‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 71 sur 188 · S48 DE LA PRÉDICATION · texte numérisé non relu

S48 DE LA PRÉDICATION

et le peuple, puis il se couvre et attend quelques instants. Lorsque Fauditoire s'est rangé , le prédicateur se découvre , Tait le signe de la croix , et se tournant

Tun servirait au chant de Tévangile et à la prédication, ajoute qu'à Jeur défaut, il faut construire une chaire, « Suggeslus...» ce sont ses paroles , « ab codera evangelii lalere extruatur, unde et evangelii lec- » tio et concio sacra haberi queaLo II y a une relation très évidente entre la fonction du diacre qui lit l'évangile et celle du prédicateur qui Texplique : voilà pourquoi saint Charles les rapproche. Or, pour le chant de Tévangile, selon lui, il faut que le diacre soit tourné vers le midi : « Ita ut diaconus inde (ex ambone] evangelium legens ad » meridionalem ecclesiaB partem vertatur, ad quam viri convenianL» Mais si la tradition recueillie par le grand archevêque de Milan veut que Tévangile soit annoncé par un diacre ou par un prédicateur tourné du côté du midi, une tradition opposée a depuis longtemps prévalu à Rome, (i Diaconus in ambonem ascendit ut annunciet evanglium, dit D Innocent III (de Sacro altaris tny sténo, L II, c. xlii). Faciem » autem suam versus aqnilonem apponit, ut ostendat praedicalionem D Christ! contra eum specialiter dirigi, qui ait : Ponam sedem meam )) ad aquilonem et ero similis altissimo. (Isai. XIV.) Nam secundum D prophetam ab aquilone pandetur omne malum super habilatores » terrœ.» Cette règle, qui prescrit au diacre de se tourner vers le nord en chantant Tévangiie, a , du reste, été conservée si expressément dans Téglise romaine et dans toutes les autres églises qui avaient empruntée celle-là ses traditions que le cérémonial de Paris, prévoyant le cas où il se trouverait deux ambons au bas du chœur, voulait que le diacre montât, pour chanter Tévangile, dans celui qui était au midi, c'est-à-dire du côté de Tépître, pour y avoir le visage tourné vers le nord. 0 Ubi duo sunt ambones, evangelium legitur in eo qui est ad » partem meridionalem, facie diaconi ad septentrionem versa.» Dès lors que les rites romain et ambroisien diffèrent sur Tattitude du ministre de l'évangile, ils ne peuvent pas être conformes dans la détermination de la place de la chaire. Ainsi Caslaldus et Bauldry se fussent montrés des disciples plus intelligenls de la pensée de saint Charles, en conformant comme lui l'aspect que régarde le prédicateur à celui que regarde le diacre, et en assigdant dès lors à la chaire le côté de l'épitre , dans les églises romaines , qu'en copiant dans les écrits de ce grand archevêque la conséquence d'un principe opposé à celui qui prévaut dans notre rite.

Nous ne proposons, du reste, ces réflexions que comme développement d'un motif de convenance, puisque rien n'est prescrit sur ce point. Mentionnons seulement cet autre avantage des chaires placées du côlé de l'épitre : le prédicateur a l'autel à sa droite, et quand il veut le montrer par un geste dont l'occasion s'offre très souvent, cela

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