L. Pinel. Notice historique sur Bichat
Octobre 1821.
Comme Bordeu, Xavier Bichat était fils de médecin. Né à Thoirette en Bresse (département du Jura), le 11 Novembre 1771, il fut élevé à Poncin en Bugey. Familiarisé de bonne heure avec les choses de la médecine.
Extrait de La Presse Médicale, n° 58, 19 Juillet 1902.
il dut apprendre à lire dans Sydenham et Hunter. Ayant quitté en 1788 le collège de Nantua où il avait fait ses études classiques, il alla suivre le cours de philosophie au séminaire de Saint-Yrénée, à Lyon.
« Après y avoir soutenu des exercices publics sur la physique et les mathématiques avec la plus grande distinction », il suivit les cours d’anatomie et fréquenta rhôpital. « A cette « époque, l’anatomie n’était guère cultivée «. que comme introduction nécessaire aux « études chirurgicales; on s’occupait peu de « médecine proprement dite, et les noms de -<( J.-L. Petit, de Lapeyronie, de Morand, de <c frère Côme retentissaient plus souvent dans « les écoles que ceux des Sydenham, des « Boerhave, des Stoll » (Buisson)*. Les circonstances dans lesquelles on vivait à cette époque étaient d’ailleurs beaucoup plus favorables à la chirurgie qu’à la médecine. « Dé- « chirée au dedans par l’anarchie révolution- « naire, la France ne se soutenait plus que « par les étonnantes conquêtes qu’elle faisait
1. J. L. Buisson. — « Précis historique sur Bichat » 1830, p. 1.
« au dehors. Sa vie était tout entière dans « les armées, et, sur toutes les frontières, une « foule de guerriers, achetant leur victoire « au prix de leur sang, réclamaient sans cesse « des secours que la chirurgie seule pouvait « leur donner. »
Entraîné par l’impulsion générale, Bichat étudia tout d’abord l’anatomie et apprit les principes de la chirurgie ; il devint l’élève de Marc-Antoine Petit, « chirurgien, médecin et poète le tout ensemble, consolant le soir, d’une voix que son harmonie faisait écouter, les douleurs que ses bistouris avaient causées le matin » (I. BouTdon)h
Obligé, après le siège de Lyon, de quitter un pays « où la jeunesse était un crime digne de mort », il vint chercher à Paris, pourtant bien tourmenté, une tranquillité relative et les moyens de s’instruire (1793). Il se mêla aux nombreux élèves qui fréquentaient rHôtel- Dieu, alors Hospice de l’Humanité, et se pressaient autour de l’illustre Desault, alors à l’apogée du talent et de la renommée. Une
1. IsiD. Bourdon. — « Illustres médecins et naturalistes des temps modernes », 1844, p. 312.
circonstance toute fortuite attira l’attention du grand maître sur le modeste élève.
(( C’était un usage établi dans l’école de Desault que certains élèves choisis se chargeassent, chacun à son tour, de recueillir la leçon et de la rédiger en forme d’extrait. On lisait cet extrait le lendemain après la leçon du jour, en présence du chirurgien en second qui, à cette époque, était Manoury. Un jour où Desault avait disserté longtemps sur la fracture de la clavicule et avait démontré Futilité de son bandage en l’appliquant en même temps sur un malade, l’élève qui devait recueillir ces détails était absent, Bichat s’offrit pour le remplacer. La lecture de son extrait causa la plus vive sensation. La pureté de son style, la précision et la netteté de ses idées, Fexactitude scrupuleuse de son résumé annonçaient plutôt un professeur qu’un élève. 11 fut écouté avec un silence extraordinaire et sortit comblé d’éloges, couvert d’applaudissement réitérés. A peine Desault eut-il appris de la bouche de Manoury cette anecdote qu’il fût impatient de connaître Bichat; dès les premiers entretiens, il jugea avec tant de sagacité ce qu’il pouvait devenir un jour
qu’il ne balança pas à lui ofiFrir sa maison et à le traiter comme son fils, le destinant dès lors à lui succéder dans sa réputation. »
Ainsi encouragé, Bichat se livra au travail avec une ardeur infatigable; ses occupations bientôt se multiplièrent au point de lui laisser à peine chaque jour quelques moments de repos. « Outre le service de chirurgien externe qu’il faisait à l’hôpital, il était chargé de visiter tous les jours au dehors une partie des malades de Desault, de l’accompagner partout pour le seconder dans ses opérations, de répondre par écrit à un grand nombre de consultations envoyées des départements ; et, lorsque la journée avait été consumée à des travaux semblables, une partie de la nuit se passait encore à aider le maître dans ses recherches sur divers points de chirurgie. »
Les quelques moments de liberté qui lui restaient, il les employait soit à disséquer, soit à s’exercer aux opérations, soit encore à discuter avec ses amis des problèmes de médecine.
La mort presque subite de Desault, survenue le 1®’’ Juin 1795, affligea beaucoup
Bichat, sans toutefois le déconcerter. Il rendit un hommage pieux et digne de lui à son maître dans le IV® volume du Journal de chirurgie, poursuivit et termina la publication de ses œuvres.
C’est en 1797 que Bichat commença son premier cours public d’anatomie. « Il se contenta d’un local étroit et peu commode, ne supposant pas qu’un grand nombre d’élèves dût le suivre. Il n’établit pas de laboratoire et se borna à de simples- démonstrations.
Mais déjà il y mêlait des dissertations physiologiques assez étendues; il multipliait ses expériences sur les animaux vivants, dans la vue de vérifier les faits connus et de déterminer exactement le point d’où il devait partir pour découvrir des faits nouveaux. »
Aux leçons d’anatomie succédèrent des leçons de médecine opératoire ; il étonna ses auditeurs aussi bien par son érudition que par son habileté manuelle.
Une hémop:tysie abondante l’obligea à se reposer'pendant quelques mois et fit craindre aussi pour ses jours.
A peine guéri, il se remet à l’œuvre et ouvre un amphithéâtre d’anatomie qui est
Statue de Bichat,
fréquenté par quatre-vingts élèves. Il reprend et multiplie ses dissections et ses vivisections, et accumule les documents qui vont lui servir à révolutionner l’anatomie, la physiologie et la médecine.
Il découvre les synoviales, les rapproche des autres membranes de glissement qu’on connaissait déjà, et, se fondant sur leurs communs caractères de structure et leurs communes fonctions, il publie son Traité des membranes.
Dans une série de leçons publiques de physiologie, il expose les caractères qui distinguent les différentes fonctions de l’organisme ; il sépare nettement celles qui servent aux relations extérieures de celles qui concourent à la conservation de l’individu; il établit enfin la doctrine des deux vies, la vie animale et la vie organique. Les documents qu’il a rassemblés lui permettent bientôt (1799) de faire connaître ses Recherches physiologiques sur la vie et la mort. L’ouvrage qui les contient se divise en deux parties : la première est l’exposition générale de ses vues physiologiques ; la seconde se compose d’une série d’expériences destinées à montrer les
rapports qui existent entre les trois principaux organes de la vie, le cerveau, le cœur et le poumon.
Généralisant la méthode qui l’avait guidé dans l’étude des membranes séreuses, Bichat rapproche les uns des autres les caractères propres à chacun des tissus de l’organisme, note les différences essentielles de forme, d’organisation, de propriétés qui les séparent et les résume dans son Anatomie générale.
L’apparition de ce livre eut un immense retentissement; on ne savait ce qu’il fallait le plus admirer ou de l’exactitude des descriptions ou de l’ingéniosité des conceptions nouvelles qui en découlaient.
L’étude des tissus généraux qui entrent dans la constitution de tous les organes entraînait celle des tissus qui cons-tituent tel ou tel organe en particulier. Bichat les décrivit dans son Anatomie descriptive-, il en publia les deux premiers volumes, laissant le troisième inachevé.
La même idée qui avait dirigé Bichat dans VAnatomie générale le guida dans ses recherches sur VAnatomie pathologique ; connaissant les organes normaux, il en entreprit
l’étude à l’état de maladie et devint bientôt l’égal de l’illustre Morgagni.
Frappé depuis longtemps de l’incertitude qui régnait dans l’application des moyens de guérir, il forma le projet de donner à la matière médicale des bases solides et fixés. Lamort devait l’empêcher de couronner son œuvre.
Quoique ne possédant pas, dit-on, de diplômes, Bichat fut nommé médecin de l’Hôtel-Dieu. Il trouva dans cet hôpital toutes les ressources nécessaires pour entretenir son infatigable activité; il lui arriva d’ouvrir plus de six cents cadavres en quelques mois. Entraîné par son ardeur, Bichat ne savait pas se ménager et demeurait sourd aux conseils de ses amis.
« Occupé le 19 Messidor à examiner les progrès de la putréfaction de morceaux de peau humaine, une odeur infecte, s’élevant du vase où il les faisait macérer, éloigna de lui ses élèves, compagnons ordinaires de ses travaux. Il eut seul la témérité de poursuivre des recherches dans un endroit bas et humide. En sortant de son laboratoire, il fit une chute et perdit connaissance pendant quelques instants. Revenu chez lui avec peine, il piassa
la nuit assez paisiblement; mais le lendemain un violent mal de tête se déclara; il voulut cependant visiter ses malades comme à l’ordinaire; L’extrême fatigue qu’il en ressentit provoqua une syncope qui l’obligea à semettre au lit. Il fut calmé tout d’abord par l’application de sangsues sur là tête, mais bientôt apparurent des symptômes gastriques qui acquirent rapidement la plus grande intensité. » Soigné par Corvisart et par Lepreux, premier médecin de l’Hôtel-Dièu, il trouvait constamment à son chevet sés deux élèves chéris, Roux et -Esparron, et Desault. « Je fus témoin, écrit Husson% des soins vraiménf maternels que lui prodiguait l’estimable veuve de son maître, j’ai vu sa tendre sollicitude, et,‘ deux jours avant sa mort, cette femme respectable, ranimée parrapparence de qnelquës symptômes rassurants, s’applaudissait dès lueurs trompeuses d’une convalescence prochaine. Son espoir s’évanouit dans la même journée. » Bichat s’éteignit dans ses bras le
* Husson. — Notice-historique sur la vie et les travaux de Marie-Français-Xavier Bichat, lue à la Société Médicale d’Emulation le 10 Fructidor an X.
3 Thermidor de l’an X (22 Juillet 1802); il n’avait pas encore fini sa trente et unième année.
Le soir même de sa mort, Corvisart écrivait au Premier Consul : « Bichat vient de mourir. Il est tombé sur un champ de bataille qui exige aussi du courage et compte plus d'une victime. Personne, en si peu de temps, n a fait tant de choses et aussi bien ».
HalléL prononçant son éloge à l’École de Médecine quelques mois plus tard, disait de lui :
« Il n’a fait que passer au milieu de nous, cet homme qui, dès son entrée dans la carrière, marchait de front avec ceux qui s’y étaient illustrés depuis longtemps. Qu’est-il besoin de vous le nommer, vous dont il fut l’ami, le camarade et le maître...; vous qui vous emparâtes de ses restes inanimés et changeâtes ses obsèques en un triomphe ; vous qui couvrîtes son cercueil de larmes et de fleurs! vous nous direz comment il développait dans vos âmes l’enthousiasme de la
1. Hallé. — « Eloge de Bichat », Séance publique de l'Ecole de médecine, 15 brumaire, an XL
science; vous nous apprendrez comment les froids débris de l’homme semblaient s’animer sous ses mains pour vous révéler les secrets de la nature. L’Europe ne croira pas que ce soit avant trente ans que, se saisissant en maître des idées que quelques hommes de génie n’avaient encore qu’effleurées, Bichat ait pu jeter les fondements d’une nouvelle anatomie et d’une physiologie nouvelle. Le dernier élève qu’enfanta l’école fameuse de Leyde, le célèbre Sandifort, l’a dit à l’un de vous (Bichat vivait alors et cette prédiction ne devait pas être accomplie) : dans six ans votre Bichat aura passé notre Boerhaave. Ainsi parlent les étrangers. Mais nous, nous dirons que Bichat fut aussi le meilleur des hommes, que jamais la médisance ne se plaça sur ses lèvres, qu’aucun laurier ne fût flétri par ses mains, et que, modeste sans effort, il ne parla jamais que de ce qui lui restait à faire. »
La vie de Bichat ne fut pas longue, mais pendant dix ans son labeur fut immense, ainsi qu’en témoignent ses nombreux manuscrits conservés précieusement dans la Bibliothèque de la Faculté de Médecine.
Pour apprécier son œuvre, pour com-
prendre l’influence qu’elle eut sur Vorigine et Vévolution des sciences biologiques, il faut l’étudier au triple point de vue de l’anatomie, de la physiologie, de la médecine.
Désireux de rappeler surtout ce que Vhistologie moderne doit à Bichat, nous résumerons ses recherches dé anatomie générale ; elles nous permettront de comprendre comment se sont peu à peu formées nos connaissances actuelles sur la structure intime des tissus et des organes dont l’assemblage constitue l’économie de l’homme et de l’animal.
Dans une science, quelle qu’elle soit, pour arriver à établir des lois générales, il faut avant tout posséder une méthode aussi précise que variée.
Quelle était la technique de Bichat? 11 a pris soin de nous l’indiquer dans la prélace de VAnatomie générale : « Expériences sur les animaux vivants, essais avec divers réactifs sur les tissus organisés, dissections, ouvertures cadavériques, observation de l’homme en santé et en maladie, voila les sources où j’ai puisé ; ce sont celles de la nature. Je n ai point négligé non plus celles des auteurs, de ceux surtout pour qui la science de l’écono-
mie animale a été une science de faits et d’expériences. »
Pour étudier les tissus et en connaître les propriétés, il recourait donc à certains réactifs qui n’étaient, selon son dire, « qu’un supplément à l’insuffisance du scalpel ». Il les soumettait successivement à la dessiccation, à la putréfaction, à la macération, à l’ébullition, à la coction; il faisait agir sur eux les acides et les alcalis. Il ne se méprenait pas sur la portée des résultats que devaient , lui fournir de semblables moyens de recherches. Il savait en particulier que s’ils lui permettaient d’établir certains de leurs caractères distinctifs, ils ne le renseignaient en aucune façon sur leurs éléments formateurs.
Pour acquérir cette notion, Bichat aurait pu recourir au microscope dont il connaissait l’usage. Il n’ignorait pas qu’à l’aide de cet instrument on peut observer les choses les plus petites et se rendre compte jusqu’à un certain point de leurs propriétés. « Jetez les yeux, écrit-il, sur ce qui vous entoure, portez-les sur les objets les plus éloignés ; qu’aidés du télescope ils parcourent les corps qui nagent dans l’espace, ou, qu’armés du
microscope, ils pénètrent dans le monde de ceux que leur petitesse semblait devoir nous dérober toujours, partout vous trouverez mises en action, d’une part les propriétés physiques, de l’autre les propriétés vitales ; partout vous verrez les corps inertes graviter les uns vers les autres et s’attirer, les corps vivants graviter aussi, mais de plus sentir et éprouver un mouvement qu’ils ne doivent qu’à eux ». Le microscope avait été d’ailleurs inventé depuis longtemps par Zaccharias Janssen. En Hollande, vers la fin du xvi'^ siècle, Leeuwenhoek, Hartsoeker, Swammerdam, Ruysch avaient, grâce aux instruments grossissants qu’ils fabriquaient souvent euxmêmes, fait des découvertes étonnantes. Malpighi, en Italie, avait observé la circulation capillaire dans le poumon de la grenouille.
Les savants anglais, membres de 1 Académie Royale, possédaient des microscopes et savaient s’en servir. De même, en Allemagne, au XVIII® siècle, Ledermuller et Gleichen avaient entrepris une série d’observations microscopiques.
Bichat, sans qu’on en puisse trouver la raison dans ses écrits, méprisa complètement
1 Remarques générales
sur l’organisation.
^ 1 > souaes.
Le corps humain se compose de <
! l’âge = enfance, tout tend à la fluidité, sexe, climat.
tempérament.
Des solides.
1“ idée de la fibre simple des anciens : idée abstraite; c’est comme les forces vitales que les anciens rapportaient à un seul principe, principe vital, archée. Or il y a plusieurs forces vitales, de même il y a plusieurs fibres distinctes ;
2" ce que c’est qu’une fibre en général : suite de molléculles en linéament, c’est la ligne des mathématiciens.
nerfs, artères, veines, muscles, ligaments.
absorbants, aponévr.peau.
membranes fibreuses, tissu cellulaire.
— médullaire.
f glanduleux.
Tissus \ muqueux, non fibreux.1 séreux.
(cerveau.
3° une mauvaise expression de dire que les fibres sont
tendues, rétractées, etc. puisque tous les tissus ne
sont pas fibreux.
à fibres parallèles
i àfibres entrecroisées <
ce moyen de recherches. On a supposé qu’il n’accordait que peu de confiance aux résultats qu’avaient publiés ceux qui se servaient de verres grossissants, résultats bien extravagants partois d’ailleurs.
Quoi qu’il en soit, avec le seul secours d’une technique aussi simple que variée, il put arriver à connaître les propriétés orga^ niques et vitales des tissus animaux et établir les lois qui devaient servir de base à 1 anatomie générale d’abord, à Yhistologie ensuite.
Avant Bichat, les anciens anatomistes, désireux de connaître les différentes parties constituantes de l’organisme de l’homme ou de l’animal, s’étaient attachés à en décrire aussi minutieusement que possible les caractères macroscopiques et les rapports. Quelques-uns avaient cherché à pénétrer la structure des organes ; Malpighi, par exemple, voyait partout des glandes; pour Ruysch, au contraire, tout était formé par des vaisseaux. Si certains avaient noté dans les diflFerentes parties du corps des analogies de disposiüon ou de structure, aucun ne s’était élevé jusqu’aux considérations générales qui devaient élargir les idées et les descriptions.
Fallope* avait timidement tenté une classification des tissus ; il les divisait tantôt, d’après leur origine, en parties qui procèdent du sang ou qui tirent leur source de la semence ; tantôt, d’après leur température, en froids et chauds; tantôt enfin, d’après leur consistance, en humides et secs. Une classification aussi rudimentaire ne pouvait servir de base à une étude d’ensemble.
Les physiologistes, et parmi eux Haller, subdivisaient les parties et tissus constituants du corps d’après leur sensibilité, leur irritabilité et aussi d’après la façon dont ils réagissaient en présence des agents du monde extérieur. Mais, à cette époque, la physiologie était encore bien rudimentaire.
PineU, ayant rassemblé certaines données fournies par l’anatomie pathologique, avait été frappé par l’analogie des lésions qui s’observaient dans les membranes de différents organes. « Qu’importe, disait-il, que l’ara-
1. Fallope. — « Lectiones de partibus similaribus bumani corporis ex diversis exemplaribus », Nuremberg,
2. Pinel. — « Nosographie philosophique », 6e édition, Paris, 1818. Introduction, p. 17. La première édition parut en 1798.
chnoïde, la plèvre, le péritoine résident dans des régions difiPérentes du corps, puisque ces membranes ont des conformités générales dans leur structure ? N’éprouvent-ellcs pas des lésions analogues dans l’état de phlegmasie, et ne doivent-elles pas être réunies dans le même ordre, en formant seulement des genres différents ? »
Cette façon nouvelle d’envisager les maladies, en se basant sur les modifications anatomiques qu’elles produisent dans l’économie, frappa Bichat, comme il l’a proclamé luimême. Elle fut pour lui l’occasion de rechercher les analogies qui existent dans les organes et tissus nOn pas seulement chez l’homme malade mais encore chez l’homme sain. Ayant multiplié ses recherches avec une activité incroyable, il fut bientôt amené à classer les parties constituantes de l’organisme en 21 tissus :
1° le cellulaire; 2“ le nerveux de la vie animale ; 3° le nerveux de la vie organique ; 4° l’artériel; 5° le veineux; 6° celui des exhalants; 7° celui des absorbants et de leurs glandes; 8“ l’osseux; 9° le médullaire; 10“ le cartilagineux; 11° le fibreux; 12° le fibro-car-
tilagineux; 13“ le musculaire de la vie animale ; 14“ le musculaire de la vie organique ; 15“ le muqueux; 16“ le séreux; 17“ le synovial; 18“ le glanduleux; 19“ le dermoïde; 20“ l’épidermoïde; 21“ le pileux.
cc De même que la chimie a ses corps simples qui forment, parles combinaisons diverses dont ils sont susceptibles, les corps composés, de même l’anatomie a ses tissus simples qui, par leur combinaison quatre à quatre, six à six, huit à huit, forment les organes. »
Bichat décrit chacune de ces parties d’après ses caractères physiques et chimiques, ses propriétés-vitales efses modifications pathologiques. « Si, en tête de tous les chapitres de son livre, il se sert du mot système, on trouve presque toujours dans le courant du texte le mot tissu qu’il employait comme synonyme de moindre importance » (Mathias Duval) K
La classification nouvelle de Bichat, servant de base non seulement à l’anatomie, mais encore à la physiologie et à la pathologie, eut