DE LA GRAND'MESSE CÉLÉBRÉE EN PRÉSENCE DE L'ÉVÊQUE
Distinriion des Lcs cérémouîcs qui doivent s'observer à la grand'-
ornements ou * ^
^^véiè^w^^ messe chantée devant l'évêque sont différentes selon les insignes dont l'évêque se trouve revêtu. L'évêque peut assister à la grand'messe avec les vêtements pontificaux, c'est-à-dire avec l'amict, l'aube, le cordon, l'étole et la chape de la couleur du jour, et la mitre ; il peut y assister avec l'habit de chœur solennel que
(1) Baldeschi suppose que l'évêque célébrant au fauteuil va encenser l'autel du Saint-Sacrement avec tous ses assistants en chape. 11 déposerait alors la mitre avant de saluer l'autel par la génuflexion , et ne la reprendrait qu'après la génuflexion du salut de départ.
(2) Cœr, Episc, L. II, c. ix, xxxi et xxxiv; L. I, c vu, viii, xxi, XXII, XXV et passim.
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le cérémonial Tavertit de porter dans les églises de son diocèse, le rochet et la cappa magna ; enfin il peut y assister avec Tbabit commun et ordinaire de Tévèque dans son diocèse, c*est le rochet et la mozette.
Nous allons d'abord supposer que Tévêque est revêtu des insignes pontificaux.
On doit avoir préparé le siège épiscopal et avoir Préparatifs. placé auprès des escabeaui pour les assistants, selon les indications données page liil. Sur Tautel sont placés les ornements , c'est-à-dire la chape , Tétole , la croix pectorale , le cordon , Taube et Tamict. Les mitres sont placées aux coins de l'autel ou sur la crédcnce ; la crosse est appuyée près de Fautel. Sur la crédence sont placés le livre et le bougeoir. En face de l'autel est un prie-Dieu ou faldistorinm-accondoir (1) qui puisse aisément s'enlever et se remettre en place.
(l) Le mot de faldistorium, dont Muralori rattache très bien Tétymologie à deux mots lombards signiGant sedes plicatilis, désigne effeclivement, dans le langage liturgique , un siège fait en façon de X qui se plie et par-dessus lequel sont tendues des sangles supportant un coussin. On s'assied dessus et on s'y accoude en s'agenouillant. Du double emploi de ce meuble il résulte que le cérémonial se sert du mot faldistorium pour désigner tantôt un siège , tantôt un accoudoir. Dans les grandes églises, on en a de deux sortes. Le /a/distorium sur lequel on s'assied a sur les côtés des appendices pour soutenir les bras qu'on supprime dans le /a/(i{5formm-accoudoir ou enlre lesquels on place alors des coussins qui comblent le vide et qui fournissent sous les bras une surface plane. Dans ce cas, on dispose au-devant du faldistorium'uccowdoir un coussin sur lequel le prélat pose les genoux.
Telles sont les anciennes et vraies traditions liturgiques qu'on retrouve soit à la chapelle du Pape, soit dans les peintures ou gravures, et en vue desquelles le cérémonial a été écriL Nous en prévenons ici; mais, dans le cours de ce travail, afin de simplifier le langage, après avoir averti, pages 85 et 611, que le /ii/c/t^ror/wm-siége était un siège ou fauteuil à bras et sans dossier, nous le désignons couramment sous
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Assistants de Deux chaDoioes assistent révêque pendant lOHte
révoque. ^ "^
cette messe en qualité de diacres , et un autre comme prêtre, pendant la partie de la messe seulement où ses services sont nécessaires. Tous les trois sont en babît de chœur ordinaire. Si les prébendes sont distinguées en ordres différents , le prêtre assistant sera le premier chanoine prêtre non dignitaire , et les diacres assistants seront les deux premiers chanoines de Tordre des diacres. Si les prébendes sont toutes presbytériales, aux messes célébrées en présence de Tévêque comme aux messes célébrées par lui, le prêtre assistant sera le plus digne des membres du chapitre , et les diacres assistants les deux chanoines les plus dignes après le premier (1).
portc-insipies. L'évôquc cst OU oulrc servi par quatre clercs en surplis qui portent le livre, le bougeoir, la crosse et la mitre.
Tous, chanoines assistants et clercs porte-insignes, fnSScs ^^ conformeront aux règles générales que nous avons tracées au chapitre I", article 1", sauf les exceptions amenées par la différence des offices et que nous allons signaler.
prître assistant. Le prêtre assîstant n'a pas d'autres fonctions à remplir que de présenter la navette aux bénédictions de l'encens, d'encenser l'évêque et de recevoir et donner
le nom de fauteuil , et nous avons aussi appelé simplement du nom de prie-Dieu le meuble qui servait à Tévôque à s'agenouiller.
Quoi qu'il en soit , ce prie-Dieu , soit qu'on le représente par un faldistorium-iizcomloiv, soit qu'on en fasse un simph gcnuflexorium^ doit être mobile et susceptible d'èlre facilement apporté au milieu du chœur et facilement enlevé. On ne doit pas le laisser sur la plateforme du trône dont il obstruerait l'accès.
(1) In Manopotitana, 15 decetnb, 1632.
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le baiser de paix. 11 ne vient au trône que pour la première bénédiction de Tencens et il retourne prendre sa place au chœur au commencement de la préface. S'il y avait sermon, il irait aussi l'entendre aucbœur(l). Après VAgnns Dei, il monte à l'autel pour recevoir le baiser de paix , comme nous le dirons ci-dessous.
Les diacres assistants servent l'évêque en l'accom- ^^l^s, pagnant, en soulevant les bords de sa chape, en lui donnant et lui ôtant la mitre , etc. Les moments aux*quels l'évêque reçoit et dépose la mitre sont ceux-ci : 11 la reçoit du premier assistant après qu'il a été revêtu de ses ornements ; s'il y a eu aspersion , il la re-^ çoit de nouveau avant la messe ; il la reçoit au bas des marches de l'autel après Indulgent iam, etc. ; à son trône, quand il s'assied, après avoir récité le Kyrie; après avoir récité le Gloria ; au commencement de Tépître ; s'il y a sermon, il la reçoit après avoir été encensé à la suite de l'évangile et encore pour le Et be^ nediclioy ^/c, de l'absolution pour l'indulgence; après avoir récité le Credo ; après avoir récité le Sanctus ; après l'élévation, il la reçoit près de son prie-Dieu ; après la communion, il la reçoit encore, et enfin pour donner la bénédiction. Le second assistant la lui ôte pour l'aspersion ; au bas de l'autel , quand il vient y faire la confession ; h son trône pour lire l'introït ; à l'intonation du Gloria in excehis; k l'oraison; à l'évangile ; s'il y a eu prédication , après que la concession de l'indulgence a été proclamée , et encore après la bénédiction qui suit cette concession ; à la préface; au bas de l'autel après qu'il s'est agenouillé; à son
(1] Sans doute pour ne pas se trouver le dos tourné au prédicateur.
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trône quand il y est remonté ; à la postcommanioD : après avoir donné la bénédiction.
Porte-mitre. Le porte-Diitre doit tenir compte de ces r^les afin de présenter la mitre à temps au premier assistant et de se tenir prêt à la recevoir, quand il faut, du deuxième.
Porte-crosse. Le portc-crossc doit connaître aussi les moments on l'évoque prend et dépose la crosse. L'évêque prend la crosse pour descendre de son trône, et la quitte an bas de Tautel ; il la prend pour remonter à son trôn^ après Indulgeiitiam , etc., et la quitte quand il y esl arrivé ; il la prend pour l'évangile et la quitte après avoir été encensé ; il la prend pour la bénédiction qni suit le sermon, après avoir reçu la mitre, et la quitte après les trois signes de croix ; il la prend pour descendre de son trône, après avoir récité le Sanctus, et ' la quitte à son prie-Dieu ; il la reprend pour remonter de son prie-Dieu à son trône où il la quitte ; enfin il la prend au Benedicat vos, ^/c, et la quitte aussitôt après. porteîîoJgwtt. Quant au porte-livre et au porte-bougeoir, ils viennent devant l'évêque quand il doit lire quelque cbose dans le missel , à savoir l'introït , l'épître , le graduel et ce qui suit jusqu'à l'évangile inclusivement, l'offertoire et la communion (1).
(1) « Ex hujusQiodi libro episcopus quatuor legel infra posita : \i- i )) delicet primo inlroitum ; secundo epistolam, graduale, alléluia, se- » quenliam sive traclum et cœtera usque ad evangelium inclusive ; | n lerlio oflerlorium ; quarto poslcommunionem. » (C<Br. Episc. L I, c. XX, n"2.) Evidemment, une expression inexacte «'est ici glissée, et il faut entendre ce mot poslcommunionem de Tantienne qui se chante après la communion, et non pas de Toraison qu'on appelle précisément poslcommunion.
Il faut remarquer ici que le cérémonial ne range pas parmi les choses que révoque lit sur ce missel les parties de l'ordinaire de la messe qu'il récite avec le cercle des chanoines; c'est que le cérémonial suppose qu'il les sait et les récite de mémoire.
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X-.es chanoines viennent, pendant cette messe, faire cerciesdes
* chanoines.
un cercle avec l'évêque en quatre circonstances pour réciter avec lui les prières de l'ordinaire. Ils viennent d^abord au moment oii il va lire Tintroït, et après qu'il l'a lu, ils récitent alternativement avec lui les Kyrie eleison. Si la messe comporte le Gloria in exce l sis ils demeurent en cercle pour réciter cette hymne avec l'évêque, quand le célébrant l'aura entonnée. Ils reviennent faire un second cercle pour réciter le Credo, où ils font la génuflexion en même temps que l'évêque à Et incarnatus est; et si en retournant à leurs places, ils entendaient le chœur chanter ces mêmes paroles , ils se mettraient à genoux là où ils se trouveraient jusqu'à ce qu'elles fussent achevées. Ils viennent à la fin de la préface faire le troisième cercle pour la récitation du Sanctus. Enfin ils font le quatrième pour réciter VAgnus Deiy et alors ils font en arrivant et avant de repartir la génuflexion à deux genoux pour adorer le Saint-Sacrement présent sur l'autel.
La méthode des cercles est celle-ci :
Les chanoines s'y rendent en ordre inverse de leur dignité respective. Le dernier d'entre eux y venant le premier, s'arrête en face de l'évêque. Les autres suivent et se placent de façon à former au-devant de l'autel une figure de demi-cercle ou de fer à cheval dont l'évêque et le dernier chanoine occupent les deux extrémités. Le plus digne du chapitre se trouve ainsi au-dessous du trône à la droite de l'évêque (l). Pen-
(1) si l'aulel est à la romaine, et le siège de l'évêque sous l'abside en face de Faulel, les chanoines, des deux côlès du chœur, viennent faire les deux côlés du fer à cheval dont l'évêque occupe le centre, et quia les deux plus jeunes chanoines à ses extrémités.
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dant le cercle, les deux diacres assistants demeurent aux côtés de Févêque , mais le prêtre assistant vîcbI occuper parmi les autres chanoines la place que sm rang lui assigne. Quand ils sont arrivés, ils salsent tous ensemble Tautel , puis Tévêque ; quand ils doivent repartir, ils saluent Févêque , puis Fautel ; et a»i moment où il est salué par eux , Févêque les bénit duo signe de croix. Le cercle achevé, ils retournent à leurs places dans Fordre contraire de celui où ils sont venus, c'est-à-dire que le plus digne part le premier et les autres successivement jusqu'au dernier.
Cette cérémonie des cercles ne s'observe que pour te seul évêque diocésain et par les seuls chanoines ,1 . Elle a lieu aux messes où Févêque assiste en chape on au moins en cappa , mais non à celles qu'il chante lui-même. On Fomet aux messes des morts et le vendredi saint.
Exposons maintenant le détail des cérémonies de cette messe.
deV/!ï^e L'évêque, revêtu de la cappa et suivi des chanoines, va d'abord prier devant le Saint- Sacrement puis an chœur devant le grand autel. Il monte à son trône, accompagné des diacres assistants, et aussitôt on enlève son prie-Dieu.
Le prêtre qui chantera la messe doit être déjà revêtu de ses ornements et se tiendra avec ses ministres près du banc où il a coutume de s'asseoir.
L'évêque dépose sa cappa et reçoit ses ornements que des clercs apportent , et dont les diacres assistants le revêtent de la façon que nous avons décrite page k^O.
(1) L. I, c XXI, n" 5 ; in Penncn,, 16 inau J626.
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Si la messe doit commencer aussitôt, Tévéque se lève, prend la crosse et descend devant l'auteL Si Faspersion doit précéder, il dépose sa mitre et se lève au moment où le célébrant commence Tantienne Asperges me ou Vidi aquam, pour demeurer debout pendant toute Taspersion (1).
Dans ce dernier cas, le célébrant, après avoir as- Aspersion. pergé Tautel, au lieu de s* asperger lui-même, vient au trône accompagné du cérémoniaire et de Tacolyte du bénitier, et là il offre l'aspersoir à F évoque avec les baisements ordinaires. L'évêque s'asperge lui-même , asperge le célébrant , puis les assistants et les ministres du trône et rend l'aspersoir au célébrant. Celuici revient à l'autel et y asperge le diacre et le sousdiacre qui sont demeurés à genoux, puis il va asperger le clergé et le peuple à l'ordinaire ; mais le cérémoniaire et l'acolyte du bénitier l'accompagnent seuls ; le diacre et le sous-diacre restent debout, au pied de l'autel.
Quand la messe doit commencer, le célébrant s'a- ^d?S*^mM«."" vance un peu au-delà du milieu de l'autel du côté de l'éyangile , le diacre est à sa gauche et le sous-diacre à la gauche du diacre , et ils laissent entre eux et les marches de l'autel un passage suffisant pour l'évèque et ses deux assistants. L'évèque descend alors de son trône avec la crosse et la mitre, entre les deux assistants qui soutiennent les bords de sa chape : quand il passe devant eux , le diacre et le sous-diacre font la génuflexion , et le célébrant une inclination profonde. Devant le milieu de l'autel , l'évèque quitte sa mitre
(l) In Lerien. arf 2, il feb. 1702.