CHAPITRE X
Le thuriféraire, apportant ou reportant l'encensoir, "^Jjj^,^ le soutient ouvert de la main droite, en cette façon : ''«»««««*'• il passe le pouce dans Fanneau fixe du haut de Tencensoir, et le doigt du milieu dans Fanneau de la chaîne mobile, de façon à soulever le couvercle, et il tient la main à la hauteur du visage. Pour la main gauche, elle porte la navette à la même hauteur. Afin que les manches de son surplis ne Fembarrassenl point dans toute sa fonction et ne s'enflamment pas au contact de Fencensoir, le thuriféraire a dû avoir soin de les replier et remonter, de façon à ce que Favant-bras soit bien dégagé.
Lorsqu'il monte à Fautel ou s'approche du célébrant "J^jJ;/* pour faire mettre Fencens, il tient la navette ouverte de la main droite , et de la gauche il lient Fencensoir. 11 offre la navette à celui qui la doit présenter au célébrant, puis retenant le haut des chaînes dans sa mam gauche, de la droite, à Faide de la chaîne et de
G6 DES ENGENSfiRTÈNTS.
Taoneau mobile, il élève le couvercle un peu au-dessus duquel il reprend les chaînes, et en même temps, il glisse sa main gaucbe sous le pied de rencensoir, en interposant au besoin, de peur de se brûler, le gros anneau plein auquel sont fixées les têtes de chaînes. Se tenant incliné par respect, il maintient l'encensoir à une hauteur convenable pour que le célébrant puisse mettre commodément Fencens.
Fonctions du Lc diacrc ou assistant prend la cuillère dont il baise
diacre on de
l'assistant, le mauchc ; il la remet au célébrant en baisant sa main (sauf pour ces baisements et les autres, les exceptions indiquées ailleurs) ; il retient des deux mains le pied de la navette qui demeure ouverte, et dit, en sMnclinant : Benedicite, Pater révérende. Le célébrant prend à trois reprises de Tencens qu'il met sur le feu, d-abord au milieu, puis à sa gauche, puis à sa droite, en disant : Ab illo benedicaris in cujus honore cre-' maberisj puis il fait un signe de croix sur rencensoir (1).
L'encens mis et béni, le thuriféraire referme l'encensoir, et gardant le haut des chaînes dans sa main gauche, il prend de la droite l'encensoir par le bas des chaînes ; puis de la main gauche tout à la fois il reprend la navette des mains du diacre ou assistant du célébrant, et lui laisse dans la main droite le haut des chaînes, et de sa main droite il lui remet dans la main gauche le bas des chaînes. L'assistant transmet à son tour l'encensoir au célébrant, auquel il remet de sa main droite dans la main gauche le haut des chaînes
(1) Tout ce qui précède est tiré du cérémonial des évêques, L. I, c. XI, n* 7, c. XXIII, n" 1 et 2, et L. II, c. m, n' 10. Voyez aussi la rubrique du Missel, c iv, n« à»
DJES ENCENSEMENTS. 67
quHl baise, et de sa main gauche le bas des chaînes dans ]a droite qu'il baise également.
Si le thuriréraire avait à remettre directement Fencensoir à celui qui doit encenser, par exemple au dia^ cre quand le diacre encense, il prendrait le haut des chaînes dans la main droite, et le bas dans la main gauche, afin qu'en les déposant d'une Taçon inverse, il nt trouver Tencensoir aux mains de celui qui va encenser, comme il est nécessaire pour cette action.
L^encensement fait, l'assistant, plaçant sa main gauche au-dessous de la droite du célébrant qu'il baise, et , saisissant ainsi la plus basse partie des chaînes, prend entre les deux mains du célébrant, de sa main droite à lui-même, les chaînes qu'il y fait glisser jusqu'au bout, et dont la main gauche du célébrant lui abandonne le haut qu'il baise, et il remet l'encensoir au thuriféraire ; ou bien, ayant alors à encenser le célébrant, il change l'encensoir de main, prenant de la droite le bas des chaînes qu'il avait dans la gauche et dans la gauche le haut qu'il avait dans la droite.
Pour encenser, il faut, retenant de la main gauche. Maniera
d'encenser.
le haut des chaînes, de la main droite en prendre le bas un peu au-dessus de l'encensoir. Chaque coup d'encensement consistera à élever l'encensoir vers l'objet ou la personne à qui on veut donner l'encens, et à l'agiter doucement : on l'abaisse et on recommence autant de fois que l'exige la cérémonie (1).
(1) L'encensement consisle à faire brûler de Tencens devant un objet ou une personne; or le cérémonial n'enseigne pas à le faire en laoçant l'encensoir contre celui qu'on encense, mais bien en amenant vers loi la fumée de Fencens. Ducere versus crucem et imagines, etc.
68 DBS ENCENSEMENTS.
Ordre de Tout eocensemeiit de Tautel, soit à la messe, soit à
rence&seinent.
vêpres ou à laudes, se fait en cette façon (1) :
Le célébrant, debout sur le marche-pied de Tautel, salue d'une inclination profonde, si le Saînt-Sacremeot n'est pas déposé dans le tabernacle, et d'une gênaflexion si le Saint-Sacrement s'y trouve. A vêpres, les assistants en chape font l'inclination ou la génuflexion, selon que le célébrant a fait l'une ou l'autre ; à la me^^e, le diacre et le sous-diacre, et aux vêpres dans les petites églises les assistants en surplis font toujours la génuflexion : c'est ce qu'il faut entendre à tous les saluts que nous allons indiquer comme étant à faire dans cette action.
Le célébrant salue donc et encense la croix de trois coups, puis il salue de nouveau (2). (S'il y a sur l'autel, entre ou derrière les chandeliers, des reliques ou des images de Saints, il les encense, du côté de l'évangile, de deux coups, quel que soit le nombre de ces reliques ou images; puis, il salue la croix ou le tabernacle; il encense ensuite de deux coups les images ou reliquaires du côté de l'épître, et sans faire d'autre salut, procède à l'encensement de l'autelj. Avançant le pied gauche le premier, il commence l'encensement de l'autel, faisant concorder chaque coup d*encensoir avec chacun de ses pas. Il en donne de la sorte trois pour encenser le fond de l'autel, en face des places où l'on met les trois chandeliers, quand on en a trois
(i) In missa vel in vesperis, dit le cérémonial; et pour laudes, le rite est le même que pour vêpre8.Nous croyons inutile de reproduire ici le texte latin du cérémonial. On peut vériQer Texactitude de notre traduction au L. i", c. xxiii.
(2) S'il n'y a point de reliquaires ou statues sur Tautel, il faut omettre tout ce qui est entre les parenthèses.
DBS ENCENSEMENTS. 69
à disposer [1]. Au coin de Tépître, il abaisse la main pour encenser l'extrémité latérale de Fautel, d'abord d'un coup destiné à la partie inférieure, puis d'un autre destiné à la partie supérieure ; se tournant alors et reprenant sa marche du pied droit (2), il donne trois coups d'encensoir à la partie de la table de l'autel la plus rapprochée du bord, les distribuant comme il a fait les premiers. Arrivé au milieu de l'autel, il salue et encense le côté de l'évangile de la même façon qu'il a fait celui de Tépitre , de trois coups vers le fond de Fautel, de deux à l'extrémité latérale, et de trois que, du coin même, il adresse à la partie antérieure de la table de l'autel ; puis s'avançaut vers le milieu, il achève Fencensemeut du côté de l'évangile par trois coups qu'il donne au-devant de l'autel en abaissant la main ; salue au milieu, donne trois coups au-devant de l'autel du côté de l'épltre, et arrivé au coin de l'épttre, rend l'encensoir à celui qui le lui avait remis.
lie premier encensement de l'autel à la messe, et Fencensement aux vêpres ou à laudes, se font sans rien dire. Pour l'encensement qui se fait à l'offertoire, il y a ceci à noter : 1* que la bénédiction de l'encens se donne par l'oraison Per intercessionemj etc. , au lieu de Ab illo benedicaris, etc. ; 2* que le célébrant, ayant reçu l'encensoir des mains du diacre, fait tout de suite, et sans aucun salut auparavant, l'encensement des dons offerts, par trois signes de croix et trois cercles avec l'encensoir au-dessus et autour de l'hos-
(1) Lors même qu'il n'y aurait que deux chandeliers, il faudrait encenser trois fois : ce ne sont pas les chandeliers que Ton encense, mais l'autel^ aux places marquées ordinairement par les chandeliers.
(2) L€L cérémonial donne cette règle qu'en encensant, il faut tou« jours avancer le premier le pied le plus rapproché de l'autel.
Encensement k roffertoire.
n M8 ENCENSEMENTS.
tfe et du calice, en disant : Incenmm istui^ etc., selon Tordre, la forme et la distribution des paroles da tableau ci-contre; puis, saluant la croiiL ou le tabernacle, il commence Tencensement de Tautel, et le continue de la manière qui a été décrite ci-dessus, récitant à la fois la prière Dirigatur^ Domine^ etc. , dont il distribue les paroles de façon à les faire concorder avec les coups d'encensoir, et à terminer tout à la fois Tencensement et la prière (1) ; â* il rend Fencensoir
(1) Les rubricistes ont donn(^. diverses méthodes pour rattacher les paroles du Dirigatur aux coups d'encensoir. Nous en rapportons deux. L'une ne rattache aucune parole à rencensement des reliques, afin qu'on n'ait rien à y changer et qu'on puisse toujours s'y tenir, même dans les églises qui n'ont pas de ces reliquaires ou statues, et dans les temps où il n'est pas permis de les exposer. L'autre a des paroles pour chaque coup; mais, s'il n'y a pas de reh'ques, on peut s'en servir en prononçant à l'encensement de la croix toutes les paroles marquées sous les sept premiers numéros.
1 Dirigatur,
2 Domine,
3 Oratio mea,
U [ On ne dit aucune parole 5 1 à ces coups d'encensoir, r> \ lesquels s'omettent quand ^ ï ii n'y a pas de reliques ou
7 [ desutues.
8 Sicut
9 Incensum
10 In conspectu tuo :
11 Elevatio
12 Manuum
13 Mearum i!x Sacrificium 55 Vespertinum;
16 Pone,
17 Domine,
18 Custodiam,
19 Ori
20 Meo,
21 Et ostium
22 Circurastantiœ
23 Labiis meis;
2'i Ut non declinet
25 Cor meum
26 In verba malitiîB,
27 Ad excusandas
28 Ëxcusaliones
29 In peccatis.
1 Dirigatur,
2 Domine,
3 Oratio mea; k Sicut
5 Incensum
6 In conspectu
7 Tuo:
8 Elevatio
9 Manuum 10 Mearum
M Sacrificium.
12 Vespertinum
13 Pone, Domine, l/t Custodiam
15 Ori meo,
16 Et
17 Ostium
18 Circumstantias
19 Labiis
20 Meis :
21 Ut non
22 Declinet
23 Cor meum 2/i In
25 Verba
26 Mali lis,
27 Ad excusandas
28 Excusationes
29 In peccatis.
'THSSIP
^if^ ^-Tî^
OR DO inrensahonis alUris et oMatoruai.
BBS ÉNCBNSBMfiMTS. 74
aa diacre, en disant : Accendat Daminm in nohU ignem suiamorisetflamnuimœtemœcharimis. Amen.
Quand renceosement de Tautel doit se faire en présence du Saint-Sacrement exposé, c'est le Saint-Sacre- Encensement de ment que le célébrant, agenouillé pour cela sur la plus ®*"f^**^JJ?«"* haute marche, encense, au lieu de la croix; puis il poursuit Tencensement, ayant soin de faire la génuflexion toutes les fois qu'il passe au milieu de Tautel (ij ; le chœur est encensé à Fordinaire. Si le Saint-Sacrement est renfermé dans le tabernacle, le célébrant encense debout; mais tous les saints qu'il fait au milieu de r autel dans cette action sont des génuflexions, ainsi que nous Favons remarqué plus haut.
Aux expositions, saints et bénédictions ou processions du Saint-Sacrement, on encense le Saint-Sacre- Encensement du
- , » ,, . St-Sacremcnt.
ment immédiatement après lavoir exposé; puis avant de conclure la cérémonie par la bénédiction, pendant que le chœur chante Geniiori. Si le salut était fort court, il semble qu'un seul encensement pût suiDre.
Lorsqu'on doit encenser ainsi le Saint-Sacrement sans encenser l'autel, pour les expositions et bénédic- ij^^î]fenci?M? tiens du Saint-Sacrement, le célébrant, debout et à demi tourné, met l'encens dans l'encensoir sans le bénir. C'est le seul cas où l'on omette la bénédiction de l'encens et où il n'y ait pas à dire Bénédicité^ Pater révérende. Si l'on devait encenser l'autel après le Saint-Sacrement, par exemple à la messe de conclusion des quarante heures, l'encens devrait être béni.
Après chaque encensement de l'autel, il y a encensement du célébrant. On encense aussi le chœur après Encensement du
. célébrant.
l'encensement de l'offertoire, sauf l'exception ci- (1) Cœr. Episc, L. I, c. xxiii, n* 19.
71 DES KNCENSEMBNTS.
dessous relative aux messes des morts, et après les encensements de vêpres ou de laudes.
On donne au célébrant trois coups d'encensoir, deux coups aux personnes constituées en dignité, aux chanoines ou au supérieur de Téglise, un coup aux autres ecclésiastiques.
Celui qui doit encenser salue d'abord la personne à qui il va offrir Fencens; celui-ci rend le salut, et
Eneensement du
chœar. avaut d'acccptcr l'encens, se tourne vers celui qui le suit et qui doit être encensé immédiatement après, auquel il fait, comme pour l'inviter à l'encensement, un salut qui lui est aussitôt rendu.
Après que l'encens est donné, celui qui l'a donné et celui qui l'a reçu s'entre-saluent de nouveau, en tenant compte, comme toujours, dans la profondeur de ces inclinations, de leur rang respectif; et celui qui encense continue vis-à-vis de chacun avec le même cérémonial, à la différence, toutefois, que le dernier de chaque rang qui est encensé, n'a à saluer personne après lui au moment où on lui offre l'encens. Pour les rangs secondaires du chœur, on ne salue pas individuellement, avant de les encenser, ceux qui y siègent; il suffit de saluer le premier du rang et de donner tout de suite un coup d'encensoir pour chacun, lequel salue après l'avoir reçu (1).
(1) a Ipsi aulem quibus Ihus datur observare soient, ut aller alte- B rum immédiate subsequentem capilis nutu modeste invilel ad Ihu- » rificalionem prius capiendam, sive ecclesiaslici sive seculares sint : » et si is qui Ihurificat sit aequalis dignitatis cum eo qui Ihurifîcandus » est, autetiam majoris, invicem capite inclinalo sibi reverenlias fa- 9 ciunt ante et post Ihurlficationem : si vero qui thurifîcat mtnor est, » ipse quidem versus majores rapul profunde inclinât anle et post, » illi autem parum vel nihil versus Ihurificantem correspondent pro h qualitate ipsius thurificanlis, qui et ipse alios tliurificando alios post
Le sémioaire est encensé d'une manière génératei Eneensemeiit du
^ séminaire.
c'est-à-dire qu'en passant devant le groupe des séminaristes, ou donne quelques coups d'encensoir (1) . C'est aussi de cette façon qu'on encense les enfants de chœur, en commençant par les plus anciens, qui doivent être les plus rapprochés de l'autel Après avoir encensé le chœur (2), on encense le peuple (3), également d'une i>«p«"p»«façon générale. Le thuriféraire, set)résentantàlaporte du chœur, salue le peuple et donne un coup d'encensoir en face de lui, un à sa gauche et un à sa droite, salue encore et rentre au chœur.
Aux messes des morts, on n'encense l'autel qu'à .5P^?îî5*îL
^ * aux messes des
rofferloire, et après l'encensement de l'autel, on en- "®^' censé seulement le célébrant et non le chœur. Toutefois, si l'évêque était présent, il aurait béni l'encens et serait aussi encensé. Aux vêpres ou laudes chantées par un célébrant en chape, on fait l'encensement au Magnificat ow au Benedictus. Aux vêpres ou laudes des morts, on ne fait aucun encensement.
» canonicos parum vel nihil versus eos caput inclinai pro eorum qua- B liUte Thurificat omnes canonicos ordine suo, cum reverentiis
> ante et post daplici ductu : deinde cœteros de choro unico doctu, ■ primo tantum in ordine, capite inclinato. » {Cœr. Episc. L. I, c xxiii, n'20,eiL.n,c in,n-12.)
(1) c An seminarii episcopalis alumni clioro assfstentes cotta induti
> tbariGcandi sint? — Resp. : Incensandos esse per modum unius.» In Bobien. ad k^Z attg. 1839.) C'est ce que ie cérémonial indique ainsi : Thuripcantur transeundo.
(2] Les laïcs considérables, tels que magistrats principaux , assis* Encensement Unt officiellement à une messe solennelle, sont encensés de deux <i«siarcs« coups, après les prêtres constitués en dignité. Un prince serait encensé après l'évoque et avant les chanoines; un souverain, empereur ou roi, le serait avant Tévêque non officiant, a Si adesset aliqua mu- » lier insignis , ut regina vel magna principissa, utique et ipsi thus
> dari convenit in loco ufoi daretur viro ejus, si adesset. » Car, Episc. L. L c XXIII, ïT 30 et 31.)
(3) «Thuriferarius... incensat... populum. » (Rub. Miss. c vUtn^'O.)
L'eneensement Ce que hous avons dit de rencensement à la messe
requiert des
ministres sacrés, suppose qu elle cst Chantée avec diacre «t sous-diacre. A la messe chantée sans diacre et sous-diacre, on ne fait point d'encensement (1). Si le Saint-Sacrement devait s'exposer avant une pareille messe, on Tencenserait en Tcxposant, mais on ne ferait aucun encense-
(1) 0 An quando niissa canitur sine minislrîs, thurificarî possil tara » allare quam chorus ut alias fit quando ministri adsunt? — Besp : t négative, {in una,Urbis 19 aug. 1651.) — An in missa conveos tuali absque diaconis cantata, assistenlibus tantum thuriferario et 0 ceroferariis, et praBsente clero seu communitate, adhiberi possil » Ihus tam in principio misssB quam. in evangelio et offerlorio? — D Resp. négative. » {In una minor, S. Franc, in regno Portug, 18 decemb. 1779.) L*évèque de Saint-Brieuc ayant demandé l'autorisation de conserver l'usage contraire à ces ^iécrels qui était établi dans son diocèse, il lui fut répondu, le 10 mars 18/i7 : a Quoad thurifica- » tionem, omnino abslinendum utpote decretis et praxi contrariam ; i> curet itaque Amplitude tua, qua polest prudentia et pastorali solli- D citudine, eam inliibere. » et comme il insista d'après le désir de son synode et demanda, a ut permiltantur thurificationes Baltem in festis 0 solemnioribus in missa cantata a solo célébrante absque diacono et 9 subdiacono sed cum duobus tantum inservientibus 7 o la Gongréga* tion lui fit répondre : o Servanda esse décréta, d (V. le Petit Céremaniât romain publié à Saint-Brieuc.)
La pensée qui paraît avoir dicté ces décrets, c'est que les ministres sacrés ont seuls le droit de servir le célébrant pendant le saint sacrifice, et qu'il ne faut y admettre les ministres inférieurs que dans la mesure où leur assistance est indispensable. L'encensement n'étant pas une cérémonie essentielle, on a mieux aimé le retrancher que d'admettre l'intervention immédiate des acolytes sans lesquels il ne peut s'accomplir. A vêpres et aux autres cérémonies en dehors de la messe, il n'y a pas les mêmes motifs d'écarter les acolytes, et il leur est permis d'assister le célébrant dans l'encensement. L'usage de Tencensoir se trouve inscrit au petit rituel de Benoît XIII, pour la messe des présanctifiés; mais c'est une cérémonie toute spéciale, à laquelle ne s'appliquent pas les décrets concernant le sacrifice de la messe; ou si l'on pouvait prétendre qu'on en doit juger comme de la messe, on prouverait seulement qu'il faut abandonner le petit rituel sur ce point, tout comme sur un autre où la Sacrée Congrégation s'est prononcée en un sens différent de lui. (Voir à la bénédiction des cierges.) Ce petit rituel, œuvre de Benoît XHI pendant qu'il était archevêque de Bénévent, quelques approbations qu'il ait reçues depuis, n'a qu'u^^ autorité très inférieure aux décrets de la Sacrée Congrégation.
ftBS BNCBNSSii£NT&. 75
Oient dans Tactede la messe^ Cette protiibition de l'encensément, quand le célébrant n'est pas assisté de ministres sacrés, ne regarde que la messe. Dans les petites églises, lors même que le célébrant n'est assisté que d'acolytes, on fait les encensements aux autres offices, par exemple aux cérémonies spéciales de la Semaine-Sainte, au salut et aux vêpres chantées en chape ; mais il faut alors que le célébrant soit assisté d'un derc qui lui présentera la navette pendant que le thuriféraire soutiendra l'encensoir, et qui remplira les fonctions que nous avons attribuées ci-dessus au diacre ou à l'assistant.
Encore qu'il soit plus à propos que le thuriféraire Ponc-navctte. porte lui-même et offre la navette, on peut aussi le faire accompagner par un autre clerc qui aura la fonction de porter la navette, de la présenter à l'assistant ou célébrant, et de la reprendre (1).
On ne doit employer dans les cérémonies qu'un seul '"J!UJ^^„'J^'® thuriféraire [2]. Cependant, dans les processions du Saint-Sacrement, on emploie deux thuriféraires, lesquels encensent continuellement. Le mode d'encen- Processions du
St-Sacremcnt.
sèment est alors de raser la terre avec l'encensoir, en marchant de côté, comme pour répandre des nuages de fumée d'encens sur tout le passage du Saint-Sacrement (3).
(1] MeraU et plusieurs autres auteurs le supposent.
p) a Ecr.lesia regulariler uno utilur Ihuribulo.» {In una NuUius ad 10, ZijuL 1665.) Il n'y a eu d'exceptions tolérées à ce principe qu'à roccasîon de certaines querelles de préséance qu'on calmait en encensant en même temps deux personnes dont chacune réclamait la priorité d'encensement.
'3j « Duo thuriferarii eu m cottis qui thuribula cum inccnso fumi- » ganlia lente ducent an le cclebranlem, facie non riorso ad sacramen- « lum semi versa in incessu. » (5. n. G. i5sept. 1742, in una Erem, Hont, Cor.)
76 DBS ENCENSEMENTS.
On doit brûler dans les encensoirs un pur encens de suave odeur; et si Ton y mélangeait quelque autre substance , il faudrait que Tencens prédominât beaucoup [1).
(i) Cœr, Episc. U I, c xxiii, n* 3.
Signiflcatton des La fumée de Teocens est un symbole très expressif de la prière eocensemento. gt^^jj^^ii^nj jg j'^mg yg^g j^ ^.jgj^ ^j ^^ ja vje consumée pour Dieu, dont
le parfum monte devant lui et répand parmi les hommes la bonne odeur de Jésus-Christ « Dirigatur, Domine, oratio mea sîcut inceo- & sum in conspectu tuo... Angélus venit et sletit ante altare habens » thuribulum aureum, et data sunl illi incensa mulla ut daret de ora- » tionibus sanctorum omnium super altare aureum quod est ante » thronnm Del. Et ascendit fumus incensoi-uro de orationibus sanc- » torum de manu angeli coram Deo... (Apocal., c viii, v. 3.) Chris- » tus dilexit nos et tradidil semetipsum pro nobis oblationem et hos- » tiam Deo in odorem suavitatis. (Eph., c. v, v. 2.) Deoautem gratias » qui semper triumphat nos in Christo Jesu et odorem notitis sus » manifestât per nos in omni loco, quia Christî bonus odor sum us. » (II Cor., c. II, Y. 14.) On comprend assez ce que signiGe l'encensement du crucifix ou du Saint-Sacrement L'autel est Timage de Thuroanité sainte de Notre Seigneur Jésus-Christ : nous Tenlourons de la fumée de nos encensoirs, tout comme Madeleine répandit ses parfums sur le corps du Sauveur. Probablement, quand Tautel était isolé, on faisait autrefois cet encensement sur les trois faces principales de Tautel, par dessus, par devant et par derrière ; maintenant, on donne vers le fond de Tautel les coups d'encensoir destinés à la partie postérieure, et c'est la table de l'autel qu'on encense ensuite avant d'en venir à la partie antérieure. L'encensement des reliques ou des images des saints est l'expression du culte qui leur est dû. On encense le clergé selon l'ordre de la dignité de chacun de ses membres, et ensuite le peuple fidèle, et c'est tout à la fois un hommage et une leçon. On encense même les magistrats, mais seulement selon la place et le rang qu'ils ont dans l'église et en vue de l'assistance qu'ils peuvent donner au peuple chrétien, car l'encensement est un hommage religieux qui doit toujours avoir Dieu pour terme. On encense les restes des fidèles trépassés en témoignage de respect pour ces membres •qui furent les temples du Saint-Esprit, et pour lesquels nous espérons la résurrection*glorieuse. L'encensement entre aussi dans le cérémonial des bénédictions solennelles, et après la récitation des oraisons et l'aspersion de l'eau bénite, il exprime admirablement, par la combustion de l'encens en l'honneur de Dieu et sa bonne odeur, comment un objet purifié est désormais dédié et consacré entièrement. Quand l'encens estmisdansrencensoiren présence du Saint-Sacrement et que c'est en l'honneur du Saint-Sacrementqu'il doit être totalement brûlé,