Genre Gonêphocernê. Sow
Ce genre, dans lequel nous comptons aujourd'hui 110 espèces, énumérées sur notre tableau Nr. 51, p. 515, Texte IV, se distingue par cette richesse du genre Phragmoceras^ dont nous venons de parler. Il possède encore, par rapport à ce dernier, un autre avantage, qui consiste dans son extension verticale. En effet, notre diagramme, p. 84 montre, qu'il a joui du privilège d'apparaître parmi les premiers types des Nautilides, à l'origine de la faune seconde. Après sa propagation à travers les faunes siluriennes, nous considérons son existence comme bien établie dans une grande partie des dépôts dévoniens et nous l'admettons, d'après quelques analogies, dans les dépôts carbonifères.
Sous le rapport de la durée, le genre Gomphoceras occuperait le quatrième rang, abstraction faite de Bactrites, sur lequel nous avons exposé quelques doutes dans notre Texte, partie III, p. 803.
Revue des geiire$ et sous-^enres. X13
Biea que nous n'ayons paa çu Toccasiott d'Q\)server r<^uverture des plus anciens Gomphoeeras^ c. à d. de ceux de la Jlussie, nous devons admettre, qu'elle .était contractée comn^e dans les espèces que nous connaissons. Noi^s avons d^à exposé à ce sujet les documents que nou& possédons, p. 170, Texte, partie IV et noue pensons, qu'ils suffisent pour établir le fait, ^ que nous admettons.! D'ailleurs, nous avons constaté, qu'à tous les âges géologiques il se présente des formes de ce genre, qui semblent offrir une ouverture de transition entre Orthoceras et Gomphoceras. Voir p. 171, Texte IV.
Notre diagramme montre que, durant la faune seconde, 5 espèce de Gomphoceras ont apparu successivement et sont séparées par des intermittences. Nous devons ajouter à ces espèces Gomphoc, Eos, Meek, forme bien caractérisée par son ouverture et appartenant au groupe de Hudson-River. Elle est énumérée dans notre Série tardive, sur notre tableau Nr. 8, p. 259, Supplém.
Remarquons que ces 6 espèces sont disséminées sur. une très grande surface, savoir:
Russie .......... 2
Angleterre 1
Bohême ........... 1
Amérique 2
Les Gomphoceras sont, au contraire, beaucoup plus' nombreux dans la faune troisième et principalement en Bohême.
Outre une espèce associée à ce type, avec doute, sous le nom de Gomphoc. anonymum^ PL 106 et trouvée dans notre bande el, nous décrivons dans notre Série tardive une espèce bien caractérisée sous le nom de Gomph. imitans^ PI. 515 et provenant du même horizon.
Ensuite, nous voyons 64 espèces indu|)itables, apparaissant et disparaissant également dans la hauteur de notre bande e2. Nous devons leur ajouter 2 nouvelles espèces, récemment décrites dans notre Série tardive, sous les noms de Gomph. soUdum, PI. 508 et Gomph. sur gens, PL 515.
Ainsi, cette bande nous a fourni 66 espèces, qui se sont éteintes sans dépasser sa limite supérieure. Ce phénomène, probablement unique en son genre, mérite toute l'attention des savants. Cette disparition est bien constatée par ce fait que, dans notre bande fl immédiatement superposée à e2, nous n'avons jusqu'ici rencontré aucune trace de Gomphoceras.
114 Distribution verticale.
Dans la bande f 2, nous considérons le fragment nommé Gromph. semiclausum comme appartenant à ce type, bien que le second orifice de son ouverture soit à peine indiqué. Si ce fossile est réellement un Gomphoceras^ il nous fournit un nouvel exemple des apparitions anachroniques des formes considérées comme intermédiaires, entre l'ouverture simple et l'ouverture composée.
Abstraction faite de ce fossile douteux, le genre Gomphoceras éprouve une intermittence, qui s'étend à partir de la' bande e2, jusqu'à la bande g 3. Sur ce dernier horizon, nous voyons apparaître et disparaître 8 espèces nouvelles.
Si nous comparons à la Bohême les autres contrées siluriennes, qui renferment la faune troisième, nous rencontrons quelques espèces de Gomphoceras, presque dans chacune d'elles. Elles sont énumérées dans notre tableau Nr. 51, déjà cité. Les unes appartiennent à l'Europe et les autres à l'Amérique. Leur nombre total est de 12, c. à d. minime en comparaison du contingent de la Bohême.
De même, les faunes dévoniennes ont fourni 14 espèces de Gomphoceras, énumérées sur le même tableau. Comme ce nombre se répartit sur diverses contrées, on voit que le contingent de chacune d'elles est très réduit. Mais, on doit être surtout frappé en voyant que les 75 espèces de la faune troisième de Bohême présentent un maximum si éloigné des 14 espèces dévoniennes.
Dans les faunes carbonifères, nous admettons l'existence de quelques dernières espèces du genre Gomphoceras. Elles seraient seulement au nombre de 4, énumérées sur notre tableau Nr. 51. Nous avons déjà constaté sur les pp. 165 et 180, Texte, partie IV, que, dans aucune de ces 4 espèces, l'ouverture n'a pu être observée. Ainsi, leur détermination générique reste incertaine.
En somme, le genre Gomphoceras^ ne nous présente, dans les formes de ses espèces, aucune apparence d'une variation continue et indiquant un progrès quelconque, à partir de son apparition dans la première phase de la faune seconde jusqu'à son extinction. Nous venons de voir, que la limite supérieure de son existence n'est pas encore bien établie. Elle pourrait correspondre à la disparition des faunes dévoniennes, ou bien avoir eu lieu pendant la durée des faunes carbonifères.
Revue des genres et sous-genres. 115
Types hétérogènes.