Y étant arrivé, il joint les mains, élève les yeux
(1) Toutes les fois qu'on doit faire des signes de croix sur les Oblats, régulièrement il faut d'abord joindre les mains devant la poitrine ; puis, pour bien former le signe de croix, il faut étendre la main en la tenant droite, les doigts joints ensemble, comformément au décret de la S. Congrégation des Rites du 24 juillet 1683. Il faut encore remarquer que, quand les signes de croix se font ensemble sur Phostie et le calice, on tire la ligne droite du milieu de la pale sur Phostie, sans aucunement baisser la main, et la ligne transversale entre le calice et Phostie, c'est-à-dire en dehors et sur le devant de la pale, mais à la même hauteur que la première ligne. On observera aussi de faire ces signes de croix d'une dimension convenable, et proportionnée en largeur et en longueur, (Note de V Auteur.^ Les signes de croix qui se font sur le calice seulement doivent être à peu près de la grandeur de la pale ; sur Phostie on les fait un peu plus petits.
Pendant que l'on fait sur les oblats le signe de croix de la main droite, la gauche est appuyée sur l'autel. (jRt^6r. paît, ii, tit m, n. 5).
(2) La Rubrique ne parle pas non plus ici de l'inclination de tête que généralement les Cérémoniaux recommandent de laire à la croix avant de quitter le milieu de l'autel.
(3) Dans beaucoup d'églises on attache sur le bout de l'autel le petit linge appelé manuterge et en quelques lieux lavabo, qui sert à essuyer les doigts du Prêtre : nous regardons cet usage comme abusif, et contraire au respect dû à l'autel. La place du manuterge est sur la crédence des burettes : le Servant le présente au Prêtre lorsqu'il en est besoin.
DE LA MESSE BASSE
vers la croix, et, les abaissant aussitôt, il appuie, à la manière ordinaire ses doigts sur les bords de l'autel, et, médiocrement incliné, il dit la prière Suscipe^ sancia Trinitas: quand elle est finie, il étend les mains sur l'autel, et le baise {Ruhr,, ibid., n. 7).
65. Après qu'il a baisé l'autel, il se tourne vers le peuple, écarte et rejoint les mains comme au Dominus vobiscum, et dit, d'un ton médiocrement élevé : Oratey fratres'^ puis, achevant le tour, il se retourne vers l'autel par le côté de l'évangile. Il dit en même temps, à voix basse : ut meum ac vestrum Sacrificium, etc. : car il ne doit pas rester tourné vers le peuple pendant qu'il dit ces paroles, ainsi que quelques-uns l'enseignent con-? trairement au texte clair de la Rubrique [idid,) et au Cérémonial des Evêques (lib. ii, c. 8, n. 66).
66. Après que le Servant a répondu, Suscipiat, etc., le Prêtre dit, à voix basse. Amen. Ensuite, les mains étendues comme pour les autres oraisons, il récite tout bas, sans les faire précéder du mot Oremus, les Secrètes, qui sont toujours correspondantes et en nombre égal aux Collectes. S'il n'y en a qu'une, il n'achève pas la conclusion, mais il s'arrête après qu'il a dit : Spirihts saneii Deus, S'il y en a plusieurs, il termine tout-à-fait la première, en disant même Amen. Alors une seconde conclusion a lieu pour la dernière Secrète , mais il s'ar-^ rête aux mêmes paroles, qui sont considérées comme le^ commencement de la Préface.
67. Après avoir dit les mots Spiritus sancti Deus de la dernière Secrète, il s'arrête, trouve dans le Missel la Préface qui convient, et, les mains sur l'autel à la manière ordmaire, il dit : Per omnia sœcula sœculorum et Dominus vobiscum ; à Sursum corda, il les élève à la hauteur de la poitrine, les paumes tournées l'une vers l'autre ; à Gratias ngamus, il les rejoint (sans les élever d'avantage) (1), et à Deo nostro, il regarde la croix et incline la tête {Rubr,, ibid., n. 8).
68. Quand il commence Vere dignum, etc^il étend de nouveau les mains, et les tient élévées comme pendant
(1) Quelques Rubricistes disent au contraire qu'en rejoignant les mains on les élève un peu.
60 PART. Il, TIT. I, CHAP. I, ART. VIII.
les oraisons jusqu'au Sanctus : alors il les rejoint, s'in* cline médiocrement, et dit d'un ton de voix médiocre: Sanctits, Sanctus, e/c, faisant attention de ne pas appuyer les mains sur l'autel. Aux paroles Benedictus qui venit, il se relève et fait le signe de la croix {Rubr., ibid). (1).
ARTICLE VIII
Du Canon à la fin de la Consécration,
69. La préface terminée,. le Prêtre pose la main droite sur l'autel, et de la gauche il trouve le Canon, puis il élève quelque peu les mains ; il lève aussi les yeux vers la croix et les abaisse aussitôt. Il joini les mains, les pose à la manière ordinaire sur le bord de l'autel 5 et alors, profondément incliné, il commence le Canon en disaat: Te igitur, etc., {Ruhr, Miss*^ part. 11, tit. viii, n. 1.) Il ne doit pas le commencer plus tôt, d'après le décret de la S. Congrégation des Rites du 7 septembre
70. Arrivé aux paroles Uti accepta habeas et benedicas, il étend les mains sur l'autel et le baise ; ensuite il se relève, joint les mains, et aux paroles Hœc dona, àœc munera, hœc sancta sacrificia illibaia, il fait trois signes de croix sur le calice et l'hostie conjointement ; et, sans joindre les mains, mais en les tenant élevées à l'ordinaire devant la poitrine, il continue : In primis guœ iibi offerimus, etc. (Rub7\, ibid.)
71. Quand il prononce le nom du Pape ^régnant, il fait vers le livre une légère inclination de tête (2) ; ce qui ne doit pas avoir lieu quand on prononce le nom de l'Evêque, puisque cela n'est pas dans la Rubrique,
(1) Plusieurs Rubricistes et la plupart des Cérémoniaux indiquaient que le Prêtre doit rejoindre les nnains aux paroles Hosannain JExcelsis. Ils étaient combattus par d'autres mieux fondés en raisons, puisque la Rubrique ne parle point de cette jonction des mains. La S. Congrégation, consultée sur ce'point, a répondu, le 12 novembre 1831 ; Serventur Rubricœ." Ce qui évidemment signifie qu'il n'y a pas jonction des mains.
(2) Une décision de la S. Congrégation a expressément déterminé ce point, le 23 mai 1846.
DE LA MESSE BASSE
comme l'observe très bien le P. Merati {hi Gav., p. ii, tit. VIII. n. 2.) (1).
72. En dmnt Mémento , Domine, etc., il élève et joint lentement les mains : les tenant ainsi à la hauteur de la poitrine, ou près du visage, mais sans le toucher, et sans les porter jusqu'à la hauteur des yeux, et baissant un peu la lête, sans toutefois qu'il soit obligé, comme Pont voulu quelques Rubricaires, de regarder l'hostie, qui n'est pas encore consacrée, il prie en silence, et renouvelle ses intentions pour l'application du saint Sacrifice, pendant un temps ni trop long ni trop court (2). Il continue ensuite, les mains étendues (Rubr,, ibid., n. 3).
73. Au Communicantes, on fait une légère inclination de tête vers le livre en prononçant le nom de la très sainte Vierge. On doit faire la même chose au nom d'un Saint dont on fait ou la fête ou mémoire, s'il se trouve dans cette prière, puisque la Rubrique prescrit en règle générale d'incliner la tête uhicumque nominahcr nomen,,,, Sanctorum de quibus dicitur Mism, vel fit commemoratio ÇRubr,^ ibid. tit. v. n. 2), comme l'a également décidé la S. Congrégation des Rites le 7 septembre 1816. Au très saint nom de Jésus, on fait la
(1) On doit toujours nommer PEvêque de la ville ou du diocèse où l'on célèbre, quand même il ne serait pas l'Ordinaire du Prêtre qui dit la Messe. Si l'on ne savait pas son nom, ou si on ne se le rappelait pas, il suffirait d'avoir l'intention de prier pour lui, en disant: Antistite nostro. Quand on célèbre à Rome, on omet les paroles et AntiS" tite nostro, puisque là il n'y a d'autre Ordinaire que le Pape. Le siège apostolique vacant, on omet les paroles qui concernent le Pape; si c'est le siège diocésain qui vaque, on omet ce qui regarde PEvêque {Ruhr., ibid. n. 2). {Note de P Auteur),
(2) Si l'on rendait en latin le texte de l'Auteur, on pourrait dire : Per iempus brève, sed non moment aneum. Voici, du reste, les termes de la Rubrique ; " Cum dicit Mémento, Domine, levans et jungens ma-
nus usque ad faciem vel pectus, sic junctis manibus stat paulisper in quiete, demisso aliquantulum capite, faciens commemorationem vivorum Christi iideJium ad suam voluntatem, quorum nomina, si
" vult secreto commemoret. Non tamen necesse est ea exprimere, sed mente tantum, eorum memoriam habeat. Potest etiam Celebrans, si pro pluribus orare intendit, ne circumstantibus sit morosus, ante Missam in animo proponere sibi omnes illos tam vivos qaam de-
" fuuctos, pro quibus in ipsa Missa orare intendit, et hoc loco generaliter uno contextu ipsorum vivorum commemotionem agere, pro
" quibus ante Missam orare proposuit in Missa."
62 PART. Il, TIT. I, CHAP. ï. ART. VIII.
même inclination, mais vers la croix (Rubr., u, ibid., et tit. VIII, n. 4).
74. Il rejoint les mains de la manière ordinaire pour la conclusion du Communicantes, à ces paroles Per eumdem Chrishcm, etc., sans faire aucun salut. Et quand il commence la prière Hanc igitur oblaiionem, etc., il ouvre les mains sans les disjoindre, laissant les pouces croisés l'un sur l'autre (l) en dessus et non en dessous des mains, comme le prescrit le décret delà S. Congréga^ tion des Rites du 4 août 1663 ; et il pose les mains ainsi étendues sur les oblats {Ruhr,, ibid. n. 4), en sorte que l'extrémité des doigts arrive au milieu de la pale, mais sans la toucher.
75. A la conclusion Per Christum, etc., il les rejoint tout-à-fait, et les rapproche contre lui (sans faire aucu^ ne inclination de tète), et il poursuit ainsi : Quam oblaîionem, etc.^ jusqu'à ces paroles Benedictam, etc. {Riibr., ibid.).
76. Il pose la main gauche sur l'autel, et fait de la droite trois signes de croix sur les oblats, en disant, au premier, Benedictam ; au second, Adscriptam ; au troir sième, qui se fait lentement, Ratam, rationahilem, accepiabilemgue facere digneris. Poursuivant: Ut nobis corpus, il en fait un autre sur l'hostie seule, et, en disant : et sanguis, un autre encore sur le calice seulement ; puis aussitôt, élevant et rejoignant les mains devant la poi^ trine, il continue : Fiat dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi. A ce nom il incline la tête {Rubr., ibid.).
77. Puis il essuie (si cela est nécessaire, dit la Rubriue) le pouce et l'index de chaque main sur l'extrémité u corporal, et dit : Qui pridie quam pateretur. Il prend
alors l'hostie entre le pouce et l'index de la main droite {Rubr., ibid.); et, pour le faire plus facilement, il appuie un peu dessus avec l'index de la gauche (ce qu'il fait également toutes les fois qu'en d'autres circonstances il faut prendre l'hostie) (2). Puis, aussitôt, la prenant également avec le pouce et l'index de la gauche, il étend
(1) Le pouce droit sur le gauche,
(2) Sur le bord de l'hostie; ce qui doit faire élever un peu Pautre îx>rd, par où l'on peut la prendre plus facilenient de la droite.
DE LA MESSE BASSE
les autres doigts joints ensemble ; et se tenant droit, l'hostie élevée quelque peu au-dessus du corporal, il continue : Âccepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas (Rubr,, ibid.).
78. Quand il dit: Et elevatis omlis in Cmlum^iWèvQ les yeux au Ciel, et les abaisse aussitôt. A Tibi grattas agens, il incline la tête ; à Benedixii, il fait de la main droite un signe de croix sur l'hostie, qu'il reprend incontinent de la même main en poursuivant : Fregit, deditque Discipulis suis^ dicens : Jlccipiie, et manduvate ex hoc omnes (Rubr,, ibid.).
79. Tenant ainsi l'hostie des deux mains, après qu'il a fini les paroles qui précèdent, et non auparavant, il appuie décemment les coudes sur le devant de l'autel, incline la tête, et prononce les paroles de la consécration, Hoc est enim corpus meum, distinctement, révérencieusement, sans aucune élévation de voix (Rubr^,^ ibid., n. 5), sans effort de tête ni de bouche, et sans aspiration forcée.
80. L'hostie étant consacrée, il continue à la tenir entre les mêmes doigts (se redresse en retirant un peu les mains vers le bord antérieur du corporal), plie le genou droit jusqu'à terre, et adore le saint Sacrement {Rubr,^ ibid.).
81. Après avoir adoré la sainte hostie, il se relève aussitôt, et (bien posé sur ses pieds) il l'élève lentement (1), en sorte qu'elle puisse être vue des assistants 5 pour lui, il la suit toujours des yeux {Rubr.^ ibid.).
82. Il la descend de même 5 et, quand elle est proche du corporal, il la repose respectueusement dessus avec la mnin droite seule, et fait de nouveau la génuflexion {Rubr,, ibid) (2).