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ceux dont se servent ordinairement les Sauvages quand ils sont dans le sentier de la guerre. Toute la compagnie fut bieatôt sur pied. Enun instant, les bastions étaient occupés par différentes divisions et chacun était à son poste. Evidemment les rôdeurs dûrent s’apercevoir que la garnison était préparée à les recevoir chaudement et que prendre un Fort défendu par une milice canadienne est chose plus difficile que l’on pense, car ils se retirèrent peu à peu, et au petit jour les signaux de ralliement se répétaient dans la distance.
Le capitaine crut alors devoir envoyer deux éclaireurs, de longue expérience comme trappeurs, pour examiner les bois environnants et faire rapport au commandant. Après une patrouille faite avec soin, ils revinrent au fort et déclarèrent qu'ils étaient sûrs qu’une bande de Sauvages avait rôdé aux alentours de la place. Plus tard on apprit que les Sauvages avaient eu connaissance du départ du major et d’une partie de la garnison, et avaient probablement cru l’occasion favorable pour saccager le fort, Cependant, comme on a pu le voir, la surveillance des braves de Montréal gâta la sauce.
Pendant le séjour de ce détachement dans le fort, plusieurs officiers vinrent y faire visite; entr'autres le Gen. Strange, les capitaines Giroux et Bossé et les lieutenants Ostell, Hébert et DesGeorges. Les uns comme les autres ne purent que faire des éloges de la bonne tenue des hommes.
Dans la nuit du 24 de mai, le soldat Laberge, qui était de garde dans le bastion, aperçut deux cavaliers qui s’'approchaient du fort avec des allures suspectes. Ne recevant aucune réponse à son qui vive!
il déchargea sa carabine et les vit prendre au galop un chemin opposé. La sentinelle du bastion plus loin fit aussi feu sur les fuyards et les vit prendre, | à la course, la direction des côtes du Castor. ni Le lendemain, on célébra l'anniversaire de la | naissance de la reine Victoria. Dans lPavant-midi, il y eut une partie de base ball entre neuf membres du 65e et neuf de la Police à cheval et des Eclai. reurs ; la victoire resta à ces derniers.
Dans l'après-midi un programme très-bien rempli Ê. de jeux de toutes sortes fut exécuté à la lettre. 1 Pendant la veillée, il y eut un grand bal dans les : casernes. Parmi les personnes présentes, il y avait Mesdames major Griesbach, major Butler, A. Lang et Delles Mary Undine Wragge, fille de feu le col. Wragge, J. Inglis, sœur de Made Lang et aujourd’hui épouse du Dr. Tofield, chirurgieu-général de la division d’Alberta, et MM. major Griesbach, Dr.
Tofield, capitaines des Trois-Maisons et Doherty, et ? Lt. Labelle. 1
Il était une heure du matin quand la danse cessa, À Des rafraîchissements furent distribués par le ser. À
gent-major Patterson, président du comité des jeux.
Le 3 de juin, sur la permission du Lt..Col. Ouimet, huit hommes de la garnison sous les ordres du Li, Labelle, se rendirent à St. Albert pour prendre part à la procession de la Fète-Dieu.
Quelques jours plus tard, le Lt.-Col. Ouimet visita le fort. Ilse déclara satisfait au plus haut degré et félicita les officiers et les hommes sur leur conduite.
L'événement le plus important qui suivit fut la célébration de la fête St. Jean-Baptiste, Quinze hommes se rendirent à St. Albert sous le comman-
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dement du Capt. Doberty pour prendre part à la fête. Ce fut là que le Lt.-Col. Ouimet annonça qu'on avait reçu des ordres de retourner à Montréal aussitôt qu’un bateau, envoyé de Fort Pitt, serait arrivé à Edmonton. La nouvelle fut reçue avec beaucoup d'enthousiasme : la vie de garnison devenait mouotone et. malgré tous Les charmes de la vie militaire, tous commençaient à réaliser que rien ne peut remplacer le foyer absent.
Dès leur retour au fort, les soldats ne furent pas lents à répandre la bonne nouvelle parmi ceux qui avaient fait la garde en leur absence ; et les piéparatifs du départ furent commencés.
Le dimanche au soir, le capitaine Doherty alla souper chez M. Fitzpatrick sur l'invitation de ce der. nier. M. Fitzpatrick est le frère du savant avocat qui a défendu le malheureux Riel; c’est un cultivateur très-riche ; entr'autres propriétés, il est possesseur d’un vaste terrain situé sur la rive nord de la Saskatchewan, vis-à-vis le Fort. Le R. P. Blais et M. Reïd, qui est aussi un cultivateur fortuné, étaient au nombre des invités.
Le lendemain matin, le camp était levé et chacun se mettait en route, le cœur gai, pour Edmonton où l'on arriva vers les dix heures. Il n’y eut qu'un seul endroit en route où les soldats éprouvèrent quelque peine. Ge fut lorsqu'on passa devant le petit hôtel de Pagerie; pas un qui ne jetât un regard de regret et d'envie vers l'unique fenêtre de la maison d'où ‘ l'ange de la Forêt” envoyait à chacun le baiser d'adieu.
Avant de clore ce chapitre, un mot sur la conduite et les amusements de cette garnison.
La discipline et la subordination des hommes a toujours été exemplaire, La satisfaction du commandant de la compagnie a été telle, qu'il a cru de. voir donner les galons de lieutenant aux trois ser. gents de cette compagnie avant d'arriver à Montréal.
Les quelques semaines de séjour au Fort n’ont pas été sans amusement. Les hommes donnaient leur temps perdu au jeu de balle, tandis que le Lt! Labelle, à la recherche d’un moyen quelconque de tuer le temps, découvrait un jeu de paume qui fut immédiatement placé dans la cour du fort. Que de fois la lune éclairait ia fin de quelque partie chaude. ment contestée, à laquelle les dames du Fort ne refusaient pas de prendre part, D'autres fois lorsque les ombres de la nuit forçaient les joueurs à cesser la partie, l’on se dirigeait bras dessus bras dessous vers le bas de la colline et, pour le galant lieutenant, ce n'était pas la partie la moins intéressante du programme.
Pendant ce temps, le capitaine plus sérieux, comme le requéraient son âge et sa position, fumaii paisiblement une pipe de tabac en compagnie du major Griesbach et goûtait, avec délices, Phospitalité de la dame du Major dont l'excellence des tartes au flan n'était surpassée que par la cordiale politesse avec laquelle elles étaient offertes.
Pour tout résumer, la compagnie No. 7 n’a pas de souvenirs fâcheux de son séjour au Fort Saskaichewan. S'il y avait des jours ennuyeux et des nuits d'alarme il y avait d'autre côté des heures de plaisir et d'amusement; et lorsqu'ofliciers comme soldats ramènent leurs pensées à ces jours de vie militaire,
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