CHAPITRE XL
La paix , à toutes les messes chantées avec diacre o^dji dome-t-
■^ ' on la paix?
et sous-diacre, se doit donner à tous les ecclésiastiques présents [1]. Elle se donne, dans une messe même non chantée, aux membres d'un corps ecclésiastique qui y assistent collectivement ; elle se donne aussi dans une messe même non chantée, célébrée pour quelque grand acte, comme une ordination ou un concile, à ceux qui sont ordonnés ou font partie du concile, etc. ; elle se donne à un cardinal, à Tévéque diocésain ou à un prince, à toute messe oit ces personnages assistent solenoellemeot. Il y a lieu, enfln, à la donner aux magistrats ou autres personnes considérables assistant en corps à une messe solennelle.
Les trois derniers jours de la Semaine-Sainte, et dans les messes des morts, on ne donne jamais la paix. La paix se donne ou par embrassement ou par le moyeu d'un instrument.
La paix par embrassement est usitée pour les ecclésiastiques, aux messes où il y a diacre et sous-diacre. Pour les ecclésiastiques aux messes sans diacre et sous-diacre , et pour les laïcs , toutes les fois qu'il y a lieu à la leur donner, la paix se donne par instrument (2).
on De le bénit pas, des circonstances aussi solennelles apportant par elles-mêmes une bénédiclion suffisante ; mais, en dehos de ce cas, on \e bénit, afin de demander à Dieu qu'il accorde à Tencensement tous leselTelâ qui sont dans Tintention de TEglise.
(1) fPacem dari debere omnibus choro inteiessentibus. » (5. R. C. viLeirien., iS jui. iTId.)
(2) Aux messes sans ministres sacrés, il faut bien recourir à Pins-
Paix par PouF la paîx DEF embrassemcnt, celui qui la doit re-
embrassement.
cevoir salue d'abord celui qui va la lui donner, sous les coudes duquel il place ensuite ses mains. Celui qui la donne ne salue pas, et place ses mains sur les épaules de celui qui va la recevoir. Ils approchent leurs joues gauches l'une de l'autre et se touchent légèrement, celui qui donne la paix disant : Pax tecum, et l'autre répondant : Et cum spiritu tuo; et après îb s'entre-saluent (l).
Paix par Pour la paix par instrument , Facolyte qui sert la
instrument. r r 7 w -»
messe s'agenouille à la droite du célébrant, pendant la
slrument de paix, les acolytes n'ayant pas qualité assez élevée pour la recevoir et la transmettre par embrasseroent Qaant aux laïcs, Toici ce que règle le cérémonial, L. I, c xxiv, n* 6 : 0 Si aderunt laici, ut 0 inagistratus et barones ac nobiles, detur illis pax cum instrumente, » quod inslrumentum osculetur prius presbyter assistens. » L'instrament leur est porté par un bénéficier ou clerc ( In Bononien.^ 9 décemb, 1730.) Mais pour des laïcs de premier ordre, tels que de grands princes, qu'on encenserait et auxquels on donnerait la paix avant les chanoines, le cérémonial (ibicL^ n" 5), insinue que le prêtre assistant la leur donne par embrassement^ et c'est ce que disent expressément les auteurs cités par Merati.
Gavantus fait remarquer qu'il est absolument interdit de se servir de la patène au lieu de l'instrument de paix.
(1) a An diaconus accîpicns pacem a célébrante debeat simul supn ponere brachia sua brachiis celcbrantis uti faciendum docet Pater D Gavantus, vel debeat stare manibus junctis ante pectus ut in praxi » alii contendunt ? Et similiter id facere debeat subdiaconus accipiens » pacem a diacono qui, juxta eumdem Patrem Gavantum , debeat ■ quoque supponere brachia sua brachiis diaconi ? — Resp. : Servan* D dam esse in casu Patris Gavanti dispositionem in omnibus. 0 (/n Tuden. ad 9, 23 mai i8/i6.) Si, toutefois, celui qui reçoit la paîx est d'un rang fort supérieur à celui qui la donne , par exemple l'évèque diocésain, il placera ses mains sur les épaules de celui qui la donne. C'est la pratique de la chapelle pontificale.
« A célébrante dicente Pax tecum complexus , accipit pacem si- » nistrisgenissibiinvicemappropinquantibusetei respondet: Efrum D spiritu tîio. » ( Rub, Miss,, c. x, n' 8. ) « Appropinquat sinistram » genam suam sinistrae celebrantis, ita ut se invicem leviter tangant.» (Car. Episc, U ÏL c. viii. n" 75. )
première des oraisons qui suivent VAgnus Dei. Le prêtre, après avoir récité cette oraison, baise Tautel, et à ce moment le servant élève vers lui, de la main droite, l'instrument de paix; le prêtre se détournant vers sa droite, mais sans faire de génuflexion ni avant ni après, prend des deux mains Finstrument que le servant continue à tenir par le manche , sMncline autant qu'il est nécessaire pour le baiser, et dit : Pax tectim. Le servant répond : Et cum spiriiu iuo^ se relève, fait la génuflexion, puis essuie légèrement Tinstrument de paix avec un petit voile de soie, de la couleur du jour, qu'il est très convenable d'attacher au manche, ou à défaut de ce voile, avec un petit linge qu'il tient alors de la main gauche. Il va dans le chœur à celui ou à ceux à qui il doit donner la paix, leur présenter, sans les saluer auparavant, l'instrument à baiser, en disant : Pax tecum^ et fait à chacun, après qu'il a baisé l'instrument, un salut convenable, essuie l'instrument, puis passe à un autre [1}.
Comme c'est une règle pour la paix par embrasse- Distribution de ment que chacun ne la doit transmettre qu'à ceux qui sont du même rang et ordre que lui, la paix doit être donnée à la tête de chaque rang ou banc. C'est le sousdiacre qui la porte dans le chœur, sauf le cas d'un
(1) Les rubrîcîsles, en expliquant toutes ces règles d'après le cérémonial ( L, I, c. XXIX, n" 8), remarquent que si le personnage qui vient de baiser rinstrument de paix est du rang des prélats auxquels ia génuflexion est due, Tacolyte, avant de fléchir le genou, doit cou- Trir l'image gravée sur Tinstruraent avec le voile ou le linge qui sert à l'essuyer, afin de ne pas paraître abaisser la sainte image devant la personne à qui lui-même il rend hommage. Ils interdisent aussi à celoi qui porte rinstrument de paix de saluer le chœur en s'y présen- Uot, ce qu'ils prescrivent au sous-diacre venant donner la paix par Grassement.
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office pontifical oti il y a des règles spéciales. Dans les églises de chanoines, le sous-diacre, après Tavoir d(mnée aux chanoines du côté le plus digne, la porte ani chanoines de l'autre côté, et c'est seulement après que tous les chanoines Font reçue , qu*elle est distribuée aux rangs secondaires, d'abord du côté où se trouve le sous-diacre, puis de l'autre (!]•
Quand on la donne par instrument , c*est dans le même ordre ; seulement le premier de chaque rang du clergé, ayant baisé l'instrument, pourrait transmettre la paix par embrassement à ceux qui le suivent, sans que celui qui porte l'instrument eût à parcourir le rang en entier et à offrir l'instrument à baiser à chacun.
Lorsqu'à une messe chantée il y a des laïcs qui doivent recevoir la paix par instrument, c*est celui qui a reçu le baiser de paix immédiatement du célébrant, à savoir le prêtre assistant à un office pontifical, et le diacre à un autre office, qui baise l'instrument, lequel est ensuite porté par l'acolyte ou le cérémoniaire.