‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 51 sur 188 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

mandé est défendu. C'est donc tout-à-faît à tort que plusieurs s'imaginent pouvoir créer des combinaisons nouvelles d'offices, multiplier ou réduire les officiants, ajouter ou retrancher, etc. (1). Dans ces rapports augustes de Dieu et de l'Eglise, dont l'autel est le centre, dans ces admirables symboles de l'œuvre de notre rédemption que les cérémonies contiennent, les détails les plus minces en apparence deviennent importants : aussi l'Eglise a-t-elle tenu à déterminer minutieusement l'ordre du sacrifice et de la prière par cette loi que nous connaissons sous le nom de rubriques. Cette matière dépasse l'autorité des Ordinaires ; le Souverain Pontife se l'est réservée, et une congrégation de cardinaux à laquelle il en a commis le soin , est chargée d'interpréter le sens des rubriques et du cérémonial. On comprend donc quelle témérité ce serait aux particuliers de suivre leur sens propre , d'exagérer par emphase, de diminuer par paresse, ou de modifier par

» csremonialî episcoporum praescriptos, juxla illius modum, et nor- » mam in quibuscumque aclibus exercendos, et observandos esse ; » ideoque, in celebralione vesperarum servanda esse ad unguem prœs- » cripta in cœr. episc, super discessu hebdomadarii, ... et sic in fu- » turuni practicari mandavit... in quibuscuraque sacris rilibus, et » csrenioniis, ab eodem cœr. episc praecriplis in explendis sacris funo- » tionibus, sublato quolibet alio diverse, sive conlrario usu, seu con- » saetudine ab ejusdem csremonialis dispositione, et forma praes- ■ cripta difformibus. » (19 apHL 1681, in Senen,) Selon le décret inMolinen. ad 19, ccsacerdos permillere non potest (apud moniales) » ut peragantur a rubricis et Sacrae Congregalionis decrelis absona B sed lîbris consuetudinariis qui antiqui asseruntur, conformia, v. gr. » tlinriûcationes in missa lecta et alia hujusmodi. o

(1) La Congrégation des Rites a constamment blâmé ceux qui entreprenaient de dire des messes moitié liautes et moitié basses, de faire intervenir un prêtre en étole à la messe d'un autre prêtre, etc. Od peut voir notamment les décrets in Cusentina , 21 nov. 1671 , et tR Aretina^ 18 sept. 1781. Nous dirons, à propos de la grand'messe, qa'on ne peut ni introduire des ministres nouveaux, tels que choristes eo chape, induts , etc. , ni supprimer quelqu'un des ministres présents; tels qae le diacre ou le sous-diacre.

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caprice les rites augustes dont ils troubleraient Vext^ semble, et dont ils altéreraient la merveilleuse économie. Ce qui peut paraître singulier, gênant ou trop simple à un esprit ignorant et inattentif, ou à un homme de mauvais goût, ce sont des actions allégoriques pleines de mystères, ce sont des pratiques qui conservent les traditions de l'antiquité, c'est la simplicité que réclame la vraie grandeur. La litui^ie n'est pas une parade et un spectacle, et il s'agit d'autre chose dans les cérémonies que de disposer un étalage de chandeliers et de vases de fleurs (1) , et d'amasser dans un chœur, sans souci des règles, des officiants revêtus de chapes et de dalmatiques. Le prétexte d'exciter davantage la piété par d'autres moyens que par ceux qui ont eu le choix de l'Eglise n'est pas plus légitime. C'est le peuple qu'il faut élever jusqu'à la liturgie et non pas la litui^ie qu'il faille abaisser jusqu'au peuple : Ntmsunt alterandœ rubricœ ob devotionem paputi. (S. R. C, in Zaren.^ 2ijuL 1635.)

(1) Le zèle mal éclairé, dont nous signalons ici les inconvénients, souvent ne heurte pas moins le bon goût que les traditions de TEglise. Qu'il nous sôit permis d'en signaler un exemple que nous avons remarqué quelque pari. Il y avait là, sur Tautel principal, six grands chandeliers d'un slyle grec, comme celui de Péghsc, mais d'un beau travail et d'un aspect qui avait de la noblesse: maintenant, entre ces grands chandeliers, on en a placé de moyens, puis d'autres petits ont été ajoutés; ce sont des bronzes entassés, et les maîtres chandeliers ne se dégagent plus. ïl est faux que la boutique d'un orfèvre ou celle d'un marchand de meubles soient les plus belles choses qu'on puisse voir dans une ville , et les types qu'il faille imiter dans la maison de Dieu. Combien d'églises gagneraient à être débarrassées d'une partie des ornements prétendus qu'on accumule sur les autels. Un autre abus que nous voudrions signaler ici est celui de ces cierges postiches ou souches, auxquels on a donné des dimensions si exagérées. Au lieu d'entourer le crucifix de lumières, et de représenter la taille ordinaire des cierges véritables, ils élèvent à une hauteur démesurée leurs maigres flammes. La plupart devraient être diminués de moitié*

UYRE SECOND.

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