‹ Centenaire de la Faculté de médecine de ParisChapitre 107 sur 146 · CHAIRE DE CLINIQUE DES MALADIES DD SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

CHAIRE DE CLINIQUE DES MALADIES DD SYSTÈME NERVEUX

Le 9 juillet 1881, la Chambre des députés vota un crédit de 200,000 francs pour la fondation d’une chaire de clinique des maladies du système nerveux. Un décret du 2 janvier 1882 créa cette chaire et y appela Charcot, qui était professeur d’anatomie pathologique depuis onze ans. Le choix était tout naturel, car ses travaux sur les maladies du système nerveux étaient universellement connus et appréciés.

Placé à la Salpêtrière en 1862, Charcot s’était trouvé en présence d’une mine à explorer, et il en a largement usé. Il avait déjà étudié les maladies des vieillards et il étudia, mieux qu’on ne l’avait fait jusqu’à lui , les maladies du système nerveux, surtout au point de vue de l’anatomie pathologique. Avec Brovvn-Séquard et Vulpian, il avait fondé les Archives de physiologie normale et pathologique, en 1889. Il s’était spécialisé , pour ainsi dire , dans la topographie cérébrale : il avait professé à la Salpêtrière des Leçons sur les maladies du système nerveux, dont la première édition parut en 1872. En 1875, dans son cours d’anatomie pathologique à la Faculté, il avait fait des leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau, qu’il compléta par des leçons sur les maladies de la moelle épinière, recueillies par Bourneville. II avait exposé la théorie des localisations dans les maladies spinales. Ses travaux sur la sclérose des centres nerveux, sur la sclérose en plaques disséminées, sur la sclérose des cordons postérieurs, sur la sclérose latérale amyotrophique des cordons latéraux, sur l’atrophie

musculaire progressive, sur l’ataxie locomotrice, sur l’hystérie, sur l’hystéro-épilepsie, sur les zones hystérogènes, etc., étaient connus de tout le monde médical. Si Charcot était fait pour la chaire, la chaire était faite pour Charcot. Il faisait école à la Salpêtrière, et médecins et gens du monde se pressaient à ses leçons sur l’hypnotisme, le transfert, la métalloscopie, dans laquelle il avait pour ainsi dire donné un passeport aux travaux de Burcq, oubliés, négligés ou méconnus. Dans les Archives de nécrologie, fondées en 1880, Charcot avait fait connaître les progrès accomplis par l’anatomie et la physiologie du système nerveux.

Nous laissons de côté, et avec intention, ses travaux sur les maladies du foie, des voies biliaires, sur la goutte et le rhumatisme, sur les altérations du sang.

Les leçons de Charcot ont été recueillies et publiées sous le titre de Leçons du mardi à la Salpêtrière (1887-1889), 2 volumes, et Nouvelle iconographie de la Salpêtrière (1888-1.892 ), 5 volumes.

Charcot a été l’âme de l’école médicale moderne. Il a formé des élèves qui ont porté à Paris comme en France le goût des études anatomo-pathologiques et névrologiques , et qui s’appellent Bouchard , Comil, Pitres, Lépine, aujourd’hui maîtres appréciés, et plus près d’eux, Joffroy, Raymond, Brissaud, Marie, Féré, etc.

Les travaux de Charcot lui avaient ouvert les portes de l’Académie de médecine le i5 avril 1873, celles de l’Institut le 5 novembre i883.

Il y avait onze ans que Charcot occupait sa chaire lorsqu’il fut enlevé subitement, le 16 août 1893, laissant un lourd fardeau à porter à celui qui devait lui succéder.

Appelée à se prononcer pour désigner un successeur à Charcot, la Faculté présenta à la presque unanimité (3o voix sur 3i votants) l’agrégé Raymond, qui fut nommé officiellement le 1“ mai 1894.

Disciple de Vulpian et de Charcot, Raymond s’était fait connaître par ses travaux sur ï Hémichorée cérébrale ( thèse inaugurale , 1876), sur

ENSEIGNEMENT

ie Tabes spasmodique, sur les Atrophies musculaires, sur la Paralysie générale, etc., qui portent l’empreinte d’un esprit observateur et généralisateur.

TABLEAU CHRONOLOGIQUE

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