CHAPITRE IV
l>e la, Messe des Mort^»
1. Si le Prêtre, qui se propose de dire la Messe des mor s, récite les psaumes de la préparation (ce qui est luissé à sa liberté, comme déjà nous en nvoiis tint l'observation), il doit les terminer p-ar le G/om i^/^n, et même y ajouter VJllIeluînd^ïis le temps pa.scal ; car cette préparation ne fait ] omt partie de la Messe ni de TOfîice des moris. Il iLut en dire autant de Piiction de giâces. Il baise aussi, à l'ordinairiî, les ornements sacrés, selon l'enseignement de tous les Auteurs. Il n'y a de de différences entre cette Messe et les autres que celles que non s allons exposer.
2. Le Prêtre, ayant dit VLitroibo, omet le psaume Jud ca me, L eus^ etc., et dit immédiatement: ^djuio/ium nostrum. etc., en faisant de nouveau le signe de la croix (RuÔ7\s *^!ïss., PART. II, lit. XIII, n. 1).
3. A. l'Introït, au lieu de se signer liii-mêmej il fait le signe de la croix avec la main droite sur le Missel (1), la gauche po:iée sur l'autel, conibrmément au décret de la Congiégation des Uites du 7 septembre 1816.
4. Avant de lire l'évangile, il dit: Manda cor meum'^ mais \\ omet Jube Domine^ avec ce qui suit. Apiès l'évangile, il ne baise pas le livre, et ne dit pas : Per Evangelica dida {Ruhr., ibid.) (2).
5. Il ne bénit pas l'eau avant de la mettre dans le calice, quoiqu'il dise la prière Dens qui humanœ substantiœ.
A la fin du psaume Lavabo, il omet le Gloria Pairi {Rubr,, ibid.), sans le remplacer par le Requiem œttrnam, etc.
6. A 1'.^^ us Dei, il ne se frappe point la poitrine ; mais fc*e tenant médiocrement incliné, les mains jointes entre sa poitrine et l'autel, sans le toucher, il dit ; Dona eis
(1) De la même manière que s'il le bénissait.
(2) Ce dernier point a été confirmé par UBe décision de la S* Congiégation, le 11 septembre 1847.
DE LA MESSE BASSE
req^nem an lien de JMùerfre nohis, et au troisième n^^gnvs Dd, il dil ; Liona en rtquiem ^^emjnitrnam {Ruhr., ibul.)
7. 11 omet la première des trois oraisous avant la communion Rubr., ib d.).
8. A la fin de la Messe, au lieu de lté, Missn est, il dit Requitscant in pace, et non pas Beqviescat (Rnbr,, il)id.), lors même qu'il n'aurait célébré que pour un seul. Il le dit tourné vers Pautel, comme pour le Benedicamus Domino.
9. Aj rès avoir dit : Placeat et baisé l'autel, il omet Btnidicat vos, et ne donne point la bénédiction sur le peuple; muis il passe immédiatement au côté de l'antel pour dire révan<2,ile de :<aint Jean à rordiiiîu're suivant, pour le reste, les règles des autres Messes. {Rubr,^ ibid.).
10. En ce qui qui concerne cette Messe des morts, il est bon d'observer que, toutes les fois qu'on ne dit qu'une oraison, on doit dire le Dies irœ. Cela airive, 1^ au jour de la Comruémoraison générale des défunts ; 2^ au jour de la mort ou de la sépulture ; 3^ aux troisième, Srptième et trentième jours, et à Tanniversaire, jours qu'on ^\)^cA\e privilégiés,
11. On j)eutdire une Messe des mor's tous les jours, à l'exception des doubles, des dimanches, du ] remier j(»ur du Carême, de toute la semaine sainte, des trois vigiles de Noël, de l'Epiphanie et de la Pentecôte. Il faut aussi exce[)tcr les octaves de la Fête-Dieu et de Noël, d'a[)rès certains décrets de la Congrégation des Rites, quia établi ce point en 1670 et en 1706 ; et selon la doctrine de cette même Congrégation, on ne peut non plus dire une Messe des morts quand le saint Sacrement est exposé. Nous avons dit qu'à ])arî ces exceptions, on peut, et non pas qu'on doit dire une Messe des morts, ainsi que quelques Prêtres sembleraient le croire, puisque tous les jours permis ils disent cette Messe.
CHAPITllE Y.
la Messe basse devaiit le très Sf. Sacrement exposé*
1. Ordinairement parlant, il serait convenable de ne pas célébrer de Messe basse sur un autel où le très
PART. 11^ TIT. I, CHAPV,
saint Sacrement est exposé, ainsi que le déclare le Ccrémonial des Evêques^ 11 br* i, cap. xii, n* 9, en faisant remarquer que telle était l'ancienne discipline de l'Eglise : la pratique des basiliques de Rome et des églises les mieux disciplinées y est encore conforme. Lorsque, néanmoins, il y a de bonnes raisons pour célébrer sur un autel devant le très-saint Sacrement, on doit observer avec la plus grande exactitude toutes les cérémonies que nous allons marquer.
2. Aussitôt que le Prêtre, allant à l'autel, arrive en vue du saint îSacrement, il se découvre et donne sa barrette au Servant. En arrivant, il fait in piano la génuflexion à deux genoux avec inclination profonde. Monté à l'autel, il pose le calice à l'ordinaire, et fait aussitôt la génuflexion d'un seul genou, ainsi que cela se pratique toujours quand elle se fait sur la plate-forme du marche-pied ; puis il arrange le calice, il fait de nouveau la génuflexion, va au côté de l'épître, prépare la Messe, retourne au milieu, fait une nouvelle génuflexion ; et, se retirant un peu de côté, le dos vers le coin de l'évangile, il descend au bas, fait encore une fois la génuflexion d'un seul genou sur le dernier degré, sans autre inclination de tête, et commence la Messe.
3. Lorsqu'après le Confdeor il monte à l'autel, il ne fait pas de génuflexion avant de monter ; mais il la fait en arrivant, avant de dire Oramus te. Après avoir fait cette prière et baisé l'autel, il fait une seconde génuflexion et se rend au livre pour l'Introït.
Règle générale. On doit faire la génuflexion toutes les fois qu'on quitte le milieu pour aller à un des côtés de l'autel, et toutes les fois que de l'un des côtés on vient au milieu. Mais il faut remarquer que quand on quitte le milieu, si l'on doit baiser l'autel ou observer quelque autre point de la Rubrique, on fait cela d'abord, et la génuflexion eu dernier lieu ; tandis que, quand on vient au milieu, la génuflexion est la première chose que l'on doit faire, puis on suit la Rubrique pour le baiser de l'autel ou tout autre point.
4. Au Dominus vobiscum, il se retire un peu du milieu de l'autel, de telle sorte qu'il ait le dos du côté de l'évangile et qu'il ne soit tourné qu'à demi vers le peuple ,
DE LA MESSE BASSE
ce qu'il observe dans tous les cas où il faut se tourner du côté du peuple.
5. Quand il doit se laver les mains, ayant fait la génuflexion, il descend par les degrés latéraux du coin de l'épître jusqu'au bas ; et se tournant sur sa droite de manière à ne pas tourner le dos à l'autel, il se place de telle sorte qu'il a le coin de l'épître à son côté droit et le visage tourné vers le peuple : il se lave les mains, les essuie au même lieu ; puis il retourne aussitôt au milieu de l'autel, et fait en arrivant la génuflexion.
6. Il dit VOratCy fr atr es ^ comme le Bominus vohiscum, sans faire le tour entier. Depuis ce moment jusqu'à la communion, il n'y a rien de particulier à cette Messe : elle se dit en tout à l'ordinaire.
7. Après qu'il a pris la purification, il reçoit au même lieu l'ablution des doigts, sans se déranger, et en se tenant le plus qu'il le peut vis-à-vis le saint Sacrement {Bauldry^ part, iv, c. 9, art. 2, n. 12.); ensuite il essuie ses doigts, prend les ablutions, et arrange le calice à l'ordinaire (1).
8. Il continue la Messe en observant, pour le Domi-nus vobiscum et Vite Missa est, les règles déjà données touchant les génuflexions et la manière de se tourner. S'il doit dire Benedicamus, après le Dominus vobiscum^ il se retourne vers l'autel, et ne le dit qu'après avoir fait la génuflexion.
(1) L'enseignement des Auteurs est fort divers sur la manière dont le Prêtre doit recevoir les ablutions quand le saint Sacrement est exposé. Voici ce que dit Merati : Post sumptam puriûcationem, Sacerdos ponit caîicem extra corporale ad cornu Epistolœ ; tum genuflectit in medio altaris unico genu, surgit, et vadit ad cornu Epistolœ, ubi est calix, ihi accijnt dictum calicem ; ubi,facta in eo digiiorum ablutione et eorum abstersione, ponit calicemprope corporale, tum, procedit ad riiedium altaris, et ibi genujlectit, ut supra, surgit, accipit calicem, et sumit ablutionem (in Gav., part, ir, titre xiv, n. 22). La pratique tracée par ce savant Rubriciste est modifiée par l'auteur des Cérémo^ nies de la Messe basse (Paris. 1S34). Après la purification, dit-il, ^' ayant fait la génuflexion, le Prêtre prend des deux mains le calice, " va au coin de l'épître recevoir Pablution des doigts en posant le ca-
lice sur Vautel à l'ordinaire, sans se tourner aucunement ; et, étant revenu au milieu, il lait encore la génuflexion." P'autres Cérémo^ niaux portent simplement qu'iZ prend Pablution comme aux autres Messes. Nous ne voyons pas en effet sur quoi l'on se fonderait pour agir en cette circonstance autrement qu'à l'ordinaire.
PART. II, TIT. I, CHAP. VI
9. Après Placeut tihi, Snncta Trirdtas, il baise l'autel, dit Benedicai vos omnipotens Deits ; et, au lieu de l'inclination ordinaire, il fait la génuflexion; puis se tournant vers le peuple, il donne la bénédiction ; après quoi il n'achève pas le tour, mais, sans faire la génuflexion, il se tourne par le côté gauche au coin de l'évangile, dit Dominus vobiscum, et lit le dernier évangile, ayant soin de faire le signe de la croix sur lui-même seulement, ainsi que le prescrit la Rubrique du Missel {Fer, V., in cœna Domini), et non point sur l'autel. Si cependant, le dernier évangile étant particulier, il se sert du Missel pour le réciter, ou s'il peut facilement arriver au carton, il fera le signe de la croix sur le livré ou sur le caiton et sur lui-même, selon l'enseignement commun des Auteurs.
10. A Verbum caro facium est, comme en toute autre circonstance où il f iudrait faire la génuflexion, il la fait en se tournant un peu vers le saint Sacrement.
11. Lorsqu'il a fini, il retourne au milieu, fait la génuflexion, prend le calice, descend au bas des degrés avec l'attention ordinaire de ne pas tourner le dos au saint Sacrement, et fiit in piano la génuflexion à deux genoux avec inclination en même temps. Ensuite il s'en retourne à la sacristie, prenant garde de ne se couvrir qu'au lieu où il a dû se découvrir en venant à l'autel (1).