ACADÉMIE DE MÉDECINE ET SOCIÉTÉS SAVANTES
Sur les ruines de l’ancienne Académie de chirurgie et de la Société royale de médecine11', disparues dans la tourmente révolutionnaire, s’étaient formées quelques sociétés scientifiques, qui n’avaient aucun caractère officiel. Le 2 2 mars 1 7 96 fut constituée la Société de médecine de P écris qui siégeait d’abord au Louvre et qui existe encore aujourd’hui. C’est la plus ancienne société savante. En 1798, Bichat avait fondé la Société médicale d’émulation. Outre les mémoires quelle a publiés, ses archives manuscrites sont conservées à la Bibliothèque de la Faculté.
Un arrêté ministériel, signé L. Bonaparte, du 12 fructidor an vm (3o août 1800), fonda dans le sein de l’École une société chargée de recherches relatives à la topographie de la France, du perfectionnement de toutes les connaissances médicales, sous le nom de Société de l’Ecole de médecine, composée de 60 membres titulaires, 60 associés nationaux, 60 étrangers et d’un nombre illimité de correspondants. Les procès-verbaux des séances étaient publiés dans les Bulletins de l’École de médecine®. Cette société fut dissoute le 2 3 février 1 8 2 1 , à la fondation de l’Académie de médecine, qui continua ses travaux.
Le 29 mai 1 80 1 ( 9 prairial an ix) fut fondée la Société d’instruction médicale en faveur des étudiants®.
(1) CorIi«i. L’mOehne Faculté de médecine de Paris; 1877^. 182, 21gJ 222.
7 vol. in-8°, an XIII (i8o4) à 1821.
p> L’église de l’Oratoire, fermée depuis la
suppression de ia corporation des Oratoriens en au culte protestant.
ÉVOLUTION
En 1802 fut créée la Société galvanique, sous les auspices du Gouvernement, pour étudier exclusivement toutes les questions relatives au galvanisme.
En i8o3, Dupuytren fonda la Société anatomique, qui disparut en 1807 et fut reconstituée par Cruveilhier, en 1826.
L’année i 8o5 vit naître la Société médico-pratique; 1808 vit naître la Société de médecine pratique, qui a pris en 1 8g3 le titre de Société de médecine et de chirurgie pratiques. La Société de T Athénée fut fondée le 28 mai 1812 et n’eut que quelques années d’existence.
Dans les premiers jours de vendémiaire an xm avait été fondée une Académie de médecine, composée de tous les membres de l’ancienne Faculté de médecine de Paris et de quelques médecins reçus soit dans les universités autres que Paris, soit d’après les nouvelles lois. Ses travaux avaient pour but spécial l’étude et la pratique de la médecine. Portai en était le président. Les séances avaient lieu le deuxième et le quatrième vendredis de chaque mois, à l’Oratoire. Cette Académie se fondit peu à peu et disparut complètement en 1820.
Toutes ces sociétés, établies dans le but de mettre en commun les connaissances acquises chaque jour, furent éclipsées par la fondation de l 'Académie royale de médecine, créée par ordonnance royale du 20 décembre 1820, dans le but de répondre aux demandes du Gouvernement pour tout ce qui intéresse la santé publique et principalement sur les maladies particulières à certains pays, les épizooties, les différents cas de médecine légale, la propagation de la vaccine, l’examen des remèdes nouveaux et des remèdes secrets, tant internes qu’externes, les eaux minérales naturelles ou factices, etc. Elle fut en outre chargée de continuer les travaux de la Société royale de médecine et de l’Académie de chirurgie : elle dut s’occuper de tous les objets d’études et de recherches pouvant contribuer aux progrès des différentes branches de l’art de guérir.
C’est sur l’initiative de Portai, premier médecin de Louis XVIII, que fut fondée l’Académie qui fut d’abord composée de membres honoraires, de titulaires, d’associés et d’adjoints. Elle fut divisée
en trois sections, une de médecine, une de chirurgie et une de
pharmacie.
Par l’ordonnance du 27 décembre 1820, le roi avait nommé directement une partie des membres de l’Académie. Les trois sections complétèrent par voie d’élection le nombre réglementaire des membres.
Une nouvelle ordonnance du 6 février 1821 mit sur le même pied les membres honoraires et les membres titulaires. Mais, après huit années d’expériences, on reconnut quelques imperfections dans l’organisation de l’Académie, et une nouvelle ordonnance royale du 18 octobre 1829 divisa l’Académie en onze sections, supprima les assemblées de classes et réduisit le nombre des membres titulaires à 60, celui des adjoints à 4o, celui des associés bbres à 10. Enfin une dernière ordonnance royale du 20 janvier i835 réunit les titulaires et les adjoints en une seule classe. Les membres de l’Académie de médecine sont répartis en onze sections : anatomie et physiologie (10), pathologie médicale ( 1 3 ) , pathologie chirurgicale (10), thérapeutique et histoire naturelle médicale (10), médecine opératoire ( 7 ) , anatomie pathologique (7), accouchements (7), hygiène publique, médecine légale et police médicale (10), médecine vétérinaire (6), physique et chimie médicale ( 1 o ) , pharmacie ( 1 o ) . Une douzième section , sous le titre d’Associés libres, comprend des membres choisis parmi les savants, les administrateurs d’un ordre élevé ou toutes autres personnes pouvant prêter un concours utile à l’Académie (arrêté ministériel du 3o mai 1882).
Depuis 1828, l’Académie de médecine publie ses mémoires, in-4°; la publication des Bulletins ne date que de 1 836. Jusqu’à cette époque les comptes rendus des séances étaient publiés dans les différents journaux de médecine.
Si l’Académie de médecine continua à attirer dans son sein toutes les sommités médicales, chirurgicales, pharmaceutiques, vétérinaires, etc., des sociétés particulières n'en continuèrent pas moins à se former. La Société médicale d’observation date de 1837.
ÉVOLUTION
Une autre société, qui a pris une grande et légitime. importance, est la Société de chirurgie, qui fut fondée le 23 août i843 et qui a été déclarée institution d’utilité publique par décret impérial du 2 9 août i852.
En i848 furent fondées la Société de biologie; en 1849, k Société médicale des hôpitaux; en i855, la Société médico-psychologigue ; en 1859, la Société d’anthropologie; en 1866, la Société de thérapeutigue ; en 1860, la Société de médecine légale. On voit que toutes ces sociétés, loin de se nuire, se complètent les unes les autres, sans compter les sociétés des autres spécialités médico-chirurgicales, qui toutes contribuent individuellement aux progrès des sciences médicales, et les sociétés d’arrondissement, qui ont pour but d’entretenir des rapports scientifiques et confraternels entre les médecins habitant le même arrondissement et appelés à se rencontrer journellement dans leur pratique.