MIDI
Les rayons s'infiltrant au travers des feuillées, Vont briser leurs jets d'or, fauve ruissellement. Sur la mare assoupie. Et le crécellement Des cigales s'égrène en notes éraillées.
Seul bruit perçu, ce son — avec les voix mouillées De sources qui s'en vont chercher l'abri calmant Au plus proche fourré — semble le ronflement Des torpeurs de Midi, gisant ensommeillées.
Tout dort... A peine un brin de bruyère se meut; A peine le baiser d'un papillon émeut La rose pourpre, irradiant la solitude;
Alors que vers l'étang tacheté de moiteurs, Un satyre embué de ses acres senteurs, Béat, montre au soleil sa flère turpitude.