Genre Orihocerus. Breyn
Ce genre dispute à Nautilus le premier rang dans la famille des Nautilides. Son origine remonte également à la première apparition de cette famille, mais sa propagation verticale ne s'étend pas
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100 Distribution, verticale.
au delà des terrains triasiques, tandisque celle de NautUus atteint l'âge où nous vivons. Ce désavantage, sous le rapport de la longévité, pourrait être considéré comme compensé par la richesse en formes spécifiques, qui élève Orthoceras beaucoup au-dessus du genre comparé.
Nous rappelons d'ailleurs, que ces 2 types ont joui d'un avantage égal sous le rapport de leur diffusion horizontale. En efifet, Orthoceras est représenté dans toutes les faunes et les contrées paléozoiques, à partir de son origine jusqu'au Trias, aussi bien que Nautilus, que nous' retrouvons dans toutes les contrées et dans tous les âges géologiques, excepté dans la période quaternaire.
Le seul genre Bactrites semble avoir joui d'une existence aussi prolongée que Orthoceras. Mais, son indépendance n'est pas à l'abri de tous les doutes. Voir nos observations à ce sujet, p. 47 dans notre Texte, partie I. 1867 et p. 803 dans notre Texte, partie III.
L'énumération nominative de tous les Orthocères pris en considération dans nos études générales, a eu lieu dans une série de tableaux placés dans notre Texte, partie IV, à partir du tableau Nr. 2, p. 368 jusqu'au tableau Nr. 13, p. 405. Leur nombre total
s'élève à 1146, dont (^'f^f^^"^''^'!"''- I 14 tnasiques.
Les espèces nouvelles, faisant partie de notre Série tardive, sont seulement au nombre de 29. Mais, comme toutes, à l'exception d'une seule, appartiennent à notre bande e2, leur addition aux espèces anciennes ne troublerait pas, d'une manière sensible, les figures de notre diagramme.
Nous avons» admis, que les plus anciens Orthocères connus sont représentés par 2 petits fragments, trouvés au Canada, à la base de grès calcifère, c. à d. au dessus des couches à Trilobites, renfermant la faune primordiale. Ces 2 fragments, figurés sur la p. 102 de la Geol. of Canada^ 1863, n'ont été ni nommés, ni décrits. Us ne proviennent pas d'une même localité, mais nous ignorons s'ils représentent une même espèce.
Après cet obscur commencement, le genre Orthoceras se manifeste par 17 espèces déterminées, dans le même groupe du grès calcifère et nous remarquons que 14 d'entre elles ont été trouvées au Canada. Chacun des autres groupes américains, renfermant les
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phases de la faune seconde, possède un nombre notable d'espèces de ce genre. Mais, nous devons signaler un maximum très reconnaissable, qui caractérise le calcaire de Trenton dans l'Etat de New- York. Ce maximum est représenté par 23 espèces, tandisqu'un autre maximum presque égal de 21 espèces a existé au Canada, dans le groupe de Black-River, immédiatement Inférieur.
En Europe, un maximum analogue de 23 espèces d'Orthocères existe en Angleterre, dans l'étage de Caradoc ou Bala. Nous en avons énuméré 24 dans le calcaire à Orthocères de Russie. La Suède et la Norwége sont relativement moins riches.
Nous rappelons ces chiffres, constatés sur les tableaux de notre distribution, en 1870, afin de montrer, que le maximum local des Orthocères, durant la faune seconde, a caractérisé divers horizons, dans les contrées qui font partie des 2 grandes zones septentrionales. Mais partout, les Orthocères se manifestent à partir de l'origine de la faune seconde, en nombre notable, avec les diversités qui distinguent les espèces de ce genre, durant toute son existence.
En Bohême, le maximum relatif à la faune seconde se trouve dans la première phase de cette faune, c. à d. dans notre bande dl, qui a fourni 17 espèces. Sous ce rapport, notre bassin n'est pas en arrière, si on le compare à la première phase, isolée, dans diverses contrées des grandes zones septentrionales. Mais, dans l'ensemble de la faune seconde, nous ne possédons qu'un nombre d'espèces très-inférieur à celui des autres zones.
Notre diagramme montre, que ces relations sont complètement renversées dans la faune troisième. En effet, au lieu de 260 espèces connues dans l'ensemble de la faune seconde, nous en trouvons 626 dans la faune troisième. Il y a donc un grand contraste entre ces chiffres. Mais, la distribution présente encore une autre circonstance aussi remarquable, savoir, que la grande majorité de ces Orthocères de la faune troisième est concentrée sur un horizon de la Bohême, qui correspond à sa seconde phase, c. à d. dans la bande e2. Cet horizon nous semble pouvoir être reconnu, d'abord dans le calcaire de Gothland et ensuite dans l'ensemble des étages de Wenlock et Ludlow. Il paraît aussi exister dans l'île d'Oesel, en Russie.
On doit remarquer, que ce maximum des Orthocères, dans la bande e2, correspond à celui que nous avons constaté pour le genre Cyrtoceras et pour Trochoceras^ sur le même horizon,
102 Distribution verticale.
Après cette époque, les Orthocères de la faune troisième ne se montrent qu'en nombre relativement restreint, ce qui fait ressortir l'isolement du maximum que nous venons de signaler.
Cette seconde partie de la faune troisième est uniquement représentée en Europe, par nos étages F— 6— H. Nous ne connaissons aucun équivalent dans les autres contrées de ce continent. Mais, nous pensons qu'en Amérique, on pourrait trouver une représentation de ces dépôts dans les groupes de Helderberg, qui, étant peu riches en espèces du genre Orthoceras^ n'infirment en rien la prédominance extraordinaire des formes de ce genre dans notre bande e2.
Bien que les Orthocères aient perdu une grande partie de leurs espèces, durant les dernières phases de la faune troisième, nous retrouvons ce type dans les faunes dévoniennes, avec une infériorité numérique très marquée. On voit, en efifet, sur notre diagramme, que le nombre total des espèces dévoniennes, que nous admettons, ne s'élève qu'à 131. Mais, nous ajoutons que ce nombre est probablement incomplet.
Dans les faunes carbonifères, la décadence vitale du genre Orthoceras se manifeste par la réduction de ses espèces au nombre de 112. Nous pensons que les recherches relatives à cette faune laissent beaucoup à désirer.
Dans les faunes permiennes, nous voyons le résultat d'une cause inconnue, qui a presque subitement réduit à 3 le nombre des espèces du genre Orthoceras. On croirait que ce genre est presque éteint, comme divers autres types.
Mais, dans les faunes triasiques, les Orthocères reparaissent avec une nouvelle vitalité et on distingue parmi eux 14 formes* spécifiques. D'après nos connaissances actuelles, dues à M. le Doct. Edm. V. Mojsisovics, ces 14 Orthocères sont les derniers représentants de ce genre.
Nous rappelons que d'autres fossiles, de forme très semblable, avaient été associés au type Orthoceras, non seulement dans le Trias, mais encore dans le Lias. Depuis quelques années, on a reconnu que ces formes appartiennent au genre Aulacoceras, fondé par M. le Chev. de Hauer et qui est associé à la famille des Bélemnitides.
Avant de terminer, nous prions encore une fois les savants de remarquer la grande analogie, qui existe entre Orthoceras et
Bévue des genres et sOus-genres. 103
Cyrtoceras^ sous le rapport du développement graduel de leur richesse spécifique. Comme ils s'accompagnent l'un l'autre dans tous les faunes, à partir de la première origine des Nautilides jusqu'à la faune permienne, il est difficile de reconnaître, qu'il ait existé entre leurs représentants, une lutte pour l'existence. Orthoceras a toujours été prédominant, sans que Cyrtoceras ait été accablé par le nombre. Cette observation s'applique surtout à l'époque où chacun de ces 2 types a présenté le maximum numérique de ses espèces, c. à d. dans la bande e2 de Bohême.