‹ Centurie de Lepidopteres de l'Ile de Cuba, contenant la description et les figures colorieés de cent especes de papillons, nouveaux ou peu connusChapitre 7 sur 9 · Patrie : Cuba · texte numérisé non relu

Patrie : Cuba

L’étude de cette espèce m’en a fait découvrir deux autres très-voisines , et qui sont encore nouvelles. En voici les noms et la description :

i" Hesperia Ulpianus , Poey. — L’Hesp. Ulpien a la meme coupe d’ailes, et appartient au même groupe Papinien,

dont elle a aussi la taille. Le mâle est noir en dessus , sans taches, avec tout l’angle interne des supérieures largement mais faiblement pointillé de molécules grises , qui disparaissent insensiblement vers le sommet , dépourvu de lunule. Les inférieures, depuis l’extrémité jusqu’au-delà du centre, offrent les mêmes atomes cendrés, excepté sur une bande étroite de la couleur du fond, placée près du milieu de l’aile. Le dessous est brun, sans aucune bande, avec toute la surface des ailes inférieures couverte d’atomes cendrés, d’un bleu clair, plus nombreux du milieu au bord interne. Corps et palpes gris en dessous. Je l’ai eue de M. Gory, qui l’a reçue du Brésil. Je n’ai pas vu la femelle.

2° Hesperia Labeo ^ Poey. — L’Hesp. Labéon est encore du même groupe, et à peu près de même taille. La femelle est d’un brun noir, beaucoup plus foncé que celle deThrasibule, avec les mêmes taches, peu distinctes à cause de leur intensité, et formant des bandes continues j la lunule du sommet existe très-incomplètement, car elle n’est indiquée que par des molécules blanchâtres, semblables à celles qui bordent les quatre ailes , et que le moindre contact peut enlever. En dessous, cette lunule est remplacée par un espace triangulaire, couvert d’atomes blancs, serrés et distincts ; mais l’angle anal n’en contient qu’un très-petit nombre. L’extrémité des antennes est moins crochue que dans les espèces voisines. Elle est de la collection de M. le colonel Feisthamel. Je n’ai pas vu le mâle. Elle habite....

Ces quatre especes^ et plusieurs autres qui ont la meme coupe d'ailes avec les antennes crochues , formeront sans doute un nouveau genre parmi les Hespéries.

HISTOIRE

Cette espèce est commune ; j’en ai rapporté sept individus, parmi lesquels je n’ai pas eu une seule femelle. La Chenille

se nourrit de feuilles d’un arbre nommé , dans le pays , yiy'uda^ mot espagnol qui rappelle peut-être une vertu purgative dans la plante. Le tronc est couvert d’épines courtes, à large base J comme celle que j’ai fait représenter. La Chenille en roule les feuilles pour se cacher et se préserver de ses ennemis.

Les noms romains ont été prodigués aux Hespéries : pour moi J je me fais un plaisir de dédier cette espèce au prince des jurisconsultes, mis à mort par un tyran au milieu de sa carrière, et mutilé, 3oo ans après sa mort, par les barbares compilateurs du règne de Justinien.

Avril i 832.

NUM

Amphonyx Duponchel, Poev.

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