‹ Céphalées et algies cranio-faciales d'origine nasaleChapitre 10 sur 30 · Le système sympathique nasal · texte numérisé non relu

Le système sympathique nasal

Ce système est vingt fois plus riche que celui du trijumeau, ses ramifications sont satellites de tous les vaisseaux, et on à pu dire que le sympathique « se trouvait partout » que « nous vivions dans un maillot sympathique ».

Le sympathique nasal tire son origine des amas cellulaires sympathiques de la corne latérale de la moelle. cervico-dorsale. Ces amas émettent des prolongements qui empruntent les ramicommunicantes, vont au cordon cervical du sympathique et en particulier au volumineux ganglion cervical supérieur.

Or, du pôle supérieur de ce ganglion part le nerf carotidien qui va former le riche plexus périartériel caro-

tidien. Au niveau du trou déchiré antérieur une branche s’en détache, elle s’unit aux grands nerfs pétreux superficiel et profond pour former le nerf vidien qui, bientôt, va former un renflement qui n’est autre que le ganglion Sphéno-palatin.

D'autres rameaux issus de ce plexus péricarotidien, s’anostomosent avec la X° et la IX° paire, puis forment le plexus intercarotidien au niveau de la bifurcation de la carotide primitive. Or de ce plexus naissent des filets satellites de toutes les collatérales de Ja carotide externe, en particulier de l'artère sphéno-palatine. En réalité plusieurs points viennent encore compliquer celte disposition. C'est ainsi que le plexus péricarolidien détache au niveau du ganglion de Gasser, plusieurs petites branches qui vont à une sorte de petit ganglion (retrouvé souvent sur le cadavre par Terracol) et qui s’anastomose à son tour richement avec le ganglion de Gasser : c’est l’anastomose carotidogasserienne, dont les fibres finalement pourront emprunter la voie du maxillaire supérieur. Il existe en plus les systèmes appelés autonomes, nolamment le système autonome bulbaire, qui, pour Langley, donnerait des fibres sympathiques aux neris maxillaires supérieur et inférieur et au vague. Pour certains auteurs le ganglion sphénopalatin serait un des éléments de ce système autonome.

En résumé les sources des filets sympathiques de la pituitaire sont multiples. Quant à leurs terminaisons, nous distinguerons :

a) Le sympathique du tissu érectile, extrêmement riche, 20 fois plus riche (Bidder et Volkmann) que les

re

filets du Ve, véritable organe périphérique du sympäthique (Sohier Bryant).

b) Le ganglion sphéno-palatin décrit pour la première fois-par J. Fr. Meckel (1748).

Disons dès maintenant qu’au point de vue embryologique et anatomique il semble bien qu'il résulte de la fusion d'éléments sympathiques et d'éléments cérébrospinaux, bien que cette opinion ne soit pas admise par tous les auteurs.

Du volume d’une lentille, grisâätre, triangulaire ou ovalaire, ou sans forme propre, il est logé dans l'arrière fond de la fosse ptérygo-maxillaire, collé contre la face antérieure de l’apophyse ptérygoïde par où débouche le nerf vidien. Le sommet de cette fossette répond au canal palatin postérieur qui loge les nerfs palatins et débouche sur la voûte palatine au-dessus et en dedans de la dernière molaire supérieure (nous verrons l'importance de ce repère, dont le ganglion est éloigné de 35 mm. pour Terracol). Ce ganglion est ainsi situé, noyé dans du tissu cellülograisseux, à 3-7 mm. en dehors de la muqueuse nasale recouvrant le trou sphéno-palatin, el nous comprendrons ainsi facilement l’importance de cette situation superficielle sous la muqueuse nasale, de ce riche plexus nerveux (ganglions. et nerfs |

En effet, au point de vue des rapports avec les organes voisins, on peut distinguer deux parties, à l’arrière-fond de la fosse ptérygomaxillaire:

— Une partie antérieure où chemine la maxillaire interne qui va s’appeler bientôt sphéno-palatine, qui passe

en avant du ganglion, et donnera la vidienne et la ptérygo-palatine ;

— Une partie postérieure, nerveuse : le ganglion est situé en dessous et en dedans du nerf maxillaire supérieur. Ces deux organes sont d’ailleurs richement reliés par des anastomoses. Le rerf sphéno-palatin passe en avant du ganglion ou sur son bord externe (rapports très intimes). Enfin les filets sympathiques rendent encore plus serré ce lacis nerveux.

Ainsi situé ce ganglion peut être abordé par :

— Voie nasale, trou sphéno-palatin (rhinologistes).

— Voie palatine, canal palatin postérieur (dentistes).

— Voie zygomatique, fosse zygomatique (chirurgiens). 2e

Quant à ses racines, les racines motrices (du VIT) et sympathiques sont fusionnées sous le nom de nerf vidien, il s’y ajoute une racine sensitive aboutissant au maxillaire supérieur.

Le nerf vidien, formé par la réunion du grand nerî -pétreux superficiel (du VII), du grand nerf pétreux profond (du IX°) et d’un rameau sympathique péricarotidien, passe par le trou déchiré antérieur, longe le canal vidien et aboutit à l’angle postérieur du ganglion sphénopalatin.

La racine sensitive est le nerf sphéno-palatin.

Ces filets d’origine ont été longtemps considérés comme des branches efférentes du ganglion. En-réalité nés dans la muqueuse des fosses nasales et du pharynx, ces filets ne font que s’accoler au ganglion, formant un petit plexus court qui's’anastomose par quelques filets

avec le ganglion puis va rejoindre le nerf maxillaire supérieur, donc le trijumeau.

Le ganglion sphéno-palatin est donc anastomosé avec le V°, le VIF, le sympathique. En plus il est en connexion avec :

— Le ganglion ophtalmique, par des fibres empruntant la voie du {If ou du V, et qu'on ne trouve pas à la dissection : |

— Le ganglion otique ;

— Le nerf optique (filet décrit par Rousset) ;

— Le grand sympathique, racine du ganglion émise par le ganglion cervical supérieur, anastomose avec le plexus sympathique de Fartère sphénopalatine.

Répétons que si, pour les classiques, pour Laigael- Lavastine, ce ganglion est de nature purement sympathique, au contraire pour d’autres auteurs dont Terracol, Halphen, cette opinion est très critiquable. L'étude de ce ganglion nous servira ainsi de transition pour celle du système cérébro spinal.

Il. — Le système trigémellaire nasal

Ce système, beaucoup moins riche que le système sympathique, est constitué par les branches afférentes du nerf sphéno-palatin qui n’est nullement tributaire du ganglion sphéno-palatin bien qu'il lui soit relié par 2 petites.anastomoses, mais qui se continue au contraire par le nerf maxillaire supérieur. Or celui-ci n’est. autre que le prolongement protoplasmique des cellules nerveuses situées dans le ganglion de Gasser, auxquelles il

transmet les diverses impressions du domaine des fosses nasales. Le ganglion de Gasser lui-même projette ces sensations par son axone, vers les centres nerveux supérieurs. La réunion de tous les cylindraxes des cellules gassériennes constitue la racine sensitive du trijumeau, qui pénètre bientôt dans la protubérance où elle se-divise en deux; |

— Une partie descendante, volumineuse, allant jusqu'au 1% nerf cervical après s'être mise en rapport avec le noyau du 7° (fibres lacrymogènes, salivaires et du 10°.

— Une partie ascendante très courte et qui se termine dans 1: noyau du 5°. À ce niveau naissent des fibres de projection qui vont se mêler au ruban de Reil du côté opposé et enfin s’arboriser autour des cellules pyramidales de la substance corticale.

Ainsi nous venons de voir rapidement l'anatomie des éléments qui assurent linnervation de la muqueuse pituitaire et dont, répétons-le, les terminaisons sont caractérisées anatomiquement par deux faits :

— Leur extrême abondance ;

— Leur situation extrêmement superficielle, sous une très mince épaisseur d’épithélium.

Nous avons vu cependant que la limite entre le système sympathique et le système cérébro-spinal estencore loin d’être bien précisée. Pour beaucoup d’auteurs le ganglion sphéno-palatin et ses racines ne doivent pas être considérés comme des formations sympathiques. Parallèllement à cette intrication anatomique, nous verrons qu’on rencontre de grandes difficultés au point de vue de l’explication des céphalées et algies rhinogènes

quand on veut faire la part respective du sympathique et du système cérébro-spinal dans leur pathogénie. Ceci “ne nous étonnera pas quand nous aurons vu combien nos connaissances concernant la physiologie de ces deux systèmes d’innervation sont précaires. D'ailleurs pour l'étude de cette physiologie, nous ne pourrons pas séparer les deux systèmes l’un de l’autre, et il est entendu que nous nous occuperons surtout de la sensibilité, ‘fonction qui nous intéresse au premier chef pour comprendre la pathogénie des céphalées à point de départ nasal.

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