‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 181 sur 188 · DE L'ÉTOLE · texte numérisé non relu

DE L'ÉTOLE

tous DOS Evèques portaient des bonnets pointus, mais parfaitement noirs et sans ornement (f).

DE l'étole.

L'étole est l'insigne du pouvoir d'ordre. LePrêtre Ta reçue dans son ordination et s'en sert dans toutes les fonctions qui exigent le caractère sacerdotal j comme la célébration du saint Sacrifice, l'administration des Sacrements, les bénédictions, etc. Elle n'est point signe de juridiction. Les auteurs Français eux-mêmes le reconnaissent. Errant toto cœlo, qui stolam jurisdxctionis notamesse opi^

(1) La seule distinction admissible pour la barette, c*est qu'elle soit doublée en dedans de la couleur dont est doublé le chapeau Pontifical ; c'est-à-dire de vert pour les Evèques, desquels le Cérémonial dit : Galero utuntur a parte eopteriori nigro, cui ah irUeriori sericum coloris viridis suffulciatur, cordulis pariter etfloccis sericis viridibus ah eo penderUihm ; et de violet pour les Prélats qui ont le droit au chapeau Pontifical garni de violet, et qui doublent effectivement, en Italie, leurs barettes de violet. Disons, à ce sujet, qu'il est à regretter que les ecclésiastiques qu^on a dû consulter pour la détermination dç l'uniforme des Aumôniers de l'armée, n'aient pas mieux renseigné le ministère de la guerre ; on a efiectivement attribué à ces Messieurs le gland vert au chapeau qui est

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nantur, dit Thiers dans sa disceptatio de Stola (p. 165); et ilcite^ entre autres autorités^ celle de Denis Talon , un des avocats généraux les plus instruits dans les matières ecclésiastiques, lequel , dans une affaire d'étole déférée au parlement, s'était exprimé ainsi : « Il est certain que jamais Tétole n'a été une marque de juridiction. >

Les Curés ont , il est vrai , depuis longtemps entrepris de faire de Tétole la marque de la charge curiale, sous prétexte que leurs fonctions les ap^ pelaient sans cesse à faire des actes pour lesquels l'élole était nécessaire. Cette prétention que la Congrégation des Rites réprouve comme un abus

rinsigne Episcopal, tout comme le gland d*or appartient aux Cardinaux. Ces règles sont maintenant bien méconnues chez nous, où les marchands d'objets d'Eglise, en affirmant auxEvèques que tout TEpiscopat use de glands, soit vert et or, soit d'or, et en se servant ensuite de l'exemple de ceux qu'ils ont persuadés, ont rendu communs des abus dont ils tirent profit ; mais ailleurs le Cérémonial est respecté, et si nos armées étaient conduites dans quelque pays catholique, cette usurpation de nos Aumôniers étonnerait les Evéques et les peuples. Nous dirons aussi qu'il aurait été bon que dans la détermination de l'uniforme du clergé de la Chapelle impériale, on suivit les usages du costume ecclésiastique.

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insoutenable, était contraire aux meilleures traditions de l'Eglise de France et en particulier de celle de Paris. Nous avons , en effet , vu ci-dessus que le plus ancien cérémonial imprimé de Paris, restreint le droit des Curés à user de Tétole à la circonstance spéciale du prône» lequel pou* vait passer pour un acte de Tordre sacerdotal , soit à cause de la prédication , soit à cause des prières pour la paroisse et des absoutes qui s'y faisaient.

Toutefois , on était alors bien loin de ce que nous voyons. Les Curés seuls usaient de l'étole , et on ne s'était pas avisé de prétendre que quiconque a autorité ou juridiction, doit Taflicher en mettant une étole à son cou. Jamais Evèque n'en portait hors du cas de fonctions particulières. Le cérémonial manuscrit à l'usagé des Archevêques de Paris, en relatant l'habit de l'Archevêque , ne mentionne aucunement l'étole , et on voit même dans le cérémonial publié par M. de Noailles qu'à la procession des Rameaux , l'Archevêque , arriv(^ au lieu où les rameaux devaient être bénis, prenait l'étole pour faire cette bénédiction, puis l'ôtait inimédiatement après. A l'époque de la constitution, civile du Clergé^ les Evêques intrus qui étaient presque tous d'anciens Curés habitués

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à porter toujours leur étole , la conservèrent dans le rang dont ils venaient de s'emparer. Au mo* ment du Concordat , préoccupés d'autres soins , on accorda peu d'attention aux règles liturgiques, et Tabus de l'étoleput pénétrer parmi les Evêques légitimes et y devenir très-commun (1).

Or, les abus apellent les abus. Chez les Evèques^ l'usage habituel deFétolenepouvaitavoirla même signification que chez les Curés. Les Curés, en effet, la portaient sous prétexte des administrations si fréquentes de Sacrements, dont leur ministère leur amène l'occasion. Ce n'était pas le cas des Evêques. Il restait donc pour qu'elle s'expliquât chez ceux-ci , qu'on la transformât en un signe de juridiction et d'autorité; mais les Grands- Vicaires, les Aumôniers^ les supérieurs de Séminaires, etc., ont bien eux aussi leur autorité ; ils en arborèrent donc le symbole, et beaucoup d'entre eux •prirent l'étole comme les Evêques et les Curés. Seulement^ on tomba par là dans d'inextricables difficultés. Souvent, plusieurs de ces per-

(1) M. de Quélen, Archevêque de Paris, qui connaissait les habitudes de TaDcien Clergé et avait vu se former celles du nouveau, racontait en cette façon l'introduction de Tétole dans le costume Episcopal.

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soûnages à étole se rencontreDt en présence les uns des autres. Garderont-ils tous leur étole à la fois? Mais ce sera remblème de Fanarchie , qae tous ces insignes d'autorité et de prééminence^ s étalant face à face sans que leur ordre réciproque soit déterminé (1 ). Voudra-t-on appliquer la règle de r Eglise qui ordonne à celui dont l'autorité est moindre de déposer devant un supérieur ses insignes principaux : par exemple à un Archevêque

(1) L'auleur de cet opuscule a vu célébrer dans la Chapelle d'un hôpital, renterrement d'une religieuse. L'Âumônîer de Thôpital avait une étole comme marque de sa juridiction sur la Chapelle qu'il était chargé de desservir. Le Curé de la paroisse sur le territoire de laquelle était situé Thôpital , s'était rendu à la cérémonie avec une étole, marque de sa juridiction sur le sol. La communauté recevant les soins spirituels d'un Aumônier spécial, cet Aumônier était présent avec une étole, marque de sa juridiction sur la défunte. Le Supérieur de la communauté, Vicaire de TOrdinaire, devait avoir son étole à plas forte raison. Heureux le membre de l'assistance qui, en face de tant d'étoles, en pouvait démêler la signi6cation> On a aussi assuré de bonne part à l'auteur, qu'au mariage de VEmpereur, les maîtres de cérémonies avaient laborieusement examiné si Tétole devait être portée par le premier Aumônier, qui a la charge spirituelle de la maison de ce prince, ou si M. T Archevêque de Paris

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de ne pas faire porter sa croix en présence d'un Cardinal y suivant la maxime du droit luminare majus offascat minus ? mais que de questions difficiles surgiront et à quels conflits on donnera lieu? L'Eglise est bien mieux avisée. Elle a institué quelquefois^ pour certaines dignités , des marques d'honneur réglées par des ordonnances précises. Elle n'a jamais yqulu établir d'insigne pour quelque chose d'aussi général que l'autorité et la prééminence. On serait bien sage en l'imi-

devait seul en être revêtu. C'est à ce dernier parti qu'on s*en est tenu.

Si nous voulions dire toutes les occasions où l'étole a été portée, nous aurions à citer des lieux et des ciix^nstances où l'étalage de ce vêtement sacré a dû paraître bien étrange.

Qu*il nous suffise, en fait de singularités de ce genre, de mentionner certains Curés, lesquels, en quêtant par leurs Eglises, craignant d'être trop chargés par le poids de leurs larges étoles brodées et surbrodées de gros reliefs d*or, et ne voulant pas se séparer de ce somptueux ornement, le faisaient porter à côté d'eux par un bedeau ou un enfant de chœur. D'autres, pour faire Taspersion avant la grand'messe^ au lieu de prendre Tétole semblable à la chasuble et de la croiser sur la poitrine selon la rubrique, prenaient leurs amples et riches étoles, dites étoles pastorales, et les portaient pendantes comme sur le surplis.

tant; et surtout on serait juste en n'attribuant pas à nos pères des idées fort mal conçues et qui n'ont jamais été les leurs.

Avoir les mains nues comme la tête nue , est une marque de respect. Lorsqu'il y avait une étiquette rationnelle et observée, on n'eut pas osé s'approcher d'un supérieur et lui rendre un service les mains gantées (1 ); seulement , rinférieor, si sa main eut dû toucher celle du supérieur , l'eut enveloppée dans la basque de son habit ou de quelque autre façon . Encore aujourd'hui on doit ôter ses gants pour être reçu à l'audience du Pape. Les vieux catéchismes notaient qu'il fallait les ôter pour se confesser ou pour s'approcher de la

(1) Un récit charmant de Mp^ de Sévlgné fait allosioa à cet usage. « On apporte à boire à Mademoiselle, il ftot donner la serviette : je vois M°>« de Gèvres qui dégante sa main maigre ; je pousse U^ d'Arpajon ; elle m'entend et se dégante, et, d'une très-bonne grâce, avance un pas, coupe la duchesse, et prend et donne la serviette. * (Lettre à sa fille, du 13 mars 1671.) On peut voir aussi, dans les mémoires de Saint-Simon, chapitre lxxih, que le vassal paraissant devant son seigneur, devait être dépouillé de son chapeau, de son épée et de ses gants.

sainte table, et les cérémoniaux Français recommandaient de n'en point porter au chœur.

Les Evèques comptent parmi les insignes de leur dignité, les gants dont ils usent au conunencément de la Messe, en officiant pontificalement, excepté dans les Messes de mort et le Vendredi- Saint. Toutefois , le privilège de revêtir solennellement des gants, comme un ornement sacré dans les circonstances où ils mettent aussi les sandales, ne ressemble en aucune façon à celui d'avoir les mains perpétuellement couvertes dans les cérémonies saintes. Ce dernier privilège n'appartient à personne, pas même au Pape, lequel ne met de gants à l'église que dans le seul cas où la rubrique les permet aux autres Evêques. Toujours estil que grâce à l'ignorance de nos maîtres de cérémonies , plusieurs de nos Evèques sont gantés à Vêpres, gantés en disant la Messe basse, excepté depuis l'offertoire jusqu'à la communion ; gantés en prêchant, gantés toutes les fois qu'ils se montrent dans l'assemblée des fidèles , et à la Messe pontificale , ils se gantent de nouveau après les ablutions.

Le plus léger examen montrera à chacun que c'est là changer tout-à-fait la destination d'un des ornements Episcopaux de la Grand Messe et

violer le cérémonial. Mais nous tenons de plus à constater que cette pratique est fort moderne. A Paris , il est vrai , les Archevêques au XVI IP siècle, par une habitude qui a dû tenir à une méprise^ mettaient des gants non-^seulement à la Messe pontificale^ mais encore quand ils officiaient solennellement à Vêpres en mitre et en pluvial Quant à en mettre en d'autres occasions > ils ne s'en avisèrent jamais. Leur cérémonial manuscrit ^ rédigé sous M. de Beaumont y et qui décrit minutieusement Thabit de chœur, n'en fait pas la plus légère mention. Dans toutes nos recbe^ ches, nous n'avons pu trouver aucun indice que les Evêques de France aient eu autrefois sur ce point d'autres habitudes que celles conformes aux règles et à l'usage de tous les Evéques.

Les abus sont contagieux, et les prétextes les plus étranges multiplient les gants au milieu de nous. On en donne aux thuriféraires pour qu'ils puissent encenser commodément, aux acolytes, de peur qu'ils ne salissent les chandeliers. Plusieurs de MM. les Curés de Paris en prennent pour donner la bénédiction du Saint-Sacrement. Nous en avons vu, à la Métropole de Paris, à des laïques qu'on revêt d'aubes et de tuniques, ^^ qu'on donne, sous le nomd'induts, pour aides au

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