‹ Céremonial romain, rédigé d'après les sources authentiquesChapitre 84 sur 188 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

A l'heure indiquée, les ministres sacrés se revêtent d'amicts , d'aubes et de cordons , et le diacre de plus de l'étole violette. Ils aident ensuite le célébrant à se revêtir de Famict, de l'aube, du cordon, de l'étole et de la chape de couleur violette, puis ils prennent les chasubles pliées, si l'on en use dans cette église; mais ils ne prennent pas de manipules. En se rendant au chœur, ils sont couverts et soutiennent les bords de la chape. Si le célébrant n'avait pas de chape , ils marcheraient l'un après l'autre.

Après avoir salué l'autel (2), le célébrant y monte et le baise ; le diacre et le sous-diacre, qui sont montés avec lui, font en même temps la génuflexion (3), puis tous les trois se rendent au coin de l'épître. Le célébrant s'arrête devant le missel , ayant le diacre à sa droite et le sous-diacre à sa gauche, de telle façon que les deux ministres soient un peu en arrière et ne s'approchent pas immédiatement contre l'autel. Le diacre, pour lequel il n'y a pas de place sur le marche-pied,

(1) Voyez la rubrique du missel pour ce jour ; le rituel et le cérémonial des évoques, L. II, c. xvii, et aussi Bauldry et Merati.

Les préparatifs à faire pour cet office sont indiqués au petit rituel de Benoit XUr, que nous reproduisons plus loin. Dans les églises où rofiice se fait solennellement, il faut préparer de plus les ornements des ministres sacrés à la sacristie pour la l>énédiction, et au baoc du célébrant pour la messe.

(2) Si c'était un dimanche, on ferait d'abord Taspersion.

(3) Par cette génuflexion , que la plupart des rubricistes prescrivent, les ministres sacrés, s'associent à Thommage que le célébrant rend à Tautel en le baisant quand 11 s'en approche.

se tient sur le degré au-dessous, et il a soin de rendre au célébrant les assistances opportunes en tournant les feuillets du missel et en soulevant le bord de la chape chaque fois que le célébrant doit bénir ou élever son bras droit. Le cérémoniaire découvre les cierges , et le célébrant chante Dominm vobiscum et les oraisons, du ton de la messe férialeetles mains jointes, en saluant la croix au mot Oremus, mais sans disjoindre les mains. En bénissant les ciei^es de la main droite, il pose la gauche sur Tautel.

B*n^jc«on des Pendant les oraisons, le thuriféraire prépare son encensoir : après la cinquième oraison, il s'approche par les degrés latéraux du côté de Tépître, et saus faire la génuflexion , présente la navette et Tencensoir à Tordinaire. Le célébrant, avec Tassistance du diacre, met et bénit Tencens de la façon accoutiunée. Le thuriféraire cède alors la place à un des acolytes ou à un acolyte spécial, lequel s'approche avec le bénitier et Taspersoir trempé d'eau bénite. Le diacre le présente au célébrant avec les baisements de règle, et celui-ci asperge trois fois les cierges, c'est-à-dire au milieu, à leur droite, puis à leur gauche, en disant d'une voix contenue l'antienne Asperges me, etc. , sans ajouter le psaume. L'acolyte se retire , le thuriféraire revient , et le célébrant recevant l'encensoir du diacre, auquel le thuriféraire l'a remis, encense trois fois les ciei^cs comme il les a aspergés, et sans rien dire.

Distribnuon. Le Célébrant revient au milieu de l'autel avec les ministres et se tourne vers le peuple. Le diacre et le sous-diacre se tournent comme lui et ne changent pas de place, mais demeurent, le premier du côté de l'épître, et le second du côté de l'évangile. Le premier aco-

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lyte se tient au coin de l'épître pour présenter au diacre les cierges.

Pendant ce temps, le plus digne des prêtres qui sont au chœur, que le cérémoniaire est allé chercher à sa stalle et a conduit, en se tenant à sa gauche, s'est avancé dans son habit ordinaire de chœur et sans étole : il monte sur le degré au-dessous du marche-pied, salue Faute] , puis fait au célébrant une inclination, et recevaùt du diacre un ciei^e plus beau que les autres, le baise et le remet au célébrant sans baiser sa main. Le célébrant baise le ciei^e aussi et le remet au sous-diacre ou à un acolyte, afin qu'on le lui réserve. Aussitôt le diacre présente au célébrant un autre cierge, en le baisant, et le prêtre qui vient de donner le cierge du célébrant, s'agenouillant sur le marchepied, reçoit à son tour un ciei^e qu'il baise, et baise enfin la main du célébrant (1).

S'il n'y avait point de prêtre au chœur, le diacre (lors même qu'il serait dans l'ordre de prêtrise), placerait sur l'autel le cierge destiné au célébrant et celui-ci, s'agenouillant du côté de l'autel, y prendrait son cierge et le baiserait, puis se retournerait vers le peuple pour la distribution.

Le diacre et le sousr-diacre reçoivent leurs cierges après le prêtre qui a donné celui du célébrant : ils s'a-

(1) a An dignior de clero a quo celebrans in diebus Purificationis, » Cinerum et Palmarum recipit candelam, cineres, palmam, debeat » accedere ad altare cum vel sine stola ? Et si sine stola : an ipse de- » beat genuflexus sicut alii vel stans inclinatus recipere candelam, » cinerem, palmam a célébrante et osculari manum celebranlis por- » rigentis candelam, palmam ? — Resp. : Quoad primam partem sine B stola; quoad secundam, cnm genuflexione et osculo manus. » (In una Cappucin. GalL ad 6, 1/t febr. 1705. )

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geoouillent sur le marche*pied; le cérémoniaire présente au célébrant, en les baisant, les ciei^s qui leur sont destinés, le célébrant les leur remet, et ils baisent le cierge, puis la main qui le leur offre; ils reprennent ensuite leurs places.

dS dwgw!* I^ans une église cathédrale ou collégiale , les chanoines recevraient leurs cierges avant un diacre et un sous-diacre qui ne seraient pas chanoines.

Les membres du clei^é viennent deux à deux recevoir leurs ciei^es à genoux sur le marche-pied, et observent de baiser le cierge, puis la main du célébrant (1). Le diacre, pendant cette distribution, se tenant du côté de Tépitre, reçoit de Tacolyte les cierges, et les transmet au célébrant en les baisant ; le sousdiacre, du côté de Tévangile, élève le bord de droite de la chape; les acolytes reçoivent leurs cierges les derniers.

Lorsque la distribution cx)mmence, les chantres entonnent Tantienne Lumen, etc., et le cantique Nunc dimittis, après chacun des versets duquel ils reprennent Tantienne, et si la distribution est trop longue, ils recommencent le cantique sans dire le Gloria Patri, lequel ne se dit qu'une fois, et à la fin. Ils évitent d'abandonner tous à la fois le chant pour aller chercher leurs cierges.

Sur la fin de la distribution, un clerc, député par le

(i) C'est ici une dérogation à Tordre accoutumé, car on baise ordinairement la main du célébrant d*abord , puis Tobjet que celte main vient d'honorer par son contact Dans Toccasion présente, le cierge, à cause de la bénédiction qu'il vient de recevoir et des mystères qu'il représente, a droit à la pren^ère marque de respect

Le célébrant fait cette distribution , découvert, selon un décret m Pientina du 18 juillet 1626.

cérémoniaire allume les cierges (1), et quand elle est terminée, on chante l'antienne Exurge.

Cependant, le célébrant se retourne versTautel avec ses ministres, et se rend au coin de Tépître. Là, il se lave les mains : les acolytes soutiennent le bassin et versent Teau, et le diacre présente l'essuie-maîn, tandis que le sous-diacre écarte les bords de la chape. Puis le célébrant s'approche du missel, et le diacre et le sous-diacre se placent à sa droite et à sa gauche, ainsi qu'au commencement de la cérémonie.

Si le célébrant devait, d'après l'usage du lieu, distribuer des dei^es au peuple, il descendrait pour cela à la balustrade du chœur, tandis qu'on continuerait à chanter l'antienne Lumen, etc. En revenant, il saluerait l'autel avec ses ministres qui feraient la génuflexion, et alors ce serait au bas des marches du côté de l'épître qu'il irait se laver les mains avant de remonter à l'autel.

Le célébrant se tenant au missel, où il n'a point à lire bas les antiennes que le chœur chante, lorsque ces antiennes sont terminées, chante lui-même Oremns et l'oraison Exavdi, etc. Si c'était après la Septuagésime et un autre jour que le dimanche, le diacre et le sousdiacre, continuant à demeurer aux côtés du célébrant (on, selon la pensée de quelques auteurs, allant se placer pour cela l'un derrière l'autre), chanteraient, le premier Flectamus genua, et le second Levate, et tous, excepté le célébrant, feraient la génuflexion.

Après l'oraison, le sous-diacre va prendre la croix

(1) Si rusage était de distribuer les cierges tout allumés, on pourrait s'y tenir.

de processioD (1) et se rend, entre les deux acolytes^ à l'entrée du chœur, où il attend, tourné vers l'autel. Procession. Le Célébrant revient au milieu de l'autel avec le diacre; tout aussitôt le thuriféraire s'approche d'eux, fait la génuflexion, et fait mettre l'encens dans l'encensoir avec le rite ordinaire ; puis après que l'encens est béni, réitère la génuflexion et va se placer derrière le sousdiacre. Alors le diacre, recevant du cérémoniaire le cierge allumé du célébrant , le baise et le remet au célébrant dont il baise la main aussi ; puis il reçoit son ciei^e à lui-même, fait la génuflexion, se tourne vers le peuple et chante Procedamtis in pace.

Le chœur répond : In nomine Christi, Amen, et la procession se met en marche. Le thuriféraire fait la génuflexion et marche en portant son encensoir fumant; le sous-diacre et les acolytes partent sans faire de génuflexion et suivent le thuriféraire ; puis viennent les membres du clei^é, deux à deux, qui font la génuflexion et portent leurs cierges allumés chacun de la main qui se trouve en dehors; enfin, le célébrant assisté du diacre qui, au bas des degrés, lui a remis sa barrette et qui marche à sa gauche en soutenant la chape : tous les deux ont fait à l'autel, au bas des degrés, la salutation convenable, se couvrent pendant la procession, même dans l'église, et portent leurs cierges de la main gauche.

(i) Dans les cathédrales, lorsque Tévèque est présent et fait la bénédiction des cierges ou des rameaux, c'est un sous-diacre autre que celui qui servira à la messe qui doit porter la croix ; car le sous-diacre delà messe doit, pendant la procession, se préparer avec le prêtre et le diacre. (In AlexaruL^ 6 mai. 1826.) Mais, aux offices ordinaires, c'est le sous-diacre ministrant, lui-même, qui doit porter la croix : aussi, selon la rubrique, le prêtre, pendant la procession, n'est-il accompagné que du diacre seul.

La procession règle son circuit sur T usage des lieux : si elle sort de l'église, tous se couvrent, excepté le sousdiacre, le thuriféraire, les acolytes et le cérémonialre, et se découvrent en rentrant. On chante les antiennes marquées au rituel, et en rentrant dans Téglise, ou en rentrant dans le chœur si Ton n'est pas sorti à l'extérieur, les chantres entonnent le répons ObtulerunL Chacun fait la génuflexion en rentrant dans le chœur, avant de regagner sa place, excepté le sous-diacre et les acolytes qui vont tout droit à la crédence déposer la croix et les chandeliers. Le répons achevé, on éteint les cierges.

Le célébrant, après avoir salué l'autel au bas des marches, remet son cierge au diacre qui baise la main puis le ciei^e ; puis ils se rendent ensemble à leur banc, où le sous-diacre les rejoint et où ils prennent les ornements convenables pour la messe qui va suivre, c'est-à-dire des ornements blancs si la messe est celle de la Purification, et si la messe est celle du dimanche, le diacre et le sous-diacre prennent la dalmatique et la tunique violettes, en même temps que le célébrant prend la chasuble. C'est toujours par le prêtre qui a fait la bénédiction que la messe doit être chantée [1]. Pendant la procession, on a dû ôter le parement d'autel violet, à moins que la messe ne dût être du dimanche.

Si la messe est celle de la Purification (2), le célé-

(1) Voyez page 186.

(2) Lors même que la fête de la Purification serait transférée , la cérémonie des cierges ne devrait pas Fèlre, On la célèbre toujours le 2 février.

brant (i) et tout le clei^é doivent tenir leurs cierges allumés pendant Tévangile. Un cérémoniaire doit donc présenter au célébrant son cierge au moment opportun, avec les baisements convenables, et le reprendre après. Le clergé tient encore les cierges allumés depuis rélévation jusqu'à la communion. Si la messe était du dimanche, on omettrait ce rite là.

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