saskatchewan en route pour n'importe quel autre endroit, ne manquait d’arrèter chez ‘ Pagerie ” en passant; on se sentait un appélt extraordinaire à la vue du vieux chantier transformé en restaurant. Soit dit entre parenthèses que des malins faisaient circuler des rumeurs allant à dire qu’une certaine demoiselle aux yeux bleus, fille de l'hôtellier, était un aimant plus puissant que l'hospitalité de Pagerie lui-même. Quoiqu'il en soit, lors de cette première visite, le devoir força les offi ciers et les hommes à quitter l'endroit, et, à deux heures de l'après-midi, la compagnie No, 7 gravissait le mouticule sur lequel le Fort était situé. On avait dû traverser en bac hommes, chevaux et équipage.

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Ce moyen de transport est mû par la force du cou rant de la Saskatchewan, qui comme celui de toutes les rivières qui prennent leur source dans les Montagnes Rocheuses, est trôs-rapide. Le système qui fait fonctionner le bac est des plus simples et cependant il causa une cerlaine surprise aux volontaires qui ne l'avaient encore vu en opération. Une corde en fil de métal est tendue d'une rive à lPautre, fixée à deux poteaux trésélevés sur l'une et l’autre rives, Deux petites roues courent tout le long de cette corde. A chacune de ces roues est attaché un câble qui est fixé autour d’une troisième roue à bord du bac même, vers le milieu, En faisant fonctionner cette dernière roue d’un côté ou de l’autre, la corde, posée dans la directiou où l’on veut aller, se raccourcit, attire le bac du côté indiqué et, le mettant dans le courant, l’entraîne sur la rive opposée,

Aumomentoù lacompagnie grimpait la côte du Fort, quatre de front, la garnison, sous les ordres du Sergent-Major Parker de la Police à cheval (le comman:daut, Major Griesbach, étant absent), sortit sous les armes et, après avoir salué les arrivants par une fu. sillade, présenta les armes. Le compliment fut aussitôt rendu et, quelques minutes plus tard, la compagnie entrait dans ses nouveaux quartiers. On fixa immédiatement les tentes dans le carré des ca. sernes puis tous prirent un repos bien mérité, après une marche d'au-delà de 220 milles.

Le fort est placé dans un endroit très-pittoresque, Situé sur la cime d’un monticule, il domine la rivière dont les eaux bourbeuses s’élancent avec tant de force que l’on dirait qu’elles vont, d'un moment à l’autre, empce "ter avec elles la côte de sable elle-

même. Le fort, comme on était convenu de l’appeler, est entouré de tous côtés par des broussailles, ce qui ne peut que favoriser l’espionnage d’enneinis comae on en redoute dans ces territoires. Les fort. fications consistent en une ciôture basse faite de pieux plantés dans le sol; une seconde rangée de pieux; dix pieds de haut, est plantée derrière la premicre. Cette clôture entoure un terrain quadrangulaire d'environ deux cents verges de front sur une profon. deur de cent cinquante. Sur ce terrain il y à six bâtiments; les quartiers de lofficier-commandant, une maison plus petite, située tout auprès, servant de logement aux officiers de la compagnie, une caserne, et une salle de garde, Cinq bastions, garnis de meurtrières, font satilie dans la palissade et donnent an abri sûr, derrière lequel on peut combattre avec succès toute attaque contre le Fort,

A l’arrivée du détachement du 656, ce fort était défendu par dix-sept hommes de la Police à chevai, sous les ordres de l'inspecteur Griesbach. Plus tard, le nombre des hommes de police fut réduit à sept ou huit. Dès le lundi suivant, le 4 mai, le capitaine donna des ordres qui fixaient la discipline quotidienne. Le lever devait avoir lieu à six heures. Il yaurait cinq heures d'exercices ; une avant déjeuner, deux avant diner et deux autres pendant l'après. midi ; le coucher avait lieu à dix heures.

Ce même jour, l'inspecteur Griesbach, élevé au rang de major par le gen. Strange, fit l'inspection de la compagnie. 1 dit qu’il était charmé de l'apparence et des qualités militaires des hommes, mais ajouia qu’il regrettait que leurs habits et accoutrements ne fassent plus convenables,

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A partir de cette date jusqu’à la fin de la campagne, tous s’appliquèrent à leurs devoirs respectifs, et les recrues, qui n'étaient pas peu nombreuses, acquirent une connaissance suffisante des mouvements militaires pour parer à toute éventualité.

Dimanche, le 10 mai, la compagnie se rendit à la petite chapelle cathotique située dans le village, ou plutôt, comme disent les gens de l'Ouest, dans la cité de la Saskatchewan. Le Rév. Père Blais, O. M. I, qui est curé de cette paroisse, y dit la sainte messe:

Ce prêtre dévoué est natif des Trois-Rivières, et est le frère du Rev. Père Blais, supérieur du Collége de Nicolet,

Quoiqu’encore jeune, cet apôtre a la charge de trois paroisses, ce qui veut dire une centaine de milles dans ce pays de distances magnifiques. Par son zèle et son esprit de sacrifice Gans l’accomplissement de ses devoirs sacrés, il s’est fait aimer de tous ceux au milieu desquels la Providence l’a placé, Sa bonté exceptionnelle à l'égard des membres de la compagnie No. 7 ne sera jamais oubliée par ceux-ci, et les officiers comme les hommes sauront, chaque fois que leur pensée retournera aux jours passés sur les rives de la Saskatchewan, se rappeler avec reconnaissance le saint apôtre et ami qu'ils avaient là. bas ; ils espèreront sans cesse pouvoir un jour lui souhaiter la bienvenue dans sa province natale. La messe fut servie par le sergent de couleur Laframboise, (fils de feu l’hon. juge Laframhoise) et par le sergent Eugène Desnoyers, (fils de Son Honneur ie juge Desnoyers!. Un chœur improvisé, dirigé par le Lt. A. E, Labels, fit résonner les voûtes de la mission de tons inconnus jusqu'à ce jour.

Les membres de la compagnie professant la religion protestante eurent un service dans les casernes ; ie R. P, Blais y officiait,

On n'avait pas jusqu’à ce jour, malgré les rumeurs qui circulaient généralement, vu aucun Sauvage hostile dansles environs, et la galante compagnie Nc. 7 commençait à craindre qu’elle n’eût que peu de chances de moissonner aucun laurier dans la cam. pagne. Lundi, le 11, on reçut au Fort la nouvelle que les Sauvages et les Métis de la Rivière Bataille devaient se soulever, intercepter et s'emparer d’un convoi de provisions qui marchait de Calgarry à Edmonton. Le major Griesbach reçut des ordres luicommandant de se rendre à larivière Bataille, avec toute la police à cheval du Fort, pour arrêter les chefs de ce mouvement. Il quitta le Fort à une heure avancée de la veillée, laissant la garnison sous le commandement du Capt, Doherty.

La journée du mardi se passa sans incident ; mais vers minuit et demi, le mercredi matin, la sentinelle, en devoir dans le bastion du Nord-Est de la palissade, crut devoir appeler le sergent de garde. Le sergent de couleur Laframboise, en devoir ce soir là, se rendit au bastion. Après quelques minutes d'attente, il put voir les broussailles s’agiter et entendre des sifflements sourds presque immédiatement suivis de cris imitant ceux du coyote ou louveteau des prairies. Le sergent alla immédiatement réveiller le capitaine qui, sans perdre de temps, fut sur les lieux, accompagné du Li. Labelle. Deux éclai-. reurs métis qui étaient au Fort déclarèrent, après avoir entendu les cris des broussailles, que ce ne pouvaient être ceux d'aucun animal, mais plutôt,

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