II. CUVE
(Hauteur : à ia tête, o m. 17 cent.; aux pieds, 0 m. 10 cent.).
Ei
XTERIEUIl.
Tête. La tête a été déjà décrite à propos du couvercle, son ornementation ne formant sur les deux moitiés du cercueil qu'un seul ensemble. Les rayures verticales de la perruque, sur la nuque, mesurent 0 m. h 2 cent, de hauteur et 0 m. 3 0 cent, de largeur totale; elles sont alternativement bleues et rouges, sur fond jaune.
Dos. Le dos du cercueil est formé par une surface rectangulaire absolument plane, de 1 m. 2 3 cent, de hauteur sur 0 m. 27 cent, de largeur. Cette surface porte, sur
un fond blanc, un grand pilier osiriaque T, coiffé du diadème . Jï,- Le pilier est
divisé en larges bandes transversales superposées, dont les couleurs sont respectivement, de bas en haut, le rouge, le jaune, le bleu, le rouge, le jaune, le bleu, etc. Au-dessus de ces bandes, une autre plus large, peinte en rouge, forme la poitrine d'où émergent les mains, vertes avec bracelets jaunes : la main droite tient
la houlette, 1 , peinte en jaune, et la main gauche le fouet à trois lanières, /[,
dont le manche est jaune, les lanières bleue, rouge et bleue, et les liens transversaux réunissant ces dernières bleus. Au-dessus de cette zone rouge, une étroite bande verte est tracée entre deux bandes identiques et parallèles, peintes en jaune; audessus, une zone verte porte deux yeux, à pupille et sourcils noirs et sclérotique jaune. Au-dessus viennent (maire longues et étroites bandes jaunes séparées entre elles par une courte et large bande, tour à tour bleue, rouge et bleue. Enfin,
couronnant le tout, un demi-cercle ^~\ bleu, dans lequel sont plantées les cornes du diadème. Ces cornes sont noires; le disque est rouge, les plumes rayées verticalement en bleu, rouge, vert, et jaune; les urœus sont jaunes avec des taches noires;
celui de gauche est coiffé de la couronne du sud, À , jaune, et celui de droite porte la couronne du nord, Wl, rouge.
Socle. La face postérieure du socle est décorée du même motif que les faces latérales et la face antérieure précédemment décrites : une bande noire horizontale au sommet, puis une blanche, puis de grands rectangles tour à tour jaunes et bleus, enfin des bandes verticales multicolores au-dessous de ces rectangles. La face inférieure a été décrite aussi avec le couvercle, car les deux lignes horizontales d'hiéroglyphes qui y sont tracées sont la suite des lignes de textes de la face inférieure du socle sur le couvercle.
Côtés. De chaque côté de la bande médiane plate formant le dos, les parties arrondies de la cuve sont décorées de petites bandes horizontales d'hiéroglyphes (trente -cinq à droite et trente-six à gauche), peintes alternativement en jaune (lignes impaires) et en blanc (lignes paires); au-dessous des lignes jaunes est tracé un filet rouge et au-dessous des lignes blanches un filet bleu. Les hiéroglyphes sont noirs et d'une fort mauvaise écriture.
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"' Le père de la défunte porte à nouveau le nom que nous avons relevé à l'extérieur du couvercle.
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(les quatre dernières lignes sont fort mal écrites et illisibles).
Au-dessus de ces petites lignes latérales, et séparée d'elles par un fdet rouge, on lit encore de chaque côté une longue ligne verticale d'hiéroglyphes noirs sur fond jaune, courant depuis le sommet des épaules jusqu'à la naissance du socle; puis, au-dessus de cette ligne, une longue bande de rectangles multicolores entre deux filets bleus, et enfin, tout en haut de la cuve, une lisière rouge unie.
a. Ligne de droite : (— >) ^A^^-J^^j^^ ZZ™ T f Calai, du Musée, n" 6io4a. C7
IL K-^-T ©— . lw"jfl»— '
B. — Intérieur.
L'intérieur de la cuve est, comme l'intérieur du couvercle, peint en blanc mat; la décoration y est identique à celle du couvercle et consiste en une déesse Nouit (» — ►), debout, les bras ballants, encadrée sur ses quatre côtés par des lignes d'hiéroglyphes noirs, les unes verticales, les autres horizontales. Ces lignes sont au nombre de vingt-quatre : six en haut, horizontales; deux à gauche (devant la déesse), verticales; deux à droite (derrière la déesse), verticales; quatorze en bas, horizontales.
La déesse Nouit, haute de o m. 8k cent., est inscrite dans un rectangle encadré de noir, mais les bras débordent de chaque côté en dehors du rectangle sur les lignes de textes. La tête et la gorge ont été complètement recouvertes par le bitume de la momie; la couche de toile stuquée a même disparu par endroits; on peut encore cependant voir que la perruque était bleue et le bandeau frontal rouge. Le collier et les bracelets sont verts; la longue robe collante a été blanche, mais est devenue presque complètement jaune; les bretelles, nouées sur les épaules, sont rouges, ainsi que la ceinture, nouée à la taille et retombant en deux lignes immenses presque jusqu'au bas de la robe.
Lignes horizontales du haut. Les six lignes horizontales tracées au-dessus de la déesse ont eu également beaucoup à souffrir du goudron qui les a recouvertes en maints endroits d'une couche noire épaisse et absolument opaque :
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\°~ i (cette ligne est complètement cachée par le goudron). Lignes verticales de gauche : ( — ) | jjj| j 1 n i^!^-*^*!, ,
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Lignes verticales de droite : (« — ►) i ^ Il — *— -i ^ I X J ? ^, ^V
I * 4^ =*^ "W" (»fe) (ce texte est peut-être la suite de
celui qui est interrompu plus haut, à la ligne 6).
Lignes horizontales du bas :( m — ► ") i | ") ' n <<•■> m I W. J *1
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'' Cette plirase est empruntée au chapitre xv du Li»re </es Morts.
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^\I m I ~M \ ! Jw /^ I I ■«>- |. Ce texte est composé de
phrases empruntées aux chapitres ccxm, ccxiv etccxv du Livre des Pyramides (Pépi Ier, lig. 62-63; Mirniré, lig. 8/i-85; Pépi II, lig. 91-92). Les ressauts verticaux formés par les longs côtés, la tête et les pieds, ne portent aucun hiéroglyphe ni décoration.
Technique. Peu soignée. Le bois est de mauvaise qualité. Le couvercle ne semble pas avoir été taillé dans une pièce unique, mais au contraire composé avec des morceaux juxtaposés. Les hiéroglyphes sont assez soignés sur la face extérieure du couvercle, mais au contraire fort négligés à l'intérieur du couvercle et de la cuve, qui n'étaient pas destinées à être vus. La cuve et le couvercle adhéraient ensemble au moyen de huit mortaises irrégulièrement disposées, dans lesquelles s'emboîtaient huit tenons munis de chevilles.
Conservation. Assez bonne, sauf le chevet, qui a complètement disparu, et les taches de bitume, dont la momie a recouvert une grande partie de la cuve, à l'intérieur. Les tenons sont restés à peu près intacts; dans les mortaises on aperçoit encore des fragments de trois des chevilles sur huit. Le pied de la cuve est en assez mauvais état.
Bibl. : Lieblein, Dictionnaire des noms propres, n° 23 10, avec la simple mention : Boulaq. Cercueil.
En ce qui concerne la divergence des noms attribués au père de la défunte à l'extérieur et à l'intérieur du cercueil, voici peut-être comment elle s'explique.
La mère de la défunte, J, était fille d'une nommée \ 1 V ij. Elle avait
épousé le J^ ^ H^ ""l^lls^, tandis que sa mère, dont le mari
n est jamais cité sur le cercueil, avait probablement épousé le -=» 1^^
vi S^. Le scribe qui a décoré l'intérieur, presque certainement différent, nous l'avons vu, du scribe de l'extérieur, a confondu les deux femmes .1
el Y ! Y ! J, dont les noms étaient presque identiques, et, donnant pour mère à la défunte \ j V ; J (qui était, en réalité, sa grand'mère maternelle), il a été amené à lui donner aussi pour père le mari de cette Rourou, "W ^- u^- ^a's Je pense que celui-ci était plutôt le grand-père maternel de 1^™ J> tandis que
le père de la défunte était ^^| Il U^*
41072. Couvercle du cercueil extérieur de la ,|%» J^^"^> femme du
||7~ T , etc. ~" \ V)ft- — Bois de sycomore. — Longueur:
a m. /io cent. Largeur : à la tête, o m. 7 5 cent.; aux épaules,
o m. 9 5 cent. ; aux pieds, 0 m. 72 cent. Hauteur : 0 m. 32 cent, à la
tête, o m. 59 cent, aux pieds. — Deir-el-Bahari. — Epoque saïte(?).
L'extérieur seul de ce couvercle est décoré; la cuve qui lui appartenait n'existe pas dans le Musée et le couvercle lui-même n'est pas exposé dans les galeries.
Tète. La tête et la poitrine sont recouvertes jusqu'à la lisière inférieure du collier par un enduit de toile stuquée. Le visage est celui d'une femme : il est peint en rose chair; les yeux était rapportés, mais ils ont disparu, laissant béants leurs orbites à fond blanc; la tête était fort soignée et serait du plus bel effet si les yeux en avaient été conservés; elle est, au contraire, dans un état de ruine assez avancé.
La perruque est rayée en bleu sur un fond de stuc blanc; elle mesure 0 m. 62 cent, de longueur depuis l'endroit où, au sommet du front, elle disparaît sous les ornements du crâne, jusqu'à l'extrémité inférieure des deux nattes qui encadrent le visage. Ces nattes mesurent chacune 0 m. 1 7 cent, de largeur, et l'intervalle compris entre elles deux est de 0 m. 17 cent, également. Ces nattes sont, par rapport à la gorge, en un relief assez marqué, et leur face inférieure, ainsi que la lisière qui borde le bas des rayures de la perruque, sont peintes en jaune.
Le sommet du crâne porte, à l'intérieur d'une triple couronne d'ornements variés, la représentation habituelle; la moitié supérieure de cette représentation subsiste seule, car le reste était peint sur la cuve, qui n'existe plus; elle constitue cependant, telle quelle, un tout indépendant et complet.
La bordure faisant le tour de la tête est formée d'un triple motif et ne mesure pas moins de 0 m. 1 0 cent, de largeur; les motifs en sont empruntés à la géométrie et à la botanique et sont peints aux cinq couleurs habituelles : bleu, vert, rouge, jaune et blanc. Une bande étroite rouge limite cette bordure au dehors, et une autre bande étroite bleue la limite au dedans.
La représentation peinte à l'intérieur de ce demi-cercle consiste en un
disque solaire aux ailes éployées et flanqué de deux uraeus auxquels \L
est suspendu de chaque côté le signe •¥> (cf. fig. 0.1). Le disque est rouge; les ailes sont divisées en trois registres superposés : 's' 9'*
1° Au sommet, plusieurs rangées horizontales d'écaillés noires peintes en jaune à l'intérieur; le hord supérieur de l'aile est indiqué par un assez gros filet vert;
a" Une rangée de plumes vertes avec liséré rouge inférieur;
3° Une rangée de plumes bleues avec liséré rouge inférieur.
De chaque côté du disque pend un urasus blanc avec l'œil et les rayures du corps
peints en noir, et les deux signes ■+• suspendus aux uraeus sont bieus avec l'intérieur de la boucle peint en blanc.
Entre les deux uraeus sont écrits l'un au-dessus de l'autre les deux signes j [ : le T
blanc et vert, le I rouge; sur les côtés, à droite et à gauche, est tracé le mot ^»- :
le signe * est vert, le -*»- rouge, le * bleu, le © blanc et bleu. Toute cette représentation est peinte sur un fond jaune chamois. Au-dessous de cette représentation est tracée, entre deux fdets parallèles bleus, une
ligne horizontale d'hiéroglyphes noirs, haute de o m. o5 cent, et occupant toute la
largeur du cercueil :
(lie)
Poitrine. La gorge et la poitrine sont décorées par le large collier habituel, mesurant ici o m. 3/i cent, de hauteur; le cou est légèrement en creux par rapport au niveau de la poitrine. Ce collier est très riche, mais en assez mauvais état de conservation. Il est composé de quinze rangs d'ornements variés , dont plusieurs sont d'ordre végétal ; ces quinze rangs sont surmontés de sept bandes horizontales unies, peintes en bleu, vert, bleu, rouge, bleu, vert et bleu, et séparées entre elles par un étroit fdet jaune. Les rangs 1 et 10 sont identiques, ainsi que les rangs 3 et 1 1, les rangs h et ik, les rangs G et 12; le rang 1 est seul de son espèce, ainsi que le rang 7 et le rang 8 ; enfin les rangs 5,9, 1 3 et 1 5 sont identiques entre eux et composés de marguerites. L'ensemble de l'ornementation est donc, on le voit, beaucoup moins régulier que sur la plupart des colliers analogues. Enfin, le collier est terminé à sa partie inférieure par une rangée de pendeloques ovales peintes alternativement en bleu, rouge, bleu, jaune, bleu, etc., sur un fond jaune, et bordées elles-mêmes à leur base par un liséré vert. Tous les rangs du collier sont séparés entre eux par un filet jaune. Les teintes dominantes de ce collier sont le rouge et le jaune.
Au sommet des épaules, le collier est surmonté par une tête de faucon, qui est séparée de lui à l'aide d'une rangée de rectangles multicolores sensiblement perpendiculaire aux rangs du collier. Cette tête est jaune avec l'œil et le bec noir; les plumes du cou et de la gorge sont indiquées par des rayures bleues et blanches.
Ventre, j aubes et chevet. Immédiatement au-dessous du collier cesse le revêtement de toile stuquée, et les deux longues lignes verticales d'hiéroglyphes qui occupent tout le bas du cercueil suivant son axe longitudinal sont peintes directement sur le bois auquel on a laissé sa teinte naturelle. Cette ligne double mesure 1 m. 60 cent, de longueur totale; dont 1 m. ik cent, entre le collier et la naissance du chevet, et 0 m. h 6 cent, sur la surface inclinée de ce dernier. Les hiéroglyphes ont été bleus, ainsi que les trois lignes parallèles qui les encadrent; mais la couleur a
presque partout disparu, et le tout se présente comme dessiné en noir au double
trait
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Les côtés ne portent aucune décoration.
Technique. Les dimensions considérables de ce couvercle ont nécessité l'emploi d'un bois très résistant et un assemblage soigné de pièces nombreuses. La partie principale se compose de six planches larges et épaisses, juxtaposées et reliées entre elles par les procédés habituels d'assemblage. Le chevet était également formé par six planches dans sa partie supérieure oblique et par cinq autres planches dans sa partie inférieure droite. Le visage el le cou sont rapportés; la courbe du front et du crâne a été obtenue par une juxtaposition de morceaux irréguliers et de grandeur très différente, le tout habilement dissimulé sous la mince couche de toile stuquée dont la tête entière et la poitrine étaient recouvertes; on aperçoit pourtant, au-dessus de l'oreille droite, une des chevilles de bois ayant servi à maintenir ensemble toutes ces pièces.
La cuve (absente) adhérait au couvercle par quatre forts tenons, longs et larges, emboîtés dans l'épaisseur de chacun des longs côtés, et auxquels correspondaient les mortaises ménagées dans l'épaisseur des longs côtés de la cuve. Les tenons sont presque tous cassés ou arrachés.
Conservation. Assez médiocre. La planche de droite de la paroi oblique du chevet a été arrachée, ainsi que la plupart des tenons. Les yeux et les sourcils, rapportés, ont disparu, et l'ensemble du crâne a eu son revêtement de toile stuquée arraché en maints endroits. Le visage est éraillé, le collier taché, les hiéroglyphes décolorés.
Bibl. : E. et J. de Rougé, Inscriptions hiéroglyphiques copiées en Egypte, pi. XLIX (avec ia simple mention boite de momie). — Lieblein, Dictionnaire des noms propres, n° a3i3.