DU BINAGE
La rubrique prévoit et explique, à propos du jour de Noël, comment doit se comporter un prêtre qui célèbre le même jour plusieurs fois.
A la messe après laquelle il doit célébrer encore, il prend avec plus de soin qu'à l'habitude le précieux Sang, et cherche surtout à n'en laisser aucun reste au bord de la coupe du calice. Puis il dépose le calice sur le corporal, le couvre, non du purificatoire, mais de la patène ou de la pale, et dit en même temps : Quod ore sumpsimus, etc. Il dit ensuite : Corpus tuum, Domina, etc. , en se lavant les doigts avec du vin et de l'eau comme à l'ordinaire, non pas sur le calice, mais sur quelque vase décent, soit de verre, soit d'argent, essuie ses doigts avec le purificatoire, couvre cette
(1) Si Ton célébrait la messe devant un grand prince, la seule chose spéciale que le prêtre aurait à faire serait de le saluer en arrivant. S'il éUi'l prince régnant, empereur ou roi, on lui donnerait Tévangiie à baiser, [in Cusentina, 23 marU 1593), mais dans un missel autre quQ celui du célébrant*
ablution d'une pale, et la laisse avec le purificatoire près du corporal. Il étend ensuite le voile sur le calice et achève la messe. Ce calice non purifié doit être traité avec un respect particulier. Le prêtre ne le posera que sur le corporal ou sur la pale à la seconde ou troisième messe ; il n'introduira pas le purificatoire au-dedans pour l'essuyer au momept de l'offertoire, ou pour enlever les gouttes de vin et d'eau (1) ; mais en passant devant, il ne fait aucune génuflexion ni inclination spéciale. A la dernière messe, il joint dans le calice à la seconde ablution celles de ses messes précédentes.
Ces règles tracées pour le jour de Noël doivent être observées dans tous les cas de binage.
Si le prêtre allait dire la seconde messe dans une autre église : il ne purifierait pas le calice , mais placerait dessus la pale et la patène renversée, et l'envelopperait du voile qu'il lierait au-dessous du nœud comme le jeudi saint, et porterait avec respect ce calice pour s'en servir à la seconde messe [2).
DE l'office du servant DE MESSE.
prépârttifs. Celui qui est appelé à servir la messe, doit, en arrivant à l'église, faire sa prière et demander à Dieu les grâces nécessaires pour s'acquitter dignement des fonctions si relevées qui lui sont confiées. Il se rend
(1) Le prêtre, ordinairement, n'étend pas son intention de consacrer aux gouUes séparées de la masse du vin dans le calice. Mais il nous semble qu'il faut l'y étendre quand on doit célébrer une seconde fois, de peur de prendre à la première messe quelque chose qui romprait le jeune.
(2)5. i«. C, iesept.iHB.
à la sacristie, se lave les mains, se revêt du surplis s'il est ecclésiastique, et s'occupe de préparer tout ce qui est nécessaire pour le saint sacrifice. Il garnit de vin et d'eau les burrettes, et les porte avec le manutergc à la crédcnce ou en quelque endroit disposé près de Fautel ; il allume les cierçes en prenant le feu à la lampe plutôt que de le tirer de quelque allumette ou de l'emprunter à quelque autre autel oh l'on dirait la messe ; fl allume le cierge du côté de l'évangile avant celui du côté de Tépître.
Le prêtre se mettant en devoir de se revêtir des ornements, le servant s'approche de lui, le salue respectueusement, et se plaçant à sa gauche, lui présente chacun des vêtements sacrés. Pour l'amict , le manipule et l'étole qui sont marqués d'une croLv et que le célébrant doit baiser, le servant, avant de les lui offrir, les baise à côté de la croix. Il prend l'aube des deux mains, en revêt le prêtre qui baisse la tête pour la recevoir, et il élève et étend d'abord la manche droite, puis la gauche. 11 présente par derrière le cordon, mettant le côté des glands dans la main droite du prêtre, veille à ce que les plis de l'aube retombent et se distribuent convenablement, et si l'aube est trop longue, la relève tout autour pardessus le cordon. Pour la chasuble, il en revêt le prêtre comme il a uni de l'aube, puis en écarte un peu le dos des deux mains, afin que le prêtre puisse en croiser plus facilement les cordons. Enfin il présente au prêtre la barrette, l'approchant d'abord un peu de ses lèvres comme pour la baiser ; ce qu'il aura soin de faire semblablement quand il aura à la reprendre du prêtre, ou à la lui présenter de nouveau.
m DB LA MESSE BASSE.
Tout étant ainsi disposé, le servant prend le missel dés deux mains par les angles inférieurs, de façon à ce que la tranche soit dans sa main gauche et le dos dans sa main droite, et il Tappuie contre sa poitrine. Le missel ne doit point en effet être placé d'avance sur le pupitre, mais il doit être porté à Tautel au moment même oii le prêtre s'y rend. Le servant, le tenant en ses mains, se place à la gauche du prêtre, salue en même temps que lui le crucifix ou le tableau qui est dans la sacristie, se retourne par sa droite, et, précédant le prêtre de trois ou quatre pas, et ayant soin de faire écarter la foule s'il s'en trouvait sur le passage, se rend à l'autel où la messe doit être célébrée. S'il faut passer devaut ou derrière, soit le maitre-autel, soit l'autel où réside le Saint-Sacrement, le servant s'arrête pour faire toujours la génuflexion, en même temps que le prêtre fera, soit une inclination profonde, soit une génuflexion. S'il passe devant un autel où l'on distribue la sainte communion ou bien où se fait l'élévation, le servant se met a genoux en même temps que le prêtre et à côté de lui, et au besoin reçoit sa barrette. En arrivant devant l'autel où la messe va se dire, le servant se place du côté de l'épître et se tourne vers le prêtre de la main duquel il reçoit la barrette : il la met au petit doigt de sa main gauche ; puis, tournant le visage vers l'autel, il fait la génuflexion en même temps que le prêtre fait l'inclination ou la génuflexion en se tenant quelque peu en arrière, monte à l'autel en même temps que le prêtre, va droit au pupitre sur lequel il place le missel conune il le tient , c'est-à-dire de façon à ce que la tranche en soit tournée vers le milieu de l'autel, et le laisse fermé sans se permettre
de rouvrir. Il redescend et porte la barrette en quelque lieu convenable, autre toutefois que la crédence où les burettes sont placées; puis, faisant la génuOexion en même temps qu'il passe vis-à-vis du milieu de Tautel, il va se mettre à genoux du côté de l'évangile, non sur les marches, mais sur le pavé même. Il joint les mains, allongeant les doigts, et croisant le pouce droit sur le pouce gauche, attitude qu'il conserve toutes les fois que ses mains ne sont pas occupées : s'il est laïc , il peut aussi croiser les bras sur la poitrine. Il ne sonnera pas pour indiquer le commencement de la messe.
Agenouillé au côté gauche du prôtre, quelque peu confession. en arrière de lui, il répond aux premières prières sans précipitation et en articulant distinctement. Il incline la téfe quand le prêtre dit Gloria Patri, et fait le signe de la croix au verset Adjutorium nostrum. Pendant que le prêtre récite le Confiteor, il demeure immobile et ne frappe point sa poitrine quand le prêtre dit mea cnlpa; mais le prêtre ayant terminé le Conjiteor, il se tourne ?ers lui, et s'inclinant médiocrement, il dit : Mi$ereatur, etc.; et ensuite se tournant vers l'autel et sMnclinant plus profondément, il récite le Confiteor. En disant les paroles tibi, Pater, ou te, Pater, il se tourne un peu vers le prêtre ; à mea cnlpa, etc., il se frappe trois fois la poitrine. Ayant achevé le Confiteor, ii demeure profondément incliné pendant que le prêtre réplique Misereatnr, etc. ; et en répondant Amen il se redresse, et se tient la tête droite tandis que le prêtre dit Indulgentiam, etc. , Pendant les versets Deus, tu conversus et suivants, il s'incline médiocrement, et au moment où le prêtre dît Oremm, il se relève et va s'a-
genouiller au côté de TévaDgile, non plus siu* le payé, mais sur la plus basse marche : si toutefois il n'y avait que le seul marcbe-pied, il demeurerait à genoux sur le pavé. Il fait le signe de croix en même temps que le prêtre au commencement de Tintrolt et à la fin du Gloria in excehisy répond au Kyrie eleison, au Domi" ^"detèlL?^ wî^s vobiscum, aux oraisons et à Fépître. Il incline la tête au Gloria Patri, au mot Oremus, aux noms de la Trinité, de Jésus, de Marie, du saint dont on fait la fête, et du Pape, ce qui est une règle pour toute la messe; et dans le Gloria aux paroles Gloria in excelsis Deo; — Adoramm le ; — Gi^atias agimus tibi; — Jesu Christe; — Suscipe deprecafionem nostram et Jesu Christe. A la fin du Gloria , il fait sur soi , en même temps que le prêtre, le signe de la croix. Si ce jour est un de ceux auxquels le prêtre lit à la messe, avant le Dominus vobiscum, diOérentes oraisons et leçons ou prophéties, le servant aura soin, quand le prêtre dira avant Toraison Flectamus genuu, de répondre : Levate; aux leçons, il répondra Deo grattas - comme à Tépitre [sauf à la cinquième des samedis des quatre-temps où Ton ne répond rien), mais il ne se dérangera pas et ne quittera sa place qu'après Tépître proprement dite, laquelle suit toujours et ne précède jamais le Dominus vobiscum.
L'épître lue, quand il a répondu Deo gratias, il se relève, fait la génuflexion au milieu de Tautel, et se rend à la droite du prêtre pour y prendre le livre et le transporter au côté de l'évangile, après que le prêtre aura fini le graduel, ayant soin de ne pas appuyer ses doigts sur les feuilles, de peur de les salir. Si le livre
repose sur un coussin, il faudra le transporter fermé ; mais s'il est placé sur un pupitre, le servant pourra le laisser ouvert en le portant.
En passant en face du milieu de Tautel , il fait la Evanc^ie. génuflexion, et il vient placer le missel au coin de Tévangile, d'une façon un peu oblique, en sorte que le haut du livre regarde Tangle de T autel et non point la muraille qui est en face. Au commencement de Téyangile, se tenant au-dessous du marche-pied, il répond : Et cum spiritu tuo, quand le prêtre dit : Dominus vobiscum, et Gloria tibi Domine à Sequentia tancti, etc., et il trace le signe de la croi\ avec son pouce sur son front, ses lèvres et sa poitrine, pendant que le prêtre fait la même chose. Il vient faire ensuite la génuflexion au milieu de Tautel, et va se placer au bas des degrés, au coin de Tépître, où il se tient debout tourné vers le prêtre. Si le prêtre faisait une génuflexion dans le cours de Tévangile, le servant la ferait aussi. A la fin de l'évangile, il répond : Lan$ tibi Christe, puis il se met à genoux au coin de Tépître. Pendant que le célébrant récite le Credo, le servant fait lui aussi Tinclination aux paroles : iinum Deum, Jesum Chrhtum, à et incarnatus est, etc., plus profondément, et aussi à et adoratur, et à la fin il se marque du signe de la croix.
Après que le prêtre a dit l'antienne de l'offertoire, le servant se lève, et, sans faire d'inclination ou de génuflexion, va droit à la crédence. Si le prêtre n'avait pas plié le voile du calice, mais l'avait laissé près du corporal, le servant, avant toute autre chose, viendrait le plier et le placerait auprès du gradin, sans omettre la génuflexion à la croix quand il s'approcherait du
genouiller au côté de l'évangile, non plus sar^ mais sur la plus basse marche : si toutefois jf ^ que le seul marche-pied, il demeurerait I %- %^ *> le pavé. Il fait le signe de croix en n^ ^ % ^ . "^ le prêtre au commencement de Tin^ "^ % ^ ^ % Gloria in excelsis, répond au Kyi^ ^ %,% %^ ^ % incHnations ^^^ vobiscum, aux oraisous et ^^ ^ '^ % ^ ^ ^ '^ tête au Gloria Patri, au mot ^ ^ *% '^ % ^ %> Trinité , de Jésus, de Mary ^ ^ |; "^/^^ % '^ fête, etdu Pape, ce qui j\%\% %\ % % messe; et dans le Gloria^ $ % ^ "^ ^ V '^ 1 sis Deo; — Adoramm %%%%%%%.%, % Jesu Chrisle; — Svi % % 4; % \ "^ \,^ Jesu Chrisle. A la %.%\ %^^^^^.%^^ tg
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P^"d^^V ..ebrant un peu d'eau, |
. comm(^ ^jj^ q^^ ,g célébrant se soit ]
^^^^^ ^ retire à la crédence où il verse
^^^ .^ convenable l'eau qui a servi à laver
Y ti prêtre, et replie le manuterge. Il y prend
.lette et vient se replacer au coin de l'épître où
^ met à genoux , et pose la clochette près de lui.
(1) Il n'est ni ordonné ni défendu que le servant vienne plier le voile. (In Lucioneru ad 69.)
(2) Plusieurs rubricisles veulent que le servant apporte et dépose sur Pautel le manuterge, le plateau et les burettes. La méthode que nous exposons , d'après Gaslaldus , Sarnelli et Benoît XIII, nous a semblé plus confonije au respect que Ton doit à Tautel et à la règle de n'y rien déposer «ans nécessité.