Après cette génuflexion, il découvre le calice
(1) Le Prêtre doit faire attention d'élever la sainte hostie en ligne droite, et non au-dessus de sa tête ou en dehors du corporal ; il ne l'été vera ni si haut, qu'il soit obligé d'avoir les bras trop tendus ni si bas, qu'jl les ait trop arqués, il prendra également garde de la tenir arrêtée en l'air, corrjme aussi de faire cette action avec tant de précipitation qu'il ne laisse pas le temps à l'œil de l'apercevoir, ni aux fidèles celui ae l'adorer {Note de V Auteur.)
(2) Depuis ce moment jusqu'après Pablution, le pouce et Vindex de chaque main ne doivent plus être séparés, si ce n'est pour toucher
6é PART, il, TIT. I, CHAP. I, ART. VIII.
en prenant la pale entre Vindex et le médius (c'est de cette même manière qu'il la prend en toute autre occasion semblable). Et, en cas que quelque parcelle soit restée attachée aux doigts qui ont touché la sainte hostie, il les frotte légèrement entre eux au-dessus du calice (Rubr., ibid. n. 7) (1), mais non pas contre les parois de la coupe.
84. Ayant découvert le calice, et se tenant droit, il dit: Simili modo postquam cœnatum est 5 puis, en même temps qu'il dit les iparoles ^ccipiens et hune prœclarum calicem, il prend avec les deux mains le calice entre la coupe et le nœud (2), il l'élève un peu au-dessus du corporal pour l'y reposer tout de suite ; et, sans le quitter aux mots Tibi gratias agens, il fait une inclination de tête vers l'hostie consacrée. En disant : Benedixit, il fait avec la main droite un signe de croix sur le calice, sans pour cela le quitter de la main gauche, et, le reprenant avec les deux mains, il continue Deditque Discipulis suisy dicens : Accipite, et bibite ex eo omnes (Rubr., ibid.).
85. Quand ces paroles sont achevées, et non auparavant, il appuie les coudes sur l'autel, et, élevant un peu le calice, qu'il tient de la main droite par le nœud, en même temps qu'il le soutient avec les trois doigts inférieurs de la main gauche par le pied (sans le pencher avec affectation de son côté), la tête inclinée, il prononce dévotement les paroles de la consécration, Hic est enim caliXy etc. {Rubr,, ibid.)
la sainte hostie ; et lorsqu^il faut tourner les feuillets, on prend le signet entre Vindex elle médius. Les mains se posent sur le corporal, comnae déjà on l'a fait observer, si ce n'est lorsqu'étant jointes on doit les appuyer à l'autel. Dans ce dernier cas il ne faut pas imiter certains prêtres qui les portent, ainsi jointes, sur l'intérieur du corporal, comme s'il voulaient toucher des doigts la sainte hostie : mais il faut le faire de telle sorte que le bout des petits doigts touche le devant de l'autel. (Note de V Auteur,)
(1) Cela devra se faire, dit la Rubrique, toutes les fois que quelque parcelle reste attachée aux doigts. Mais, comme il n'est pas bien facile de savoir si quelque parcelle n'est pas ainsi restée, par une bonne précaution, on pourra le faire toutes les fois qu'après avoir touché la sainte hostie, on aura à s'occuper, à l'égard du calice, de quelque action qui en donne le moyen. {Note de lAuteur,)
(2) Juxta nodum infra cuppam, dit la pubriqiie^
DE LA MESSE BASSE
86. La consécratioTi ftiite, il pose le calice sur Pautelj et, en disant à voix basse : Hœc quotiescumque feceriiis^ il fait la génuflexion et adore le Sang précieux. S'étant relevé, il prend le calice de la main droite par le nœud, de la gauche par le pied, et, le suivant des yeux, il l'élève en sorte qu'il puisse être vu par le peuple ; puis il le remet à sa place, le couvre de la pale, et fait de nouveau la génuflexion (Rubr.f ibid.) ; prenant garde, ici et en autres circonstances semblables, que le manipule ne touche la sainte hostie.
ARTICLE i:^.
Du Canon, depuis la Consécration jusqu^ au Pater.
87. Le Prêtre ayant fait la génuflexion, se tient droit, et, les mains étendues à la manière ordinaire, il dit ; IJnde et memores, etc. ÇRubr. Miss, part, n, tit. ix, n, 1.)
88. Aux paroles De fuis donis ac datis, il joint les mains devant sa poitrine, et, ayant posé la gauche sur le corporal, il fait de la droite trois signes de croix sur le calice et l'hostie conjointement, disant, au premier, Hostiam puram ; au second, Hostinm sandam ; au troisième, Hosiiam immaculatam. Il fait immédiatement un autre signe de croix sur l'hostie, en disant : Panem sancium vitœ œternœ ; puis un autre sur le calice, en disant : Ei calicem salntis perpetuœ. Après cela, le§ mains étendues à l'ordinaire, il poursuit : Supra qvœ propitio, etc. (Rubr., ibid).
89. A Supplices te rog-amw, il se tient profondément in-; cliné, les mains jointes et appuyées sur le bord de l'autel, et non pas sur l'intérieur du corporal. La S. Congrégation des Rites l'a ainsi ordonné le 7 septembre 1816.
90. A ces paroles Ex hnc altaris participatiO'^e, il pose les mains de chaque côté sur l'autel, et le baise au milieu, en prenant garde de toucher la sainte hostie (Rubr., ibid).
91. S'étant relevé, en disant Sacrosanchm Filiitui, il rejoint les mains, puis pose la gauche sur l'autel pour faire de la droite un signe de croix sur la sainte hostie au mot Corpus^ et immédiatement un autre signe de croix sur le calice aux paroles Et sanguinera sumpseri^
PART. Il, TIT. I5 CHAP. I, ART. IX.
mus. Et, posant aussitôt la main gauche au dessous de la poitrine, en prenant garde que Vindex et le pouce ne touchent la chasuble, il fait de la droite le signe de la croix sur lui-même en disant: Omni benedidione cœlesti et gratia repltamur ; il rejoint incontinent les mains devant la poitrine à la conclusion, Per eumdem Chrisîum Dominum nostrum (^Rubr,, ibid).
92. Lorsqu'il dit : Mémento, Domine, etc., il écarte les mains, les étend et les rejoint lentement, de manière que la conjonction ne se fasse qu'à In somno pacis. Les tenant unies et élevées jusqu'au menton (1) il baisse un peu la tête, et, les yeux fixés sur l'adorable Sacrement, il fait, pendant une petite pause, mention des défunts qu'il doit ou qu'il veut recommander {Rubr.^ ibid).
93. Après cette recommandation, il relève la tête, et, les mains étendues comme auparavant, il continue : Ipsis, Domine, etc. A la conclusion, Per eumdem Christum Dominum nostrum, rejoignant les mains, il fait une inclination de tête à la croix (^Rubr., ibid), quoique le saint nom de Jésus ne soit pas prononcé ; c'est le seul cas dans toute la Messe où il en soit ainsi.
94*. Il met ensuite la main gauche sur le corporal, et se frappe légèrement la poitrine avec les trois derniers doigts de la main droite^ en même temps que, d'un ton de voix médiocre (comme pour V Oratefratres), il dit : JVobis qvogue peccatoribus {Rubr,, ibid., n. 3) (2),
95. Les paroles Famulis luis, etc., se disent à voix basse, et les mains étendues à l'ordinaire {Rubr,^ ibid.) (3).
96. Arrivé à la conclusion, Per Christum Dominum nostrum, il rejoint les mains comme de coutume, sans ajouter Amen {Rubr,, ibid.).
(1) Usque ad faciem, termes de la Rubrique.
(2) Lorsqu'il devra se frapper la poitrine, en cette circonstance, à Pjîgnus Dei, au Domine, non sum dignus, il aura soin de tenir les t; ois derniers doigts de telle sorte que le pouce et Pindex ne touchent pas la chasuble» [Durandus, lib. iv, cap. xLVi) (Note deV Auteur»)
(3) Si Pon fait la fête ou mémoiie d'un Saint mentionné dans cette 1 prière; en prononçant son nom, on incline légèrement la tête vers le | livre. îl est bon de dire, en passant, que le saint Jean dont il y est j question, c'est saint Jean Baptiste. La S. Congrégation Pa déclaré | ainsi la %1 mars 1824. j
DE LA MESSE BASSE
97. Mais il continue immédiatement : Per quem hœc omnia^ etc., et, la main gauche posée sur l'autel, il fait trois signes de croix sur le calice et l'hostie conjointement, disant, au premier, Sandificas ; au second, Vivificas ; et au troisième, Benedicis^ et prœstas nobis {Ruhr., 'ibid.).
98. Il découvre aussitôt le calice, fait la génuflexion ; et, s'étant relevé, il prend respectueusement avec le pouce et l'index de la main droite l'hostie au-dessous du milieu, et, tenant le calice de la gauche par le nœud, il fait trois fois avec la sainte hostie le signe de la croix au-dessus du calice dans son diamètre intérieur, sans sortir de sa circonférence et sans toucher aucunement ses bords. Au premier signe de croix, il dit : Per ipsum; au second. Et cum ipso / au troisième. Et in ipso ; et immédiatement, sans cesser de tenir le calice de la main gauche, il fait deux autres signes de croix sur le corporal, entre la coupe et sa poitrine ; le premier, pendant qu'il dit : Est tibi Deo Patri omnipotenti , le second en disant ; In unitate Spiritus Sancii ; puis, reportant incontinent l'hostie au-desssus du calice, où il la tient de la main droite, il élève un peu le calice et l'hostie à la fois en disant: Omnis honor et gloria. Ayant ensuite déposé le calice et replacé Phostie à sa place, il frotte légèrement ses doigts sur le calice, le recouvre, fait la génuflexion {Rubr,, ibid), et continue comme nous allons le dire :
ARTICLE X
Du Pater noster à la Communion.
99. Après avoir fait la génuflexion, il pose les mains sur le corporal, et dit d'une voix intelligible : Per omnia sœcula sœculorum. Le Servant ayant répondu ^men, le Prêtre poursuit, Oremus, etc., rejoignant les mains et inclinant la tête vers le très saint Sacrement ; il relève la tête, et continue, les mains jointes, jusqu'au Pater, qu'il dit tout entier les mains étendues devant la poitrine, et les yeux arrêtés sur la sainte hostie {Ruhr., JWm.,part. II, tit. X, n. 1).
100. Après que le Servant a répondu : Sed libéra nos a malo, le Prêtre dit tout bas, Amen, Après quoi il tire
PART. II, TIT. I, CHAP. I, ART. X
la patène de dessous le corporal, et l'essuie de la main droite (1) avec le purificatoire, qu'il place ensuite à quelque distance du corporal du côté de l'épître. Il prend la patène entre l'index et le médius de la main droite, il la tient dressée (et appuyée sur la nappe près du corporal, le dedans vers le milieu de l'autel), et dit: Libéra nos, etc. {Ruhr,, ibid.).
101. Avant de dire: Da propitius pacem, il met la main gauche au-dessous de la poitrine, et fait sur soi, avec la patène, qu'il a dans la droite, un signe de croix ordinaire, en disant : Da propitius pacem in dièbus nostris (2). En terminant le signe de croix, il baise la patène, non pas au milieu, mais près du bord, conformément au décret de la S. Congrégation des Rites du 24^ juillet 1683 : il serait même convenable de ne pas la baiser sur la partie que devra toucher la sainte hostie. Puis, poursuivant : Ut y ope misericordiœ, il fait passer la patène sous l'hostie, en s'aidant pour cela de l'index de la main gauche {Rubr,, ibid., n. 2.)
102. Après cela il découvre le calice, et fait la génuflexion ; puis il prend l'hostie entre l'index et le pouce de la main droite, la porte avec ces deux doigts au-dessus du calice^ où, l'ayant prise aussi avec les deux premiers doigts de la main gauche, il la rompt doucement et peu à peu en ligne droite par le milieu, en commençant par le haut, et disant pendant cette action : Per Dominum nostrum Jesvm Christum Filium tuum. L'hostie divisée, il po«e sur la patène la partie qui est dans sa main droite ; puis de la même main il détache une petite partie du bas de l'autre moitié qu'il tient avec sa main gauche au-dessus du calice, disant en même temps : Qui tecum vivit et régnât , et rien de plus {Ruhr,, ibid.) (3).
(J ) La main gauche posée sur le corporal (Rubr., ibid).
(2) Quelques Rubricaires, fondés sur le Cérémonial des Evêques Clib., II, c. VIII n. 73) veulent qu'on fasse le signe de la croix avant de dire : Da propitius pacem ; mais PAuteurfn'a fait que traduire ici la Rubrique du Missel. Ceux qui demandent qu'on anticipe un peu le signe de croix, ont pour but de faire baiser la patène au mot Pacem. En suivant le texte de la Rubrique, on le fait immédiatement après ces paroles du Missel : In diebus nostris,
(3) Ce n'est pas la Rubrique, mais un décret de la S. Congrégation des Rites, qui détermine que c'est du basque l'on détachera cette particule. Ce décret est du 4 août 1665. {Note de V Auteur)*
DE LA MESSE BASSe*
103. n retient cette particule avec la main droite audessus du calice, et pose sur la patène la partie qui lui reste à la main gauche (1), en disant : In unitate Spirilus sancti Deus. Il porte aussitôt la main gauche au nœud du calice, et dit à haute voix : Per omnia sœcula sœculorum. Le Servant ayant répondu Amen y le Prêtre fait au-dessus de la coupe avec la particule trois signes de croix, en disant, au premier, Vax Domini; au second, Sit semper ; au troisième Vobiscum, Le Servant répond: Et cum spiritu iuo, et le Célébrant laisse tomber la parf icule dans le calice, en disant tout bas : Hœc cornmixiio, etc : il frotte ensuite légèrement entre eux le pouce et l'index au-dessus du calice et fait la génuflexion {Rubr., ibid.) (2)
104«, Après qu'il s'est relevé, se tenant médiocrement incliné vers l'adorable Sacrement, les mains jointes entre sa poitrine et Tautel, sans pourtant le toucher, il dit à haute voix : Agnus De% qui tollis peccala mundi ; et mettant alors la main sur le corporal, et se frappant la poitrine de la droite avec les trois doigts qui n'ont pas touché la sainte hostie, il ajoute : Miserere nobis: ce^qu'il réitère au second Miserere nobis et à Doua nobis pacem^ sans rejoindre les mains depuis qu'il les a séparées au premier Agnus (Rubr. ibid.).
105. Ensuite, les mains jointes et posées de la manière ordinaire sur le bord de l'autel, et non sur le corporal, conformément au décret de la S. Congrégation des Rites du 7 septembre 1816, il dit tout bas les trois oraisons prescrites avant la communion, tenant les yeux arrêtés sur la sainte hostie (Rubr., n. 3).
106. Les oraisons terminées, il fait la génuflexion, et, se relevant, il dit : Panem cœlestem accipiam, et nomen Domini invocabo (Rubr,, ibid).
107. Il prend alors de la main droite les deux parties de l'hostie, sans les faire sortir en dehors de la patène ou au moins en les faisant venir seulement par le
(1) En la joignant à l'autre de manière que l'hostie conserve sa forme ronde. Ainsi le recommandent, en général, les cérémoniaux.
(2) Après avoir frotté ses doigts, et avant de faire la génuflexion, il doit couvrir le calice (Rubr. y ibid) ; ce qu'il fait de la main droite, en mettant la main gauche sur le pied.
70 PART. Il, TÏT. I, CHAP. I, ART. X.
côté (1), de telle sorte qu'aucune parcelle ne puisse tomber sur le pied du calice : pour le faire avec plus de commodité et de décence, il s'aide de la main gauche» Puis il prend ces deux parties entre l'index et le pouce de cette même main gauche, de telle manière qu'elles ne soient pas totalement superposées l'une sur l'autre (2). Ensuite, avec la main droite, il place la patène sous l'hostie entre l'index et le médius de la gauche : tenant ainsi Phostie et la patène entre sa poitrine et le calice^ un peu au-dessus du corporal, s'inclinant un peu (3), sans s'appuyer, s'il lui est possible, du bras gauche sur l'autel (4) ; et, sans nullement se tourner d'aucun côté, il dit trois fois, d'un ton de voix médiocre : Domine^ non sum dignus ; en même temps il se frappe à chaque fois la poitrine ; puis il poursuit tout bas.: Ut intres, etc. [Ruhr, y ibid., n. 4). (5).
108. Après cela, il se redresse, prend les deux parties de l'hostie (6) entre le pouce et l'index de la main droite, se signe lui-même avec cette sainte hostie, en tenant toujours la patène dessous, et en prenant garde que la croix qu'il forme ne dépasse pas en largeiur la circonfé-
(1 ) On par le haM.
(2) On peut réunir les deux parties de Phostie de sorte que l'une soit un peu sur l'autre, ou seulement les approcher l'une auprès de l'autre. Les Cérémoniaux demandent, en général, q^a'elles soient placées de manière à former une figure ronde ou à peu près.
(3) Les Cérémoniaux prescrivent, en général, une inclination mé-* diocre.
(4) Merati {in Gofv,, paît., ii, tit. x, n. 13) observe qu'un Prêtre,, en cas de faiblesse, pourrait appuyer le petit doigt sur le corporal. Saint Liguori, avec d'autres Rubricistes, dit le coude hors du c&rporaL Merati {ibid) combat ce dernier sentiment,
(5) Afin de ne pas se presser en achevant la formule, il pourra^ aussitôt après avoir irapi^é sa poitrine^ reposer sa main sur le corporal, ou ja mouvoir assez lentement pour se laisser le temps de dire les paroles. {Note de V Auteur.)
(6) Qu*il met entièrement l'une sur l'autre, selon l'usage général» f 1 y a plusieurs manières d'opérer cette action. Voici celle qui nous paraît la plus simple et la plus commode : Immédiatement après le dernier Domine, non sum dignus, les deux parties de la sainte hostie étant tenues par les deux premiers doigts de la main gauche, on piend de la droite la partie la plus avancée près de l'intérieur de cette main gauche, on la tire tout-à-fait, et on la pose doucement sur l'autre. On fait ensuite passer ces deux parties ainsi réunies de la main gauche à la droite»
DE LA MESSE BASSE
rence de la patène, et ne s'élève pas en hauteur tellement que l'hostie puisse être vue du peuple. (Rubr,^ ibid). (1).
109. Après avoir fait ce signe de croix, le l'rêtre appuie modestement les coudes sur le devant de l'autel, et, ainsi incliné médiocrement, et tenant au-dessus de la patène, les deux parties de l'hostie superposées l'une sur l'autre, il se communie avec beaucoup de révérence [Rubr., ibid). (2).
110. Ayant ainsi pris la sainte hostie, il pose la patène sur le corporal, se relève, et, sans séparer les pouces du second doigt, il joint les mains devant son visage^ et prie mentalement pendant un court espace de temps {Ruhr., ibid.) (3).
111. Après ce moment de recueillement, il sépare ses mains, et dit à voix basse : Quid retribuam Domino ; en même temps il découvre le calice, et fait la génuflexion. Ayant pris ensuite la patène de la main droite^ il recueille avec soin et attention les parcelles qui auraient pu rester sur le corporal {Rubr,, ibid). : pour cela, il soulève, s'il en est besoin, l'extrémité du corporal avec la main gauche (4).
(1) Il fait le signe de croix en disant: Corpus Domini nostri Jesu Christi (Ruhr., ibid.).
(2) Caveat Sacerdos (dit Merati, tom 1, p. 588) ne dentîbus comminuat sacrosanctam hostiam. Nous ne voulons pas condamner la pratique respectueuse recommandée ici; mais lorsqu^on ne pourrait avaler la sainte hostie qû'après un certain temps, si on ne la faisait passer sous les dents, on peut le faire sans scrupule, puisque, comme le remarque très bien Certoni, dans ses Rites de la Messe privée, cette chair immortelle et impassible ne reçoit aucun dommage des dents^ qui ne brisent pas le Corps adorable, mais seulement les espèces. {Note de V Auteur.)
(3) Quelques Prêtres s'arrêtent également un instant et font un peu de méditation pour produire quelques actes avant la communion ; mais la plupart des Auteurs condamnent cette pratique, par la raison qu'il n'est pas permis de mêler des actes de dévotion particulière aux actes publics de' religion, à moins que la Rubrique ne les permette, comme, par exemple, aux deux Mémento, et après la communion sous l'espèce du pain.
(4) La plupart des Cérémoniaux sont plus explicites sur l'action du Prêtre en cette circonstance. Voiei la manière indiquée et assez généralement pratiquée pour recueillir les saintes parcelles. Le prêtre, ayant fait la génuflexion, se relève, recule un peu le calice, puis, prenant entre iHndex et le médius de chaque main les coins de la partie antérieure du corporal, il le secoue légèrement sur la patène, d'à-
PART. II, TIT. I, CHAP. I, ART. X
112. Après avoir recueilli les parcelles, il porte la patène au-dessus de la coupe (1), et, la tenant un peu inclinée, il la prend entre l'index et le médius de la main gauche, près de l'endroit où il la tenait de la main droite, puis, avec le pouce et l'index de cette dernière main, il fait tomber dans le calice les parcelles qui peuvent s'y trouver, en passant légèrement ces doigts sur la partie intérieure (2), et enfin il frotte légèrement ces mêmes doigts entre eux au-dessus de la coupe du calice {Rubr. ibid.), mais jamais sur ses parois.
113. Après cela, le Prêtre, tenant toujours la patène de la main gauche, pose cette main sur l'autel, et prend avec les trois doigts libres de la droite le calice au-dessous du nœud, en disant: Calicem salutaris, etc., jusqu'à iSafow5 cro inclusivement : alors il l'élève de telle sorte que le haut de la coupe arrive vis-à-vis son front, et il se signe avec le calice comme il l'a fait avec l'hostie, en disant: Sanguis Domini nostri, etc. {Rub., ibid., n. 5). (3.)
114. Ayant fait ce signe de croix, il se tient droit, et prend avec grand respect, en deux ou trois fois, le précieux Sang, avec la particule qui a été mise dedans, en tenant en même temps la patène sous le calice {Rubr., ibid., n. 5) asssez proche de son menton. Il prendra
bord de la droite seule, puis de la gauche, enfin des deux mains ensemble ; après quoi, sans quitter le corporal de la main gauche, il prend la patène de la droite vers le calice entre les mêmes doigts, et la conduit, à trois ou quatre reprises, le long du corporal, tandis que de la g-auche il en relève les extrémités pour renvoyer les parcelles sur la patène ; il reprend ensuite de la main gauche la patène au même endroit, et il la conduit vers sa main droite, ainsi qu'il l'a fait de l'autre côté du corporaL Si, nonobstant tout ce soin, on découvrait plus tard de saintes parcelles, l'Auteur expose ce qu'il faudrait faire, part, i, chap. ix, q. 5 et suivantes.
(1) Les Cérémoniaux qui permettent de reculer un peu le calice pour recueillir les parcelles, disent qu'après les avoir recueillies on le rapproche.
(2) Et en prenant bien garde de ne pas faire tomber les parcelles en dehors de la coupe.
(3) La plus grande partie des commentateurs des Rubriques prétendent que le Prêtre, en se signant tant avec la sainte hostie qu'avec le calice, ne doit pas incliner la tête aux mots Jesu Christi ; ce qu'en vérité on ne peut pas prouver, au moins d'une manière claire, par la Rubrique. Aussi un grand nombre de Prêtres s'en tiennent sans scrupule à la règle générale, qui prescrit l'inclination de tête à
DE LA MESSE BASSE. 73
garde qu'il est plus convenable de ne pas sortir le calice des lèvres que de le porter plusieurs fois à la bouche (1.)
115. Quelques Prêtres, suivant l'enseignement de quelques Rubricistes, même d'assez grand poids, ont coutume, après avoir pris le précieux Sang, de se tenir un peu dans le recueillement, le calice posé sur Pautel. D'autres, s'en tenant au texte de la Rubrique, qui ne fait en rien mention d'une telle pratique, posent immédiatement sur le corporal la main gauche avec la patène entre les doigts, disant tout bas : Quod ore sumpsimiis^ etc., et en même temps, sans se déranger, présentent le calice vers le coin de l'épître, pour que le Servant y verse le vin de la purification, qu'ils prennent sur-le-champ (Rubr., ibid.), en tenant, comme pour la communion, la patène sous le menton (2).