‹ Centurie de lépidoptères de l'île de CubaChapitre 7 sur 9 · DUP ONCE · texte numérisé non relu

DUP ONCE

loey l'inai ,

L''Pumend Pretil

NUM

Amphonyx Duponchel, vos.

CHARACTERES GENERIS

Genus Ampowyx, Poey. — Differt a Sphingi- - bus Linnæi et Latreillii ab ultimo articulo palporum, longiore, nudo, valido, extra caput distincto. Tunc capitis facies bicornis, sive cornubus duobus incurvis ante oculos.

Genre Amenonyx.—Il ne diffère du genre Sphinx de Linné et de Latreille que par le dernier article des palpes , qui est plus long , nu, corné , fortement implanté sur l'article précédent, et saillant au devant de la tête; ce qui la fait paraître armée d’une double corne.

CHARACTERES SPECIEI.

Alis integris fuscis; anticis supra atomis viridibus irroratis, maculis plurimis transversis, lunulaque longitudinali undata versus apicem, nigris ; puncto baseos punctisque duobus in medio albis; posticarum supra omniumque subtus basi aurantio , medio vitreo. Abdomen maculis trium parium rufis, subtus album.

Ampxonyx Duroxcner. — Ailes entières brunes ; les supérieures couvertes, en dessus, d'atomes verts, avec plusieurs

bandes transverses , et une lunule longitudinale, tortueuse, vers le sommet, noires; un point blanc sur la base et deux sur le milieu; les inférieures vitrées au centre, et orangées à la base , ainsi que vers la racine des quatre ailes en dessous. Abdomen blanc de ce côté, avec trois taches latérales, roussâtres en dessus.

DESCRIPTION

Voyez le mâle, planche ci-jointe.

Le crin qui part de la base des ailes inférieures est unique dans le mâle, et retenu par un frein implanté sur la côte des antérieures, tandis qu'il est multiple dans la femelle, et appuyé sur une éminence de ces mêmes ailes vers le bord interne. Les crochets du mâle sont extrêmement développés. La langue, très-longue , déborde toujours les palpes, lors même qu'elle est bien roulée.

Sa taille ne varie pas; la femelle est généralement plus pâle et un peu plus grande.

Le dessous est brun, avec la base des ailes orangée ; cette teinte forme aux supérieures une large ligne longitudinale au dessous de la nervure centrale; elle est interrompue à son origine sur l’espace parcouru par le crin.

OBSERVATIONS

Sur LE GENRE. — Le mot Amphonyx vient de deux mots grecs : d'age, préposition, qui, en composition, signifie de chaque côte, et d'ôë, vyse, ongle; pour exprimer le caractère indiqué ci-dessus. Il se décline en latin, Amphonyxychos ; pluriel , Amphonyches; nom masculin dans les deux langues.

Les palpes des Sphinx sont composés de deux articles distincts ; le troisième existe probablement dans toutes les

espèces ; mais il est si petit qu'il a échappé à mes recherches dans deux Sphinx de belle taille, le Convolvuli et le Vitis de Linné. Je n'ai pu le voir, à l’aide d'une forte loupe, que dans le Sph. Ficus (Lin.); sa forme est ovoïde ; sa grandeur ne dépasse pas le tiers d’un millimètre.

La longueur de cet article offrait donc, dans notre genre, un caractère très-distinct pour séparer du genre Sphinx, si nombreux en espèces, un petit nombre d'insectes. Ces deux onglets pourraient être considérés comme des moyens de défense , si toutefois un être aussi faible pouvait se défendre autrement que par la fuite. Les Sphinx Æntœus, Dr., et Cluentius, Cr., sont du même genre : ce dernier n’a pas les inférieures vitrées.

Sur L'ESPÈCE. — L'Amp. Duponchel ne peut être confondu qu'avec l'espèce suivante :

Antæus, Dr. 2.25: 1.

Jatrophae, Fab., Syst. Sph. 8. Ent. syst. Sph. 22. Hydaspus, Cram., 118, A.

Medor, Cram., 394, A.

L'Antœus, Dr., que Samenstel et Müller ont confondu avec le Caricæ, Lin., a un pouce de plus d'envergure. Il est plus noir ou privé de molécules olivâtres , ainsi que d'échancrure sur le bord extérieur des ailes supérieures vers l'angle interne; du moins ce caractère n’est pas aussi prononcé que dans notre espèce. Le faisceau qui garnit la base des ailes inférieures est composé, dans celle-ci, de 25 crins, tandis que j'en ai compté dans l’autre plus de quarante. Je n'ai pu répéter l'opération sur plusieurs femelles.

HISTOIRE

Cette espèce se trouve abondamment aux environs des habitations, dont elle ne craint pas de s’approcher, notam-

ment dans le jardin botanique de la Havane. Elle vole le soir, au coucher du soleil, autour des fleurs d’une espèce de nictane, appelée dans le pays Maravilla (Merveille), où l'insecte parfait va puiser sa nourriture, ainsi que sur les fleurs de l’Æhouai des Antilles ( Cerbera Tevetia, Lin., et vulgairement, dans le pays, Cabalonga). Quand l'insecte est vivant , il exhale une forte odeur de musc; particularité que je n’ai observée dans aucun autre Sphinx, et qu'il doit peutêtre à quelque fleur.

J'ai dédié cette espèce à M. Duponchel, auteur d'une Monographie des Érotyles, et continuateur de l'ouvrage de Godart sur les Lépidoptères de France. Ses connaissances dans cette partie de l'histoire naturelle, et le talent qu'il a montré dans cette continuation, doiventinspirer une grande confiance aux souscripteurs de deux nouveaux ouvrages qu'il a récemment annoncés : l’un servant de supplément à l'Histoire des Lépidoptères ; l'autre destiné à offrir l'Iconographie des Chenilles d'Europe.

J'ai suivi MM. Latreille et Godart (Enc. méth.) dans

l'usage de ne point écrire les noms propres au génitif.

Avril 1832.

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