Centenaire de Voltaire
La Fête oratoire, organisée pour célébrer, sous la présidence de Viclor Hugo, le cenfenaire de Voltairti, a eu lieu le jeudi 30 mai 1878, dans la salle du ih.àlre de la Gaîié.
La vaste salle était comble, de rorchestre jusqu'aux plus hautes galeùes; des femmes en grand nombre; les étudiants occupaient tout le second étage du théâtre.
Une estrade avait été dressée sur la scène pour recevoir les orateurs, la commission d'organisilion et les invités. Aux deux côtés, groupés en faisceaux tricolores, le* drapeaux de celte France que l'auteur du Dictionnaire philosopMq'ne a tant contribué à former. Sur le devant, une table couverte d'un tapis de velours rouge; autour de cette table, trois sièges. A quelques pas en arrière, un piédestal, couvert de fleurs et chargé de couronnes de lauriers et de roses, supporte le buste de Voltaire.
Il n'est personne qui ne connaisse l'admirable statue de Houdoc, — peut être le cbef-d'œuvre de la sculpture moderne, — et qui a fourni le type populaire du masque de Voltaire. Houdon, comme étude préliminaire à cette œ ivre incomparable, avait fait, d'après nature, un buste de l'immortel écrivain. Ce buste, en terre cuite, appartient à M. Louis Viardot, qui l'avait prêté pour la célébration du centenaire. Rien de précieux comme cette œuvre prise sur le vif, et dont la tête de la fameuse statue est la traduction dans une note moins familière et plus décorative. Houdon, celui de tous les maîtres peutêtre qui a le mieux réussi à communiquer l'étincelle de la vie à l'argile plastique, n'a rien fait de plus réel et de plus prodigieux. C'était véritablement Voltaire ressuscité assistant à son centenaire.
A une heure et demie, les bancs de l'estrade s'étaient remplis des adhérents et invités des chambres, du conseil municipal, des lettres, de la science, de l'art, de la politique.
D'abord. les membres de la Cominissioa d'organisation : MM.
Liltré, Clia!lemcl-Lacour, Peyrat, Charles Robin, du Sénat ;
Henri B.-isson, Emile de Girardin, El. Lockroy, Paul Bert, de la Chambre des députés ;
Ernest Lefè vrre, Gastagnary, du conseil municipal ; Ernest Renan, Ernest Lcfjoavé, de l'Institut; J.-P. Laurens, peintre;; M.-J.-A. Mercié, sta^ tuaire ;
Paul Meurice, du Rappel ; Philippe Jourde, du Siècle ;
Edmond About, Emmanuel Gonzalès, Louis Viàrdot, Jules Ciaretie, de la Société des gens de lettres.
.Outre les sénateurs déjà nommés, on reraarquail MM. Schœlcher, Le Royer, Henri Martin, Garnot, Hérold, Lasyrve, Magcin, général Guiilemauti Gorboïï, ScheurerKestner, Jo.-eph Garnie?.
Aux députés nommés plus haut, il faut ajouter MM. Madier de Montjau, 3 irodet, Georges Périp, Floquei, Git-ppo, de Mahy, Lasserre, Noël Parfait, Ordir:aire, Alfce.l Naquet, Germain Casse, Monard Dodau, Edouard Willaud, Crozat- Fourneyrori, Leb'.ond, Guichard, Versigny, Henri de î.acretelle, Laussedit, Vakntin, Lacascadi^-, B. Raspùl, Thomson, Sa'omon, Wladimir Gagneur, Pa-cal Duprat, Andrie^x, Labadié. Cantagre!, Caoiille Sée, color.el Langlois, .Jraes Ferry, Chanteiiierle, de Lur-Saluc.s, Bambcrger, Armez, Gilliott, Saiut-Madlû, Mlf, elc-.
Conseillers municipaux : MM. Cleray, Dubois, Ernest Hamel, Parent, Manet, Quentin, Lafont, Maillard, Murât, Graux, Leneveux , Marais, Level, de Hérédia, BécUrd, Sungeoû, Jules Deiss, etc.
Littérateurs, peintres, sculpteurs, etc. : MM. Emile Augier, Paul de Saint- Victor, Lee ente de Lisle, Alphonse Daudet, Edmoucl Texier, Hector Màlot, Champll.ufy, Sully Prudhomme, Clésinger, Maindron, Flameng, Yvou, Théodore Duret, Manet, Falguière, HédouiD, Uloiann, Ferdinand Fabre, Beaudouin, Paul de Musset, Pompéry, Tony UévilloD, Emile Richebourg, Eugène d'Auriac, Michel Masson, Charles Deslys, Jules Cauvalu, Douay, Pelleport, Louis Berthet, etc.
Journalistes : MM. Auguste Vacquerie, Louis Jourdan, Hébrard. Pierre Véron, Camille Pelletan, Gustave Isambert, De Biéville, Louis TIlbach, Henri Marei, Henri de la Pommeraye, Frédéric Thomas, Louis Ratisbonne, Jules Clêre, Lemonnier, Albert GoiUgnon, Oscar Gomettant etc.
Citons encore, au hasard, MM. Broca, Wurtz, A. Franck, Michel Bréal, Monod, Anatole de la Forge, Béclard, Levasseur, Cernuschi, Mauro- Macchi, Ulysse Parent, général Wimpfen, Ernest Havet, Hippolyte Maze, Lenient, Emile Trélat, Doublemard, Simonin, Richard Lesclide, etc. ; les éditeurs Helzel, Galmann Lévy, Garnier, Charpentier, Lemerre,MauricôDrey fous, Jouaust; dës représentauts des principaux Journaux étraa-
gers": MM. Crawford, Blowiiz, Jolin Merrick, Whiling, Gampbel), Clarke, Conway, etc.
Nous nous arrêtons, ne pouvant citer tous les noms. Et comment citer, après les noms de l'estrade, ceux de la salle ?
A deux heures moins un quart, des applaudissements éclatent au detiors, un frémissement court dans la salle, tous les spectateurs sont debout, les cris : Vive Victor Hugo ! vive la Bépuiliqucl retentissent sur tous les bancs; le grand poète, ■visiblement ému, prend place au fauteuil qui lui est réservé; il est accueilli par quatre loiigucs salves d'applaudissements.
Enfin le silence se fait. Victor Hago donne la parole à M. SpuUer.
Le député du troisiènae arrondissement de Paris ouvre la séance par le discours ci-après.
DISCOURS