JOURNAUX ET PÉRIODIQUES
La presse, qu’elle soit politique ou scientifique, est une puissance avec laquelle il faut compter. Elle peut faire ou défaire les réputations, sauf au temps à infirmer ou à confirmer ses jugements; elle peut blesser et guérir ensuite les blessures quelle a faites. Si la presse française a une origine médicale dans la personne de Renaudot, elle a proliféré d’une façon prodigieuse sur un terrain trop fertile, et aujourd’hui les publications médicales périodiques sont si nombreuses que beaucoup ne vivent qu’artificiellement, trouvant chez des in-
ÉVOLUTION
dustriels les moyens de se soutenir, ou bien n’ont qu’une existence tout à fait éphémère.
En 1794, à la fondation de l’École de santé, il n’y avait en réalité que trois journaux de médecine :
i° Journal de chirurgie, de Desault, n’ayant duré que de 1791 à 1792 , 4 volumes;
20 Recueil périodique d’observations de médecine, de chirurgie et de pharmacie, fondé en 1754, que dirigèrent successivement Vandermonde, A. Roux, Sédillot jeune, etc., et qui a pris, à partir de la septième année (t. XV) le titre de Journal général de médecine, chirurgie et pharmacie. En 1794, il avait déjà publié 96 volumes in-12;
3° Gazette de santé, fondée par Gardanne en 1773 et continuée jusqu’en 1829.
Après la fondation de l’École de santé, la progression a été prodigieuse, et tous les deux ou trois ans paraissait une feuille nouvelle. Quelques-unes ont changé de titre et existent encore aujourd’hui; d’autres se sont fusionnées. Ainsi, la Gazette de santé disparut en 1 82 9 pour renaître en i83o sous le titre de Gazette médicale, avec Jules Guérin comme rédacteur en chef. Ce journal existe toujours.
Lucine française, ou Recueil périodique d’observations médicales . . . relatives à la science des accouchements et aux maladies des femmes et des enfants, ans xi-xiii.
Le Journal général de médecine, disparu en 1794, fut repris en 1801 par Corvisart, Leroux et Boyer et s’éteignit en 1817, après avoir publié 4o volumes in-8°.
De 1801 à 1823, époque de la réorganisation de la Faculté, parurent :
1804-1821. Bulletin de l’Ecole de médecine et de la société formée dans son sein, 7 volumes in-8°. Cette publication disparut à la fondation de l’Académie de médecine.
i8o3-i8î2. Bibliothèque médicale, ou Recueil périodique d’extraits des meilleurs ouvrages de médecine et de chirurgie, par une société de médecins, 78 volumes in-8°.
1806- 1819. Journal de médecine pratique , par une société de médecins.
1807- 1825. Bulletin des sciences médicales, publié au nom de la Société d’émulation, 8 volumes in-8°.
i8n-i8i3. Journal de bibliographie médicale , 3 volumes in-8°.
1816-1825. Bulletin de la Société médicale d’émulation, 8 volumes
1816-1822. Nouveau journal de médecine, chirurgie et pharmacie, par Béclard, Chomel, H. Cloquet, etc.; i5 volumes in-8°. C’est la continuation du Journal de médecine de Corvisart.
1816-1 83o. Journal universel des sciences médicales, 5g volumes in-8°.
i8i8-i832. Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales, 44 volumes in-8°.
1820-1 866. Revue médicale, historique et philosophique. Cejournal, qui a été écrit dans l’esprit de la médecine hippocratique, a compté parmi ses plus remarquables rédacteurs Récamier, Cayol et Saies- Girons, 182 volumes in-8°.
1820-1833. Transactions médicales, journal de médecine pratique et de littérature médicale, par C. Forget, 1 4 volumes in-8°.
1822-1834. Annales de la médecine physiologique, par Broussais, 26 volumes in-8“.
De 1823 à i83o, une dizaine de périodiques ont été fondés, et parmi ceux-là il en est quatre qui vivent encore; ce sont : les Archives générales de médecine, le Journal analytique ou Abeille médicale, la Lancette française ou Gazette des hôpitaux et les Annales d’hygiène publique.
Les journaux qui ont disparu sont les suivants :
Hygie, de 1823 à 1828.
Bulletin des sciences médicales, de Férussac, de 1824 à 1 83 1,
27 vo-
ÉVOLUTION. 561
Répertoire général d'anatomie et de physiologie, par Breschet, de 1 826 à 1829, 8 volumes in-4°.
Journal hebdomadaire de médecine, par Andral, Blandin, etc., 1828i83o, 8 volumes in-8°.
Journal des progrès des sciences et institutions médicales en Europe, etc., de 1827 à i83o, 21 volumes in-8°.
Journal universel hebdomadaire de médecine et de chirurgie pratiques, par Bégin, Bérard, etc., i83o-i833.
Journal hebdomadaire des progrès des sciences et institutions médicales, par Bouillaud, etc., i834-i836, 11 volumes in-8°.
La Clinique des hôpitaux et de la ville, de 1827 à 1829, in-4°- Par suite de dissentiments, les rédacteurs de ce journal l’ont quitté et ont fondé la Lancette française, le 1“ novembre 1828. Lami, fondateur de la Clinique, est mort le 10 août i83o, à la suite d’une blessure reçue aux journées de juillet (balle dans la poitrine). Ce journal s’est fondu en i83o avec la Gazette médicale.
La Lancette française a eu pour fondateur et rédacteur en chef, Fabre, qui a tenu jusqu’à sa mort, arrivée en i854, un des premiers rangs dans la presse médicale indépendante. En i83i, la Lancette prit définitivement le titre de Gazette des hôpitaux civils et militaires. Les principaux rédacteurs de ce journal furent Fabre, A. Latour qui écrivait de spirituelles causeries sous le pseudonyme de Jean Raymond, Brochin, homme de bon sens et de grand jugement, esprit droit et bienveillant, qui a dirigé le journal de 1 854 à 1888, et dont la plume n’a jamais blessé personne. Il faut encore citer Foucart, Marchai (de Calvi), etc. Fabre a véritablement créé le journalisme médical français. 11 avait la plume à la fois mordante et joyeuse, le style facile : le sang marseillais coulait dans ses veines, et il était devenu partial à force de vouloir être impartial. Il était poète à ses heures , et dans ses satires (la Némésis médicale, YOrfilaïde) , on trouve parfois l’inspiration, mais son fouet frappe souvent trop fort ou à côté. Il est mort subitement le 2 4 juin i854, sur la voie publique, montrant par son
exemple que le journalisme médical n’enrichit guère celui qui le pratique honnêtement.
Le 2 janvier i83o, Jules Guérin fit revivre la Gazette de santé en fondant la Gazette médicale. Polémiste éminent, toujours prêt à la riposte, dialecticien serré, excellent écrivain, homme de progrès, Guérin eut comme collaborateur un homme qui, sans être médecin, était très versé dans toutes les questions afférentes à la philosophie, aux institutions médicales et à la critique médico-littéraire, Louis Peisse, dont les feuilletons, réunis en deux volumes, se lisent encore
La même année parut le Journal de médecine et de chirurgie pratiques, par Lucas-Championnière. Ce recueil, qui à paru sans interruption depuis sa fondation, n’a rien perdu de son utilité.
L’année i83i vit naître le Bulletin général de thérapeutique, fondé par Miquel et continué par Debout, Bricheteau, Dujardin-Beaumetz, et actuellement par Albert Robin.
En i833 parut le Journal de physiologie expérimentale de Magendie, dei82iài83i, 11 volumes in-8°.
Le Journal des connaissances médicales pratiques et de pharmacologie, dans lequel se trouvent de si intéressantes notices nécrologiques par Caffe, est devenu à sa mort la propriété de A.-V. Cornil, qui en changea
Le Journal des connaissances médico-chirurgicales, fondé par Trousseau, Gouraud et Lebaudy, prit en i853 le titre de Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, sous la direction de Martin-Lauzer.
Annales d’obstétrique, des maladies des femmes et des enfants, par Andrieux (de Brioude), etLubanski, i842-i844, 4 volumes.
Le Journal de chirurgie, de Malgaigne, 1 843-1 846 , 4 volumes in-8°, fusionna en 1847 avec la Revue médico-chirurgicale de Paris, l8Aqi855, 18 volumes in-8°.
La même année, Amédée Latour, ancien collaborateur de la Gazette des hôpitaux sous le pseudonyme de Jean Raymond, fondateur en i839 de la Gazette des médecins praticiens, journal qui n’eut qu’un an
ÉVOLUTION
d’existence, fonda f Union médicale .journal ayant pour but de défendre les intérêts du corps médical, d’être l’écho de l’Association des médecins de France. D’une plume alerte, Latour écrivait sous le nom de Simplice des causeries spirituelles qui ne se sont jamais ressenties de l’âge de l’auteur. C’est là que Tartivel publia les leçons d’Andral sur l’histoire de la médecine jusqu’au temps de Galien (i85a-i853).
Avant la Révolution de i848, les journaux de médecine, comme les autres publications périodiques, étaient soumis à un droit de timbre. La suppression de ce droit fut favorable à la presse scientifique.
En i853, H. de Castelnau, qui avait été l’un des collaborateurs de la Gazette des hôpitaux, se sépara de son journal et fonda le Monitear des hôpitaux. C’est dans ce journal que parurent les Flèches médicales, de Joulin, qui frappèrent si fort et si juste quelquefois, mais dont l’auteur a senti les ricochets. Ce journal a cessé d’exister en !859.
La même année 1 8 53 vit naître la Gazette hebdomadaire, sous la direction de Dechambre, qui avait fait ses preuves comme journaliste et qui avait fondé avec Mercier, en 1 8 4 1 , V Examinateur médical, journal qui ne vécut que deux ans. Dechambre était un écrivain impartial, au jugement sain, au savoir encyclopédique. A sa mort, son journal a été continué par Lereboullet.
En i854, sous la direction de Félix Roubaud, parut la France médicale, titre qu’avait déjà porté un journal qui n’eut qu’un an d’existence (i836-i837). Roubaud était polémiste, comme Jules Guérin; il était habile à saisir le côté vulnérable d’une question. Il y avait dans son style quelque chose de Pascal et de Paul-Louis Courier. Il était plutôt journaliste que médecin : sa plume vive et quelquefois acérée touchait juste. Il a laissé dans son journal des feuilletons qui méritent d’être relus, et c’est lui qui le premier a ressuscité la mémoire de Théophraste Renaudot, ce que beaucoup ignorent ou oublient. H. Favre, Bottentuit et Chevallereau prirent successivement la direction du journal.
Le Courrier médical, qui fut d’abord un journal d’annonces, parut en i864 et s’est fait une petite place sous la direction de Mary Durand.
Elleaume avait fondé en 1862 le. Mouvement médical, journal qui fut repris et continué par Pascal, sous la direction duquel il devint un journal de parti. Ce journal a cessé de paraître en 1879.
Le 20 janvier 1867, Marchai (de Calvi), agrégé de la Faculté de médecine et de l’hôpital du Val-de-Grâce, qui maniait avec la même habileté le bistouri, la plume et la parole, quitta la Réforme médicale, qu’il avait fondée le 20 janvier 1867, pour créer un nouveau journal, la Tribune médicale, qui est aujourd’hui continuée par Laborde, chef des travaux physiologiques et membre de l’Académie de médecine.
Le i4 juin 1873 parut le Progrès médical, sous la direction de Bourneville, journal indépendant, tenant à justifier son titre, et étant le reflet de l’enseignement de la Salpêtrière.
Joulin était un polémiste agressif. Sa verve spirituelle ne s’était pas contentée des Flèches médicales. Joulin voulut avoir son journal à lui, où il avait toutes ses aises, et il lui donna son nom : Gazette de Joulin. Fondé en 1872, ce journal disparut à la mort de son directeur, en 1874. Malheur à qui tombait sous sa plume, car Joulin tuait par le sarcasme.
En 1 873 , Hayem commença la publication d’une importante Revue des sciences médicales, formant un cahier de 200 à 3oo pages et paraissant tous les trois mois. C’est la seule collection de ce genre que nous possédions en France.
Bouchut, qui, malgré des titres incontestables, n’a jamais pu voir que de loin la terre promise des situations officielles à la Faculté et à 1 Académie, a voulu aussi avoir son journal, et il prit des mains de Fort, en 1875, le Paris médical, journal qui s’éteignit avec lui en 1891 pour se fusionner avec la France médicale. L'Histoire de la médecine grecque depuis la mort de Galien , jusqu a la chute de l'empire d’Orient, par Corlieu, a paru dans les feuilletons de ce journal.
L année i883 a vu naître la Semaine médicale, qui contient les
ÉVOLUTION
comptes rendus de toutes ies sociétés savantes de France et de l’étranger.
En 1887, Prengrueber fonda le Bulletin médical.
En 1889, Sée d’abord, puis Talamon fondèrent la Médecine moderne.
En 1890, le Mercredi médical fit son apparition.
En 1894, la Presse médicale reprit, sous la direction scientifique du professeur Landouzy, le titre d’un journal né et mort en 1887.
Des raisons d’actualité et de convenance ne permettent pas de s’arrêter sur la valeur des publications périodiques nouvellement nées.
A côté de cette presse, qui est le reflet de la vie scientifique journalière, existe une autre variété de périodiques; ce sont lés journaux spéciaux, dont nous nous contenterons de faire l’énumération en indiquant seulement l’année de la fondation :
Annales d’hygiène publique et de médecine légale, 1829.
Annales de dermatologie et de syphiligrapliie , par Doyon, 1869.
Annales de gynécologie, par Pajot, Courty, etc., 187 4-
Annales de l’Institut Pasteur, par Duclaux, 1887.
Annales des maladies de l’oreille et du larynx, par Ladreit de la Charrière, 1875.
Annales des maladies des organes génito-urinaires , 1882.
Annales de la Société d’hydrologie médicale, l855.
Annales médico-psychologigues , i843.
Archives internationales de laryngologie , de rliinologie et d’otologie, par Ruault, 1887.
Archives de médecine expérimentale et d’anatomie pathologique, par Cbarcot, 1889.
Archives ( nouvelles ) d’obstétrique et de gynécologie, 1 885.
Archives d’ophtalmologie, par Panas, Landolt, 1880.
Archives de physiologie normale et pathologique, par Brown-Séquard,
Archives de neurologie, par Charcot, 1880.
Archives de tocologie , maladies des femmes et des enfants nouveau-nés, parDepaul, 1874.
Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, 1 85 1 .
Bulletin de la Société anatomique, 1826.
Bulletin de la Société d’anthropologie, 1860.
Bulletin de la Société de chirurgie, 1 848.
Presque toutes les sociétés publièrent des bulletins ou mémoires spéciaux. Les principaux sont :
Journal d’hygiène, parPietra-Santa, 1875.
Revue générale de clinique et de thérapeutique, par Huchard, 1887.
Revue d’hygiène et de police sanitaire, par Vallin , 1879.
Revue mensuelle de médecine, 1881.
Revue mensuelle de chirurgie, 1881.
Revue mensuelle des maladies de l’enfance, i883.
Revue d’orthopédie, par Kirmisson, 1890.
Revue pratique (F obstétrique et de pédiatrie, par Vamier, 1 893.
Revue de thérapeutique médico-chirurgicale faisant suite au Journal des connaissances médico-chirurgicales, par Martin-Lauzer, i853.
Revue neurologique, par Brissaud, i8g3.
Revue photographique des hôpitaux de Paris, par de Montméja et Boumeville, 1869.
ÉVOLUTION