On peut, avant la Reposition, chanter des prières, soit
(1) Les prières que nous appelons Saints du saint Sacrement ont pris, en France, le caractère d'une Fonction liturgique spéciale. Mais pour bien se rendre compte de cette Cérémonie, au point de vue liturgique, il faut la diviser en trois parties : I** l'Exposition; 2** le chant des prières du Salut ; 3° la Reposition. L'Exposition, pouvant être faite avant la réunion des fidèles pour les prières du Salut, n'en est pas une partie essentielle, et le Salut pourrait même consister dans la Reposition seule. De ces trois parties du Salut, il en est deux qui ont le caractère d'une Fonction liturgique, savoir l'Exposition et la Repcsition. Mais la seconde partie, savoir, le chant des prières du Salut, ne peut être considérée comme une Fonction liturgique. A Rome, on distingue parfaitement ces différentes Fonctions, et comme les églises sont généralement pourvues d'un nombreux Clergé, on peut le faire facilement. Un Prêtre, en surplis et en étole, fait l'Exposition comme il est dit n° 52, et demeure au bas de l'autel pour présider aux prières qui se font devant le très-samt Sacrement. Au moment où l'on doit faire la Reposition, un autre Prêtre en chape, accompagné de Ministres, comme il est dit n<> 66, vient présider solennellement à cette Fonction. De cette manière, comme l'observe Mgr de Conny, les Saluts du saint Sacrement ont plutôt le caractère d'un exercice de piété que celui d'un Office liturgique. Le savant auteur improuve à ce point de vue notre usage de faire présider solennellement le Salut par un Prêtre en chape et de chanter une série de prières suivies de versets correspondants à la suite desquels le Prêtre chante les oraisons. Cependant on ne peut pas dire que cette pratique soit contraire aux règles de la liturgie. L'Exposition, comme la Reposition, peut être faite, comme il a été dit p. 585, note 1, par un Prêtre revêtu de la chnpe et assisté de Ministres ; de plus aucune règle ne s'oppose à ce que ce même Prêtre chante lui-même les oraisons et demeure au bas des degrés jusque après la Reposition. A Rome même, si le Prêtre qui tait l'Exposition doit aussi faire la Reposition, il est revêtu de la chape dès le commencement, même avant d'aller chercher le saint Sacrement, s'il devait le prendre à un autre autel. Il en est de cette pratique comme des quelques autres où le Prêtre se revêt des ornements et est assisté des Ministres qui conviennent à la Fonction principale. Ainsi, comme il a été dit part. V, n. 129, p. 322, le Prêtre qui donne la sainte communion avant ou après la Messe, peut le faire en portant la chasuble ; de même, le Prêtre qui doit donner le Salut prend la chape dès le commencement; de même, les Chapiers demeurent à l'autel pendant la Reposition qui suit immédiatement les Vêpres, comme l'enseigne Baldeschi. Il nous paraîtrait donc
* Conséq.
au très-saint Sacrement, soit en l'honneur de la sainte Vierge et des Saints, soit pour demander des grâces particulières ^ (1). Toutes ces prières doivent être tirées de la liturgie ou consacrées par une coutume ancienne ^ (2) . On ne peut pas y chanter de cantiques en langue vulgaire ^ (3).
trop sévère de condamner la pratique en usage dans un grand nombre de diocèses en France, d'après laquelle tous les Ministres qui doivent servir à la Reposition viennent à l'autel dès le moment de l'Exposition et y demeurent pendant tout le Salut. Mais il ne faut pas oublier que c'est en vue delà Reposition; et cette solennité, autorisée par quelques auteurs pour l'Exposition, appartient d'une manière particulière à la Reposition. Il suit de ces règles, que si le Clergé se réunit au chœur pendant le cours d'une Exposition pour le chant de quelques prières, il ne doit y avoir ni Officiant, ni Diacre, ni Sous-Diacre, ni Ministres inférieurs. On ne voit pas non plus pourquoi tous ces Ministres viendraient à l'autel pendant le cbant des prières du Salut, si l'Exposition est faite à l'avance.
(1) D'après l'enseignement de plusieurs auteurs, il paraît convenable, pendant l'octave du saint Sacrement, de chanter seulement des prières en l'honneur du saint Sacrement. Ils invoquent en faveur de cette règle le décret suivant. Question : «. In oratione quadraginta horarum, eoque et magis in festo Gorporis Christi, dnplicibusque primae etsecundse classis, « cum populo benedicitur post Tantum ergo, quaeritur an unica tantum « oratio de SS. Sacramento dicenda sit, vel addi possit aliqua collecta. » Réponse : « Affirmative in oratione quadraginta horarum et dupli- (( cihusprimœ et secundœ classis, négative vero in festo et per octavam SS. Corporis Christi. » (S. C, 22 sept. 1837. Gardel., 4666 ou 4815, ad 6, in Mutinen.), Ce décret se rapporte uniquement, comme on le voit, aux oraisons que l'on joindrait à celle du très-saint Sacrement. Il est relatif à la Reposition seule, Fonction tout à fait distincte des prières qui la précèdent. Cependant, on peut en conclure, comme de tout l'ensemble des règles liturgiques qui ont rapport au très-saint Sacrement, que l'usage de faire cesser alors toute autre dévotion est louable et tout à fait conforme à l'esprit de l'Église. Ajoutons encore que, d'après quelques Liturgistes, il convient que le Chœur demeure à genoux pendant ces prières, excepté si l'on chante un cantique évangélique, ou le Te Deum, comme il est dit n** 78.
(2) Ces prières consacrées par la coutume sont : Ave verum, Inviolata, Rorate cœli, Adestc fidèles, Attende Domine, 0 filii et filicBy Tota jmlcJira es, etc. Quelques-unes de ces prières ont été soumises au Cardinal Préfet de la S. C.
(3) Un décret récent de la S. C. tolère l'usage existant en Espagne de chanter des cantiques en langue vulgaire devant le très-saint Sacrement
^ Plusieurs auteurs. S. C, 22 sept. 1837. Gardel., 4666 ou 4815, ad 6, in Mutinen. — 2 Rep. du Card. Préfet delà S. C, 5 oct. 1851. — ^ Gardel., in Inst. Clem., § 31, n. 19.
77. Si Ton chante une prière en l'honneur du très-saint Sacrement, elle ne peut être suivie ni de verset ni d'oraison^; mais, après celle que l'on chanterait en l'honneur de la sainte Vierge et des Saints, ou pour demander une grâce particulière, on peut chanter les versets et les oraisons qui y correspondent, comme il se pratique à Vêpres pour les mémoires et suffiages^. On peut aussi chanter d'abord toutes les antiennes, hymnes ou autres prières, puis tous les versets, et enfin toutes les oraisons^. On peut ajouter des oraisons qui n'auraient pas rapport aux prières précédentes* (1). ^^-^f^^^J^ %^Ù\^
78. L'hymne Te Deum, quan^„mi--4aî^t''ta'^'dianter, se chante toujours immédiatementtavant Tantum ergo, et Foraison Pro graiiarum actione se joiïit à celle du saint Sacre- ^^' ment^. Pendant le chant du Te Deum^ le Chœur se tient de-H"*^; bout^; on se met à genoux au verset Te ergo quœsiimîis'^.'^ '^^^
exposé. A cette question : « Utrum consuetudo canendi Hispano idiomate * "J , « carmina aliosque similes modos musicos coram exposito SS. Sacramento, ^ * ^ « aut in ejus Processioiiibus, cuin contraria rêvera sit Dullai Plœ solllci- (( tudinis fel. rec. Alexandri YII aliisque decretis S. R. C. tolerari possit « in hac diœcesi, vel potius quanquam popuUis mœstarctur eveJlenda « sit? » Elle a répondu : « Attenta consuetudlne tolerari posse. » (S. C, '^l sept. 1867. Gardel., 5536, ad 7, de Nicaragua.)
(1) Les usages ne sont pas partout les mêmes au sujet de la méthode suivie dans le chmt des prières du Salut. On peut chanter toutes ces prières à la suite les unes des autres, par ordre de dignité, et sans versets ni oraisons ; puis, après Tantum ergo^ le verset Panem de cœlo, l'oraison Deus qui nobis, ajouter d'autres oraisons sous la même conclusion. Une seconde méthode consiste à chanter, après chacune des prières, le verset et Toraison. Enfin, on peut chanter toutes ces prières à la suite les unes des autres, puis tous les versets correspondants, excepté celui du très-saint Sacrement, et ensuite les oraisons sous une même conclus on; après ces oraisons, on commencerait la Reposition. La première manière ressort d'une réponse de la S. C. en date du 7 sept. 4850, insérée dans la correspondance de Rome. Les deux autres résultent d'une autre réponse en date du 20 août 18C0, qui permet à l'Ordinaire de choisir la méihode à suivre dans cette Fonction. La troisième a l'avantage de mieux distinguer la Reposition des prières qui la précèdent.
* Conséq. — ^ Cér. desÉv. expl. Ibid. — ^^av. des se. eccL, l'« série, t. m, p. 270. — 4 Cér. des Év. expl. Ibid. — ^ Ibid. — 6 s. C, 27 mars 1779. Gardel., 4244 ou 4593, ad 17, Ord. min. reform. S. Francisai. — "^ Cœr, Ep.y 1. II, c, iv, n. 15.
79. Toutes les prières du Salut doivent précéder le Tantum ergo ^
80. On peut aussi, excepté pendant Toctave de la Fête- Dieu ^ joindre des oraisons à celle du saint Sacrement Deiis qui nobis; mais on ne doit point, après le verset Panera de cœlo, chanter d'autres versets avant Toraison^. Alors la dernière oraison doit toujours se terminer par la petite conclusion qui lui est propre. On observe pour les autres ce qui est ditn« 77*.
81. Il est d'usage, à Rome, de ne rien chanter après la bénédiction^.