C. unguis, Phill. PL
Nous ajouterons que, dans le Supplément déjà cité pour les Nautiles, M. le Prof, de Koninck figure un spécimen de Orth, calamus, qui montre la pointe initiale. Elle n'est point indiquée dans le texte, ni figurée par aucun grossissement, (l. c. PI 59, fi-g. 2h,)
Sur la même planche, /î^. 5, un spécimen de Cyrt, tenue semble aussi conserver la partie initiale de la coquille. Mais le texte n'en fait aucune mention.
1846. M. le Prof. Quenstedt, en exposant le but de la coquille dans les Céphalopodes, s'exprime comme il suit:
„ L'animal, lorsqu'il est adulte, habite seulement la dernière chambre qui est la plus grande j mais durant les divers âges de son existence, il â occupé toutes les parties du tube calcaire. Comme embryon, il a le plus souvent une chambre arrondie et enflée. Mais bientôt cette chambre devient trop étroite pour lui. Il se détache avec ses muscles latéraux et se fixe de nouveau un peu plus haut sur la paroi interne de la coquille. On n'a pas constaté si cette séparation du muscle d'attache se fait d'une manière brusque ou d'une manière continue . . . &c . . ." (Bie Cephalopoden, p, 26,)
8 Partie initiale de la coquille.
D'après la forme arrondie et enflée, que le Prof. Quenstedt considère comme la plus fréquente parmi les Céphalopodes, sans distinction des familles, il est clair que son attention avait été principalement attirée par les apparences de Tovisac des Goniatides et des Ammonides. Nous n'avons pas réussi à trouver dans son ouvrage d'autres passages relatifs à l'origine de la coquille des Céphalopodes, si ce n'est le suivant:
La description de Ammonit. ventroeinctus commence par ces mots : „L'origine de la spire est une petite bulle (Blase) ^ qui s'étend en se courbant sur environ ^tour; ensuite le tube devient de nouveau étroit et forme plusieurs tours, au moins au nombre de 6, pour un diamètre de 1 pouce." (h c. p. 223^ PI. 17, fig, 14a — f,)
Nous ajouterons que, malgré le silence habituel du Prof. Quenstedt, au sujet de l'élémeat initial de la coquille, dans les nombreuses espèces d'Ammonites qu'il décrit dans cet ouvrage, nous voyons assez fréquemment la trace de l'ovisac très reconnaissable sur les figures de ses planches.
1846 à 1860. M. le Chev. Franz v. Hauer a figuré à diverses époques des Nautiles, qui semblent conserver la pointe initiale.
1846. Naut. a^cutus, v. Hauer. (Cephalop, d. Sahkammerg.,
1847. Naut, Barrandei, v. Hauer. (Cephalop. v. Aussee. Hai-
ding. Abhandl. I, PI. 7, fig. 16.)
1850. Naut. Barrandei, v. Hauer, (l. c. III, PI. 1, fig. 4.)
1860. Naut. brevis, v. Hauer. (Nachtràge. Hallstàtter Schichten, PI. 2.)
1850. Extrait de d'Orbigny (Cours élém. depaléont. I, p. 265.)
„Les coquilles, dont l'âge embryonnaire montre des ornements extérieurs, qui disparaissent plus tard, sont plus nombreuses que les premières et appartiennent à toutes les classes. On les retrouve en effet chez des Céphalopodes, où la coquille commence par avoir des stries, des côtes, qui disparaissent dans l'accroissement." Cette observation est répétée en d'autres termes sur la p. 283 du même ouvrage.
1850. Fr. Ad. Roemer décrit et figure, sous le nom de Orth. digitale, la partie initiale d'un Orthocère, conique, aiguë, qui semble fermée à l'extrémité du cône. D fait remarquer, que cette forme
Introduction et Aperçu historique. 9
a été trouvée plusieurs fois sur l'horizon des schistes de Wissenbach, près de l'étang de Ziegenberg, et dans une autre localité, dans la vallée dite Hutthal. On observe des stries obliques, saillantes, sur toute la surface de ce fossile et elles sont croisées vers le petit bout par d'autres stries semblables, produisant un réseau analogue à celui qu'on observe sur la surface initiale, dans d'autres Nâutilides. (Beitr, z. geoL Kenntn. d. N. W. Harzes. I, p, 17, FI, 3, fig, 21,)
Dans le même ouvrage, FI, 4, fig. 13^ nous voyons la figure de la pointe initiale, conique, très aiguë, d'un Orthocère nommé Orth, suhflexuosus? La surface paraît lisse. Ce fossile a été trouvé dans le calcaire dévonien à Strygocéphales (Ihid. p, 27)^ comme le suivant.
Dans le même ouvrage, FI, 13, fig, 28, nous voyons là pointe initiale d'un Céphalopode, considéré comme Cyrt, unguis? Phill. Cette pointe est conique et paraît bien conservée, suivant le texte, qui n'indique aucune ouverture à son extrémité. On voit sur la surface des stries faibles, horizontales. Les loges aériennes sont indiquées et la première paraît un peu moins élevée que la suivante. (Ibid. p, 93,)
1850. Les DD. Sandberger ont observé dans les Goniatites la forme remarquable de leur extrémité initiale, conservant l'apparence de l'oeuf, dans lequel chacun des mollusques a pris naissance. Voici les termes dans lesquels ils constatent leurs observations:
„0n peut reconnaître, à l'origine du tour interne de toutes les espèces de Goniatites bien conservées, que la loge initiale a une forme sphérique ou ovalaire. On ne peut pas douter que cette forme ne représente l'état des Goniatites dans l'oeuf. Nous avons observé cette apparence dans les espèces suivantes:
Gon. sagittarius.
G. tuberculoso-costatus.
G. intumescens.
G. sublamellosus.
G. lamed.
Gon. planorbis.
G. bicanaliculatus.
G. subnautilinus.
G. compressus.
^Lorsqu'il s'agit de distinguer l'un de l'autre les genres Goniatites et Ammonites^ ce caractère n'est pas sans importance. Il semble en effet que, dans les Ammonites^ il n'existe point de loge initiale, ainsi séparée par un étranglement. Dans plusieurs espèces bien conservées, comme Amm, laevigatus et complanatus^ Rein., de
10 Partie initiale de la coquille.
rOolite inférieure de Thurnau, on voit la coquille se développant régulièrement suivant une forme conique, à partir de la pointe initiale, sans aucun étranglement. Au contraire, dans l'espèce vivante, Spirula Perronii^ dont les tours sont à découvert, il existe également une première loge, dont la forme sphéroidale est remarquable. Les loges suivantes sont encore un peu gonflées, et la coquille ne prend que successivement sa forme régulièrement conique."
„Dans tous les Goniatites appartenant à notre terrain, Foeuf paraît avoir la forme que nous avons indiquée. De plus, plusieurs exemplaires très bien conservés de Gon, compressus montrent que cette extrémité, en forme de sphère ou de poire, doit être considérée comme une loge initiale isolée, ou comme une cellule unique, et que, du moins dans cette espèce, aucune portion de la coquille conique attenante ne peut être regardée comme lui appartenant, puisque la suture de la loge immédiatement en contact est aussi nettement limitée que celle de toutes les loges suivantes." (Verst., Nass. p. 59.)
Les DD. Sandberger reconnaissent cependant, que Gon. diadema^ Goldfuss, dans la variété du schiste alunifère du terrain houiller de Choquier, présente une pointe initiale, qui semble former la transition entre l'oeuf des autres Goniatites et l'extrémité conique des Ammonites, Voir ci-après 1851.
1851. Ces savants résument eux-mêmes leurs connaissances relatives à l'oeuf initial des Goniatites,, dans la note suivante, que nous traduisons:
„Oeuf ou loge initiale."
„ Cette loge est toujours fortement enflée, ainsi que le montrent les fig. 26 à 33, FI. 3, et sa forme est souvent très caractéristique^ de sorte que, dans beaucoup de cas, elle fournit un caractère, qui contribue à faire distinguer les espèces. Rarement, il est vrai, l'état de conservation des fossiles est assez favorable, pour qu'on puisse faire usage de ce caractère."
„D'après les recherches publiées jusqu'à ce jour, les Ammonites ne possédant pas une loge initiale enflée, sous la forme d'un globule, d'une poire, d'un oeuf, ou d'un ellipsoide, le caractère en question est aussi important pour la distinction des genres Goniatites et Ammonites. Comme intermédiaire entre l'oeuf de Goniatites et l'extrémité simplement conique de Ammonites^ nous figurons, fig. 33, la
Introduction et Aperçu historique. 11
forme de Goniatites diadema^ qui est moins étranglée et ressemble à un fourreau. Il provient des schistes alunifères du terrain houiller de Chéquier."
Les autres espèces figurées sont:
Gon. compressus fig. 26.
G. subnautilinus fig. 27.
G. sublamellosus fig. 29.
G. bicanaliculatus . . .
Var. gracilis
Gon. planorbis fig. 32.
G. lamed 1 . «^
Var, latidorsalis J
Far. calculiformis fig. 31.
„Nous connaissons aussi l'oeuf de:
Gon. tuberculoso-costatus.
} fig. 28.
G. sagittarius.
G. intnmescens.
Gon. retrorsus.
Var. umbilicatus.
(Jahrh, d, Nass. Ver, f. NaturJc,, p. 15, PI, 3. — Organisation der Goniatiten.)
1852. Saemann indique sommairement une différence notable entre les Nautilides et les Ammonides, dans la conformation de la partie initiale de leur coquille. Voici le passage relatif à ce sujet:
„n est à remarquer que, dans toute la section des Nautilides, la forme spirale ne se reconnaît pas dans les premières dispositions de la construction de la coquille. Une Ammonite, même sans involution, à tours très libres, présente au centre de sa spirale un élément en forme de bouton et qui, par une rainure sur sa surface, montre la direction future de la spirale. Dans Amm, fimbriatus^ d'un pied de diamètre, ce bouton est si petit, que les commencements du premier tour se sont vraisemblablement formés dans l'oeuf. Au contraire, la première chambre d'un Nautile est une coupelle d'un diamètre notable, dans laquelle l'animal se tient évidemment, durant un certain temps, debout et libre, de sorte qu'il ne serait peut-être pas possible de distinguer, s'il doit se former un Nautile ou un Orthocère." (JJeb. die Nautiliden. — Paleontogr, III, 3, p. 121, PI. 18 à 21).
Dans le même ouvrage, L. Saemann décrit et figure 2 Nautilides, qui montrent également, d'une manière très distincte, la pointe
12 Partie initiale de la coquille.
initiale de leur coquille. Cette pointe est conique, mais plus ou moins émottssée à son extrémité, comme dans beaucoup d'autres formes appartenant au genre Nautilus. Elle ne présente aucune trace quelconque d'étranglement, ni de discontinuité, par rapport au reste de la spire de la coquille. (7. c. PI. 21.)
L'une des espèces est nommée par L. Saemann Lituit. angulatus. Elle provient de Brevig, en Norwége. D'après M. le Prof. Ferd. Roemer (Fauna v. Sadewit^, p. 64. 1861), cette forme est identique avec celle qu'il figure sous le nom de Lituit. antiquissimus et qui a été originairement nommée et figurée par le Prof. Eichwald, sous le nom de Clymenia antiquissima. (Urw. Bussl. II, p. 33, FI. 3. 1842.) En comparant les figures, on voit que Lit. angulatus se distingue par sa grande chambre très courte, contrastant avec celle de Clym. antiquissima, figurée par Eichwald. Le rapport des longueurs, mesuré par le diamètre de la base respective, diffère comme les nombres 2, et 7.
L'autre espèce figurée par L. Saemann est Ghyroc. expansum, provenant des couches dévoniennes de Cazenovia, Etat de New- York, en Amérique. Son extrémité initiale est plus aiguë que celle de lÂt. angulattis. Mais le texte, p. 167, nous avertit que les spécimens sont écrasés et que la pointe a été restaurée.
Dans les 2 figures, qui paraissent faites avec beaucoup de soin, on n'aperçoit aucune trace des loges aériennes, vers l'origine de la coquille.
1852. M. le Prof. Giebel admet, que la pointe initiale de la coquille des Orthocères offre une grandeur variable, parceque la première loge, ou loge embryonale, oscille entre une grandeur insignifiante et des dimensions assez considérables, dont les limites ne sont pas encore connues. (Fauna d. Vorw. — Cephalop., p. 217.)
Dans le même ouvrage (p. 219), le même savant ajoute: „La première loge semble avoir la forme d'une coupelle ou une forme conique, suivant que . la coquille est elle-même allongée ou dilatée. Il est incertain, si elle est aussi globuleuse, comme on pourrait le présumer, car les observations manquent sur ce sujet."
Nous remarquons, qu'en décrivant les éléments de la coquille de Nautilus, M. le Prof. Giebel ne fait aucune mention de la pointe initiale. (Ibid. p. 119.)
Introduction et Aperçu historique. 13
La même observation s'applique aux autres genres de cette famille, décrits par le même savant dans l'ouvrage cité.
1854. 1855. Nous devons constater que, durant l'hiver 1854— 1855, époque où nous avons entrepris les études générales sur les Céphalopodes, que nous publions en ce moment, M. Philippe Potteau, préparateur du cours de conchyliologie au Jardin des Plantes, à Paris, et bien connu des naturalistes par ses habiles préparations, a mis à notre disposition une série de coquilles de Naut Pompilius, qui nous ont été d'un grand secours. Ces coquilles sont ouvertes suivant une section longitudinale, passant très près du plan médian et, par conséquent, près du siphon, dont les éléments restent intacts. Elles étaient déjà préparées depuis plusieurs années.
Dans ces sections, il est aisé d'observer, non seulement la structure du siphon, suivant toute sa longueur, mais on peut encore reconnaître, sur la calotte initiale, la cicatrice, qui est placée très près du plan de la section.
Nous avons conservé un de ces exemplaires, qui est sous nos yeux. Nous en avons retrouvé un autre à l'Ecole des Mines, à Paris, il y a quelques années et il nous a fourni l'occasion de montrer la cicatrice à plusieurs savants réunis dans le cabinet de M. le Prof. Bayle. Les autres spécimens ont été dispersés dans divers musées, où ils ont présenté à chaque observateur la facilité de reconnaître l'existence de la petite fente qui porte ce nom.
Cependant, à cette époque où on s'occupait peu de l'embryologie des Céphalopodes, personne à notre connaissance n'a -considéré cette observation comme assez importante pour en faire l'objet spécial d'une publication.
D'un autre côté, durant le même hiver, en lisant, dans le cabinet de M. Deshayes, le mémoire du Doct. Robert Hooke, nous avons appris, qu'il avait observé, le premier, l'existence de la cicatrice dans Nautilus. Cette découverte est constatée ci-dessus, p. 2, en tête du présent aperçu historique.
Nous avons attaché peu d'importance aux découvertes relatives à la cicatrice sur la calotte initiale de Naut. Pompilius, parceque nos études sur les Nautilides siluriens de la Bohême nous avaient déjà fourni l'occasion d'observer une cicatrice semblable et semblablement placée sur un assez grand nombre d'espèces de notre bassin. Nous avons réservé pour nos études générales la mention de ces
14 Partie initiale de la coquiUe.
observations, constatées d'ailleurs par les figures multipliées de nos Nautilides, dans la première série de nos planches, publiée en 1865, En présence de ces circonstances, nous rapporterons à Robert Hooke, observateur d'une grande perspicacité, l'honneur d'avoir découvert, le premier, l'existence d'une cicatrice sur la calotte initiale de Naut. Pompilius.
1858. Le Doct. Guido Sandberger, dans une notice sur la structure de Nautilus PompUiu$, mentionne la cellule initiale, sous le nom de Ei^elle. H constate qu'il a constamment observé dans cette espèce une cellule initiale aplatie et arrondie, qui est très semblable aux cloisons, qui se forment plus tard. H rappelle que, par contraste, l'oeuf ou première loge des Goniatites est globuleux, ovale ou en forme de poire, et que cette partie de la coquille n'a pas encore été convenablement étudiée dans les Clyménies et les Ammonites. (Kurze Betrachtung. ... éc , . . ûb. Naut. Pompilius, Oberhess. Gesell. f. Nat. u. Heilk,, p. 79,)
On peut remarquer, que l'expression Eùelle, ou cellule de l'oeuf, n'est pas exacte. Mais le texte, que nous traduisons, montre bien, que le Doct. Sandberger a observé la calotte initiale de la coquille, qui est en effet à peu près semblable aux cloisons qui suivent. Il n'a pas reconnu sur cette calotte l'existence de la fissure, ou cicatrice. La fig. 4, PL 2, montre très bien le réseau des stries, transverses et longitudinales, qui couvrent la calotte initiale et toute l'extrémité de la spire.
1858. M. le Prof. F. A. Quenstedt, dans son ouvrage intitulé: Der Jura, mentionne plusieurs fois l'élément initial de la coquille des Ammonites, sous le nom de Anfangsblase, c. à d. bulle initiale. Mais, nous ne trouvons aucun passage explicatif, qui ait rapport à cet ovisac. Cependant, nous remarquons que, sur les planches de cet ouvrage, les figures de diverses espèces semblent indiquer l'observation de cette partie initiale de la coquille.
Par contraste, les fig. 1 — 2, de la PI. 55, nous montrent l'origine de la spire d'une espèce indiquée par le nom de Hamifes bifurcati, jp. 404. Cette origine, au lieu de montrer un élément enflé, est dessinée comme offrant une extrémité initiale aiguë et lisse, sans aucune trace de constriction, qui la sépare du reste de la spire.
En faisant abstraction du nom générique, qui pourrait être discuté, nous croyons utile de reproduire le passage suivant de la description spécifique, exposée par le savant professeur:
Introduction et Aperçu historique. 15
„Les côtes s'étendent presque jusqu'à l'origine de la coquille, dont l'extrême pointe est seule lisse. Cependant, il est difficile de dégager cette pointe et je n'ai pas encore pu reconnaître si elle commence ou non par une bulle."
Après avoir constaté que cette espèce ne paraît identique avec aucune des formes nommées par d'Orbigny et que la grande chambre n'est pas connue jusqu'à l'ouverture, M. le Prof. Quenstedt ajoute:
„La fig. 1, PL 55, montre la partie initiale la plus ténue que je connaisse. Je ne peux pas y trouver une bulle à l'origine, mais cette pointe a une longueur de plusieurs lignes. Elle est entièrement lisse et construite d'une manière très délicate, de sorte qu'il faut employer la plus grande précaution pour la dégager. Il est remarquable, que la courbure est différente presque dans chaque individu." (l c, p. 405,)
En terminant ses observations sur ces fossiles, M. le Prof. Quenstedt mentionne un autre spécimen, fig. 4, FI. 55, qui, offrant une forme analogue, présente des côtes jusqu'à son extrémité initiale. Mais, il n'ose décider si cet individu, trouvé sur un horizon plus élevé que les précédents, représente bien la même espèce.
La fig. 4 montre, en effet, une forme analogue à celle des fig. 1 et 2; mais on reconnaît au premier coup d'oeil, qu'elle. est beaucoup moins déliée. Son extrémité n'indique la trace d'aucune bulle initiale.
Observation.
Les formes génériques: Hamites^ Crioceras, Ancyloceras, Toxoceras et Helicoceras sont très difficiles à distinguer d'après des fragments. Il est possible, que toutes ces distinctions génériques ne soiept pas entièrement fondées.
Dans tous les cas, nous devons remarquer que,^ parmi les spécimens rapportés au genre Hamites par Quenstedt, au genre Ancyloceras par Ooster et au genre Crioceras par d'autres paléontologues, il existe des espèces qui semblent s'être développées à partir d'une pointe initiale aiguë, dépourvue de toute apparence d'un ovisac enflé, comme celui des Goniatites et de beaucoup d'Ammonites. Il faut remarquer aussi, que certains individus attribués à ces genres montrent, par contraste, l'apparence d'un ovisac exigu, mais distinct. Nous les avons indiqués ci-après, 1857 à 1863.
16 Partie initiale de la coquille.
Si ce fait se confirme, on devra admettre, que le caractère fondé sur la forme de Tembryon n'est pas invariable dans la famille des Ammonides; ou bien il sera nécessaire de placer dans une nouvelle famille les formes qui s'écartent des Ammonides par l'apparence aiguë de l'élément initial de leur coquille. On conçoit que, pour opérer cette séparation théorique, il faudra rompre les liens nombreux et puissants, qui ont semblé jusqu'ici rattacher tous ces types dans une seule famille, que les évolutionistes considèrent comme dérivant d'une même source primitive.
1860. Dans notre mémoire sur la Troncature normale et périodique de la coquille^ dans certains Céphalopodes paléozoïques, nous indiquons la distinction importante entre l'extrémité des coquilles tronquées et celle des coquilles, qui consei-vent leur pointe initiale. A cette occasion, nous citons plusieurs espèces des genres Orthoceras, Cyrtoceras^ Phragmoceras , qui nous ont permis d'observer cette extrémité naturelle et non ,tronquée. (Bull. Soc. Geol., série 2^ XVII, p. 586.)
Nous rappelons, que notre travail sur la troncature a été reproduit, à la fin de la même année, (1860) dans le Jahrhuch de Léonhard et Bronn. (Heft VI, p. 641.)
1860. M. Cari Lossen figure Lit. trapezoiddlis et Cyrtoc. ellipticum, avec une extrémité plus ou moins aiguë, qui paraît représenter la pointe initiale de ces 2 espèces. Cependant, les descriptions correspondantes, dans le texte, ne font aucune mention de cette partie initiale. (De Lituit. Dissert, inaug.)
Nous avons reproduit, en partie, chacune des figures données par M. Lossen, savoir:
Cyrt. ellipticum, PL 487, case IX.
Lit. trapej3oidalis, PI. 489, case I.
1857 à 1863. M. W. A. Ooster expose sur les p. 5 et 6,
partie F, de son travail sur les Céphalopodes tentaculifères , les considérations qui l'ont porté à réunir sous le nom générique Ancyloceras d'Orb. des Ammonitides, qui ont été décrits sous divers noms génériques, tels que Crioceras, Ancyloceras, Toxoceras, Hamites, Helicoceras, Anisoceras. (Catalogue des Céphalop. fossiles des Alpes suisses.)
Nous n'avons aucun motif pour reproduire ces considérations. Mais nous avons dû mentionner leur existence avant de citer les
Introduction et Aperçu historique. 17
formes associées par M. Ooster dans le seul type générique Ancyloceras.
Nous remarquons principalement 8 formes spécifiques, figurées et décrites par M. Ooster, comme montrant la partie initiale de la coquille. Nous les rangeons en 3 catégories, suivant les apparences de cette partie.
i^*"* catégorie. L'origine de la coquille est plus oû moins obtuse et peut être comparée à celle de divers Nautilides, figurés sur nos PL 487 — 488—489. Il n'existe dans cette partie initiale aucune apparence indiquant l'ovisac et la constriction habituelle qui l'accompagne, au point où il est uni à la spire.
Ancyloc. Jourdani, Astier, p. V, 16, PI. 33, fig. 4.
Ancyloc. Fourneti, Astier, p. V, 22, PI. 34, fig. 9.
Ancyloc. Hillsi, d'Orb., p. V, 62, PI. 52, fig. 5—6.
2^'^^ catégorie. L'origine de la coquille montre un ovisac plus ou moins exigu, mais cependant distinct sur les figures données par M. Ooster.
Ancyloc. Heeri, Ooster., p. V, 32, PI. 38, fig. 2.
Ancyloc. Morloti,^ Ooster., p. V, 33, PL 38, fig. IL
Ancyloc. Escheri, Ooster., p. V, 29, PL 37, fig. 7-.
Ancyloc. Studeri, Ooster., p. V, 26, PL 36, fig. 8—13.
L'exemplaire de Ancyloc, Studeri^ que nous figurons sur notre PL 490, case X, sous le nom de Crioceras Studeri, offre également l'apparence d'un petit ovisac distinct.
Certains exemplaires associés à Ancyloc. Studeri se distinguent par l'apparence d'une partie initiale, sans ovisac bien déterminé. Mais, la pointe de la coquille est immédiatement suivie par un renflement, qui semble représenter cet ovisac, plus large que le premier tour de spire qui suit. Cette apparence est bien indiquée sur la fig. 12, PL 36 de l'ouvrage de M. Ooster.
5^"»« catégorie. L'origine de la coquille est conique, très allongée, et offre une extrémité aiguë, sans aucune apparence d'ovisac, ni de renflement.
Ancyloc. Brunneri, Ooster., p. V, 31, PL 37, fig. 11.
Au sujet de cette dernière apparence, la plus éloignée du type ordinaire des Goniatides et des Ammonides, nous devons faire
18 Partie initiale de la coquille.
remarquer,' qu'elle est en harmonie avec celle qui a été figurée par M. le Prof. Quenstedt pour Hamites bifurcati. (Der Jura, p. 404, PL 55, fig. 1—2. 1858.) Voir la notice ci-dessus 1858.
En comparant les descriptions données par M. Ooster avec les figures dessinées sur ses planches, nous remarquons que le terme nucleus, par lequel il indique la partie initiale de la coquille, n'est point l'équivalent du terme ovisac, parcequ'il est étendu non seulement à l'élément initial, mais encore généralement au premier tour de la coquille. Nous constatons aussi avec regret, que ce savant n'a pas dirigé particulièrement son attention sur l'origine embryonnaire des espèces dont il s'occupe. Nous ne pouvons donc considérer que les apparences des ' figures de ses planches , qui paraissent d'ailleurs dessinées avec beaucoup de soin.
1865. Dans la première série des planches de notre Vol. II, nous figurons divers exemplaires, montrant l'oeuf initial de la coquille de Goniat. fecundus, PI. 11.
Cette forme contraste avec celle de la calotte initiale, que nous figurons dans la même série pour diverses espèces, appaitenant aux genres:
Nautilus, PL 32—38—39—40.
Phragmoceras, PL 56—57—58—99—100.
Gomphoceras, PL 75.
1866. Dans la seconde série des planches du même volume, nous figurons la partie initiale de diverses espèces des genres:
Trochoceras, PL 147—157.
Cyitoceras, PL 147—152-156-157-165-175-197-199.
Phragmoceras, PL 244.
1867. Dans la première partie de notre texte relatif aux Céphalopodes, nous indiquons la conservation de l'oeuf initial de la coquille dans divers exemplaires de Goniat. fecundus, de Bohême, en rappelant que les DD. Sandberger avaient signalé depuis plusieurs années l'existence d'un oeuf semblable, à l'origine de la spire de diverses espèces dévonienwes du même genre. (Vol. II, Texte, partie I, p. 33.)
Dans le même volume, après avoir énuraéré les 18 espèces du genre Cyrtoeeras, pour lesquelles nous avions déjà figuré la calotte initiale, et après avoir rappelé, qu'elle existe aussi dans les
Introduction et Aperçu historique. I9
genres Trochoceras, Nautilus, Phragmoceras, nous ajoutons la remarque suivante, établissant le contraste fondamental entre les Nautilides et les Goniatides.
„Nous ferons aussi observer, que cette forme de l'origine de la coquille, qui se retrouve également dans Orthoceras, paraît semblable dans tous les types des Nautilides, où nous l'avons observée jusqu'à ce jour. Elle contraste, au contraire, avec l'origine de la coquille des Goniatites, qui se montre sous la forme d'un oeuf, isolé de la première loge aérienne par un étranglement prononcé." (Vol II, Texte, partie 1, p. 439.)
1868. Dans la troisième série des planches du même volume, nous figurons la partie initiale de diverses espèces appartenant au genre : '
Orthoceras, PI. 281—286—327—336.
1870. Dans la quatrième série des planches du même volume, nous figurons la partie initiale de diverses espèces appartenant aux , genres :
Cyrtoceras, PI. 427.
Orthoceras, PI. 360—399—402—407-427.
Les exemplaires figurés sur toutes les planches que nous venons de citer, montrent la calotte initiale de la coquille avec des apparences concordantes, qui prouvent l'existence d'un seul et même type pour tous les Nautilides.
1869. M. le Prof. Gust. Laube reconnaît la partie initiale de Naut, linearis, espèce triasique dans des fragments de St. Cassian, initialement rapportés par Munster à Cyrtoc, linearis ou Ammon. Ads. Il fait ressortir la ressemblance de ces fragments avec les jeunes spécimens de Naut. Bohemicus, figurés sur la PI. 32 de notre Vol. Il — 1865. En effet, les figures données par M. le Prof. Laube, sur la PI. 36 de son ouvrage: Fauna von St. Cassian V, sont en parfaite harmonie avec celles de l'espèce de Bohême comparée. Le lecteur peut voir la figure de Naut. linearis, Miinst. sp. reproduite sur notre PI. 489, case V.
1871. M. le Prof. Schlûter figure un spécimen de Ammonit. varians pour montrer le développement de la coquille, à partir de son état embryonnaire. L'oeuf n'est pas distinct sur la figure, ni mentionné dans le texte. (Cephalopj d. ober. deutsch. Kreide J, V Lief. PI. 4, fig. 1.)
20 Partie initiale de la coquille.
1872. M. Alpheus Hyatt publie un important travail sur Tembryologie des Céphalopodes fossiles, en comparant les 3 familles des Goniatides, des Ammonides et des Nautilides. (Foss. Cephal. of the Mus. of compar. zoology, Bull. Cambr., Mass. Vol. III, Nr. 5.)
D étudie successivement l'embryon et les principaux éléments de la coquille, savoir: l'ombilic, les tours de spire, les cloisons, le siphon et le test.
Bien que ce savant ne formule aucune conclusion, après l'exposé de ces diverses études, leur tendance manifeste induit le lecteur à penser, qu'elles ont été entreprises dans l'intérêt des doctrines de l'évolution et de la transformation. Les conversations, que nous avons eues avec M. Hyatt à Paris, en 1873, nous ont pleinement confirmé dans cette interprétation. Cependant, on pourrait croire, qu'en s'abstenant de formuler des conclusions, ce savant a voulu se réserver là possibilité de modifier son opinion à l'avenir, après une étude plus ample de tous les faits, et après le délai qu'exige une mûre réflexion.
Nous avons principalement remarqué dans le livre de M. Hyatt, que, parmi les Nautilides, son étude est bornée à peu près à celle de Naut. Pompilius. La partie initiale de cette espèce, ainsi isolée, semble presque exceptionnelle. Il n'est fait aucune mention, dans ce travail, des nombreux Nautilides de la Bohême, qui offrent la même conformation et suffisent bien pour établir la réalité de ce premier type de la pointe initiale, parmi les Céphalopodes.
Outre Naut Pompilius, M. Hyatt a aussi donné des figures de Naut. atratus, Saem., Naut. KonincM, d'Orb. et Naut. lineatus, Sow. (FI. 4).
Durant son séjour à Paris en Juin 1873, M. Hyatt, ayant franchement reconnu la gravité de son oubli, au sujet des documents, que nous avons publiés à partir de 1865, sur les nombreux représentants siluriens du type des Nautilides, nous lui laissons le soin de compléter et de rectifier son travail sur l'embryologie des Céphalopodes.
Dans les pages qui suivent, nous citerons à diverses reprises des observations importantes de cet honorable savant et nous mentionnerons aussi les documents instructifs, que nous devons à sa bienveillance et que nous publions sur nos planches. Nous saisissons avec plaisir cette occasion pour lui en témoigner notre sincère reconnaissance.
Introduction et Aperçu historique.
1873. Nous recevons de M. Bayan la notice suivante: La collection de M. Eugène Dumortier, de Lyon, renferme un échantillon de Crioceras, provenant du Ciret (Partie, supérieure de rOolite inférieure) du Mont d'Or Lyonnais, qui montre le bouton initial. L'espèce, qui est fort commune dans le Ciret, n'a pas encore été déterminée. L'apparence du bouton est absolument identique à ce que l'on voit dans le Crioceras Studeri et YAncyloc. Calloviense.
1873. M. le Doct. Edm. v. Mojsisovics figure 10 espèces de Nautiles des dépôts triasiques de Hallstatt, dans lesquels nous reconnaissons distinctement la forme de la pointe initiale vue par la face latérale. (Bas Gebirge um Hallstatt, L) Nous reproduisons leurs noms: