PRÉFACE
Après avoir écrit l’histoire de l’ancienne Faculté de médecine de Paris, il me restait une dette à payer : c’était d’écrire l’histoire de la nouvelle Faculté, sur les bancs de laquelle je me suis assis comme étudiant, il y a plus de cinquante ans. J’ai pu assister, de i844 à i852, aux dernières luttes pour le professorat, luttes ardentes, dans lesquelles les concurrents donnaient des preuves non seulement de leur savoir, mais encore de leurs qualités professorales. Mon entrée à la bibliothèque de la Faculté m’a mis à même de fouiller toutes les archives de la Faculté, de consulter tous les dossiers, tous les journaux périodiques : j’ai pu ainsi amasser, depuis vingt ans, tous les documents authentiques indispensables et suivre le mouvement scientifique qui s est manifeste dans l’École.
J’ai divisé mon livre en trois parties :
Dans la première, j’ai traité de Y Organisation de la Faculté, de son enseignement, de l’exercice de la médecine, de la scolarité, des études anatomiques et physiologiques, du stage hospitalier. J’ai raconté l’histoire des concours pour l’agrégation , et j’ai recueilli tous les sujets des thèses donnés dans ces concours, de 1823 à 1886, questions qui reflètent l’esprit scientifique de l’époque où elles ont été traitées. J’ai rappelé les différents modes de nomination aux chaires professorales, .fai fait connaître l’état de nos
musées, de la bibliothèque, des laboratoires qui sont, avec les hôpitaux, les sources les plus importantes du mouvement scientifique. Le récit des événements qui se sont passés à la Faculté en 1822 et en i83o termine cette première partie.
Dans la deuxième partie, j’ai traité de l'Enseignement. Jai fait l’historique de toutes les chaires de la Faculté, de tous les concours qui ont eu lieu pour l’obtention de ces chaires. Jai tâché de faire revivre ces temps pleins d’émotions, qui ont passionné le monde médical de 1811 à 1814 et de i83i à i852. Jai pu reproduire les portraits de presque tous les professeurs.
La troisième partie est consacrée à l'Evolution de la médecine depuis un siècle. Jai cherché à exposer la marche progressive des sciences médicales depuis 1794, à faire voir tout le chemin parcouru depuis Bichat jusqu’à Pasteur, à décrire cette révolution qui s’est faite sur le terrain pacifique de la science en physiologie, en médecine comme en chirurgie. La bactériologie a été le point de départ d’une rénovation complète. Toutes les maladies sont devenues, pour ainsi dire, tributaires du microscope.
La thérapeutique a bénéficié des études bactériologiques et des découvertes de la chimie moderne.
L’hygiène a largement profité de ce mouvement progressif.
Des Sociétés savantes se sont créées sur les débris de la vieille Académie de chirurgie et de la Société royale de médecine. Des organes scientifiques nombreux sont nés, et la presse médicale a proliféré d’une façon prodigieuse, se Élisant l’écho des travaux journaliers des laboratoires et de la clinique hospitalière.
L’histoire de la médecine n’a pas été négligée.
Jai terminé en donnant le tableau alphabétique des cent cinquante-six professeurs qui se sont assis dans les chaires de la
Faculté. Parmi eux, quarante-huit de France.
leur fauteuil à l’Institut
Pour mener à bonne fin et traiter dignement un ouvrage de cette nature, qui est l’histoire de la Faculté de Paris et celle de la médecine en France depuis cent ans, il fallait des aptitudes qui me manquent. Je n’ai eu que l’ardent désir de bien faire, et si je n’ai pas réussi dans ce travail comme je l’aurais désiré ,
J’aurai du moins l’honneur de l’avoir entrepris.
Ce sera mon excuse auprès de la Faculté de médecine et auprès des médecins qui me liront.
A. CoRLIED.
nbre i8g4-