HÔPITAL DE PERFECTIONNEMENT OU DES CLINIQUES
Il y avait dans les bâtiments de l’Académie de chirurgie, dans l’aile droite du rez-de-chaussée, deux salles d’hôpital, l’une pour les hommes (quatre lits), l’autre pour les femmes (deux lits). Ce petit service hospitalier, réservé pour les cas extraordinaires, disparut avec l'Académie'-'". Dans la réunion du 4 nivôse an iii (24 décembre 1794), la Commission décida (art. 5) que ce petit hospice serait transféré au couvent des Cordeliers, dans des salles attenant à leglise, ce qui eut lieu le 1 3 juin 1 7 96 , et un arrêté du Ministre de l’intérieur du 2 9 messidor an v (17 juillet 1797) approuva la dénomination i’ Hospice de l’Ecole de médecine, clinique de perfectionnement. Il y eut deux services dans cet hôpital, un de chirurgie, confié d’abord à Pelletan, puis à Antoine Dubois, le 2 messidor an 111 (20 juin 1796), et un de médecine, à la tête duquel furent nommés Lallement, puis Cabanis. Mais, trop absorbé par la politique, ce dernier ne venait guère à son hôpital, et il fut remplacé, le 7 février 1798, par Petit-Radel, ancien chirurgien-major breveté et docteur-régent de l’ancienne Faculté.
Le 19 brumaire an vii (9 novembre 1798), il fut décidé que l’École aurait l’administration de son hospice
Le titre de Clinique de perfectionnement était un peu pompeux. « Là, disait Leclerc-", comme dans un creuset épuratoire , seront essayés tous les procédés de pratique nouveaux ou douteux, lorsqu’ils n’ôffriront rationnellement aucun danger, et de nombreuses épreuves tentées
(1) Corlieu, L‘ Hôpital des cliniques de la Fa- w Cet état de choses dura jusqu’en 1828, culte de médecine, 1878, br. in-8\ lorsque le Ministre de l’intérieur prit un arrêté
Lors du déplacement du couvent des Cor- par lequel le bâtiment de la Clinique serait deliers, Louis XVI avait donné aux chirurgiens remis à l'Administration des hôpitaux, qui res-
de Saint-Côme l’ancien cloître de ce couvent terait chargée de toutes les dépenses mobilières
pour en faire un hôpital qui prit les noms et locatives.
SHôpital Sulnl-Côme ou de l 'Observance, et qui Séance del’École demédecine, du 24 ven-
ne fonctionna que d’une façon intermittente. démiaire an x, p. 49-
avec toute la prudence que prescrit l’humanité, avec toute la candeur inséparable de l’amour de la vérité, fixeront irrévocablement le degré de confiance qu’il convient de leur accorder et le rang qu’ils méritent devant l’histoire naturelle médicale. » Les élèves, qui étaient choisis, étaient individuellement attachés à un petit nombre de malades , exercés aux prescriptions médicamenteuses, aux procédés opératoires, etc.
Le service de clinique chirurgicale était fait d’une façon remarquable par Dubois, qui faisait son cours toute l’année et tous les jours, de 7 heures à 9 heures.
Le service de clinique médicale laissa toujours beaucoup à désirer. Lallement y passa quatre mois. Cabanis était plutôt littérateur, philosophe que praticien. De 1798 à 181 5, Petit-Radel y fit plutôt des leçons théoriques que pratiques. Royer-Collard ne fit qu’y paraître pendant quelques mois. Bourdier, Fouquier et Récamier y parurent de 1818 à i823.
En 1823, à la réorganisation de là Faculté, on ajouta un nouveau service dans cet hôpital, ce fut celui de Clinique d accouchements, créé en faveur de Deneux, qui n’était qu’un professeur nominal, car il ne paraissait jamais dans son service. Les bâtiments étaient dans un état si pitoyable, qu’on dut fermer l’hôpital en 1829 pour le reconstruire. Ce n’est qu’en 1 8 3 2 , et grâce à l’activité du doyen Orfila , que les travaux de reconstruction commencèrent. Les frais furent partagés entre l’Etat et la Ville de Paris. Gisors fut l’architecte du nouvel hôpital, et il tira autant que possible parti des anciennes constructions.
Au mois de juillet i834, l’hôpital était à peu près terminé. Dans une assemblée de la Faculté du 1 1 juillet, il fut décidé qu’il y aurait trois services de clinique dans l’hôpital, qui prit le nom d 'Hôpital des cliniques. Cloquet succéda à Antoine Dubois pour la chirurgie; Paul Dubois eut la chaire de clinique d’accouchements, et Rostan celle de clinique médicale. Le nouvel hôpital fut ouvert le 1" décembre
L’expérience avait démontré l’insuffisance de cet hôpital pour trois cliniques. Dubois, de son côté, avait dû plusieurs fois faire évacuer ses salles, à cause des épidémies de lièvre puerpérale. Dans l’assemblée des professeurs du 2 4 décembre 1837, Orfila annonça que le service de clinique médicale serait transféré à l’Hôtel-Dieu, et que le service de la clinique d’accouchements bénéficierait de ce changement. Il ne restait plus que deux services à l’Hôpital des cliniques, lors de sa démolition en 1878 : celui d’accouchements, dont le titulaire était Depaul, et celui de chirurgie, dont le titulaire était Broca.