C. — FACTEURS SOCIAUX
Le surmenage, la misère physique et morale de la mère sont des causes fréquentes de prématurité et de débilité congénitale.
On lutte contre le péril congénital par les consultations de femmes enceïntes et par les centres de dépistage des maladies vénériennes. Les consultations réalisent la prophylaxie des maladies propres de la femme encein‘e et des dystocies.
Le traitement intensif et précoce de la syphilis maternelle a donné d'excellents résultats, la mortalité fœtale s’abaïsse à plus de la moitié ; la mortalité infantile, qui était de 62 % si la mère et l'enfant ne sont pas traités, passe à 26 %, si l'enfant seul est traité
Pi QE après la, naissance, ef à 5 % si la mère est traitée pendant la grossesse (COUVELAIRE).
Pour KLAFTEN, cette mortalité passe de 55 % à 8,3 %. s
Au point de vue social, on lutte contre la misère et le surmenage par les maisons maternelles, où la fillemère et la femme pauvre peuvent passer toute leur grossesse et même y rester pendant la durée de lallaitement ; par les mutualités maternelles, les cantines maternelles, la loi de l'assistance des femmes en couches.
Les allocations familiales et les caisses de compensation, de même que la loi récente des assurances s0ciales, favorisent l’ouvrière et la femme de l’ouvrier.
Il. - PERIL ALIMENTAIRE
La mauvaise conduite de l'alimentation des enfants du premier âge est la cause la plus fréquente de la mortalité infantile.
Une statistique américaine, faite par WooDBURY sur 2.555 décès, montre que la gastro-entérite en est la cause dans 29,1 % des cas.
À Bordeaux, de 1891 à 1920, la mortalité par gastro-entérite a été de 41 % (BoïissERIE-LACROIX).
D’après ENGEL et BEHRENDT (cités par BANU), la mortalité à Dortmund par troubles de la nutrition, en 1926, était de 192 cas sur 600 cas de mortalité de zéro à un an.
Plus de 59 % de la moralité des enfants assistés de la Seine, âgés de moins d’un an, et placés en nourrice, de 1912 à 1921, est dû à la gastro-entérite (Rapport annuel du directeur de PA. P.).
Dans les pays chauds, ce pourcentage «est encore plus élevé.
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Ce taux élevé de la mortalité du premier âge par troubles de la nutrition est très compréhensible, si lon songe seulement à la difficulté que trouvent les médecins et les infirmières-visiteuses de faire comprendre à certaines mères la nécessité de régler le nombre et la durée des tétées.
L’ignorance, la misère et plus souvent encore la bêtise des mères et des nourrices, sont les dangers les plus graves que court la vie du nourrisson.
Certaines mères, portées par un excès d'amour, donnent le sein chaque fois que l'enfant crie ou se réveille, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit ; d’autres, à sentiments émoussés, se soucient très peu de la nourriture de leur enfant. Le lait de la mère supplée beaucoup de fautes ; mrajs, si dans ces mains ignorañtes on a le malheur de confier l’arme redoutable de lallaitement artificiel, les dangers se multiplient. Aux erreurs de la quantité viennent s'ajouter celles de la qualité, ‘dont les conséquences sont plus désastreuses. À Me
Le lait de femme est spécifique, il est vivant, il passe sans souillure du sein à la bouche du nourrisson ; il possède ces enzymes nécessaires à l’assimilation et à l’utilisation des matières nutritives absorbées. « Le nouveau-né et le nourrisson, dit MARFAN, n’ont pas de cellules préparées pour l'élaboration de ces ferments, et cette insuffisance est compeñsée par les ferments (trophozymases) qui se trouvent normalement dans le lait maternel. C’est ce qui fait la supériorité du lait de femme sur les autres laïts ».
Les statistiques sont là pour prouver la vérité de ces affirmations.
WoopBurY donne les tous suivants de mortalité pour mille- selon le mode d'alimentation :
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Mortalité Allaitement Allaitement générale : au sein artificiel exclusif 1* mois 44,8 16,9 54,7 2e mois 9,3 5,8 24,6 3° mois 8,1 A 21,2 12 mois 4,5 4,4 6,4
Une statistique faite à Berlin donne à peu près les mêmes chiffres.
La mortalité des enfants assistés de la Seine de 0 à 1 an, passe de 13,54 % en 1914 à 30 % en 1915, 40 % en 1918. Cette augmentation est due à la diminution du nombre de nourrices au sein. En effet, en 1913, il y en avait 1.231, ce nombre-est descendu à 709 en 1915, 158 en 1918, 72 en 1919. :
Pourtant, depuis que l’on a étudié d’une façon scientifique l'allaitement artificiel, en réglant méthodiquement le degré de dilution et de sucrage auquel on doit soumettre le lait de vache pour qu’il se rapproche le plus possible du lait materne] ; depuis que l’industrie laitière a pris l’essor qu’elle a maïntenant (lait pasteurisé, humanisé, concentré, en poudre, etc.), l'allaitement artificiel a perdu beaucoup des dangers qu’il avait auparavant.
À Berlin, si la mortalité des nourrissons d’un mois et allaités au sein, est restée de 22,4 pour mille dans la période de temps comprise entre 1885 et 1906 ; elle est passée de 142 à 58, dans la même période, pour les enfants du même âge allaités au biberon.
Il ne reste pas moins que l'allaitement artificiel doit toujours rester une méthode d'exception, et qu’il doit
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être conduit par des mères ou des nourrices instruites, sous la surveillance d’un médecin avisé. Ces conditions’ sont remplies d'une façon idéale dans les pouponnières et des centres d'élevage. Les taux de mortalité dans ces centres sont toujours inférieurs au taux de la mortalité générale infantile, en égalité d'âge.
La mortalité des enfants assistés de la Seine était de 36,30 % en 1920, de 28,38 % en 1921 ; en 1922, elle tombe à 15,77 %, à cause de la création des centres d'élevage. En 1928, elle est de 7 %. Actuellement, elle est encore plus basse.
La Consultation de nourrissons est larme la plus efficace jusqu’à présent pour lutter contre le péril alimentaire : elle ést d'autant plus efficace, si elle est doublée d’une goutte de lait et des infirmières visiteuses. « La consultation est moins un dispensaire pour les maladies du premier âge qu’un école ide puériculture. Le rôle fondamental qu’elle doit savoir remplir, ce n’est pas de guérir les maladies déclarées, maisibien de prévenir le mal, d'apprendre aux mères à connaître, à prévoir, à écarter les causes des maladies évitables » (JARRICOT). HE
Le rôle des infirmières visiteuses est primordial.
En Angleterre, en Belgique, aux Etats-Unis, les mairies fournissent à l’œuvre un relevé hebdomadaire des naïssances, cela permet aux infirmières de visiter l'enfant le plus tôt possible et de le diriger à la con-
sultation. Il serait à désirer que l'infirmière puisse at-
teindre de préférence la femme enceinte, pour mieux la conseiller et éviter des décisions graves pour l’avepir de l'enfant (allaitement artificiel, placement en nourrice).