Genre €!yrtO€!eras. Goldfuss
Ce genre tient le second rang parmi les Nautilides, énumérés sur notre tableau A, p. LVI, Texte, partie IV. Mais nous ferons remarquer, qu'il convient ajouter aux 475 espèces portées sur ce tableau, celles de la Série tardive, qui sont au nombre de 68, Tableau Nr. 11, p. 263, Supplément. Ensemble, ces 2 nombres composent la somme de 543.
Les 475 e.spèces prises en considération dans nos études générales sont nominativement énumérées sur une série de tableaux, Nr. 37 à 42, disposés sur les pp. 472 à 491 de notre Texte, partie IV. Ces espèces sont les seules, auxquelles se rapportent lés nombres de notre tableau et diagramme. Mais nous constatons, que les 68 nouvelles espèces de notre Série tardive appartiennent exclusivement à la Bohème et que presque toutes ont été trouvées sur l'horizon de notre bande e2. Ainsi, en ayant égard à ces espèces, la figure correspondante de notre diagramme serait seulement un peu modifiée dans le maximum, sans que les proportions entre ses diverses parties fussent notablement troublées.
Le genre Cyrtoceras est l'un de ceux que nous considérons comme faisant partie de la première apparition des Nautilides. Cyrt
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praecox^ Sait, trouvé à la base de l'étage supérieur de Trémadoc, a été indiqué comme le plus ancien Céphalopode connu et comme ayant même précédé Orthoceras. (Mem. GeoL Surv., III, p. 358. 1866.) En rappelant cette opinion, nous ne prétendons pas l'opposer à la priorité semblable, réclamée en faveur des 2 fragments d'Orthocères, trouvés au Canada, à la base du grès calcifère. Dans tous les cas, le représentant le plus ancien du genre Cyrtoceras, en Angleterre, se trouve comme les Orthocères canadiens sur l'horizon le plus voisin de ceux qui renferment la faune primordiale, sans Céphalopodes.
En Russie, diverses espèces de Cyrtoceras apparaissent avec d'autres Nautilides, à l'origine de la faune seconde, dans le calcaire à Orthocères.
D'après ces faits concordants, nous devons reconnaître, que le type Cyrtoceras a participé au privilège de la plus haute antiquité, constatée pour les Céphalopodes.
A partir de cette origine, les Cyrtocères se sont montrés sous de nombreuses formes spécifiques, durant la faune seconde du Canada, plus favorisée sous ce rapport que celle de New- York. Ainsi, le maximum de 13 espèces trouvées au Canada, sur l'horizon de Black-River, est antérieur et supérieur à celui de 8 espèces reconnues dans le calcaire de Trenton, dans l'Etat comparé. Voir nos tableaux de distribution, 1870. «
Nous venons de signaler l'existence contemporaine des Cyrtocères, dans le calcaire à Orthocères du Nord de l'Europe. Nos tableaux indiquent aussi des formes diverses de ce type dans la faune seconde d'Angleterre, mais leur maximum est seulement de 7 sur l'horizon de Caradoc et de Bala.
Par contraste, aucune trace de Cyrtocère n'a été découverte jusqu'à ce jour en Bohême, dans les dépôts qui renferment la faune seconde proprement dite. Seulement, vers la fin de cette faune, 2 espèces de ce type ont été trouvées dans les Colonies de notre bande d5.
La Bohême montre, au contraire, dans sa faune troisième, une richesse en espèces de Cyrtocères, qui n'est égalée dans aucune autre contrée silurienne. Mais, nous devons faire observer, que cette richesse ne se manifeste pas immédiatement au moment de l'apparition de cette faune, c. à d. dans notre bande el. En effet,
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nous ne connaissons dans el que 34 espèces, tandisqu'il en existe 205 dans la bande e2. Ces nombres sont ceux qui ont été pris en considération dans nos études générales et qui sont inscrits sur ' le résumé numérique des Céphalopodes siluriens en Bohême, p. XLIII de notre Introduction, Texte, partie IV. Si nous ajoutons à ces nombres les chiffres correspondants de la Série tardive, la somme des espèces de la bande el s'élève à 35, tandisque celle de la bande e2 est portée à 267. Voir le tableau Nr. 12, sur la p. 266 dans notre Supplément.
Kemarquons, que ce développement inoui des espèces de Cyrtoceras, dans la bande e2, disparaît encore plus soudainement qu'il n'avait apparu. En effet, la bande f 1 n'a fourni que 10 espèces jusqu'à ce jour. Ce minimum s'abaisse à 6 dans la bande f 2 et il se relève jusqu'à 11 dans la bande gl. Mais dans la bande g 2, qui suit en remontant, le genre Gyrtoceras est totalement inconnu.
En jetant les yeux sur notre tableau-diagramme (V) qui va suivre, on peut reconnaître cette distribution partielle des Cyrtocères dans les bandes superposées à e 2. Elles s'accordent toutes à montrer un minimum longtemps prolongé et aboutissant à une extinction totale, mais temporaire.
Ainsi, la richesse de la bande e2 se présente comme un fait isolé et restreint, entre des limites verticales et horizontales très rapprochées.
Nous ne pouvons pas retrouver dans les autres contrées siluriennes, une répartition verticale semblable des Cyrtocères, parceque leurs espèces sont généralement très peu ndtabreuses. Ainsi, parmi les horizons, qui sont stratigraphiquement comparables à notre bande e2, celui de Niagara aii Canada offre le maximum de 8 espèces, tandisque ceux de Wenlock et de Ludlow, en Angleterre, n'en possèdent que 3 ou 4. Les étages correspondants, dans le Nord de l'Europe, ne sont pas plus riches.
D'après ces chiffres, la richesse de notre bande e2 reste incomparable.
En outre,- le genre Gyrtoceras nous présente en Bohême un autre phénomène, q]ui est sans exemple dans toutes les contrées siluriennes d'Europe. Il consiste en ce que, vers la fin de la faune troisième, dans la bande g 3, une série de nouvelles espèces de ce genre apparaît avec de fortes dimensions, jusqu'alors presque
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inconnues dans notre bassin. Mais, ces espèces et d'autres de taille ordinaire ne persistent pas au-delà des limites de la bande g 8. Leur apparition et leur disparition sont donc soudaines, comme celles des nombreux Cyrtocères de la bande e2.
Bien que ce phénomène soit particulier au bassin de la Bohême, nous avons cru cependant devoir indiquer son existence sur notre diagramme, parmi les caractères de la faune troisième.
Nous rappelons en même temps, que nous ne connaissons, dans les régions siluriennes, aucun représentant indubitable de nos étages G et H. Seulement, dans notre Défense des Colonies III, p. 247, nous avons montré, que les dépôts, les plus comparables par leur faune, sont ceux qui composent la division supérieure de Helderberg, dans l'Etat de New- York. Mais, ces dépôts de N^.-York sont également pauvres en Cyrtocères, car le nombre des espèces coexistantes ne dépasse pas 2. Voir nos tableaux de distribution 1870.
Durant les faunes dévoniennes, le genre Cyrtoceras se maintient encore par 59 espèces, disséminées dans la hauteur de divers étages superposés. Ce nombre total est notablement inférieur à celui de 90, que nous avons compté dans la faune seconde. Mais, nous pouvons supposer que les recherches futures ne manqueront pas de l'élever.
Dans les faunes carbonifères, ce nombre se réduit au-dessous de la moitié, c. à d. à 26 espèces, parmi lesquelles plusieurs sont encore mal connues jusqu'à ce jour.
Dans les faunes permiennes, cette réduction progressive atteint sa dernière limite, puisque le genre Cyrtoceras n'y est représenté que par une espèce unique, trouvée dans le Kansas, en Amérique.
En somme, le genre Cyrtoceras nous présente, dans son existence très-prolongée, une sorte d'oscillation, commençant par un nombre d'espèces assez considérable dans la faune seconde des 2 zones septentrionales, mais nul, au contraire, dans la zone centrale d'Europe.
Ensuite, un maximum extraordinaire se développe soudainement en Bohême vers l'origine de la faune troisième et disparaît aussi subitement. Après une nouvelle manifestation de sa vitalité, aussi subite et aussi courte, vers la fin de la même faune en Bohême, la décadence de ce genre dans le nombre de ses espèces, suit une
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rapide proportion jusqu'à son extinction totale, dans la dernière des faunes paléozoiques. Nous allons voir l'analogie entre cette existence et celle du geme Orfhoceras.