Genre JMauHlus. Linné
Le privilège exclusif, dont jouit Nautilus, sous le rapport de sa longévité, à partir de l'origine de la faune seconde silurienne jusqu'à la faune actuelle, le rend éminemment instructif pour la paléontologie.
Nous rappelons, que nous avons énuméré les espèces de ce genre, qui nous sont connues, sur une série de tableaux, à partir du Nr. 22 jusqu'au Nr. 32 B, disposés sur les pp. 438 à 464 dans notre Texte, IV. Cette énumération ne peut pas être considérée comme complète, surtout en ce qui concerne les faunes mésozoiques et tertiaires. Mais, nous nous sommes proposé seulement de présenter pour ces faunes des groupes d'espèces, caractérisant des régions déterminées.
Sous le rapport de l'origine et de la distribution verticale, nous constatons d'abord, d'après le descriptions de M. Billings, que l'un des plus anciens Nautiles connus, Naut, ferox, trouvé dans le groupe du grès calcifère, au Canada, Iles Mingan, présente la plénitude des caractères de ce type et se distingue en même temps par un diamètre d'environ 24 centimètres, qui n'a été que rarement dépassé dans les espèces des faunes postérieures.
Notre diagramme montre, qu'après une série comprenant un petit nombre d'espèces, dans les 3 groupes du grès calcifère, de Québec et de Chazy, le genre Nautilus a subi une première intermittence, comprenant les groupes de Black-River, Trenton et Utica. Ce type a reparu sur l'horizon de Hudson-River, d'après une seule espèce, Naut Hercules, décrite aussi par M. Billings, comme trouvée dans l'île d'Anticosti.
Remarquons que, jusqu'à ce jour, à l'exception de Naut involvens, indiqué par Salter dans la faune seconde de Niti, Himalaya, aucune autre espèce de ce genre n'a été découverte dans la même faune, sur les 3 grandes zones paléozoiques. Ainsi, toutes les espèces de Nautiles appartenant à cette faune sont aujourd'hui réduites aux 12, qui sont énumérées sur notre tableau Nr. 22.
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Nautihis, inconnu en Bohême dans notre faune seconde, apparaît pour la^ première fois . dans notre bande e 2, où il est représenté par 5 espèces, dont plusieurs de grande taiUe. Il disparaît ensuite de notre bassin jusqu'au dépôt de notre bande g 3, dans laquelle il est représenté par 3 petites espèces.
Ainsi, l'existence de ce genre, en Bohême, nous montre, durant la faune troisième, une intermittence au moins aussi longue que celle que nous venons de signaler durant la faune seconde en Amérique.
Nous n'avons jusqu'ici rencontré aucun document scientifique, qui constate la présence de Nautilus dans la faune troisième des contrées siluriennes en Europe. Mais notre tableau Nr. 22, p. 438, signale la présence de 2 espèces sur l'horizon de Niagara, dans les états de Wisconsin et Illinois. Cet horizon correspond à celui de la bande e2 en Bohême.
Ainsi, la faune troisième n'a fourni jusqu'à ce jour que 10 espèces de ce genre, dans l'ensemble des contrées siluriennes.
Dans les faunes dévoniennes, nous connaissons 8 espèces disséminées sur les deux continents et appartenant à divers horizons. Cependant, nous ne sommes pas assuré que les dépôts supérieurs de cette période renferment des représentants du genre qui nous occupe. Il en résulterait une intermittence, qui n'est pas cependant aussi démontrée que celles qui viennent d'être indiquées dans chacune des 2 grandes faunes siluriennes.
Après cette intermittence, si elle existe réellement, nous sommes ét(Jnné en voyant 84 espèces de Nautiles, déjà déterminées dans les faunes carbonifères. Nous faisons abstraction d'un nombre assez considérable d'autres espèces, qui paraissent exister dans ces faunes, mais qui n'ont pas encore été régulièrement introduites dans la science. Aucun document ne nous permet de reconnaître, si ces 84 espèces, répandues sur les 2 continents, peuvent être considérées comme formant une série verticale ininterrompue. On sait que le terrain carbonifère n'a fourni aucun Nautile ni autre Céphalopode, en Bohême.
Les faunes permiennes, qui ne renferment en tout que 9 espèces de Céphalopodes, montrent cependant 5 formes diverses de Nautiles.
92 Distribution verticale.
Avant de parcourir les faunes mésozoiques, remarquons que les Nautiles des faunes carbonifères constituent un maximum entre les 2 minima signalés, Tun dans les faunes dévoniennes et Tautre dans les faunes permiennes. Ainsi, le genre NautUm a subi des alternatives de grand développement et de forte réduction dans le nombre de ses espèces, sans qu'on puisse assigner une cause quelconque à ces brusques transformations dans sa vitalité. C'est un phénomène comparable à ceux que nous signalons dans la distribution générale des Céphalopodes en Bohême, au sujet des bandes e 2 et g3.
Ainsi que nous venons de l'annoncer, les indications, que nous donnons, pour le nombre des espèces des Nautiles, dans les principales faunes mésozoiques et tertiaires, ne sont qu'approximatives. Mais, elles suffisent pour nous montrer les oscillations de ces nombres. Les faunes triasiques semblent ofiBrir en ce moment un nombre d'espèces égal à celui des faunes du Lias et du Jura. Ce nombre approximatif est de 47.
La période crétacée paraît la plus riche, d'après les 63 espèces portées sur notre tableau et auxquelles devraient être ajoutées 14 nouvelles espèces de la craie supérieure d'Allemagne, décrites par M. Schlûter et qui porteraient ce nombre à 77. Ces nouvelles espèces sont énumérées dans notre Série tardive, sur le tableau Nr. 9, p. 260, Supplément. •
Ce nombre 77, rapproché de 84, constitue un nouveau maximum à remarquer.
Les faunes tertiaires sont, au contraire, réduites à 19 espèces, dont 4 peuvent être associées dans le sous-genre Aturia.
La période quaternaire n'a fourni jusqu'ici aucune trace du genre Nautilus, tandisque 3 espèces sont connues dans la faune actuelle.
En somme, la série des nombres, représentant la richesse spécifique du genre Nautilus durant l'ensemble des âges géologiques, offre de telles irrégularités, qu'il est impossible de reconnaître une tendance continue vers une augmentation ou une diminution.
En voyant les maxima de ces nombres, précédés ou suivis par des minima, nous ne pouvons pas considérer le minimum actuel des espèces vivantes comme un signe de l'extinction prochaÎAe de ce genre, ainsi que le pensent certains paléontologues. Au contraire,
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si nous nous hasardons à apprécier la richesse future des Nautiles, durant l'époque qui doit suivre celle où nous vivons, l'expérience des âges passés doit plutôt nous indiquer, qu'elle se rapprochera d'un maximum.