‹ Cercueils anthropoïdes des prêtres de Montou (volume 2)Chapitre 13 sur 34 · I. COUVERCLE · texte numérisé non relu

I. COUVERCLE

Hauteur : à la tête, 0 m. Ixo cent.; aux pieds (extrémité du chevet), 0 m. 5/i cent. Epaisseur : 0 m. to cent.

Tête d'homme (dont la harbe n'existe plus), à longue perruque rayée retombant sur la poitrine de chaque côté du visage en une saillie de trois à quatre centimètres. Les rayures de la perruque, larges d'un bon centimètre, étaient peintes en bleu assez clair, mais sont aujourd'hui décolorées; elles sont séparées les unes des autres par d'étroits intervalles parallèles couleur du bois; les lignes horizontales que cette perruque forme sur le front descendent très bas et se terminent à deux centimètres à peine des yeux. La moitié antérieure du crâne a disparu.

Le visage est découpé dans une pièce de bois rapportée. Les yeux sont peints en noir; les cils et les sourcils sont longs, épais, et fortement marqués, ce qui contribue à donner à la figure une expression générale de vigueur et d'énergie : ils devaient être jadis bleus; sur la sclérotique peinte originairement en blanc et assez bien conservée (surtout ù l'œil gauche), la pupille ronde se détache en noir. La bouche est petite et rieuse, mais les lèvres sont épaisses et fortement proéminentes. Le nez est fin, et l'ensemble de la physionomie est très expressif. C'est une des meilleures têtes que l'on puisse voir dans toute la série des sarcophages en bois du Musée. Les oreilles, loin d'être recouvertes par les tresses pendantes de la perruque, s'enlèvent en relief, avec la coloration spéciale du bois, sur cette dernière.

Les quelques cheveux qui débordent de dessous la perruque de chaque côté, sur les tempes, sont indiqués en noir, ainsi que le collier de barbe faisant suite à ces cheveux et courant tout le long des joues par- dessous le menton. La barbe elle-même était rapportée, et l'on en voit encore la place très nettement marquée sur le menton, le

"' La référence donnée page l'ig à Piebl, Inscriptions hiéroglyphiques , 61 c, pour le cercueil de Neier-Amon , n'est pas exacte.

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cou et la gorge; elle a disparu complèlement. Des traces de bleu subsistent dans les cheveux et au menton, sur le collier de barbe.

Le collier, haut de o m. 3i cent., est formé de nombreux rangs parallèles, peints .originairement en bleu et en vert, avec la même proportion pour chaque couleur; le bleu ayant presque partout disparu , le vert est resté la teinte dominante. Il est probable (jue les rangées intermédiaires entre une verte et une bleue étaient peintes en rouge brun(?), mais il ne reste rien de cette couleur, et tout ce qui n'était pas vert est devenu uniformément d'un ton sombre, dilficiie à définir, d'aspect général rose-violacé. Outre ces rangées parallèles, le collier compte, à son extrémité inférieure, une ligne de petites pendeloques jadis bleues, mais très décolorées aujourd'hui.

Immédiatement au-dessous de ce collier, couvrant toute la poitrine sur une hauteur de 0 m. 1 5 cent, et une largeur de o m. 67 cent., on voit la représentation habituelle de la déesse Nouit, un genou en terre et l'autre jambe à demi ployée, les deux bras étendus horizontalement de chaque côté du corps et tenant dans chaque

main le symbole •¥• de la vie peint en bleu, les ailes enfin largement étendues. Les chairs de la déesse sont vertes; la perruque est blanche ainsi que les bretelles servant à retenir sur les épaules la longue robe collante; le bandeau fixant la perruque semble avoir été rouge; le collier et les six bracelets des bras, avant-bras et chevdles, sont rayés noir sur fond couleur du bois. Le maillot, décoloré, a peut-être été rouge-brun (?). Le petit Coussin ^=^ sur letjuel repose la coiffure donnant le nom de

la déesse, , est vert; le disque est tracé au trait

noir et les trois hiéroglyphes sont bleus. La déesse ^^^^^^^^^^^^^/^ regarde vers la gauche en se plaçant dans la position occupée par le défunt au fond du cercueil (■ — ►).

Les ailes se divisent en quatre sections (fig. 29); la section n" 1 consiste en taches vaguement circulaires peintes en bleu; les sections n" 2 et /i sont formées de plumes bleues; la section n" 3 , au contraire, se compose de plumes vertes. En outre, chacune des sections est séparée de sa voisine par des sortes de franges jadis rouges probablement, mais décolorées aujourd'hui en brun. Celte figure sert de vignette au texte écrit immédiatement au-dessous d'elle. Ce texte consiste en une seule ligne verticale orientée dans le sens • — >•, occupant exactement le milieu du cercueil , et courant depuis la figure de Nouit jusqu'à l'extrémité inférieure du chevet, sur une longueur totale de i m. 35 cent. (0 m. c)5 cent, sur le plan horizontal et 0 m. ào cent, sur le chevet redressé). Les hiéroglyphes sont bleus, ainsi que tous ceux de la caisse extérieure (cuve et couvercle), et les lignes servant à les encadrer sont également peintes en bleu. Toutes ces lignes d'inscriptions ont une largeur uniforme de 0 m. o5 cent.

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Cette ligne médiane est flanquée de chaque côté, à o m. 19 cent, de distance, de deux autres lignes, également verticales, occupant toute la longueur du cercueil, depuis le bord inférieur du collier jusqu'à l'extrémité du chevet, et un peu plus longues que la précédente (1 m. 58 cent., dont 1 m. 18 cent, sur la partie horizontale et 0 m. Zio cent, sur le chevet). Ces lignes, orientées en sens inverse (■ — ► -, — -), servent de cadre à la figure de Nouit et à sa légende, la ligne médiane. Elles sont coupées en cinq endroits de leur longueur, par l'extrémité des ailes de la déesse, et par les quatre lignes perpendiculaires à l'axe du cercueil, qui vont de la bande médiane jusqu'à l'extrémité inférieure du monument (couvercle et cuve réunis). J'indique ces coupures par un trait vertical intercalé dans le corps du texte :

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2^ Ligne de gauche : (,-^) j^J^^ | ^^^J^'^^JL"^

Ces deux lignes sont, nous l'avons vu, coupées chacune par guatre lignes de textes perpendiculaires à l'axe du cercueil. La première de ces quatre lignes est tracée tout à fait dans le prolongement des ailes de la déesse Nouit; la seconde en est distante de o m. 96 cent.; la troisième et la quatrième sont également distantes entre elles de o m. 2G cent., ainsi que la seconde et la troisième; la ([uatrième est tracée à l'endroit où le cercueil cesse d'être plat pour se relever brusquement et former le chevet. Les quatre lignes de droite sont orientées -. — >, celles de gauche au contraire ont la direction b — >., c'est-à-dire que la première est toujours la plus rapprochée de la tête, de la dernière la plus voisine des pieds. Ces huit lignes ne s'arrêtent pas au couvercle; elles se continuent sur toute la hauteur de la cuve, après avoir été coupées à leur tour, à quelques centimètres du bord du couvercle , par une longue ligne d'hiéroglyphes qui leur est perpendiculaire, et qui court horizontalement sur toute la longueur du cercueil, commençant également à la tête pour finir aux pieds. Ces lignes sont de longueur inégale, la première mesurant seulement 0 m. 1 9 cent, parce qu'elle ne commence qu'aux ailes de la déesse, les autres mesurant respectivement.

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de chaque côté, 0 m. ho cent., 0 m. 38 cent., 0 m. 36 cent. Sur la cuve, elles ont toutes une longueur uniforme de 0 m. 3 1 cent. Ces huit lignes servent de légendes à huit divinités qui sont figurées sur les côtés de la cuve (quatre de chaque côté), et qui seront décrites plus loin, lorsqu'il sera question de la cuve; mais pour les légendes, je suis obligé de réunir momentanément couvercle et cuve, puis(ju'elles se poursuivent depuis l'un jusque sur l'autre :

a. Ugmdes de droite .- (.^). ," Amsel : M. O IVpTj^i^âiiiliÉ

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(cuvej ^ IJ^ .-^ToI^T O >ws««A> .TM.*— •

2" Anubis :

4" Thot :

(cuve)

b. Ugendes de gauche :{^-^)-,^liapi:M^^j^^-p^^k mm ^^^^^^ semble avoir été rajouté après coup).

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avoir été rajouté après coup).

^ cuve

Entre le collier du défunt et la première de ces lignes transversales, de chaque côté du cercueil, est représenté l'œil oudja, haut de o m. i o cent, et large de o m. 1 1 5 mil!. Les cils et sourcils, ainsi que le ^/j, sont bleus, la paupière rouge, la sclérotique blanche et la pupille noire. Les deux yeux sont orientés chacun dans un sens différent, et affrontés, pour ainsi dire, quoiqu'à une distance de o m. 58 cent, l'un de

Enfin, au bord du couvercle, à un centimètre et demi ou deux de l'extrême lisière, court, de chaque côté, une ligne horizontale d'hiéroglyphes, longue de i m. Ga cent., large de o m. o5 cent., commençant aux épaules pour se terminer aux pieds :

Le pied du couvercle mesure o m. 53 cent, de hauteur, et sa largeur varie entre 0 m. 6o cent, à sa partie supérieure, o m. 55 cent, en son milieu, et o m. Ga cent, à sa partie inférieure. 11 est en effet cintré vers le milieu, et affecte la forme ci-contre (fig. 3o). Tout le bas, sur une hauteur de 0 m. 9 G cent., ne porte aucune décoration. La moitié supérieure, au contraire, porte la représentation ordinaire, à

savoir la déesse Isis, coiffée de | , orientée dans le sens ■ — >•,

accroupie sur le signe nsim. Celte scène occupe une surface de 0 m. 32 cent, de largeur sur o m. 20 cent, de hauteur, et est encadrée par une série de lignes peintes en vert, comme sur le reste du cercueil. La déesse élève les deux bras en l'air. Ses chairs sont vertes, la perruque et la coiffure I sont bleu-vert; le bandeau et la longue robe collante sont rouges. Les

colliers et les six bracelets sont peints en jaune, et les brelelles servant à retenir la

robe sur les épaules sont blanches. Le signe misn est coloré en rouge, vert, et bleu.

Au-dessus de l'image de la déesse et de chaque côté ont été tracées trois lignes

d'hiéroglyphes servant de légendes explicatives; mais ces légendes sont courtes et

Fig. 3o.

n'ont pas l'intérêt que présentait le texte accompagnant cette même scène sur le cercueil anthropoïde intérieur (voir plus haut, p. 71). Deux de ces lignes sont verticales : o m. qo cent, de hauteur sur 0 m. o!i cent, de largeur; celle du haut est horizontale : o m. ho cent, de longueur sur 0 m. oà cent, de largeur; les hiéroglyphes sont bleus :

' Ligne horizontale du haut : (- — ►) j^ à -«>-. \ I """^ aI 1 I *

2" fjgiie verticale de droite : (.e- 3" Ligne verticale de gauche : (1

L'intérieur du couvercle ne porte aucune décoration ni inscription.

Technique. En ce qui concerne la menuiserie, ce pied se compose de deux planches juxtaposées, dans le sens de sa hauteur. Le croquis ci-contre (fig. 3i) montre comment sont assemblées les différentes pièces qui le composent.

Quant au couvercle lui-même, il est formé de deux longues et larges planches pour le fond plat, flanquées de deux autres planches cintrées, de chaque côté, pour marquer la partie recourbée. Le chevet se compose aussi de quatre pièces, deux plates et deux cintrées de chaque côté. ^'S- ^'^

Le visage est rapporté, et sculpté dans une pièce de bois spéciale.

PLANCHE OU BORO

PLANCHE

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