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Centenaire de Victor Hugo

Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure, L’horrible essaim, poussé par l'aquilon, Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.

Le mur fléchit sous le noir bataillon.

La maison crie et chancelle, penchée, Et l’on dirait que, du sol arrachée, Ainsi qu’il chasse une feuille séchée, Le vent la roule avec leur tourbillon!

Prophète! si ta main me sauve

I)e ces impurs démons des soirs,

J’irai prosterner mon Iront, chauve

Devant tes sacrés encensoirs!

Pais que sur ces portes fidèles

Meure leur souille d’étincelles,

Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes

Grince et crie à ces vitraux noirs! De leurs ailes lointaines Le battement décroit, Si confus dans les plaines.

Si faible, que l’on croit Ouïr la sauterelle Crier d’une voix grêle Ou pétiller la grêle Sur le plomb d'un vieux toit.

Les Djinns funèbres,

Fils du trépas,

Dans les ténèbres

Pressent leurs pas,

Leur essaim gronde :

Ainsi, profonde,

Murmure une onde.

Qu’on ne voit pas.

Ce bruit vague

Qui s’endort,

C’est la vague

Sur le bord ;

C’est la plainte

Presque éteinte

D'une sainte

Pour un mort.

On doute

La nuit...

J'écoule : —

Tout fuit,

Tout passe,

L'espace

Llface

Le bruit.

1rs Orientales ■CHANSON DïANCÈTR E Parlons de nos aïeux sous la verte feuillue.

Parlons des pères, fils! — Ils ont rompu leurs fers El vaincu; leur armure est aujourd’hui rouillée. Comme il tombe de Peau d’une éponge mouillée De leur Ame dans l’ombre il tombait des éclairs Gomme si dans la foudre on les avait trempées.

Frappez, écoliers,

Avec les épées

Sur les boucliers.

Us ont voulu, couvé, créé la délivrance; Ils étaient les titans, nous sommes les fourmis; Ils savaient que la Gaule enfanterait la France, Quand on a la hauteur, on a la confiance ; Les montagnes, à qui le rayon est promis, Songent, et ne sont point par l’aurore trompées

Frappez, écoliers,

Avec les épées

Sur les boucliers.

Levez vos fronts; voyez ce pur sommet, la gloire Ils étaient là; voyez cette cime, l'honneur, Ils étaient là; voyez ce hautain promontoire, La liberté; mourir libres fut leur victoire; Il faudra, car l’orgie est un lâche bonheur, Se remettre à gravir ces pentes escarpées.

Frappez, chevaliers,

Avec les épées

Sur les boucliers.

/, Art d'être Gïand-Pèïr CHANSON DE GRAND-PERE

Dansez, les petites filles,

Toutes en rond.

Kn vous voyant si gentilles,

Des bois riront.

Dansez, les petites reines,

Toutes en rond.

Les amoureux sous les frênes

S’embrasseront.

Dansez, les petites folles,

Toutes en rond.

Les bouquins dans les écoles

Bougonneront.

Dansez, les petites belles,

Toutes en rond.

Les oiseaux avec leurs ailes

Applaudiront.

Dansez, les petites fées,

Toutes en rond.

Dansez, de bleuets coiffées

L’aurore au front.

Dansez, les petites femmes.

Toutes en rond.

Les messieurs diront aux dames

Ce qu’ils voudront.

L'Art d'etre Grand-Père Viens! I ne flûte invisible Soupire dans les vergers.

La chanson la plus paisible Est la chanson des bergers.

Le vent ride, sous l’yeuse, Le sombre miroir des eaux.

La chanson la plus joyeuse Est la chanson des oiseaux.

Que nul soin ne te tourmente.

Aimons-nous! Aimons toujours!

La chanson la plus charmante Est la chanson des amours.

/.es ('onium ululions

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