Genre Vhragnèoceriu. Brod
Nous avons énuméré tous les Phragmoceras pris en considération dans nos Etudes générales, sur le tableau Nr. 50, p. 512, Texte rV. Ils sont au nombre de 51, parmi lesquels 38 appartiennent à la Bohême. Mais, nous devons faire remarquer que, parmi les espèces nouvelles de notre Série tardive, se trouvent encore 9 Phragmoceras, qui portent à 60 le nombre total des formes de ce genre et à 47 celui du contingent de la Bohême.
110 ' Distribution verticale.
La distribution veilicale des Phragntoceras est remarquable, en ce que la première espèce connue, Phragm. praematurum, Bill, a été trouvée isolée au Canada, parmi les nombreux Nautilides, qui caractérisent les groupes de Black-River et de Trenton. Ces 2 groupes, occupant à peu près le milieu de la hauteur caractérisée par la faune seconde en Amérique, rivalisent sous le rapport de leur richesse.
Dans le diluvium de la Silésie, M. le Prof. Roemer a découvert Phragm. rectiseptattim, qu'il attribue aussi à la faune seconde, mais sans que cette détermination puisse être considérée comme hors de doute.
Nous rappelons que la présence de Phragm. ventricosum dans l'étage de Caradoc ou Bala, en Angleterre, a été signalée par Salter. (Mmn. Geol, Surv. III, p, 233 — 1866.) Mais cette présence devrait être confirmée et nous ne l'avons pas admise dans nos tableaux.
Dans tous les cas, on voit que les Phragmoceras sont très rares dans la faune seconde des 2 zones septentrionales et ils sont complètement inconnus dans la faune correspondante de la Bohême.
Comme ils ne reparaissent que dans la faune troisième des 2 continents, il semblerait que l'existence de ce genre présente une intermittence, comme celle que nous avons signalée dans plusieurs autres types.
En effet, à partir de l'horizon de Trenton, aucune espèce du même genre n'a été découverte en Amérique dans les groupes de la faune seconde. Il faut remonter dans la faune troisième jusqu'aux groupes de Niagara et Guelf, pour retrouver 2 nouvelles espèces de PhragmoceraSj l'une dans l'Etat de New- York et l'autre au Canada. Une autre, non nommée, a été découverte par M. Honeyman, dans le New-Brunswick, sur l'horizon de Niagara. Phragm, Nestor, Hall, dans le Wisconsin, occupe le même horizon.
Ces 4 espèces américaines correspondent bien, par leur niveau géologique, à celles qui surgissent en Europe, vers le conamencement de la faune troisième, comme Phragm. complanatum, His. en Suède et une espèce indéterminée en Russie, annoncée par ML le Doct. Schmidt. Les espèces d'Angleterre, connues sous les noms de:
Phragm. ventricosum . . . Sow.
P. nautileum .... Sow.
Phragm. pyriforme .... Sow.
P. contractum . . . Sait.
Revue des genres et sous-genres. 111
apparaissent dans les étages de Wenlock et Ludlow, qui offrent beaucoup de connexions avec notre bande e2.
Cette bande est aussi celle durant laquelle les Phragmoceras se développent, en Bohême, par un nombre inattendu de formes spécifiques. En nous bornant à celles qui sont considérées dans nos Etudes générales, il y en a 3 dans notre bande el et 25 dans notre bande e2. Ensemble, 26 espèces distinctes.
Ensuite, après une longue intermittence, représentée par les bandes fl— f2 — gl — g 2, 12 nouvelles espèces apparaissent dans la bande g 3.
Mais, nous venons de faire remarquer, que nous décrivons, dans notre Série tardive, 9 autres espèces du même genre, trouvée^ dans la même bande et qui n'ont pas été comprises dans nos Etudes générales. Ensemble, 21 espèces dans g 3.
Au dessus de cet horizon, sur lequel paraissent et disparaissent 21 espèces de Phragmoceras^ nous n'en reconnaissons la trace certaine dans aucune autre faune subséquente, ni dans aucune autre contrée. Les spécimens décrits sous ce nom générique sont la plupart des Cyrtocères endogastriques. Aucun ne montre une ouverture contractée à 2 orifices.
D'après ces documents, il semblerait aujourd'hui, que le genre Phragmoceras a éprouvé 2 intermittences analogues, savoir: la prepremière en Amérique, entre l'étage de Trenton et celui de Niagara; la seconde en Bohême, entre les bandes e2 et g 3.
Ce phénomène peut n'être qu'apparent, mais nous venons de le signaler dans divers autres genres.
L'apparition soudaine de Phragmoceras^ sur l'horizon de Black- River au Canada, ne correspond à celle d'aucune autre type nouveau, excepté Gonioceras, dont nous venons de parler ci-dessus, p. 104. Tous les autres avaient apparu sur l'horizon du grès calcifère, en Amérique, ou sur les premiers horizons de la faune seconde, en Europe. C'est ce que montre notre diagramme, p. 84. Mais il indique aussi, qu'après l'apparition de Phragmoceras^ le genre Ascoceras a surgi dans le groupe de Hudson-River, renfermant la dernière phase de la faune seconde.
Le genre 'Phragmoceras est si nettement caractérisé par sa conformation, qu'il est impossible de méconnaître le^ çspècçs qui lui
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appartiennent. Ainsi, la première comme la dernière, suivant l'ordre des temps, peuvent être considérées comme possédant la plénitude des caractères génériques. Ces caractères subissent cependant les variations indispensables pour les distinctions spécifiques, parmi des formes déjà nombreuses, surtout en Bohême.
Nous pouvons comparer le premier des Phragmoceras^ c. à d. Phragm, praematurum^ Bill., sous le rapport de sa taille, de sa courbure et de la position exogastrique de son siphon, à la variété subrecta de notre Phragm. perversum^ PI. 53 — 100. Au contraire, par son ouverture et son grand orifice non lobé, le premier des Phragmoceras se rapproche beaucoup de nos 2 espèces, Phragm. sulcatum^ de la bande e2, PI. 47, et Phragm. devoxiicans de notre bande g 3, PI. 107. Ces 2 espèces présentent aussi une courbure exogastrique, dont l'intensité ne dépasse pas celle de Phragm. praematurum. Ainsi, entre cette première espèce et Phragm. devonicans^ qui apparaît parmi les dernières en Bohême, il n'y a réellement que des différences d'un ordre secondaire, parmi lesquelles la taille est la principale. En transposant idéaleiùent ces 2 espèces, il n'en résulterait aucun contresens dans la série entière.
Bien que Phragmoceras n'ait joui que d'une extension verticale relativement limitée, les apparences de sa coquille et les dimensions extraordinaires de quelques-unes de ses espèces, en Bohême, lui assignent un rang parmi les types principaux des Nautilides.