IV. Stabilité des genres
1. Orthoceras tient le second rang par sa longévité, parmi les types génériques, mais le premier par sa richesse en espèces, puisqu'il fournit à lui seul environ la moitié de celles qui représentent
' 228 Résumé général.
les Céphalopodes paléozoiques. U traverse tous les âges, à partir de l'origine de la faune seconde, jusqu'à l'extinction des faunes triasiques. Ses espèces, très diverses sur tous les horizons, conservent cependant leur empreinte typique très évidente, dans environ 1146 formes énumérées dans nos études.
Parmi les preuves de la stabilité des éléments de la coquille dans ce genre, nous avons rappelé un fait très remarquable et probablement unique en paléontologie. C'est que la PI. 1 du bel ouvrage de M. le Doct. v. Mojsisovics: Dos GeUrge wm HallstaM /, exposant 7 espèces d'Orthocères triasiques, c. à d. la moitié des Orthocères de ces faunes, pourrait être intercalée parmi les planches qui représentent les Orthocères siluriens de notre faune in, sans qu'aucun homme de science pût soupçonner, qu'il voit les derniers rejetons de ce type. En effet, ils sont à peine distincts des espèces, qui ont caractérisé l'époque de la vitalité la plus luxuriante du genre Orthoceras^ dans notre bande e2.
2. Nautilus a joui du privilège d'une durée incomparable, à partir de la première apparition des Céphalopodes, à l'origine de la faune seconde silurienne, jusqu'à nos jours.
A ce titre, la -succession de ses espèces à travers tous les âges géologiques, si elle avait été soumise aux prétendues influences de l'évolution, nous montrerait une série de transformations ou de progrès qui, en s'accumulant, aurait dû aboutir, dans la faune actuelle, à des formes zoologiquement très éloignées des formes primitives. Nous ne voyons même pas pourquoi ces formes extrêmes, dans l'existence de Nautilus, ne seraient pas aussi contrastantes entre elles que celles du ver rampant Amphioxus et de YHomo sapiens, entre lesquels l'évolution imaginaire se serait opérée, suivant les théories, à peu près durant le même espace de temps.
Mais, les faits matériels découverts par la paléontologie et accessibles à tous les yeux, repoussent toute illusion.
En effet, les Nautiles, malgré le grand nombre de leurs formes spécifiques, qui doit dépasser 300, s'écartent si peu de leur type initial, pendant la durée des faunes éteintes, que le paléontologue le plus novice ne peut hésiter, dans aucun cas, à reconnaître leur nature générique. Les variations ou différences entre les espèces oscillent en sens opposés, sans aucune tendance continue suivant une même direction, comme pour aboutir à un nouveau type.
Résmné généraL 229
Dans.la faune actuelle, NauUlus ne montre entre ses formes et les formes primitives que des différences de l'ordre de celles, que tous les savants s'accordent à considérer comme purement spécifiques.
Ainsi, Naut wmMlicatus est une des espèces les plus rapprochées des Nautiles siluriens, par sa spire très faiblement involute, par ses cloisons peu espacées, par leur suture simple, par son siphon cylindrique, central, en conjonction avec le côté ventral, par ses ornements simples c. à d. réduits à des stries transverses et en un mot par tous les éléments de là coquille.
L'intercalation de cette espèce parmi les Nautiles siluriens ne troublerait pas plus rhanhonie dans leur ensemble, que celle des Orthocères triasiques parmi les Orthocères de notre bassin.
Eemarquons, au contraire, que Goniat praematurus^ Barr., de notre bande gl, PI. 522, contraste par 2 lobes latéraux profonds, avec tous nos autres Goniatites, offrant la suture simple des Nuuti- Uni. Ces Goniatites contemporains diffèrent donc entr'eux, beaucoup plus que les Nautiles actuels et les Nautiles siluriens.
De même, les Nautiles triasiques offrent moins d'affinité avec les espèces de nos mers, que les espèces primitives.
On sait que les autres Nautiles aujourd'hui vivants sont conformés comme Naut. umbilicatus, à l'exception d'une involution prononcée des tours de la spire, connue dans Naut. Pompilius. Une semblable différence se rencontre entre les espèces contemporaines de toutes les faunes. Elle n'est pas l'effet de l'évolution.
Le genre Nautilus peut être considéré comme offrant un cycle complet de variations temporaires, spécifiques, sans transformation. Ce cycle est complété aujourd'hui par des formes à peine différentes des formes primitives, siluriennes.
On pourrait même dire, que si la série entière des Nautiles était renversée bout pour bout, dans son ordre chronologique, elle offrirait aux théories tout autant d'indices de l'évolution, qu'elle en présente dans l'ordre réel de son existence.
Ce renversement aurait même l'avantage de reporter le large siphon des Aturia, dans l'âge géologique des larges siphons des Endoceras, tandisqu'il est anachroniquement placé dans les âges tertiaires.
Nautilus semble donc avoir été créé et conservé à dessein, pendant tous les âges géologiques, comme un témoin irrécusable.
Digiti?ed by VjOOÇlC
230 Notes additionelles.
destiné à contredire tont ce que nous enseignent les théories sur l'évolution des formes de la vie animale.
Ces derniers termes sont ceux dont nous nous sommes servi en 1871, au sujet des Trilobites (p. 281).
Orthoceras et tous les autres types de nos Céphalopodes, dans rétendue respective de leur existence, rendent un semblable témoignage, contre les illusions des modernes théories.
En somme, nous ne découvrons aucune trace de l'évolution théorique :
Ni dans la première apparition, ni dans la répartition verticale des types génériques des Céphalopodes;
Ni dans l'apparition et la succession de leurs formes spécifiques.
Ni dans les apparences des éléments de la coquille.
Au contraire, nous voyons à tous les âges, les genres, les groupes et les espèces, sans aucune connexion génétique, surgir et disparaître avec une inexplicable soudaineté et sans formes intermédiaires.
Nous constatons une remarquable stabilité dans les caractères génériques, dans les distinctions spécifiques et dans les éléments, qui constituent la coquille des mollusques de cet ordre.
L'évolution théorique des Céphalopodes, comme celle des Trilobites, nous semble donc être un produit de l'imagination, sans aucun fondement dans la réalité.
E. Notes additionnelles.
Note additionnelle 1.
Points de comparaison entre l'industrie des Céphalopodes et quelques produits de l'industrie humaine.
Parmi tous les produits de l'industrie humaine, l'un des plus remarquables est certainement la machine à vapeur.
Cette machine repose principalement sur l'idée d'un homme de génie, qui, pour soulever un piston renfermé à frottement dans un cylindre, a imaginé d'introduire sous sa base la vapeur d'eau ou un flifide aériforme quelconque.
^otes addîtionelles. 231
Cette idée, due à Denis Papin, remonte à la fin du 17^"^® siècle. Mais alors, elle était presque uniquement théorique. Depuis cette époque, c. à d. depuis environ 200 ans, la machine à vapeur, devenue pratique, a été successivement modifiée et perfectionnée de mille manières. Cependant, malgré tous les procédés d'amélioration, «lie n'est pas encore arrivée à l'état de perfection, surtout parce qu'elle exige l'emploi constant d'une grande quantité de combustible, qui pourrait faire un jour défaut à l'humanité.
Beaucoup d'inventeurs de profession s'occupent incessamment de faire disparaître ce défaut et de réduire le plus possible les inconvénients de la machine que nous connaissons.
Nous avons aussi pensé, par occasion, à quelques améliorations ayant le même but. Voici en quoi consiste la première.
Nous avons lu, en 1869, dans un discours prononcé par M. Dèbus, devant la section de chimie, (Association britannique à Exeter) le passage suivant:
„M. Graham, directeur de la Monnaie, a continué ses recherches sur l'absorption de l'hydrogène par le palladium. Ce métal se montre capable d'absorber plus de 900 fois son volume d'hydrogène et de former une combinaison contenant des équivalents presque égaux des deux corps ... Le palladium, qui absorbe l'hydrogène et se combine avec lui, ne change pas son état d'agrégation, mais il reste solide et il se dilate comme s'il avait été chauflfé." (Les Mondes, 2^ série, tome XXI, Nr. 1, jp. 9. 2. Septevnbre 1869,)
Quelques années après, nous avons lu dans le même journal le rapport suivant.
„M. Melsens, le célèbre chimiste de Bruxelles, a réussi à obtenir du charbon de bois absolument pur et doué par là-méme d'un pouvoir absorbant tellement extraordinaire, qu'il peut concentrer dans ses pores un poids de gaz égal à son propre poids, ce qui est vraiment énorme." . . .
^Lorsque le tube en verre, muni d'un col recourbé à angle droit, en forme de tube fermé, a absorbé sa provision de gaz, il suffit de l'enfermer dans un tube en fer blanc, chauflfé à 100® par un courant de vapeur, par exemple, pour que le gaz dégagé, en se comprimant lui-même au sein du tube fermé, passe immédiatement à l'état liquide." (Les Mondes, 2^ série, tome XXXII, Nr. 6^ p. 207. 9. Octobre 1873,)
1232 Notes additionelles.
L'annonce de ces 2 découvertes a naturellement excité notre imagination et il nous a semblé, que Tapplication de Tune ou de l'autre pourrait être substituée à la vapeur. On conçoit en efFét^ quelle force on pourrait créer, au moyen d'un piston d'un volume déterminé, dans lequel les surfaces supérieure et inférieure seraient remplacées par dès plaques de palladium renfermant 900 fois leur volume de gaz, ou bien par une couche de charbon de bois, contenant un poids de gaz égal à son propre poids. D resterait à trouver le moye^ de disposer le palladium ou le charbon, de manière à leur faire absorber et expulser alternativement les gaz qu'ils peuvent solidifier. La recherche de ce moyen n'est pas notre but et nous nous contentons d'indiquer l'idée, sans tendre vers xtù. brevet d'invention.
Nous avons encore rêvé un autre moyen, pour arriver à un plus haut degré de perfection de la machine à vapeur. Il nous a été inspiré par la lecture d'une leçon de M. le Prof. Claude Bernard, résumée dans le passage suivant:
„L'homme demande à la science l'action, la domination sur la matière. C'est cette doctrine qui la lui donnera. Les cofps bruts, minéraux lui sont soumis; mais, il pouvait craindre de ne jamais courber sous sa domination les phénomènes vitaux, car il ne possède que des moyens d'action physiques et les phénomènes vitaux semblaient obéir à d'autres causes, à d'autres conditions. Nous dissipons cette erreur.
„Nous montrons que les phénomènes vitaux ont pour ressorts élémentaires les propriétés de la matière, ce que l'on savait, mai& qu'ils n'en ont point d'autres, ce que l'on n'avait pas compris. Cest dans ces propriétés de la matière que l'homme de science peut chercher avec confiance; il y trouvera, non pas la cause première et l'explication des phénomènes de la vie, mais les ressources qui lui assureront tôt ou tard l'exercice d'une puissance, dont il serait téméraire de prévoir l'étendue ou de fixer les limites." (Bévue scientifique, Nr. 46, p. 473. 13. Mai 1876.)
Ces enseignements semblent bien nous autoriser à espérer^ qu'un jour à venir l'homme pourra composer chimiquement des tissus organiques. Remarquons que M. Claude Bernard avait déjà cité sur la p. 472 une série de produits, longtemps supposés spéciaux aux êtres vivants et que la chimie est récemment parvenue à fabriquer dans ses laboratoires. Il rappelle entre autres, que M. Berthelot
Notes additionelks. 233
a produit la synthèse des corps gras et d'une foule de composés organiques.
Après la lecture de cette leçon du grand physiologiste français, nous avons presque oublié la merveilleuse propriété du palladium et du charbon de bois parfaitement pur, pour absorber une étonnante quantité de gaz.
Dirigeant encore une fois nos pensées vers les perfectionnements de la machine à vapeur, nous nous sommes dit : Sous l'autorité de M. Claude Bernard et en présence des secrets déjà dérobés à la nature, par M. Berthelot et autres chimistes, nous pouvons bien concevoir, dans un avenir un peu éloigné, la fabrication d'un tissu organique, qui produirait et résorberait alternativement, à la volonté d'un opérateur, une quantité voulue d'un fluide aériforme quelconque.
Ce tissu, suffisamment épais, pourrait se placer sur les surfaces supérieure et inférieure du piston et remplacerait avantageusement les plaques de palladium et les couches de charbon pur, dont nous venons d'indiquer l'application. Dans ce cas, il est clair que la machine à vapeur aurait atteint un très haut degré, ou le degré final de sa perfection.
Mais, ce sont là des rêveries impraticables et auxquelles il est à peine permis de penser, s'écrieront nos sages lecteurs.
Non, répondons-nous, il n'y a là aucune rêverie, car nous voyons dans la nature l'application journalière du dernier procédé que nous venons d'indiquer et qui, vraiment, semble chimérique.
Cette application est faite aujourd'hui, pour ainsi dire sous nos yeux, par les Nautiles, qui vivent dans nos mers. Elle a été faite sans discontinuité, à partir de l'origine de la faune seconde silurienne, par tous les Céphalopodes, qui ont existé, dura9t toute la série des âges géologiques, jusqu'à nos jours, c. à d. durant des millions d'années.
En effet, parmi les découvertes les plus remarquables de la science moderne, le Prof, ieferstein de Gôttingen nous a enseigné sans hésitation, que Nautilus Pompilius, pour s'élever dans sa coquille jusqu'au point où il doit construire une nouvelle cloison, emploie la tension d'un fluide aériforme, qu'il produit par le fond de son sac et qui pousse son corps vers le haut. (Voir ci-dessus, p. 1236, Texte V.)
234 Notes additionelles.
CTest ainsi que Papin a imaginé de soulever par la vapeur un piston métallique.
L'air dégagé par le Nautile doit développer une force considérable, pareequ'elle doit vaincre* la résistance, non seulement du poids du mollusque, plus ou moins adhérent à la paroi interne de sa coquille, mais encore celle d'environ 6 atmosphères, qui pèsent sur lui, à la profondeur habituelle de son habitat, au fond de la mer.
Nous n'avons pas besoin de faire ressortir la priorité de l'invention des Céphalopodes, par rapport à celle de notre compatriote Papin.
Mais, il est important de remarquer, que Papin et tous ceux qui l'ont suivi jusqu'à ce jour, empruntent la vapeur à une source artificielle, externe, quelconque.
Nautilus, au contraire, n'a qu'à transmettre sa volonté à la surface arrondie, qui termine son corps, pour que celle-ci produise immédiatement le fluide aériforme, nécessaire au mouvement proposé.
Arrêtons-nous un instant pour rappeler au lecteur, que la même surface, qui peut produire ce fluide aériforme, est organisée de manière à déposer, suivant les volontés de l'animal, soit une couche épaisse de nacre, soit deux couches sédimentaires, qui la tapissent, l'une au-dessous, l'autre au-dessus, pour composer une cloison dans sa coquille. (Voir p. 206, Texte, partie IV.) Ainsi, ce tissu organique remplit trois fonctions diverses, au lieu d'une seule, que nous attendons de la membrane animale, dont nous espérons la fabrication par les efforts réunis des physiologistes et des chimistes.
Comme point de départ nous constatons qu'aujourd'hui, l'homme, en possession de tant de sciences, ne peut pas, par le seul effet de sa volonté, faire Sortir une gouttelette de sueur des pores de son épiderme. Sous ce rapport, les Céphalopodes sont donc beaucoup plus avancés.
Ces admirables propriétés d'une même surface du manteau du Nautile, qui peut fonctionner à l'instant, par la volonté du mollusque, sans exiger aucune matière, ni aucune aide empruntée à l'extérieur, constituent un procédé industriel, en comparaison duquel l'invention de Denis Papin, avec tous les perfectionnements de James Watt et de tous ses successeurs, y compris l'ingénieux Giffard ne peut être considérée que comme très inférieure.
Notes additionelles. 236
Par suite de la faculté dont jouit Nautilus de prod^ire un fluide aérifonne, il possède aussi le pouvoir de s'élever et de s'enfoncer dans les eaux, d'une manière instantanée, selon les besoins de son existence. Mais, les savants observateurs de la nature n'ont pas été capables jusqu'à ce jour, d'analyser et de décrire nettement le procédé par lequel il exécute ces mouvements. Nous devons même avouer avec humilité que, depuis 200 ans, c. à d. depuis l'époque du Doct. Rob. Hooke, beaucoup de hautes intelligences humaines se sont exercées à deviner ce secret, sans parvenir à une solution complètement satisfaisante. Voir ci-dessus, p. 1238, Texte V, l'exposé de l'état de la science sur cette question.
On sait combien de combinaisons ont été tentées par l'homme, surtout durant les temps modernes, pour découvrir les moyens d'exécuter la navigation sous-marine. Ces essais ont été infructueux jusqu'à ce jour, de sorte que cette navigation sous les eaux n'est pas encore parvenue à l'état pratique.
Au contraire, NoAitilm et tous ses semblables, depuis les Céphalopodes primitifs jusqu'à ceux de la faune actuelle, pratiquent habituellement ces mouvements dans les mers. Us ont l'avantage d'employer en même temps un procédé de propulsion, longtemps cherché par de savants inventeurs, en se servant d'un courant d'eau sortant avec grande vitesse de l'arrière d'un navire. On sait que ces appareils à réaction n'ont eu aucun succès dans la pratique.
Ce procédé de réaction pour le mouvement est précisément celui qu'emploient habituellement tous les Céphalopodes, en utilisant l'eau qui sert à leur respiration. Leur succès parfait excite l'admiration de l'hqmme, impuissant à l'imiter.
D'après les points de comparaison que nous vepons d'exposer, il est clair que les Céphalopodes sont de beaucoup supérieurs à l'homme, sous le rapport de la simplicité et de la sûreté pratique des moyens, qu'ils emploient pour atteindre un but semblable.
Dès le premier jour de leur apparition sur ce globe, ils ont fait les plus délicates applications des sciences physiques aux besoins de leur existence. D'après la chronologie géologique, leurs procédés peuvent remonter à bien des millions d'années, avant que les premiers rudiments de ces sciences fussent inventés sur la terre.
A cette époque, l'être destiné à créer les premières notions scientifiques, dans un avenir lointain, l'homme, ne pouvait se trouver
236 Notes additionelles.
qu'en image dans Pesprit du Dieu Créateur, embrassant à la fois le passé, le présent et l'avenir.
Depuis que les sciences ont surgi dans l'esprit de l'homme, les Céphalopodes maintiennent la supériorité de leurs procédés primitife. Cette supériorité ne pourrait s'expliquer que par une supériorité d'intelligence.
Or, à moins de renverser de fond en comble la physiologie actuelle, aucun homme de science ne voudra reconnaître, que cette supériorité apparente, d'après les faits comparés, réside réellement dans un mollusque, dont le système nerveux se réduit à quelques ganglions, sans moelle épinière et sans encéphale; mollusque qui n'est considéré que comme un animal inconscient de ses actes.
Il faut donc admettre nécessairement, que les merveilleuses inventions des Céphalopodes leur ont été inspirées et imposées par une intelligence supérieure, placée au-dessus d'eux comme au-dessus de l'homme.
Cette intelligence, qui inspire et qui impose de même d'autres industries non moins étonnantes, sous mille et mille formes diverses, aux représentants de la vie sur le globe, ne peut être que le Souverain Créateur de toutes choses.
Mais, ce Créateur a réparti très inégalement ses dons entre ses créatures.
L'homme, fait à l'image de Dieu, possède la liberté et la raison, combinées avec une dose d'intelligence, supérieure à celle de tous les animaux quelconques. Il peut même créer, pour ainsi dire, des oeuvres, qui justifient jusqu'à un certain point le titre qu'il se donne de Roi de la nature. Mais, pour chacune de ses créations, dans la science et dans les arts, il doit avoir recours à ses propres moyens. Ces moyens, puisés dans une intelligence bornée, se montrent souvent inefficaces et ils exigent une série d'améliorations successives, pour atteindre après beaucoup de temps et d'essais infructueux, un état satisfaisant, comme dans la machine à vapeur.
Au contraire, les animaux ressemblent à des esclaves appliqués à un ouvrage journalier, qui leur a été imposé par le Créateur. Ils ne possèdent que la part d'intelligence nécessaire pour l'exécution' de leur tâche. Mais, par compensation, le Créateur leur a inspiré des procédés, qui atteignent leur but, sans aucune recherche et sans aucune hésitation. De tels procédés, à la fois simples et in-
Notes addîtionelles. 237
faillibles, ne peuvent dériver que d'une intelligence infinie. Nous venons de constater que, dans certains cas, rhonune n'est pas en état de les comprendre, même en voyant leurs effets.
La différence entre ces procédés révélés et ceux que l'homme invente si péniblement, nous donne la mesure très affaiblie de la distance, qui existe entre une étincelle de l'intelligence divine et l'intelligence accumulée de toutes les générations, passées, présentes et futures de l'humanité.
Note additionnelle S.
Parallèle entre le siphon des Nantilides et la sntnre ramifiée des cloisons des Ammonides.
Un parallèle général entre la famille des Nautilides et celles des Ammonides et des Goniatides, dont nous avons publié un extrait en 1856, dans le Bull. Soc. Qéol.^ nous entraînerait trop loin en ce moment. Nous voulons du moins comparer les 2 éléments les plus remarquables, dans les coquilles des deux familles principales, c. à d. les Nautilides et les Ammonides.
Ces éléments sont: le siphon dans les Nautilides et la suture des cloisons dans les Ammonides.
Par contraste, le siphon dans les Ammonides, ne joue qu'un rôle insignifiant, comme la suture des cloisons dans les Nautilides.
Il est vrai, que le siphon des Nautilides et la suture des cloisons des Ammonides ne sont nullement homologues. Ils sont, au contraire, très disparates, dans leur forme et leur nature. Cependant, s'ils ne remplissent pas les mêmes fonctions dans la coquille, ils sont appelés à jouer un rôle comparable dans la science, à cause d'une propriété qu'ils possèdent l'un et l'autre à un très haut degré.
Cette propriété commune est leur variabilité.
Bappelons en quelques mots la nature des variations observées.
A. Dans les Nautilides, les variations du siphon se manifestent d'abord dans sa position.
1. Entre les genres, par la fréquence relative de la position de cet organe. Voir tabl. Nr. 52, p. 521 et les observations p. 524, Texte IV.
238 Notes additionelles.
2. Entre les espèces d'un même genre, ou sous-genre. Fait général, résultant de toutes les études.
3. Entre les individus d'une même espèce. Variation rare, mais très prononcée dans Orth. mundwm^ PI. 186.
4. Durant l'existence d'un même individu, par exemple, dans les 65 espèces énumérées sur notre tableau Nr. 3, p. 557, Texte IV.
Nous pourrions indiquer une série semblable de variations, relatives à la forme des éléments du siphon dans les Nautilides. Mais, la considération de ces variations est d'une importance secondaire dans le parallèle, qui nous occupe. Nous nous bornons donc à rappeler que, dans notre étude VIII, qui précède, p. 743, Texte V, nous avons suffisamment constaté, que la forme des éléments du siphon varie, dans le genre, dans l'espèce et même dans l'individu, pendant la durée de son existence.
Par contraste, nous rappelons que, dans les Ammonides de tous les genres et de toutes les espèces, les éléments du siphon conservent une forme cylindrique invariable, sauf le diamètre, qui est lui-même peu variable.
B. Dans les Ammonides, les variations de la suture se manifestent dans sa lobation et les ramifications ou subdivisions des lobes et des selles.
1. Entre les genres, en partie caractérisés par les apparences de ces digitations de la suture.
2. Entre les espèces d'un même genre. — Fait général, résultant de toutes les études.
3. Entre les individus d'une même espèce. — Fait rare, comme dans le siphon des Nautilides, mais non sans exemple.
4. Durant l'existence d'un même individu, suivant les observations de divers savants et principalement de M. le Prof. Neumayr, dans ses récentes publications.
D'après l'extrême variabilité du siphon dans les Nautilides, on pourrait croire, que cet organe a été prédisposé pour éprouver l'effet de toutes les causes de variation, qui peuvent exister dans la nature et, par conséquent, pour fournir un témoignage évident de leur- réalité et de leur action constante, suivant une même direction. On pourrait même être tenté de comparer le siphon à
Notes additionelles. 239
certains instruments météorologiques, destinés à indiquer la direction et rintensité des courants atmosphériques.
C'est aussi, quoique en d'autres termes, à peu près l'opinion de certains paléontologues, au sujet des variations de la suture des Âmmonides. En effet, ces variations représentent à leurs yeux l'influence des âges géologiques successifs, c. à d. les progrès de l'évolution continue.
Abordons maintenant les points principaux de notre parallèle.
1. Comparons avant tout les périodes de temps, durant lesquelles les variations du siphon dans les Nautilides et de la suture dans les Ammonides ont pu être constatées.
Pour les Nautilides, nous pouvons d'abord comparer des espèces appartenant à 12 types primitifs, qui ont surgi soudainement durant la première phase de la faune seconde silurienne. Cette première apparition nous offre déjà des exemples de la diversité dans la position du siphon et dans la forme de ses éléments.
Ensuite, à mesure que le nombre des types se complète, à mesure que le nombre des espèces se multiplie, durant les grandes faunes paléozoiques, nous constatons aussi l'accroissement du nombre des variations de cet organe. Ce nombre semble même offrir un certain rapport avec celui des formes spécifiques, coexistantes à chaque époque.
On dirait que les particularités relatives à la position du siphon et à la forme de ses éléments, représentent un moyen auxiliaire, employé par le Souverain Créateur et Ordonnateur de la vie sur le globe, pour différencier les représentants des ^es et établir la variété dans l'unité.
Après le développement maximum des Nautilides, qui caractérise la faune troisième silurienne, après les périodes d'affaiblissement de leur vitalité, dans les faunes dévoniennes et carbonifères, après leur réduction à un minimum exigu de genres et d'espèces, durant les faunes permiennes, en un mot après la période paléozoique, c. à d. à l'époque du Trias, les genres de cette famille se sont réduits à 2 savoir: Nautilus et Orthoceras. Ce dernier ayant lui-même disparu dans les faunes triasiques, Ncmtilus s'est propagé seul à travers tous les âges géologiques jusque dans la faune actuelle, dans laquelle il est représenté par 3 espèces.
240 Notes additionelles.
Ce seul genre a continué à nous montrer, dans son siphon et notamment dans les variations de la position de cet organe, les mêmes phénomènes, qui ont été signalés parmi les Nautilides paléozoiques.
Ainsi, nos études sur le siphon des Nautilides embrassent l'immense série des âges, qui s'étend entre l'origine de la faune seconde silurienne et la faune actuelle.
Nous avons constaté que, parmi 2112 espèces que nous avons prises en considération, la proportion de celles qui nous ont permis de reconnaître la position du siphon, s'élève à environ 0.74 du nombre total. Voir le tableau Nr. 52, p. 521, Texte IV. Il serait difficile d'attendre, des recherches faites surtout dans les roches fossilifères les plus anciennes, une plus large proportion de matériaux utiles pour l'étude.
Pour les Ammonides, suivant l'opinion jusqu'ici généralement admise dans la science, les premières espèces ont apparu dans le Trias, abstraction faite d'une récente découverte par M. le Doct. Waagen dans les Indes et qui exige confirmation. Cette famille s'est propagée sans interruption, sous de nombreuses formes génériques et spécifiques, jusque vers l'extinction de la faune crétacée.
Nous ne pouvons pas indiquer^ même d'une manière approximative, le nombre des espèces, qui ont été distinguées. Nous ne trouvons cette énumération dans aucun des ouvrages à notre connaissance. Nous admettons provisoirement, que ce nombre s'éloigne peu de celui des espèces connues parmi les Nautilides.
De mênle, nous ne saurions évaluer la proportion des espèces, dans lesquelles les variations successives de 1* suture ont pu être reconnues parmi les Anmionides. Mais, nous supposerons sauf rectification, que cette proportion est comparable à celle qui vient d'être ^appelée au sujet du siphon des Nautilides, c. à d. 0.74, chiffre probablement exagéré.
En laissant aux savants qui s'occupent spécialement des Ammonites, le soin de déterminer les chiffres qui nous manquent en ce moment, nous nous bornons à constater que, sous le rapport du temps, les observations relatives aux Nautilides embrassent une étendue, qui dépasse de beaucoup celle de l'existence des Ammonides. La différence en faveur des Nautilides comprend, d'un côté, toute
Nojtes additioiielles. 241
la durée des faunes paléozoiques, antérieures à Fapparition des Ammonides dans le Trias, et de l'autre côté, la durée qui correspond aux faunes tertiaires et à la faune actuelle.
On voit que nous faisons abstraction de la famille des Goniatides, dont les connexions par filiation avec la famille des Ammonides, ne sont pas démontrées à nos yeux. Voir ci-dessus, p. 212.
D'après ces indications, toute la durée de l'existence de la famille des Ammonides ne représente qu'une fraction, peut-être au-dessous du quart de celle de la famille des Nautilides.
Ainsi, en supposant que le temps exerce une influence sur les variations des éléments de l'organisme, dans les représentants de la vie, nous ne pouvons pas nous attendre à découvrir dans les Ammonides la série entière des phénomènes, que nous observons dans les Nautilides. En d'autres termes, le témoignage des Ammonides, au point de vue de l'évolution, ne saurait contrebalancer celui des Nautilides.
2. Pour apprécier convenablement le poids de ces témoignages dans la balance scientifique, nous devons encore comparer l'importance relative du siphon dans les Nautilides, avec celle qui appartient à la suture des cloisons dans les Ammonides.
Dans l'étude XI de notre Chap. IX (p. 962, Texte V) sur les fonctions du siphon, nous avons reconnu, que jusqu'à ce jour, elles n'ont pas pu être finalement déterminées. Mais, si les savants diffèrent dans leurs théories, au sujet de la nature de ces fonctions, ils sont tous unanimes à reconnaître que, dans tous les cas, elles étaient importantes.
Aujourd'hui, on admet avec quelque vraisemblance, que le but de cet organe était de maintenir l'enveloppe testacée de la coquille et la tension de l'air qui remplit les loges aériennes, dans l'état de conservation vitale, indispensable pour la sécurité du mollusque et pour ses mouvements.
Mais, indépendamment de ses fonctions, le siphon, par sa seule présence, constitue dans tous les Céphalopodes, pourvus d'une coquille cloisonnée, un caractère propre, qui est comme le critérium infaillible de la nature de ces mollusques.
On ne peut pas attribuer à la suture lobée et ramifiée des Ammonides un semblable privilège, puisque les apparences de cette suture n'existent que dans cette famille, sans s'étendre même à la
242 Notes addilioiH^l«B.
&mille des Goniatides, qui, suivant les théories, serait la soache mère des Ammonides»
Pour apprécier l'importance de la suture ramifiée, il faut considérer, qu'elle n'est nullement indispensable, (X)mme le siphon, à l'existence de l'animal. En effet, nous venons de rappeler, qu'en* viron la moitié des Céphalopodes connus ne présentent dans leur coquille que des sutures simples. En outre, l'étude des Ammonites montre que, dans leur jeune âge, leurs sutures sont aussi relativement simples, c. à d. dépourvues du plus grand nombre des ramifications, qui caractérisent leur âge adulte. Ces ramifications ne constituent donc pas lin élément indispensable pour la vie du mollusque.
Il nous semble au contraire, que les subdivisions quelconques des rameaux de la suture ne possèdent qu'une valeur accessoire, qui peut être appréciée d'après leur origine.
En effet, on ne peut considérer les ramifications que comme dérivant des franges ou digitations, qui entourent le fond du manteau, appliqué sur les doisons. Cette origine est entièrement comparable à celle des ornements de la surface de la coquille, qui sont produits par le bord supérieur du manteau, au droit de l'ouverture. L'importance des sutures ramifiées est ainsi ramenée à sa valeur réelle, qui est très secondaire, comme celle de l'ornementation externe.
A cette occasion, nous sommes charmé de pouvoir citer les observations intéressantes, récemment publiées par MM. le Prof. M. Neumayr et C. M; Paul, géologue de l'Institut impérial, à Vienne, dans leur mémoire intitulé : Couches à Congérieè et à Paludines de la Slavonie et leurs faunes. (Ahhandl. d. k. Je. geol. Reichsanst. VIL 1875.)
Ces savants ont établi, dans le genre Vîvipara^ des séries d'espèces, qu'ils considèrent comme dérivant les unes des autres par filiation, durant les âges successifs représentés par les couches superposées des formations à Paludines. Suivant leur interprétation des faits observés, la même espèce, commençant par des formes simples et lisses, s'est successivement transformée en d'autres formes ornées, suivant un progrès continu et qui ont fini par se couvrir des ornements les plus prononcés, que l'on connaît parmi ces Gastéropodes.
Cette interprétation ne pourrait être discutée qu'à l'aide d'observations personnelles, qui nous manquent complètement. Mais,
Notes aâ^tiioDdles.^ 248"
abstraction faite de toute àiscus&ion, personne ne prétendra, que ces ornements étaient indispensables à l'existence de ces mollusques et que leur importance croissait successivement, en raison de leur intensité, suivant les âges géologiques.
Par analogie, les subdivisions graduelles des ramifications de la suture dans les Ammonides, dérivant d'une semblable origine, c. à d. des bords du manteau, nous paraissent n'avoir exercé aucune grave influence sur l'existence de ces Céphalopodes.
Dans aucun cas, cette influence ne peut être appréciée à l'égal de celle du siphon dans les Nautilides, puisque cet organe est indispensable à leur existence.
Considérons maintenant les fonctions attribuées aux sutures composées.
La plupart des paléontologues nous ont enseigné, que les sutures ramifiées ont été destinées à augmenter la solidité de la coquille des Ammonides. Il nous semble, que cette interprétation est une simple fiction, qui s'évanouit, si l'on remarque, que les Nautiles ont constamment coexisté avec les divers Ammonides, dans les mêmes mers et dans toutes les contrées du globe. On, pourrait dire, que les Nautiles ont partagé avec les Ammonides tous les dangers de la concurrence vitale et de toutes les perturbations quelconques de la vie.
Leur coquille est cependant restée avec des cloisons à suture simple, comme durant les périodes paléozoiques, à l'exception de quelques espèces pourvues de lobes isolés et sans ramifications.
Cette coquille des Nautiles a résisté partout aussi bien que ceBe des Ammonides, non seulement aux causes de destruction durant la vie de l'animal, mais encore aux causes de détérioration après la mort de celui-ci et durant la fossilisation. En eflfet, nous n'avons jiwnais remarqué, que dans une même roche quelconque, les coquilles fossiles des Nautiles soient dans un état de conservation inférieur à celui des coquilles des Ammonides contemporains. Dans les unes et les autres, la grande chambre est souvent détériorée ou même manque totalement, tandisque les loges aériennes persistent dans leur intégrité, aussi biea dans les Nautiles à suture siniple que dans les Ammonides à suture composée.
Ces observations s'appliquent exactement aux plus anciens Nautiles, et à tous les autres types des Nautilides, de foime quelle*
244 Notes additionelles.
conque^ si nombreux dans les faunes siluriennes, seconde et troisième. Malgré leur incomparable antiquité et leur suture simple, ils se présentent dans un état de conservation très satisfaisant, ainsi que le prouvent la plupart des spécimens figurés sur nos planches. Il a même été reconnu par divers paléontologues, que les parties les plus délicates de la coquille, c. à d. les bords de l'ouverture corn* posée, se rencontrent plus fréquemment dans les Nautilides siluriens que dans les Ammonides mésozoiques.
D'après ces faits, on peut considérer comme dénuée de fondement l'opinion, qui attribue aux sutures compliquées des Ammonides le but de procurer une plus grande solidité à leur coquille et, par conséquent, une plus grande résistance à toutes les causes de destruction.
A cette occasion, nous ajouterons encore quelques autres considérations, fondées sur divers faits paléontologiques.
Ooniat praematwrus de notre bande gl apparaît isolément, avec une suture à 2 lobes latéraux, profonds. Il disparaît soudainement après cette apparition, tandisque tous les autres Goniatites du groupe des Nautilini se maintiennent et se propagent dans g 2, g 3, hl. Ainsi, l'avantage s'est manifesté en faveur de la suture la moins lobée.
Eemarquons que, parmi les Nautiles des périodes mésozoiques et tertiaires, quelques espèces possèdent des sutures avec un petit nombre de lobes. Suivant les théories, ces lobes représenteraient, comme dans les Goniatites^ le premier pas vers la suture composée des Ammonides. Or, il est constant, que les Nautiles à suture lobée, soit dans les faunes mésozoiques, soit dans les faunes tertiaires, n'ont pas supplanté dans l'existence les espèces congénères à suture simple. Au contraire, ce sont les sutures simples qui ont toujours survécu aux sutures lobées. Ainsi, nous voyons dans la faune actuelle la structure des cloisons, dans les Nautiles, reproduire sa forme primitive, au temps de la première apparition de ce genre, dans la faune seconde silurienne, c. à d. la suture sans lobes.
Pourrait-on dire que les Nautiles mésozoiques qui, les premiers, ont construit des lobes dans leur suture, s'étaient engagés dans la même voie de transformation, que les théories supposent avoir été suivie par les Goniatides?
Dans ce cas, pourquoi les Nautiles ont*ils abandonné cette voie, par laquelle ils auraient pu attendre les mêmes avantages
Ilotes additionelles. 215
de solidité, que la théorie accorde aux descendants des Croniatides, c. à d. aux Âmmonides? C'est un mystère dans révolution.
Ce mystère contraste grandement avec l'évidence du fait paléontologique, savoir que:
Malgré leur infériorité théorique, sous le rapport de la solidité de leur coquille, malgré toutes les causes de destruction, qui menaçaient leur famille faiblement représentée au milieu des Ammonides, durant toute la série des âges mésozoiques, les Nautiles seuls ont survécu à ces âges, comme l'attestent leurs espèces tertiaires et les espèces de la faune actuelle.
Ainsi, dans la lutte pour l'existence, dans laquelle la race la mieux pourvue doit tôt ou tard évincer de la vie les races moins privilégiées, nous voyons, au contraire, les Ammonides, soit-disant protégés par des coquilles plus résistantes, disparaître complètement, tandisque les Nautiles avec leur coquille relativement faible, se pro* pagent jusqu'à nos jours.
La lutte aurait donc été fatale seulement aux plus forts, tandisque les faibles l'auraient victorieusement soutenue. C'est encore un mystère de l'évolution, si l'évolution est une réalité.
Résumé.
En résumant les termes du parallèle partiel qui précède, nous dirons:
Sous le rapport de la variabilité, il semble y avoir une parité à peu près complète, entre le siphon des Nautilides et la suture des cloisons dans les Ammonides.
Au contraire, il y a un contraste absolu dans l'interprétation présentée jusqu'à ce jour pour ces variations.
D'après les résultats numériques de nos études sur le siphon des Nautilides, il nous est impossible de reconnaître, dans les variation» de cet organe, sous le double rapport de sa position et de la forme de ses éléments, aucune trace de l'influence des âges géologiques, c. à d. des progrès successifs et continus de l'évolution.
Par contraste, là transformation supposée des lobes simples des Goniatides en lobes ramifiés des Ammonides et la subdivision croissante des ramifications de ces lobes, dans la série des âges, du moins pour certains groupes d'espèces, sont admises par divers
246 Notes ftdditionelleft.
paléontologues et considérées comme une des preuves les plus éclatantes de révolution théorique.
Ainsi, les témoignages du siphon des Nautilides et de la suture des Ammonides sont contradictoires aii sujet de révolution, n s'agit d'apprécier leur valeur relative.
1. Sous le rapport de l'espace de temps, sur lequel s'étendent les observations, nous rappelons que les variations du siphon dans les Nautilides ont pu être étudiées depuis l'origine des Céphalopodes, c. à d. à partir de la première phase de la faune seconde silurienne jusqu'à la faune actuelle.
Au contraire, les variations de la suture dans les Ammonides ne sont connues que pendant la durée de l'existence de cette famille, c, à d. à partir du Trias jusqu'à la fin de la période crétacée.
2. Sous le rapport du nombre des espèces aujourd'hui connues, dans ces deux familles, et qui montrent les variations du siphon parmi les Nautilides, ou bien les variations successives de la suture parmi les Ammonides, nous les supposons peu différents l'un de l'autre, en admettant que leurs témoignages se contrebalancent et en attendant des documents certains.
3. Sous le rapport de l'importance relative, le siphon est un organe qui constitue un critérium à la fois exclusif et universel pour tous les Céphalopodes quelconques, pourvus d'une coquille cloisonnée. A ce titre, son importance n'est dépassée par celle d'aucun autre caractère de ces mollusques. Il possède en outre l'importance dérivant des fonctions, qu'il remplit dans l'économie vitale et qui sont indispensables pour l'existence de l'animal.
La suture des cloisons dans les Ammonides, au lieu d'être un critérium général parmi les Céphalopodes, constitue seulement une distinction particulière à cette famille. Elle n'est point indispensable, puisqu'elle n'a pas existé dès l'origine et ne se manifeste pas dans le jeune âge avec ses ramifications. Ses fonctions véritables restent à découvrir, car le but qu'on lui attribue pour augmenter la solidité de la coquille, est loin d'être démontré. Son rôle ne semble pas plus important que celui des ornements de la surface externe, parcequ'elle dérive des franges du manteau autour de la partie inférieure du mollusque, comme les ornements sont produits par le bord supérieur autour de l'ouverture de la coquille.
Dans la lutte pour l'existence, les Ammonides pourvus des coquilles supposées plus résistantes ont tous succombé vers la fin
Notes addltionellefi. 247
de la période crétacée, tandisque les Na^itiles, avec leurs coquilles à suture simple, se sont maintenus et propagés jusqu'à nos jours.
Ainsi, sous le rapport de la durée incomparablement plus étendue des observations relatives au siphon dans les Nautilidés, comme sous le rapport de l'importance relative de cet organe dans l'économie animale,, son témoignage offre un plus grand poids et mérite plus de considération que celui de la suture des Ammonides.
Nous voyons la suture des Ammonides fortement invoquée, pour soutenir les théories, mais le siphon des Nautiles nous semble parler plus efficacement contre l'évolution.
Remarquons que l'importance extraordinaire, attachée par certains savants aux variations des ramifications de la suture, suivant une même direction, n'est pas fondée sur tous les genres des Ammonides, mais seulement sur quelques-uns d'entre eux, pendant une partie de la durée de cette famille.
Nous ne concevons pas pourquoi on n'accorde pas une importance proportionnée à la position invariable du siphon et à la constance également invariable de sa forme cylindrique. En effet, ces caractères ne se manifestent pas 'seulement dans quelques types de cette famille, mais dans tous ses genres sans exception. En outre, ils persistent durant l'existence entière des Ammonides.
Si la transformation graduelle de la suture, bien que limitée à certains groupes d'Ammonites, peut être interprétée en faveur de l'évolution, la constance absolue de la position du siphon et de la forme de cet organe, dans toute cette famille, constitue une négation bien plus puissante de la même théorie et échappe à toute explication.
Ainsi, d'un côté le siphon iavariable des Ammonides et de l'autre côté le siphon éminemment variable des Nautilides s'accordent parfaitement pour montrer la nullité de l'influence des âges géologiques sur cet organe indispensable et qui constitue le critérium commun à tous les Céphalopodes.
Note additionnelle 3.
Pendant que nous écrivons les dernières pages de cet ouvrage, nous sommes heureux de recevoir 2 écrits inatte^dus, qui nous rappèlent naturellement un autre écrit un peu antérieur et de même portée. Ces publications renferment les résultats des études de 3
248 Notes additionelles.
savants éminents, qui sont arrivés par des voies très éloignées et très indépendantes, à des conclusions très rapprochées de ceUes auxquelles nous a conduit l'étude des Céphalopodes, ou identiques avec elles.
L'un de ces savants est notre illustre maître et ami, M. Thomas Davidson. L'autre est M. Grand'Eury, ingénieur des Mines^ avec lequel nous regrettons de ne jamais avoir eu aucune relation et le troisième est M. W. Carruthers, conservateur de la division de Botanique, au Musée Britannique.
M. Davidson a publié dans le Geological Magazine (AprUy May, June, 1877)^ un travail intitulé;
What is a Brachiopod? Qu'est-ce qu'un Brachiopode?
Cet écrit expose, de la manière la plus succincte et la plus claire, les résultats de tous les travaux et découvertes relatifs aux Brachiopodes, résultats auxquels M. Davidson a contribué incomparablement plus que tout autre investigateur.
Ne pouvant pas signaler tous les points dans lesquels se manifeste l'harmonie entre nos recherches et celles de M. Davidson, nous nous bornerons à citer la conclusion formulée par ce savant, sur les pp, 271 à 273, en vue de définir les relations entre l'étude des Brachiopodes et les théories de l'évolution.
„La belle et attrayante théorie de Darwin, au sujet de la filiation avec modification, possède un charme, qui paraît être presque irrésistible et je serais le dernier à affirmer, qu'elle ne peut pas représenter lé mode actuel du développement spécifique. C'est une conception beaucoup plus élevée que l'idée d'une série de créations indépendantes; mais nous sommes arrêtés par un nombre de questions, qui semblent plonger cette conception dans un labyrinthe de difficultés inexplicables et même mystérieuses. Darwin n'a pas dit, à ma connaissance, comment il suppose que la première forme primordiale a été introduite. La théorie est tout au plus seulement la moitié de la vérité, autant que nous, pouvons en juger dans l'état imparfait de nos connaissances. Elle suffit dans plusieurs cas, comme entre espèce et espèce; car il est évident que beaucoup de soi-disant espèces peuvent n'être autre chose que des modifications produites par la filiation. Cette théorie s'applique de même à des
Notes additionelles. 249
variations accidentelles, comme entre des genres intimement rappro^ chés. Mais, cependant, il y a beaucoup plus de questions par rapport auxquelles la théorie semble insuffisante. L'extraordinaire persistance géologique de certains types, tels que Linguia, Discina, Nautilus . . . &c . . . semble aussi s'opposer en ce moment à Tadmission complète d'une semblable théorie de filiation avec modification.^
Après avoir dté un passage des conclusions finales de notre publication intitulée, TriloUtes^ 1871, M. Davidson continue comme il suit:
„Nous n'avons aucune preuve positive des modifications admises par la théorie, car les types semblent être invariables pendant toute la durée de leur existence et, lorsqu'un genre disparaît, il n'y a aucune modification que je puisse voir dans aucune des formes, qui continuent à exister, en tout ce qui concerne les Brachiopodes. Et pourquoi un nombre de genres, tels qfiQ Lingula^ Discina^ Cror nia et Bhynchonella ont-ils continué à être représentés avec les mêmes caractères et souvent seulement avec de légères modifications dans leurs formes, durant toute la série des dépôts géologiques? Pourquoi n'ont-ils pas présenté des modifications ou des changements pendant ces âges d'une durée incalculable? En me bornant aux Brachiopodes, voyons ce qu'ils nous diront de plus sur cette question. Prenant le présent état de nos connaissances conmie guide, mais admettant en même temps qu'un jour nos conclusions et inductions devront être modifiées par de nouvelles découvertes, constatons si elles nous révèlent quoi que ce soit, qui confirme les idées darwiniennes. Nous trouvons que le plus grand nombre des genres ont fait leur première apparition durant les périodes paléozoiques et que, depuis lors, leur nombre a diminué jusqu'à la période actuelle. Nous laisserons hors de question les espèces, car elles varient si peu, qu'il est souvent très difficile d'établir entre elles des caractères distinctifs réellement bons. Il en est .autrement pour les genres, parcequ'ils sont ou devraient être fondés sur des distinctions plus grandes et plus permanentes. Ainsi, par exemple, la famille des Spiriféridées renferme des genres, qui sont tous caractérisés par une lamelle spirale calcifiée, destinée à servir de base aux appendices branchiaux. Quelque variés que ces genres puissent être, ils conservent toujours les caractères distinctifs de ce groupe, à partir de leur première apparition jusqu'à leur extinction. Le Brachiopodiste éprouve la double difficulté de ne pas être en état de déterminer
250 Notes addition^ies,
quelles sont les familles les plus simples et quelles sont les familles les plus élevées, entre lesquelles chacun des 2 grands groupes de ça classe favorite est divisé. Par conséquent, il est inci^ble d'indiquer aucune preuve en faveur du développement progressif dans cette cksse. Mais, en se bornant aux espèces, il voit souvent des variétés si multiples, qu'il devient diffeîile pour lui de définir l'espèce. Cela le conduit à croire, que de tels groupes n'avaient pas une origine indépendante, comme on le pensait généralement avant la publication de l'ouvrage de Darwin sur l'origine des espèces. Mais, sous ce rapport, les Brachiopodes ne nous enseignent rien de plus que les autres groupes des règnes organiques."
„I1 semblerait que les plus anciennes formes parmi les Brachiopodes peuvent être rapportées à la division des Tretenterata, qui renferme les genres Lingulella, Lingula^ Bisci/na et Oboldla. Parmi eux, Lingula et Discina sont les seuls qui ont existé avec de légères modifications dans leur forme extérieure, durant toute la série des temps géologiques et ils sont encore représentés par plusieurs espèces. Mais, dans des roches un peu plus récentes, à partir des couches moyennes du groupe Ménévien ou Lingula-Flags inférieurs, jusqu'aux roches dans lesquelles on trouve les genres cités, il apparaît une espèce, Orthis HicJcsii, qui est peut-être le premier représentant à notre connaissance de la division des CUstenterata. Sur ce point cependant, j'invoquerai la note du Prof. King donnée ci-d-essus. Depuis la période cambrienne, les 2 divisions continuent à être représentées, sans montrer aucune tendance à passer l'une dans l'autre. Maintenant, quoique certains genres, tels que Terebratula, Bhynchonella, Crania et Discina^ aient joui d'une existence géologique très considérable, il y a d'autres genres, tels que Stringocephalus, UncUeSj Paramhonites^ Koninckina et plusieurs autres, qui ont apparu très soudainement et sans être aucunement annoncés. Après un certain temps, ils ont disparu d'une manière également soudaine, après avoir joui d'une existence relativement courte. Ils possèdent tous des caractères internes, tellement marqués et distinctife, que nous ne pouvons reconnaître entre eux et les genres voisins -ou synchroniques, aucune preuve indiquant qu'ils sont des modifications l'un de l'autre, ou bien le résultat de la filiation avec modification. Par conséquent, quoique loin de nier la possibilité ou la probabilité de l'exactitude de la théorie darwinienne, je ne pourrais pas affirmer en conscience que les Brachiopodes, suivant l'étendue de mes connaissances actuelles, pourraient être d'une grande utilité pour la démontrer".
Notes adâitionelles. 251
n ne ncma appartient pas d'évaluer la part, qui dérive de la courtoisie d'un parfait grattonan, tel que M. Davidson, dans les expressions par lesquelles il reconnaît le chame presque irrésistible et la probabilité de la tbéorie darwinienne* Nous ferons seulement remarquer que, malgré ces expressions d'admiration, la conviction fonda«ie9itale de M. Davidson lui a été imposée pai* une force supéri* eure et vraiment irrésistible. Cette force est le résultat des études, qui ont occupé si activement et si utilement toute son existence et qui constituent aujourd'hui la base de son autorité scientifique.
Cette conviction fondamentale de l'insuffisance des théories, pour expliquer les phénomènes que présente l'histoire naturelle des Brachiopodes, se manifeste clairement dans la conclusion finale du passage cité. Nous nous plaisons à la répéter, à cause de sa concision, afin qu'elle puisse se graver*dans l'esprit du lecteur, à côté de nos propres conclusions.
„Par conséquent, quoique loin de nier la possibilité ou la probabilité de l'exactitude de la théorie darwinienne, je ne pourrais pas affirmer en conscience, que les Brachiopodes, suivant l'étendue de mes connaissances actuelles, pourraient être d'une grande utilité pour la démontrer".
Dans la Bevrn Scientifique, Nr. 53, 30. Juin 1877, nous avons trouvé un compte rendu d'un ouvrage récemment publié par M. Grand'Eury, sur la Flore carbonifère du centre de la France. Ce compte rendu a été écrit par M. R. Zeiller, ingénieur des mines. Nous ne pouvons pas entreprendre d'indiquer les résultats des études de M. Grand'Eury, dont l'ouvrage fait faire un grand pas à la botanique fossile et peut être cité comme l'un des plus remarquables qui aient été écrits sur cette matière, suivant les expressions de M. Zeiller.
Ce qui nous intéresse principalement, c'est le passage suivant, qui présente des rapports très frappants avec les conclusions de nos propres études.
Après avoir constaté, que la flore carbonifère passe peu à peu à celle du terrain permien, qui parait n'être que la continuation du terrain houiller et qui marque la fin de la période paléozoique, M. Zeiller ajoute:
252 Notes additionelles.
Jl est remarquable de voir dans toute cette période la flore conservant une unité parfaite, représentée depuis le bas jusqu^au sommet par les mêmes classes, ordres et familles, pour disparaître ensuite complètement. Aucune espèce, peut-être même aucun genre, dit M. Grand'Ëury, ne se retrouve dans le Trias, en confirmation de l'idée d'une période biologique indépendante et contrairement à la théorie de la continuité".
„0n ne constate non plus, dans le cours de cette longue série de dépôts successifs, aucune modification progressive des espèces. Quelques espèces varient bien parfois, mais dans un cercle qu'elles ne franchissent pas. „En des lieux très différents, elles passent à la fois par les mêmes phases, avec un ensemble et ime simultanéité excluant pour cause la sélection, dont les effets n'auraient pu se faire sentir que très inégalement d'un lieu à un autre." Une même espèce paraît isolément en différents points à la fois; les individus qui la représentent croissent en nombre et en force, puis déclinent peu à peu, s'affaiblissent et finissent par diparaître, chassés par de nouveaux types. Les genres suivent la même loi que les espèces; ils disparaissent sans se subdiviser, ni se transformer. Enfin, l'ordre d'apparition est contraire à celui qu'appellerait la théorie de l'évolution, les formes intermédiaires entre 2 genres ou entre 2 espèces arrivant souvent les dernières, au lieu de former le lien généalogique, que l'on voudrait constater. Ajoutons que, contrairement à l'hypothèse du développement progressif, chaque groupe végétal se montre, dès son apparition, avec la perfection de tous ses caractères et que les plantes houillères, les plus analogues aux plantes vivantes, sont caractérisées par leur structure plus complexe et la spécialisation plus grande de leurs organes; dans les Mar athées, les Pécoptéridées et les Neuroptéridées occupent le haut de l'échelle ; les Lepidodendron tiennent par leur organisation un rang plus élevé que les Lycopodes actuels; les Gymnospermes elles-mêmes, par la constitution de leur bois, par la structure de leur graine, se révèlent au moins aussi parfaites que celles de la flore vivante. „En un mot, la nature paraît avoir donné du premier coup à ses oeuvres toute la perfection dont elles sont capables." (l. c. p. 1265.)
En lisant cet extrait, après le résumé de nos études sur les Céphalopodes, on ne peut pas s'empêcher de reconnaître une grande harmonie entre les résultats obtenus par M. Grand'Ëury et ceux que nous avons exposés. Quelque disparates et quelque éloignés
Notes additionelles. 253
que soient ces 2 grands sujets de recherches scientifiques, on voit que le développement réel de la vie végétale, comme celui de la vie animale, a été soumis aux mêmes lois. Ces lois générales ne peuvent dériver que de la sagesse d'un souverain ordonnateur de toute la nature organique sur le globe.
Les faits montrent que ces lois simplet et constantes n'ont rien de commun avec les théories de l'évolution.
L'ouvrage de M. Grand' Eury nous ayant entraîné hors du règne animal et dans le règne végétal, nous ne pouvons pas manquer de remplir un devoir, qui nous est imposé depuis la fin de l'année dernière envers M. Carruthers, conservateur du département botanique du British Musewm. Sa position nous dispense de rappeler la haute autorité, dont il jouit dans la science de la botanique.
Le Geological Maganne, dans son numéro de Décembre, 1876, p. 500, nous a donné un extrait fort instructif de l'adresse présidentielle de M. W. Carruthers à la Geologisfs Association. Le sujet de ce discours est défini comme: Evolution de la vie végétale. Nous ne pouvons pas penser à suivre le savant botaniste dans les extraits de son discours, qui sont répétés dans le journal géologique. Malgré le vif intérêt qui s'attache à l'exposition de divers exemples cités par M. Carruthers, nous devons nous borner à reproduire sa conclusion finale:
„Une chose est certaine, savoir, que l'ensemble du témoignage du règne végétal, tel qu'il nous est connu par les restes conservés dans les roches stratifiées, est opposé à la doctrine, qui enseigne que le développement est dû à l'évolution par filiation."
Cette conclusion est une complète confirmation de celle que nous venons d'exposer, d'après l'ouvrage de botanique fossile par M. Grand'Eury. Ces 2 témoignages, empruntés au règne végétal, concordent parfaitement avec ceux qui dérivent, soit des Brachiopodes, soit des Céphalopodes, soit des Trilobites, . . . &c . . . dans le règne animal.
— va'«cRHeMb'£>'-î^—
EXPLICATION DES FIGUBES. pj^ 437^
Cttse. Etafo,