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LE CHEF DES TRAVAUX ANATOMIQUES

Les études anatomiques étant la base des connaissances médicales, le Comité de l’instruction publique avait décidé d’adjoindre au corps des professeurs un certain nombre d 'employés chargés de la direction des études anatomiques.

Dans deux assemblées des professeurs, du 2 5 et du 29 pluviôse an ni (i4 et 18 février 1795), on nomma une commission pour étudier la question et pour désigner à l’Assemblée les citoyens à qui il convenait de confier la direction et la surveillance des dissections. On proposa de nommer un directeur des recherches anatomiques, de lui adjoindre six prosecteurs, et d’attribuer au premier le logement et 5,ooo francs d’honoraires et à chaque prosecteur, le logement et 2,000 francs.

Le 2 ventôse an m (i3 mars 1796), le Comité de l’instruction publique prit l’arrêté suivant :

Art. 1". D’après ia demande des professeurs de l’École de santé de Paris et sur la présentation de la Commission d’instruction publique, le Comité, en conséquence de l’article 5 de la loi du 1 4 frimaire dernier, ainsi que des arrêtés des 1 4 et 1 5 ventôse, présent mois, nomme : Fragonard (Honoré), chargé de diriger les recherches anatomiques et d’exercer les élèves dans l’art d'injecter.

Fragonard, appelé à cette haute position, n’a guère laissé de souvenirs dans la Faculté de Paris. On ne trouve son nom ni parmi les

docteurs régents de l’ancienne Faculté, ni parmi les maîtres en chi-

A sa mort arrivée en l’an vu (1799), sept candidats se présentèrent pour lui succéder : Duméril, Giraud, Bichat, Dupuvtren , Jadelot, Valentin et Larrey.

Le 9 floréal (29 août), la Commission décida de mettre la place au concours et établit les conditions suivantes :

Les concurrents devraient : i° Donner des vues écrites sur le perfectionnement des préparations anatomiques; 20 Traiter par écrit une question d’administration anatomique tirée au sort; 3° Faire trois préparations, savoir : une dissection, une injection des vaisseaux sanguins et une injection des vaisseaux lymphatiques; 4° Présenter les pièces anatomiques faites antérieurement.

Le 29 floréal (19 mai 1799), Le Clerc lut un projet de règlement qui fut approuvé par le Ministre, et le 9 messidor an vu, Duméril et Dupuytren restaient les deux seuls candidats, les autres s’étant spontanément retirés.

Le concours dura près de six semaines, et les deux concurrents firent preuve d’une habileté presque égale. Enfin, le i3 thermidor (3i juillet 1799), ils lurent un mémoire écrit sur cette question : « Indiquer les procédés chimiques dont l’anatomiste peut utilement s’aider dans ses travaux et recherches », et un autre sur leurs » Vues relatives au perfectionnement de l’art anatomique. » Ce fut le sujet de la thèse inaugurale [1) que soutint trois ans après, Duméril, le lundi 1 1 fructidor an xi (29 août i8o3).

Sur dix-neuf votants, Duméril obtint dix voix contre neuf données à Dupuytren. Il fut proposé à la nomination du Ministre qui l’approuva le 29 thermidor an vu (17 août 1799).

m Essai sur les moyens de perfectionner et festa à ses collègues le désir de soutenir l’acte d'étendre l'art de V anatomiste , in-8*, 78 pages. public prescrit par la loi pour l'exercice de Duméril avait été nommé professeur sans être la médecine. L’assemblée des professeurs y

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Duméril demanda à l’assemblée des professeurs de vouloir bien lui tracer le plan de ses fonctions, et à la séance du 29 vendémiaire an vin (2 1 octobre 1799), Le Clerc proposa un plan de travail consistant à préparer une série de pièces anatomiques représentant d’une manière analytique les diverses parties du système vasculaire sanguin.

Le Clerc ayant quitté la chaire d'anatomie pour passer à celle de médecine légale (28 février 1801), la Faculté eut à pourvoir à son remplacement en présentant au Ministre une liste de trois candidats. Duméril fut proposé en première ligne, Bichat en deuxième et Dupuytren en troisième, et un arrêté du Premier Consul, en date du 1 o mars 1801, nomma Duméril professeur d’anatomie.

Pour la seconde fois, la place de Chef des travaux anatomiques était vacante. Mais dans l’assemblée des professeurs, le 19 ventôse an ix (10 mars 1801), Chaussier proposa d’appeler à la place de Chef des travaux anatomiques «le citoyen Dupuytren, dont le zèle et l’exactitude dans ses fonctions de prosecteur ne se sont jamais ralenties, dont les connaissances et l’aptitude à cette place ont été mises en évidence soit dans les préparations qu’il a faites en qualité de prosecteur, soit dans le concours solennel où il a paru avec une distinction telle qu’à un suffrage près, il a obtenu le même nombre de voix que le citoyen Duméril, et dont les talents sont appréciés par l’École qui l’a placé sur la liste des trois candidats quelle a présentés au Gouvernement pour la dernière chaire vacante. Il observe à l’Assemblée qu’il est de sa justice d’appeler à cette place l’homme qui y a une aptitude marquée et qui a utilement servi dans l’École depuis sa fondation » (I).

L’assemblée adopta à l’unanimité la proposition de Chaussier. Personne d’ailleurs ne s’était présenté en concurrence avec Dupuytren. Il fut nommé Chef des travaux anatomiques par arrêté du Premier Consul en date du i4 germinal an ix (4 avril 1801). Dupuytren n’était pas encore docteur.

Procès-verbaux des séances de la Faculté, t. II, n. p.

En 1812, après la mort de Sabatier, la chaire de médecine opératoire fut mise au concours, et la lutte est une des plus brillantes et des plus mémorables dont la Faculté ait gardé le souvenir*11.

Ce concours se termina le 1 o février par la nomination de Dupuytren, nomination qui laissait vacante la place de Chef des travaux anatomiques.

Roux, qui venait de concourir avec beaucoup de distinction pour la chaire de médecine opératoire, demanda que la place de Chef des travaux anatomiques lui fût donnée sans concours, s’autorisant de ce qui avait été fait pour Dupuytren en 1 80 1 . A cette demande , la F acuité opposa l’article i5a de son règlement, portant l’obligation d’une lutte publique.

Le concours s’ouvrit le lundi 11 mai 1812. Les juges étaient : Le Roux, Chaussier, Duméril, Lallement, Dupuytren; Thillaye et Richerand étaient suppléants. Les concurrents étaient Raron , Chauvot de Beaucbêne fds, Béclard, Hipp. Cloquet, Magendie et Rullier. Roux ne se présenta pas. Baron et Magendie n’ayant pas achevé leurs préparations anatomiques dans le délai de quinze jours fixé par les règlements se sont trouvés exclus. Ces préparations étaient les trois suivantes : 1° Artère maxillaire interne; 1° Vente azygos et vaisseaux lymphatiques qui se rendent dans les veines sous-clavières ; 3° Nerf trisplanchnique le long de la colonne vertébrale et d’un seul côté, de manière à conserver sa principale communication au devant du rachis.

La deuxième épreuve consista dans les deux questions écrites suivantes : 1° Exposer l’anatomie et la physiologie de l’oreille; 2° Faire connaître l’organe et le sens de l’odorat.

En outre, il fut accordé aux concurrents un délai de cinq jours pour présenter par écrit leurs Vues générales sur les occupations auxquelles doit se livrer le Chef des travaux anatomiques pour rendre sa place en même temps profitable à l’instruction et à la science.

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Chaque concurrent eut ensuite à faire une démonstration sur la pièce de ses compétiteurs, désignée par le sort.

La troisième série d’épreuves consista à faire pendant vingt minutes une leçon orale sur un sujet extrait d’une urne où l’on avait déposé autant de questions qu’il y avait de candidats. Le sort désigna la suivante : Le canal lacrymal; maladies auxquelles il est exposé; opération de la fistule lacrymale.

La quatrième épreuve consista à pratiquer les trois opérations suivantes : 1° Fistule lacrymale par incision du sac; 1° Amputation du Iras dans l’articulation scapulo-hamérale ; 3° Amputation partielle du pied par la méthode de Chopart.

Les mémoires sur les devoirs du Chef des travaux anatomiques furent lus dans la séance du 7 juillet, et la Faculté décida que, par une mesure exceptionnelle, et qui ne l’engageait pas pour l’avenir, les quatre mémoires seraient imprimés à ses frais111.

Un seul scrutin eut lieu et Béclard, à la majorité des suffrages, fut élu Chef des travaux anatomiques.

Ce concours , qui dura près de deux mois et demi , a permis à chaque candidat de montrer de grandes connaissances et a enrichi le musée de la Faculté de belles préparations anatomiques.

Petit-Radel, professeur de clinique interne, étant mort (1818), Bourdier prit sa chaire, laissant à Duméril la chaire de pathologie interne. La chaire d’anatomie se trouva alors vacante. Dans la séance du 3 novembre 1818, la Faculté proposa Béclard, par dix-neuf voix sur vingt votants : il fut nommé par la Commission d’instruction publique le 6 novembre i8i8(2).

Il fallait pourvoir à son remplacement comme Chef des travaux anatomiques.

La Faculté fixa l’ouverture du concours au 1" mars 1819. Chaussier, Béclard, Richerand, Lallement, Marjolin, Désormeaux et Du-

» Bibliothèque de la Faculté. Coll, m-8", t. CCCLXXIV. — 1!> Voir a' partie, cliap. 11.

puytren furent nommés juges. Les candidats étaient : Breschet, Bogros, H. Cloquet, J. Cloquet, Rullier et L.-J. Sanson aîné. Rullier et Hip. Cloquet s’étant retirés avant les premières épreuves, il n’y eut plus que quatre concurrents.

Breschet était déjà connu comme anatomiste; il était prosecteur de la Faculté, premier aide de clinique externe à l’Hôtel-Dieu. Jules Cloquet était, comme Breschet, prosecteur à la Faculté. Bogros était aide d’anatomie : il faisait des cours particuliers de dissection. Quant à Sanson , un des préparateurs et des aides de Dupuytren , et son collaborateur anonyme dans la rédaction de la thèse du concours de médecine opératoire de 1812, chirurgien militaire dei8i3ài8i5, docteur en chirurgie depuis 1817, il s’était aussi fait connaître par des cours publics.

La première épreuve consista en préparations anatomiques qui devaient être conservées pour les collections, et pour lesquelles on accorda un mois aux concurrents. C’étaient :

1° Le diaphragme et ses vaisseaux sanguins dans leur situation; 2° L’estomac, le duodénum, le pancréas et la fin des voies biliaires avec leurs vaisseaux sanguins dans leurs positions; 3° Les veines du rachis et les tissus veineux de la méninge crânienne.

Le jeudi, 1" avril, les concurrents présentèrent leurs préparations; Sanson, n’ayant pas achevé les siennes pour des raisons qu’il exposa, se trouva hors de concours.

La lutte se trouva dès lors engagée entre Breschet, Jules Cloquet et Bogros.

La deuxième épreuve consista dans la composition écrite. Des sept questions mises dans l’urne, le sort désigna la suivante, pour laquelle il était accordé six heures : Décrire le foie, ses fonctions , ses différences aux diverses épogues de la vie, ses maladies et leur traitement.

Le lendemain, mercredi 7 avril, eut lieu l’épreuve orale, pour laquelle chaque concurrent eut dix minutes pour traiter la question , qui était : Le tissu érectile.

La quatrième épreuve fut une leçon orale de vingt minutes, après

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vingt-quatre heures de préparation. La question tirée au sort fut la suivante : Décrire les premiers temps du fœtus et l’évolution successive de ses organes.

La cinquième épreuve consista dans la préparation du larynx, préparation pour laquelle il fut accordé huit heures aux concurrents, et dont ils durent faire la description le lendemain pendant un quart d’heure. Après cette épreuve, les trois concurrents tirèrent au sort le sujet d’une dissertation écrite pour la composition de laquelle quinze jours furent accordés.

Breschet a traité les questions suivantes :

Essai sur les veines du rachis. Recherches historiques et expérimentales sur la formation du cul. Considérations et observations anatomiques et pathologiques sur la hernie fémorale ou mérocèle. De la dessiccation et des autres moyens de conservation des pièces anatomiques". Ces thèses constituent 1 volume in-4° de 288 pages, avec planches.

Jules Cloquet eut à traiter : De la squelettopée". Recherches sur les causes et l'anatomie des hernies abdominales. 1 volume in-4° de 2 47 pages, avec 1 o planches.

Bogros consacra 38 pages aux questions suivantes : Quelques considérations sur la squelettopée. Des injections et leurs divers procédés".

Une seule question avait été donnée par le sort à chaque candidat(li : les autres questions traitées par eux l’ont été par surcroît.

Enfin la dernière épreuve consista dans les deux opérations suivantes : i° Taille hypogastrique ; 2 0 ligature de l'artère sous-clavière audessus de la clavicule.

Le 3o avril le concours était terminé. Breschet fut nommé au premier tour de scrutin par 5 voix contre 2 données à Jules Cloquet. Mais ce dernier avait chaudement disputé la place à Breschet; quant à Bogros, s’il s’était tenu un peu à distance, il n’en avait pas moins fait preuve de talent, et ses préparations ont été très remarquées. Le

jury décida que les pièces anatomiques de Jules Cloquet et de Bogros seraient une précieuse acquisition pour les collections du musée de la Faculté, qu’une somme de 600 francs serait accordée à chacun de ces deux concurrents et que l’un et l’autre seraient continués pendant deux ans dans leurs fonctions.

Des trois candidats à la place de Chef des travaux anatomiques, Breschet et Jules Cloquet sont devenus professeurs à la Faculté. Quant à Bogros, né dans les montagnes de l’Auvergne, arrivé tard à Paris et sans fortune, laborieux et tenace comme-beaucoup de ses compatriotes, il avait été choisi par Breschet pour répéter ses leçons d’anatomie et de médecine opératoire, et c’est à l’instigation de Béclard et de Chaussier qu’il osa se présenter en concurrence avec son maître. Son échec était prévu et certain. D’ailleurs il ne brilla pas dans ce concours : il n’était pas fait pour la lutte publique et oratoire : il était timide, parlait lentement, froidement; mais, malgré sa diction un peu hésitante, on trouvait en lui l’anatomiste minutieux et consommé, et ceux qui le connaissaient intimement savaient que Breschet lui avait beaucoup emprunté. L’opinion publique était que le mémoire et les pièces de Breschet sur les veines rachidiennes étaient le résultat des travaux de Bogros. Il soutint avec succès et distinction un nouveau concours pour la place de prosecteur devenue vacante par la nomination de Breschet. Béclard, qui l’appréciait, se l’était attaché d’une façon spéciale et, à l’amphithéâtre de la Faculté de médecine, Béclard et Bogros rivalisaient de zèle et de talent, le professeur d’anatomie, pour l’enseignement, l’aide, pour les préparations. Béclard est mort le 1 6 mars 1 8 2 5 ; Bogros le suivit de près et succomba à la tuberculose , entre les bras de Breschet, qui avait présidé à sa vie scientifique et à qui il légua ses manuscrits.

Breschet occupa la place de Chef des travaux anatomiques jusqu’à la dissolution de la Faculté de médecine, en 1822. Quand la Faculté fut réorganisée, il fut appelé à reprendre ses fonctions par un arrêté en date du 22 avril 1823. Le titre resta le même, mais la qualification changea, et au lieu d’être un employé de la Faculté, comme l’avait

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désigne le Comité de l’instruction publique de l’an ni, le chef des travaux anatomiques fut un fonctionnaire ,

Bresçhet conserva cette place jusqu’en i836, époque où il fut nommé, par concours, professeur d’anatomie en remplacement de Cruveilhier, nommé professeur d’anatomie pathologique!*1.

Dans le concours pour la chaire d’anatomie (i836), Bresçhet, Broc et Blandin s’étaient montrés presque égaux dans toute la série d’épreuves : Broc avait révélé une telle aptitude et s’était acquis tant de sympathies, qu’un membre du jury avait émis le vœu qu’il fût nommé Chef des travaux anatomiques sans concours, comme on avait fait pour Dupuytren en 1801. Ce membre était Roux, qui avait sollicité la même faveur pour lui-même et sans succès, en 1812, après le concours pour la chaire de médecine opératoire. Roux, homme loyal et logique, avait proposé «de présenter à la place de Chef des travaux anatomiques — M. le docteur Broc, l’un des candidats qui se sont le plus distingués au concours pour la chaire d’anatomie, en se conformant pour la nomination à l’ordonnance du 2 février. 1823, actuellement en vigueur»121. Une commission composée de Bresçhet, Cruveilhier, Bérard aîné, Sanson, Bouillaud, Adelon etOrfila, fut nommée pour examiner la proposition de Roux, et Bérard, chargé de faire un rapport, le terminait par les conclusions suivantes :

i° Les fonctions de Chef des travaux anatomiques doivent être temporaires;

20 Leur durée doit être de six années, sans réélection;

3° La place doit être donnée au concours.

L’ordonnance du 2 février, sur laquelle s’appuyait Roux, donnait à la Faculté le droit de présentation.

Dans l’assemblée des professeurs du 10 août i836, on mit aux voix la question de savoir si l’arrêté du 2 février devait être modifié. II y eut 9 voix pour la modification, et 8 pour le maintien.

<n Voir 2" partie, diop. n. — m Procès-verbaui des séances de la Faculté. Séances des 4 et 10 août i836, p. i3j, i32; t. IX.

La place devait-elle être donnée au concours? Sur 17 votants, il y eut 1 1 voix pour le concours, et 6 pour la présentation.

Quelle devait être sa durée? Treize professeurs demandèrent que les fonctions durassent six ans avec réélection facultative; deux demandèrent six ans, sans réélection; il y eut une voix pour que la place fût donnée à vie.

Dans l’assemblée du 18 août, on posa cette question : Quoique le concours fût adopté par la majorité, devait-on, pour cette fois seulement, faire une exception en faveur de Broc? Sur 22 votants, il y eut i3 voix contre l’exception, 8 pour l’exception et une voix perdue.

Le résultat de ces délibérations fut transmis au Ministère, et le 27 septembre 1 836 parut une ordonnance dont l’article 1“ était ainsi

«A l’avenir, dans les Facultés de médecine de Paris, Strasbourg et Montpellier, la fonction de Chef des travaux anatomiques sera donnée au concours, en cas de vacance ou à l’expiration d’une période de six ans depuis la nomination du titulaire. »

Cette fois, le Chef des travaux anatomiques redevenait le premier employé de la Faculté.

Ce règlement fixa les professeurs qui devaient faire partie du jury d’examen : c’étaient l’un des professeurs de clinique externe, l’un des professeurs de pathologie externe, le professeur d’anatomie, le professeur de physiologie, le professeur d’anatomie pathologique, le professeur de médecine opératoire et le professeur d’accouchements.

Les épreuves devaient consister en :

i° Préparation extemporanée sur un sujet anatomique déterminé par le sort; 2° Deux leçons, de trois quarts d’heure, et après trois heures de préparation, l’une sur l’anatomie descriptive, l’autre sur l’anatomie pathologique. Le sujet en serait tiré au sort; 3° Une opération chirurgicale, également tirée au sort, sur un cadavre; 4° Présentation d’unè série de préparations anatomiques sèches, effectuées conformément à l’indication du jury et dans un délai déterminé; 5° Rapport spécial sur les titres antérieurs.

Il n’y avait aucune condition d’âge.

Les juges du concours de i837 furent : Richerand , président; Marjolin, Roux, Bérard, Cruveiihier, Moreau et Breschet, secrétaire; Duméril, suppléant. Les candidats étaient : Biandin, Broc, Chassaignac, de Lignerolles, Dufresse-Chassaigne, Rigaud et Alphonse Sanson jeune. Robert, Huguier et Halma-Grand, qui s’étaient fait inscrire, ne se sont pas présentés. Duméril remplaça Moreau comme

juge-

La première séance de ce concours fut fixée au samedi 18 février

La première série d’épreuves consista dans deux leçons orales, après trois heures de préparation, l’une sur l’anatomie descriptive et l’autre sur l’anatomie pathologique.

Blandin fut le seul candidat appelé dans la séance du 18 février. Il eut à traiter le nerf pneumogastrique. Après quelques idées générales sur ce nerf, sur son importance, il l’étudia dans les différentes régions, dans ses rapports, dans ses divisions, et termina par des considérations générales sur l’anatomie comparée et la physiologie. Cette leçon, exposée avec méthode et clarté, fut accueillie par de nombreux applaudissements:

Le jeudi aZ février, Dufresse-Chassaigne eut à traiter le testicule. Sa leçon fut assez faible; on voyait en lui le candidat qui débutait dans la voie des concours.

Rigaud, qui lui succéda, fit sur le nerf facial une très bonne leçon: ses idées étaient lucides, précises, son débit excellent, son élocution facile; il fut chaudement applaudi.

Le 2 5 février, de Lignerolles fit une bonne leçon sur le ganglion cervical supérieur et la communication du nerf sympathique avec les nerfs crâniens. Cette question était plus difficile : de Lignerolles prouva qu’il la possédait parfaitement. Il parlait lentement, mais sans hésitation, trouvant toujours le mot propre.

Sanson eut pour sujet la rate et le système de la veine porte, magnifique question qu’il traita moins bien qu’on ne l’espérait; il se perdit

dans des digressions, manqua de coordination dans ses idées. Du reste, dans tous ses concours, et ils furent nombreux, il a toujours péché par ces mêmes défauts.

Le 2 mars, Chassaignac et Broc terminèrent cette première série d’épreuves. Chassaignac fit sur les enveloppes du testicule une remarquable leçon; après avoir examiné chaque tunique en particulier, il parla des conséquences pratiques. Il se montra ce qu’il avait été dans le concours pour la chaire d’anatomie, cest-à-dire un orateur clair, méthodique et élégant. Il fut chaudement applaudi.

Broc eut à traiter les artères du membre inférieur.. C’était une belle question, qu’il fit avec beaucoup d’habileté, ce qui lui valut une triple salve d’applaudissements.

Dans la deuxième épreuve sur l’anatomie pathologique, les candidats ont conservé le rang qu’ils s’étaient acquis dans la première. Nous n’avons pu retrouver que la leçon de Broc sur l’anatomie pathologique du testicule et celle de Sanson sur les polypes.

A la troisième épreuve, préparation extemporanée, il se produisit un incident regrettable. Les sujets avaient été acceptés par les candidats et tirés au sort, avant qu’on connût la question qui sortirait de l’urne : ce fut le plexus cervical superficiel. Broc était tombé sur le cadavre d’un enfant de i3 à i4 ans, scrofuleux, mort à la suite d’un érysipèle de la face. Il réclama, demanda un autre sujet, ce qui ne lui fut pas accordé. Dès lors il se retira du concours.

Les préparations les mieux faites furent celles de Blandin , Chassaignac et Rigaud.

L’épreuve de médecine opératoire consistait en deux ^opérations tirées au sort. Ces deux opérations furent : 1° L’amputation de la jambe au lieu d’élection; 2° La ligature de l’artère axillaire au-dessous de la clavicule.

Quoique mal portant depuis quelques jours par suite d’un érysipèle au bras droit, Blandin pratiqua une belle amputation et n’enleva pas la tubérosité du tibia, non par oubli, mais par principe. Chassaignac, de Lignerolles, Rigaud, Dufresse-Chassaigne et Sanson réus-

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sirent également bien leurs opérations : Sanson avait néanmoins montré un peu d’hésitation dans la ligature.

Ce concours dura six. mois et, dans la séance du 17 août, le président Richerand annonça que Blandin était nommé Chef des travaux anatomiques. Le jury proposa une mention honorable pour Chassaignac et pour Rigaud et décida qu’une somme de 1,200 francs serait demandée au Conseil royal de l’Université pour Chassaignac, dont les préparations étaient remarquables. Une semblable demande eût été faite en faveur de Rigaud , s’il n’eût été attaché à la Faculté en qualité de prosecleur.

Des six concurrents qui avaient subi toutes les épreuves du concours, Chassaignac ne se tint ni pour fatigué ni pour battu.

Rigaud concourut avec succès en 1 84 1 pour une chaire de clinique chirurgicale à la Faculté de Strasbourg et, en 1871, il a transporté son enseignement à la Faculté de Nancy.

Le professeur de médecine opératoire, Richerand, étant mort le a3 janvier i84o, sa chaire fut mise au concours, et Blandin fut nommé le 2 4 mars 1 84 1 , laissant vacante la place de Chef des travaux anatomiques qu’il avait occupée pendant quatre ans.

Un concours fut fixé pour le mois d août de la même année et les juges furent : Breschet, président; Bérard, Cruveilhier, Roux, Gerdy, Paul Dubois et Blandin, secrétaire. Chomel fut désigné comme sup-

Les candidats inscrits furent : Chassaignac, Denonvilliers, Huguier, Lacroix, Lenoir, de Lignerolles et Maisonneuve.

Chassaignac et de Lignerolles s’étaient présentés déjà au précédent concours. Les autres concurrents apparaissaient pour la première fois dans le concours pour la place de Chef des travaux anatomiques.

Le concours commença le 16 août i84i, et le jury décida qu’il y

aurait une préparation sèche commune à tous les candidats et une

autre particulière pour chacun et tirée au sort.

La préparation commune fut : Des vaisseaux lympathiques de la tête et du cou. Les questions particulières furent ainsi réparties :

Huguier : Structure de la langue et du pharynx.

Denonvilliers : Système de la veine porte.

De Lignerolles : Portion pelvienne du grand sympathique.

Chassaignac : Nerfs, ganglions du cou et du thorax.

Maisonneuve : Portion abdominale du grand sympathique, portion pelvienne exceptée.

Lenoir : Organes de la circulation du fœtus.

Lacroix : Formation et structure du cœur et de ses enveloppes.

Després : Système nerveux et ganglions de la tête.

Les candidats eurent jusqu au i5 novembre pour faire leurs préparations : mais de Lignerolles, Després et Maisonneuve se retirèrent du concours.

Outre les préparations sèches, les concurrents avaient eu à faire des préparations extemporanées, comme dans le précédent concours, ainsi que deux leçons de quarante minutes, après trois heures de préparation, une sur l’aiiatomie normale, l’autre sur l’anatomie pathologique.

Les questions suivantes d’anatomie échurent aux cinq candidats :

Chassaignac : Du bulbe rachidien et de sa protubérance.

Denonvilliers : De la peau.

Lacroix : De l’urèthre chez l’homme.

Huguier : Des annexes de l’utérus, et particulièrement de l’ovaire.

Lenoir : De l’œuf humain.

Il semblait que le sort avait favorisé chaque candidat dans la question qu’il avait dû traiter. Tous s’en tirèrent ayec beaucoup de talent.

Dans l’épreuve suivante, leçon orale de quarante minutes sur une

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question d’anatomie pathologique, le sort fixa ainsi la question à chaque candidat et l’ordre d’argumentation :

Denonvilliers : Les étranglements.

Lacroix : Les kystes.

Chassaignac : Les tubercules.

Huguier : Le ramollissement.

Lenoir : L’hypertrophie.

A part Lacroix, qui faiblit un peu dans ses deux leçons, on comprit que la lutte serait vive quand il faudrait aller aux voix pour la nomination de Chef des travaux anatomiques.

Enfin le 22 janvier avait lieu la dernière épreuve, consistant en deux opérations fixées par le sort, et les mêmes pour tous les concurrents. C’étaient : 1 0 Ligature de l’artère fémorale à son passage dans l’anneau du troisième adducteur; 2° Amputation de la cuisse dans son articulation avec la hanche.

Le 2 7 janvier, après que les candidats eurent fait la démonstration de leurs préparations anatomiques, le jury rentra en séance privée pour le vote.

Après six tours de scrutin, le jury rentra en séance publique dans le grand amphithéâtre, et le président Breschet proclama Denonvilliers Chef des travaux anatomiques.

Cette nomination fut accueillie par des applaudissements et quelques protestations. Les protestations n’étaient pas une injure à Denonvilliers, ni au jury, mais c’était une marque de sympathique affection pour Chassaignac et Lenoir, qui avaient été réellement brillants dans ce concours, et qui devaient se retrouver en lutte deux mois après pour la chaire de clinique chirurgicale, avec Huguier, A. Bérard, Ph. Boyer, Laugier, Malgaigne, Robert, Thierry, Vidal et Chrétien.

Breschet mourut le îo mai i845. Sa chaire d’anatomie fut mise au concours, et Denonvilliers fut nommé.

La place de Chef des travaux anatomiques devint ainsi vacante.

Dans 1’assembléé de la Faculté du 3i décembre, Denonvilliers lut un rapport sur les opérations du prochain concours et proposait d’y apporter quelques modifications. Le concours fut fixé au 9 juillet 1 846.

Les juges étaient : Cruveilhier, président; Bérard aîné, Blandin, Denonvilliers, Gerdy, Marjolin, Moreau et Roux, suppléant.

Huit candidats se présentaient pour la succession de Denonvilliers : c’étaient J. Béclard, Bonamy, Després, Dupré, Gosselin, Giraldès, Jaijavay et Richet.

Les épreuves anatomiques consistèrent en une préparation commune à tous les candidats ( Les lympathiques du cœur et du poumon ) et une préparation individuelle fixée par le sort :

Béclard eut le pancréas; Bonamy, les veines- de la face; Després, les nerfs du membre inférieur, spécialement les nerfs superficiels; Dupré, les glandes salivaires; Gosselin, le testicule; Giraldès, les mamelles; Jarjavay, le nerf spinal; Richet, l’appareil de l’olfaction. Béclard et Bonamy se retirèrent.

L’épreuve d’anatomie descriptive commença en décembre. Jarjavay et Giraldès eurent à traiter des voies digestives en général; Gosselin et Després, des voies respiratoires en général; Richet et Dupré, le bassin.

Pour l’épreuve d’anatomie pathologique, Richet et Jarjavay firent leur leçon sur le cal; Giraldès et Després, sur les hydatides ; Gosselin et Dupré, sur les tumeurs fibreuses en général.

La préparation extemporanée tirée au sort et commune à tous les candidats fut le plexus cervical y compris les branches postérieures des quatre premières paires.

Enfin les deux opérations consistèrent en : 1° Résection du coude; 2° Ligature de l’artère cubitale à la réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de l’avant-bras.

Le 3o décembre, toutes les épreuves étaient terminées et Gosselin fut nommé, à l’unanimité. Chef des travaux anatomiques.

Gosselin était arrivé au terme de ses fonctions de Chef des travaux anatomiques à la fin de l’année i85a.

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Le 29 décembre de la même année, dans une assemblée de la Faculté, un des professeurs avait demandé que les épreuves fussent modifiées , et une commission composée de Cruveilhier, Bérard , Cloquet, Denonvilliers, Malgaigne, Moreau, Nélaton, Velpeau et Duméril fut nommée à cet effet. On n’y donna pas suite , et le concours pour la place de Chef des travaux anatomiques fut fixé au 1 6 août 1 853.

Les juges furent : Cruveilhier, président; Moreau, Gerdy, Malgaigne, Cloquet, Bérard, Denonvilliers, Nélaton et Velpeau, suppléant.

Cinq candidats se présentèrent : c’étaient Dupré, Fano, Giraldès, Jarjavay et Sappey.

Ce concours, qui promettait d’ètre animé, fut troublé par un événement malheureux. Giraldès faisait par intérim un service chirurgical à la Charité; en pratiquant l’autopsie d’un individu qui avait succombé à un rétrécissement de l’œsophage, une branche des ciseaux se brisa sur le larynx ossifié et fut projetée avec force dans l’œil droit du chirurgien, qui perdit cet œil après les accidents les plus graves.

Dupré et Fano se retirèrent, et la lutte se trouva engagée entre Jaijavay et Sappey.

L’épreuve sèche consista dans Y anatomie de l’wèthre, et Sappey et Jaijavay eurent jusqu’au i5 novembre pour faire leurs préparations. A cette date, Jaijavay remit •jS préparations, Sappey en remit 56.

Le mercredi 1 4 décembre eut lieu l’épreuve orale de trois quarts . d’heure sur un sujet d’anatomie qui était : La moelle épinière. Le 16 décembre, la leçon d’anatomie pathologique eut pour sujet : La nécrose.

Le 20 décembre, la préparation extemporanée commune à chaque candidat consista dans Yanatomie du pied, moins les articulations. Cinq heures furent consacrées à cette préparation et dix minutes furent accordées à chaque concurrent pour l’explication orale.

Le 2i décembre, les deux candidats eurent à pratiquer les deux opérations suivantes : 1° Désarticulation de l’épaule; 2° Ligature de l’artère sous-clavière en dehors des scalènes. ■

Le 2 3 décembre, le concours se terminait par la nomination de Jarjavay, qui ne l’avait emporté que d’une voix sur son compé-

II resta en fonctions jusqu’au mois de décembre 1 858.

La nomination de Jarjavay à la chaire d’anatomie (i858) laissait vacante la place de Chef des travaux anatomiques. A l’exception de Gosselin, aucun n’était resté en fonctions le temps réglementaire. Cette place avait toujours été un acheminement plus ou moins rapide vers le professorat.

En i85g, les règlements furent modifiés par un décret impérial, en date du 3 août. Ce décret dit :

Art. 1er. Le chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Paris est chargé, sous l'autorité du Doyen, de l’administration de l’École pratique, de la direction du Musée d’anatomie soit normale, soit pathologique, ainsi que de la collection des instruments et appareils de chirurgie.

S’il appartient comme agrégé à la Faculté, il est maintenu hors cadres, en cette qualité, pendant toute la durée de son exercice et peut, à ce titre, prendre part aux examens d’anatomie et de physiologie. B peut être également désigné pour faire partie des jurys de concours de l’agrégation (section des sciences anatomiques et physiologiques).

Abt. 2. La durée des fonctions de Chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Paris est fixée à dix années.

Abt. 3. Le Chef des travaux anatomiques de la Faculté de Paris continuera d’être nommé au concours; mais, pour cette fois, et en raison de changements considérables apportés dans ses attributions par le présent décret, il sera nommé directement par le Ministre de l’instruction publique et des cultes.

Art. 4. Un règlement ministériel déterminera les diverses obligations imposées au Chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Paris.

Ce règlement du 4 août 1859 établissait les devoirs du Chef des travaux anatomiques, des prosecteurs et des aides d’anatomie, l’admission dans les pavillons, les droits à payer, la distribution des sujets.

Un autre arrêté du 1 o août fixait le traitement du Chef des travaux

ORGANISATION

anatomiques à 6,000 francs, celui des deux premiers prosecteurs à 1,800 francs, celui du troisième à 1,200 francs, et celui des trois aides à 1,000 francs.

Un arrêté en date du 10 août i85g nommait Sappey, agrégé en exercice, Chef des travaux anatomiques.

Nélaton ayant quitté en 1867 la chaire de clinique chirurgicale et renoncé à l’enseignement, Jarjavay passa de k chaire d’anatomie à celle de clinique chirurgicale. Par un arrêté en date du 1 2 novembre 3 867, Sappey fut nommé professeur d’anatomie. Il fallut pourvoir à son remplacement comme Chef des travaux anatomiques.

Trélat, Lannelongue et Marc Sée se firent inscrire pour succéder à Sappey dans les fonctions de Chef des travaux anatomiques. Mais les deux premiers se retirèrent, laissant Marc Sée seul en présence de ses juges, qui étaient: Sappey, Robin, Longet, Vulpian, Verneuil, Depaul, Denonvilliers et Richet.

Les épreuves sèches consistèrent dans les préparations du cœur, et la préparation extemporanée des nerfs de la langue.

Pour sujet d’anatomie normale, le candidat dut faire une leçon sur V estomac; et pour sujet d’anatomie pathologique, une leçon sur les cicatrices.

Les deux opérations consistèrent en : i° Amputation de Lisjranc; 2° Ligature de la sous-clavière.

Le 1" octobre 1868 , Marc Sée fut nommé Chef des travaux anatomiques, pkce qu’il occupa pendant dix ans.

Marc Sée étant arrivé au terme de ses fonctions, le concours pour pourvoir à son remplacement fut fixé au 1“ avril 1878.

Trois candidats se présentèrent, B. Anger, Farabeuf et Pozzi; mais ce dernier se retira. Ce concours n’a pas donné lieu aux émotions de quelques concours précédents, malgré la valeur des deux concurrents. Comme composition écrite, ils eurent à traiter l’ anatomie pathologique des kystes. La leçon orale eut pour sujet : la circulation embryonnaire.

L’épreuve de médecine opératoire consista dans Y amputation de Chopart et une ligature d’artère. Les Chylifères furent le sujet de la préparation sèche.

Le concours fut terminé le 27 juillet, et L.-H. Farabeuf fut nommé Chef des travaux anatomiques le 3 août 1878. Il entra en fonctions le 1" novembre, et, sans déprécier le mérite de ses prédécesseurs, on ne peut méconnaître que nul n’a fait autant que lui pour l’étude de l’anatomie à la Faculté de Paris.

A peine nommé, Farabeuf se mit en campagne et s’assura d’abord de la bonne volonté et du concours du doyen, du professeur d’anatomie et de quelques chirurgiens ayant une compétence spéciale et une certaine influence. Le directeur de l’Enseignement supérieur, Du Mesnil, fit accorder tout le nécessaire : il ne manquait plus que des cadavres et des locaux11'. Ceux-ci allaient être reconstruits; ceux-là vinrent à la suite d’une nouvelle et plus équitable répartition des corps abandonnés dans les hôpitaux, et furent tous embaumés avec soin et utüisés avec économie. Depuis cette époque, les prosecteurs, suffisamment rémunérés, ne s’occupent que de la direction de leur pavillon avec le concours de plusieurs aides d’anatomie. Les élèves dissèquent pendant deux hivers et sont répartis en débutants et vétérans. Chaque jour, dans chacun des huit pavillons où quatre-vingts élèves sont réunis, une démonstration sur pièces est faite par le prosecteur ou l’un des trois aides. De la sorte, toute l’anatomie peut être mise sous les yeux des élèves dans le cours des deux semestres qu’ils doivent consacrer à la dissection. Les débutants commencent par voir l’ostéologie, ayant à leur disposition un matériel unique au monde. Nulle part à l’étranger on ne trouve non plus l’analogue de ce que Farabeuf a fait pour l'enseignement de la médecine opératoire et des manœuvres obstétricales qui remplissent le semestre d’été. Cette organisation a donné longtemps de remarquables résultats; elle souffre en ce mo-

(1) On transporta provisoirement dans l’ancien collège Rollin, rue section et de médecine opératoire.

: Lliomond, les salles de dis-

ORGANISATION

ment de l’affluence des élèyes et de la pénurie des ressources cadavé-

La durée des fonctions de Farabeuf étant terminée, un arrêté ministériel du 10 janvier 1887 fixa le nouveau concours pour le 1 1 juillet.

Un décret du 2 5 juillet i885 avait porté à neuf ans la durée des fonctions de Chef des travaux anatomiques, qui pourrait être pro-

Les épreuves du concours consistèrent en :

1° Une composition écrite sur une question d’anatomie et sur une question de physiologie. Cinq heures furent accordées pour cette épreuve;

2° Une leçon d’une heure sur une question d’anatomie descriptive, après trois heures de préparation ;

3° Épreuves pratiques : Une préparation extemporanée d’anatomie descriptive, cinq heures sont accordées pour cette préparation; Une préparation extemporanée d’histologie, quatre heures sont accordées pour cette préparation; Une épreuve de médecine opératoire; Une préparation de pièces sèches dans un délai fixé par le jury; Appréciation des titres et travaux scientifiques.

Un seul candidat se présenta, Paul Poirier, agrégé dans la section d’anatomie et de physiologie. Il eut à traiter comme question écrite : Veines et sinus veineux encéphaliques; comme épreuve orale, les muscles peauciers de la face; comme épreuve d’histologie, les éléments du tissu conjonctif L’épreuve de dissection fut le nerf cubital, et celle de médecine opératoire consista dans la ligature de l’artère humérale au pli du coude, et dans Y amputation de Lisfranc. Pour l’épreuve des pièces sèches, le candidat eut à préparer les lymphatiques intrapelviens des organes génitaux de la femme.

Le jury se réunit le 1 2 octobre pour l’examen des pièces , et P. Poirier fut nommé Chef des travaux anatomiques, pour une période de neuf ans, le 19 octobre 1887. . .

Les chefs des travaux anatomiques ont été :

Fragonard . 1795-1799

Duméril . 1799-1801

Dupuytren . 1801-181 a

Béclard . 1812-1818

Breschet . i8i8-i836

Blandin . i837-i84i

DenonviUiers. . . . 1842-1846

Gosselin.

Jarjavay.

Sappey .

Sée ....

Farabeuf Poirier. .

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