‹ Cérémonial selon le rit romain d'après Baldeschi et FavrelChapitre 99 sur 337 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Rapports des OfOces entre eux.

86. Les rapports des Offices entre eux peuvent avoir lieu par occurrence ou par concurrence^.

87. On appelle occurrence l'incidence de deux ou plusieurs Offices le même jour, comme il est dit n^ 47, p. H9* (I).

88. On appelle concwrrence la rencontre de deux Offices aux Vêpres, c'est-à-dire des secondes Vêpres de l'Office du jour avec les premières de celui du lendemain^ (2).

(1) Il est facile de comprendre comment plusieurs Offices peuvent se rencontrer le même jour; les jours du mois ne coïncident pas chaque année de la même manière avec l'ordre du temps, et il a nécessairement fallu, comme il est dit n» 45, p. 118, adopter deux ordres différents pour la disposition des Offices, le propre du temps et le propre des Saints. De plus, certains Offices du propre des Saints sont fixés à un dimanche ou à un jour de la semaine, tandis que les autres sont fixés au jour du mois : c'est une nouvelle cause d'incidence de plusieurs Offices au même jour.

(2) Il suffit, pour donner lieu à la concurrence, que deux fêtes ayant droit, la première à ses secondes Vêpres et la seconde à ses premières Vêpres, se célèbrent à deux jours consécutifs.

* Ruh, Brev., Off. parv. — ^ ij^jj^ .^ 5 Conséq. — * Rub, Brev.y tit. XI, n. 1. — s Ibid., tit. xii, n. 1. ,.

89. L'Office omis pour cause d'occurrence avec un autre Office qui doit lui être préféré est ou omis entièrement, ou remplacé par une simple mémoire, ou transféré à un autre jour, suivant les règles indiquées ci-après ^.

90. L'Office omis pour cause de concurrence est aussi ou omis entièrement, ou remplacé par une mémoire, ou bien les Vêpres sont partagées au capitule*.

ARTICLE PREMIER

De Voccurrence.

§ 1. Des Offices qui doivent être préférés en cas d'occurrence.

91. La raison de préférer un Office à un autre en cas d'occurrence se tire ou de son rit, ou de sa nécessité, ou de sa qualité, ou de sa dignité, ou de sa spécialité. On entend par rit, comme nous Pavons dit p. H3, le degré qui lui est attribué; par nécessité, on entend son importance intrinsèque qui en empêche Tomission ou n'en permet pas la translation, quelquefois les deux ensemble ; la qualité exprime si la fête est primaire ou secondaire ; la dignité est plus ou moins grande suivant l'objet de la fête : ainsi une fête de Notre-Seigneur est plus digne qu'une fête de la très-sainte Vierge, celle-ci est plus digne que les fêtes des Saints, etc. ; en vertu de la spécialité, on préfère une fête propre à une église à une fête propre à un diocèse, celle-ci à une fête propre à l'Église universelle. Comme il y a divers degrés dans la dignité et la nécessité, il faut recourir aux cas particuliers pour déterminer laquelle doit l'emporter 5.

92. Toutes les fois qu'il y a occurrence entre deux ou plusieurs Offices, on doit suivre l'ordre suivant pour donner la préférence à l'un d'eux :

1^ Un dimanche privilégié de première classe; une férié majeure de première classe ; la veille et le jour de Noël, le jour de la Circoncision, le jour de l'Epiphanie et le jour de l'octave, un des jours dans l'octave de Pâques, le

* Bub, Brev.f Tab. occ, — « Ibid., Tab. conc. — ^ Conséq.

'jour de TAscension, la veille de la Pentecôte ou un des jours dans Toctave ; le jour de la fête du saint Sacrement, l'Assomption et la Toussaint ^ Ces divers Offices et fêtes ne peuvent jamais se trouver en occurrence les uns avec les autres^;

2® Une fête double de première classe ;

3® Un dimanche privilégié de seconde classe ; un des jours dans l'octave de TÉpiphanie ^; le jour de Toctave du saint Sacrement * ;

¥ Une fête double de seconde classe ;

5® Un jour octave ;

6® Une fête du rit double majeur ;

1^ Une fête du rit double mineur ;

8® Un dimanche non privilégié ;

9® Un jour dans l'octave de la fête du saint Sacrement ;

10® Une fête du rit semi-double ;

H® Un jour dans une octave non privilégiée;

12° Une férié majeure ordinaire;

13° Une vigile;

1 4° L'Office de la sainte Vierge le samedi ;

15° Une fête du rit simple ;

16° Une férié ordinaire^.

93. Si deux fêtes de même rit sont en occurrence, on doit d'abord donner la préférence à une fête primaire sur une fête secondaire® (1). Ainsi, la fête des saintes Reliques, si elle se fait du rit double de seconde classe, cède à la fête de saint Luc, lorsqu'elle se trouve en occurrence avec elle"^, la fête du

(1) On appelle primaire la fête principale d'un mystère ou d'un Saint, et secondaire une fête de dévotion qui se rapporte à un mystère ou à un Saint dont on fait déjà la fête dans le cours de Tannée, ou encore celles qui ne se rapportent à aucun mystère spécial.

* Ruh. Brev., tit. ix, n. 1. — ^ Conséq. — ^ Table d'occurr. — * S. C, 30 mai 1609. Gardai., 3572 ou 3521, in Vlysbonen. — » Ruh, Brev. — 6 S. C, 16 avril 1853. Gardel., 5183, ad 2, Ord. Min. S. Francisai de Obs. — 7 s. C, 5 mai 1736. Gardel., 3895 ou 4044, alia dub., ad 13, in Einsidlen,

Patronage de saint Joseph *, même ayant octave* ; celles da saint Rédempteur et de la sainte Couronne, si elles sont toutes du rit double de seconde classe, cèdent leur Office aux fêtes de saint Marc Évangéliste, de saint Philippe et saint Jacques Apôtres, et des autres Saints dont la fête est du même rit, lorsque ces fêtes sont en occurrence^ (1). La fête du précieux Sang cède à celle de la Visitation*; elle céderait encore, pendant le Carême, si Ton avait le privilège de la faire double de première classe, à celle de saint Joseph^. La fête de saint Barnabe et toute autre du rit double majeur est préférée à celle du sacré Cœur^ et dans les églises où la fête du sacré Cœur se célèbre du rit double de première classe, elle cède, en occurrence, aux fêtes de saint Jean-Baptiste, des saints Apôtres Pierre et Paul, de la Dédicace, des Patrons et des Titulaires''. La fête du saint Nom de Marie cède aussi à une fête du rit double majeur arrivant le dimanche dans Poctave de la Nativité de la sainte Vierge^. Les fêtes qui se célèbrent avant et pendant le Carême en Phonneur des

(1) La S. C. avait d^abord donné la préférence à la fête du Patronage de saint Joseph, quand elle se trouvait en occurrence avec celle de saint Marc ou de saint Philippe et saint Jacques (11 mai 1743. Gardel., 3994 ou 4143, in Piscien.), Mais elle a positivement rejeté cette première décision dans les décrets du 16 février 1781 (Gardel., 4252 ou 4401, ad 1, Ord. Carmelil. excalc, prov. Hlspaniœ),ei du 11 sept. 1847 (Gardel., 4956 ou 5117, ad 1, in Neapoîitana.)

* S. G., 20 mai 1741. Gardel., 3961 ou 4110, ad 2, in Wilnen. 19 juin 1773. Gardel., 4217 ou 4366, ad 1 et 2, Ord, min, strictior. obs, S. Francisci, 16 fév. 1781. Gardel., 4252 ou 4401, ad 17, Ord. Carmelit. excalc, prov. Hispaniœ. 3 août 1839. Gardel., 4713 ou 4859, ad 12, in Plscien, 7 déc. 1844. Gardel,, 4846 ou 4992, ad 1, Venetiarum, — ^S. G., 16 fév. 1781. Gardel., 4252 ou 4401, ad 18, Ord. Carmelit, excalc, Prov. Hispaniœ. — ^Y. 1. — *S. G., 29 mars 1851. Gardel., 5157, d.à^,inMcdiolanen. 23 juin 1853. Gardel., 5191, adl, in Mechlinien, — ^ S. C., 27 fév. 1847. Gardel., 4931 ou 5084, ad 1, Sanctim. cong, S. Crucis. — « S. G., 22 mai 1841. Gardel., 4774 ou 4921, ad 1, in Mechlinien. 11 sept. 1847. Gardel., 5194, ad 6, in Aretin, — ^ S. C., 31 mars 1821. Gardel., 4429 ou 4579, ad 1, 2 et 3, Orbis. — » S. G., 9 mai 1857. Gardel., 5246, ad i, in Avcnionen.

mystères de la Passion sont préférées à celle de la Chaire de saint Pierre^.

94. Si deux fêtes de même rit et de même qualité (1) se trouvent en occurrence, on donne la préférence à la plus digne, ou, en d*autres termes, à la plus solennelle* (2), en suivant Tordre indiqué dans les litanies des Saints, c'est-àdire dans Tordre suivant : l^ les fêtes de Notre-Seigneur; 2° les fêtes de la très-sainte Vierge ; 5® celles des saints Anges; 4® la fête de saint Jean-Baptiste^; 5° celle de saint Joseph* ; 6® enfin les fêtes des saints Apôtres et Évangélistes'^. Tous les autres Saints, Martyrs, Confesseurs Pontifes ou non Pontifes, Vierges, saintes Femmes, sont d'égale dignité^.

95. Si les fêtes en occurrence sont de même rit, de même qualité et de même dignité"^, et si la fête la plus générale n'est pas de précepte*, on donne la préférence à la fête la plus spéciale à une église ^, en suivant cet ordre : 1® une fête particulière à une église ; 2° une fête particulière à un ordre; 5** une fête particulière à un diocèse; 4° enfin une fête célébrée dans TÉglise universelle^^ (3). La fête du saint

(1) Deux fêles sont de mcme qualité quand elles sont toutes deux primaires ou toutes deux secondaires, comme il est dit n*> 91.

('2) On entend par dlgnilé d'une fête la dignité de l'objet de cette, fête, comme il est dit n" 91. Le mot solennité s'entend dans le même sens, et non de la solennité exiéiieure.

(3) La S. C. avait d'abord donné une solution différente. Elle avait accordé par pur privilège que des fêtes d'une église particulière en occur-

* S. a, 1" sept. 186G. Gardel., 5371, Urhis, Ord. div. Oft. Romœ. — « Table d'occurr. S. G., 7 sept. 1680. Gardel., 2779 ou 2928, ad 10, Ord, Canon. Régal. Later. 4 sept. 1773. Gardel., 4217 ou 4560, ad 3, Ord. min. strictior. S. Franc — ^ §, q ^ 22 août 1711. Gardel., 5692 ou 3841, in Perusina. — -^ Conséq. — ^ V. 5. S. G., 17 juillet 1706. Gardel., 3599 ou 3748, Urbis et Orhis. — 6 s. G., 14 déc. 1709. Gardel., 5670 ou 3889, ad 1, Ord. Capiicc. — ^ S. G., 12 juillet 1704. Gardel., 3551 ou 3700, Urbis et Or^/s. 22 juin 1736. Gardel., 3900 ou 4049, ad 1, inD^ngen. 10 tov. 17-^7 Gardel., 39D7 ou 4056, ad 1, in Mechlimen.—^S. G., 4 sept. 1740. G.r.lel., 41)26 ou 4175, ad 1, m Aquen. ~9 y. 7.__io s. G., 23 juillet 1736. Gardel., o895 ou 4014, ad 1, in Einsidlen. 22 avril 1741. Gardel., 3961 ou 4110, ad 6, in Wilnen. 29 janv. 1740. Gardel., 4051 ou 4180, in Panormitana.

Patron est toujours préférée à la fête de tout autre Saint du rit double de première élusse^; mais elle cède à la Dédicace^. Si la Dédicace arrivait le jour de la fête des saints Innocents, on devrait demander un induit pour la fixer à un autre jour^.

96. Si plusieurs octaves se rencontrent ensemble, on donne toujours la préférence à celle de la fête dont TOffice serait préféré, si ces fêtes étaient en occurrence*.

97. Un Office ad libitum^ même double, doit céder à un dimanche, à un jour dans une octave, ou à toute autre fête*, même de privilège^ (1), quand même cette dernière serait du rit semi-double"^ et à un jour où Ton doit anticiper l'Office d'un dimanche, suivant ce qui est dit n^^ 56, 57 et 58, p. 12P.

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