‹ Cérémonial selon le rit romain d'après Baldeschi et FavrelChapitre 202 sur 337 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du chant ecclésiastique (!)•

69. Le chant de TÉglise est le chant grégorien. Il doit être exécuté avec piété, gravité et modestie*.

70. Les règles de TÉglise concernant le chant sont, en général, moins positives et moins rigoureuses que les règles relatives aux cérémonies. Souvent elles imposent, d'une manière seulement relative et directive, le chant des différentes parties de la Messe ou des saints Offices. Il y a cependant des principes à suivre dans Temploi de certaines modulations, dont les unes sont invariables, et dont les autres varient, soit avec le rit, soit avec la nature des différentes fêtes '.

ARTICLE PREMIER

Du chant des oraisons, de la préface et du Pater.

71 . Les oraisons, la préface et le Pater peuvent se chanter de deux manières, soit sur le ton solennel, soit sur le ton férial. On emploie le ton solennel à toutes les Messes du rit semi-double et au-dessus. Aux Messes du rit simple et aux Messes des morts, on emploie le ton férial*.

72. Le ton solennel de la préface ne s'emploie jamais en dehors de la Messe. Toutes les préfaces qui font partie d'une autre Cérémonie se chantent sur le ton férial ^. Le ton solen-

(1) On peut voir ce point traité en détail dans la Revue des sciences ecclésiastiques^ t. IX. p. 249 et 405, et t. X., p. 79.

* Les auteurs. — '^ Cœr. Ep,, 1. I, c. xxviii, n. 12. — ^ Conséq. — * Rub. du canon de la Messe. Cœr. Ep., 1. I, c. xxvn. — ^ Pont,

nel des oraisons est seulement pour la Messe, les Vêpres^ et les Laudes^ (1).

73. Le ton férial des oraisons de la Messe et de l'Office consiste à les chanter sans aucune inflexion de voix. On chante de cette manière les oraisons de la Messe et des Offices du rit simple, et toutes les oraisons des petites Heures et des Complies, ainsi que celles de la Messe de JRequiem^.

74. À certaines oraisons que l'on chante sur le ton férial, on termine l'oraison et la conclusion par la tierce de fa en ré. On chante de cette manière l'oraison qui se dit après l'antienne à la sainte Vierge, l'oraison Dirigere à Prime, celle de l'Absoute pour les défunts, les oraisons des litanies, de l'Aspersion de l'eau bénite, celles des Bénédictions des Cierges, des Gendres et des Rameaux, excepté les deux premières de la Bénédiction des Rameaux, l'oraison du vendredi saint Deus a quo et JudaSy les oraisons qui suivent les monitions, et Toraison Libéra nos. On chante encore de la même manière les oraisons de l'Office des morts, et toutes celles qui se terminent par la petite conclusion*.

ARTICLE II

Du chant des versets et de V intonation des psaumes.

75. Il y a deux manières de chanter les versets Domine labia mea aperies et Deus in adjutorium. La plus solen-

(1) Il est d'usage, dans beaucoup d'églises, de chanter les oraisons sur le ton solennel en d'autres circonstances. Sans vouloir condamner cette pratique, nous croyons devoir faire remarquer qu'elle est en opposition avec la rubrique du Pontifical et avec les principes de la liturgie. Le chant solennel des oraisons, en effet, est toujours corrélatif au chant solennel de la préface; or celui-ci n'est jamais appliqué à d'autres préfaces que celle de la Messe, même dans les Cérémonies les plus solennelles, comme l'Ordination, le Sacre des Évêques, etc. On chante cependant, à Rome, sur le ton solennel, l'oraison de Tierce avant la Messe pontificale, et quelquefois celles des Processions et des Saluts du trèssaint Sacrement.

1 Cœr. Ep., 1. I, c. xxvii, n. 1. — ^ Conséq. ^Ccer, Ep, Ibid. — * Ibid. Dir, ch.

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