‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 2)Chapitre 34 sur 214 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ARTICLE I

De V Aspersion de PEau bénite dans les grandes Églises{T)

L L'aspersion de l'eau bénife se fait tous les dimanches, ainsi que le prescrivent le Missel et le Cérémonial des Evèque'i : il n'y a d'exception que quand l'Evêque doit célébrer la messe solennelle {Cœr. Ep., lib. ii, cap. XXXI, a. 4).

2. Comme le Prêtre qui fliit cette aspersion est celui qui doit célébrer la Messe (Rubr, Miss., de Bened.), on prépare au coin de l'épître, sur la banquette du Célé-

(1) Dans les Messes où l'on touche de Porgwue, les Chantres suiyront les usages des lieux pour ce qui leur reste alors à chanter. Mais ^lussi on ne devra pas perdre de vue cette prescription du Cérémonial des Evêques (lib. i, cap, xviii, n. 7) ; Advertendum erit ut, quando* cmnqueper organum figuratur aliqiMd cantari seu responderi,. ab aliquo de Choro intelligibili voce pronuncietur id quod ab organo responden^ dum est. Et laudabile esset ut aliquis cantor conjunctim cum organo voce dura idem cantaret. Les Chantres qui seraient chargés de lire les paroles en même temps que l'orgue touche, tout en prenant un ton trés-modéi é, le feraient de manière à être entendus du Chœur et auraient soin d'éviter d'être en désaccord avec l'instrument.

(2) La bénédiction de l'eau se fait à la sacristie, ainsi qu'il est porté dans le Missel, par un Prêtre revêtu d'un surplis ou d'une aube, et d'une étole par-dessus. S'il est revêtu d'une aube, l'étole doit être croisée devant sa poitrine : c'est une règle générale pour les simples Prêtres toutes les fois qu'ils portent l'étole par-dessus l'aube. L'eau bénite peut se faire aussi dans l'église, aux termes du Rituel romain, In Ecclma vel in Sacristia.

DE l'eau Bénite.

brant, le manipule et la chasuble du jour, et aussi les lîimipules du Diacre et du Sous-Diacre, afin que les Officiers sacrés puissent, après que l'aspersion sera terminée, achever de s'habiller sans revenir à la sacristie.

3. Le Diacre et le Sous-Diacre se revêtent à la sacristie de leurs ornements de la couleur du jour, à l'exception du manipule ; le Célébrant, aidé par eux, se revêt aussi des ornements sacrés. 11 prend l'amict, l'aube, la ceinture, l'étole croisée sur la poitrine, et la chape de la couleur du jour (Caer^ Ep., ih, n. 3).

4. Ils se placent à la sacristie ainsi qu'il suit : le Célébrant au milieu, le Diacre à sa droite, et le Sous-Diacre à sa gauche ; les Acolytes, avec leurs chandeliers, un peu derrière, le premier du côté du Diacre, le second du côté du Sous-Diacre ; l'Acolyte portant le bénitier avec Taspersoir, à la gauche du premier Acolyte : c'est naturellement le Thuriféraire qui remplit cet office. Quant au Cérémoniaire, on ne lui assigne pas de place, attendu qu'il se met là où sa présence peut être utile; mais, lorsqu'il n'est pas occupé, il est convenablement placé à la droite du Diacre.

5. Après avoir tous ensemble fait, la tête découverte, la révérence à la croix ou à l'image de la sacristie, les Ministres sacrés saluent le Célébrant, qui répond à ce salut en inclinant la tête, d'abord vers le côté droit puis vers le côté gauche. Ensuite le Célébrant, le Diacre et le Sous-Diacre se couvrent, et tous vont à l'autel dans l'ordre qui suit: l'Acolyte portant le bénitier avec l'aspersoir marche le premier; après lui viennent les Acolytes portant leurs chandeliers avec des cierges allumés ; et enhn le Célébrant, les mains jointes devant la poitrine, entre le Diacre et le Sous-Diacre, qui relèvent

! le devant de sa chape, le premier de la main gauche, et le second de la main droite, l'autre main appuyée sur la poitrine (Caer, Ep., lib. i, cap. xv, n. 14^, et lib. ii, cap. XXXI, n. 3).

6. En arrivant, ils saluent le Chœur, s'il est devant l'autel, ou s'ils y passent ; et lorsqu'ils sont auprès de Pautel, ils se placent au bas des degrés de la même manière qu'à la sacristie ; les Officiers sacrés donnent leurs barrettes au Cérémoniaire, et tous font la génuflexion

128 PART. 11^ TIT. II, CHAP. II, ART. I

in plano^ à l'exception du Célébrant, qui ne fait qu'une inclination profonde, si le saint Sacrement n'est pas dans ]e tabernacle. Ensuite le Cérémoniaire porte les barrettes sur la banquette. Les Acolytes vont à la erédence. Le Célébrant, avec le Diacre et le Sous-Diacre, se met à genoux sur le dernier degré. Le Porte-Bénitier s'approche à la droite du Diacre.

7. Le Diacre, ayant reçu l'aspersoir, le présente au Célébrant, en baisant l'aspersoir d'abord, ensuite la main du Prêtre, qui, entonnant Asperges me ou Vidi aquam, selon le temps, asperge l'autel par trois fois (Caer. Ep., lib. II, cap. XXXI, n. 3), d'abord au millieu, puis au côté de l'évangile, et enfin au côté de l'épître. Mais si le saint Sacrement était exposé, le Diacre présenterait l'aspersoir sans aucun baiser, et le Célébrant n'aspergerait pas l'autel.

8. Le Célébrant, étant encore à genoux, s'asperge lui-même, puis, s'étant levé, il asperge le Diacre et le Sous- Diacre (Rubr, Miss, in Benedict. aquos), qui sont restés à genoux sur le degré ; puis le Diacre reprend l'aspersoir avec les baisers ordinaires, et le remet à l'Acolyte portant le bénitier.

9. On va ensuite faire l'aspersion du Chœur, après avoir fait à Tautel la révérence convenable, c'est-à-dire les Ministres toujours la génuflexion, et le Célébrant seulement l'inclination profonde, à moins que le saint j Sacrement ne soit dans le tabernacle. En allant au 1 chœur, le Porte-Bénitier marche le premier, et le Céié- j brant entre le Diacre et le Sous-Diacre, qui portent sa j chape. Après qu'ils ont salué le Chœur, le Diacre pré- j sente de nouveau, de la même manière que la première j fois, l'aspersoir au Célébrant, qui procède à l'aspersion j dans l'ordre qui suit, disant avec ses Ministres submissa j voce le psaume Miserere {^Rubr, Miss,) en même temps j que le Chœur chante. |

10. 11 asperge d'abord, en particulier, d'un coup cha- j cun les Chanoines, ensuite le reste du Clergé, à commencer par le côté qui est le premier, selon l'usage des || lieux : enfin il fait l'aspersion du peuple. Dans les églises l paroissiales, le Curé seul est aspergé en particulier (du ! Molin; de VEau bénite, n. 11).

DE l'eau bénite.

11. Après avoir fait l'aspersion du Chœnr, le Célébrant va faire celle du peuple {Ruhr. Miss.), Il remet ensuite l'aspersoir au Diacre, qui le reçoit avec les baisers ordinaires et le rend à l'Acolyte. Puis, ayant salué le Chœur, ils retournent à l'autel, et font en arrivant la révérence convenable. Ensuite, le Diacre présente de nouveau l'aspersoir au Célébrant, qui asperge les Acolytes et les autres Clercs qui seraient au service de l'auteL

12. L'aspersion étant ainsi entièrement terminée, le Célébrant devant l'autel dit, les mains jointes, le verset Ostende, etc., ceux qui suivent, et l'oraison {Rubr, Miss,) sur le livre que le Diacre et le Sous-Diacre, placés à ses côtés, soutiennent devant lui.

13. Les Officiers sacrés, ayant ensuite fait à l'autel la révérence convenable, vont à la banquette, où le Célébrant quitte la chape et prend le manipule et la chasuble, aidé par ses Ministres, qui prennent aussi leurs manipules (Caer. Ep», lib. i, cap. xv, n, 14, et lib. ii, cap. XXI, n. 3). Ils reviennent aussitôt à l'autel pour commencer la Messe.

14. Lorsque l'Évêque, dans son diocèse, est présent à Taspersion de l'eau, voici ce que Pon doit observer :

{ 1^ après l'aspersion de l'autel, le Célébrant ne s'asperge I pas ; mais, laissant ses Ministres au pied de l'autel, ac- ( compagné seulement du Cérémoniaire et de celui qui ' porte le bénLtier,il va au lieu où est l'Évêque. Après lui avoir fait une profonde inclination, il lui présente l'asper- I soir avec les baisers ordinaires. Le Prélat, s'étant donné j de l'eau bénite, asperge le Célébrant et ses propres assis- ! tants, et rend au Célébrant l'aspersoir, que celui-ci reçoit I en baisant d'abord la main, puis l'aspersoir; ensuite, il j fait à l'Évêque une inclination profonde, rend l'aspersoir I à l'Acolyte, et retourne devant le milieu de l'autel, où, ! après la révérence convenable à la croix ou au saint î Sacrement, il asperge le Diacre, puis le Sous-Diacre ; I 2^ il fait le reste de l'aspersion à l'ordinaire, mais accompagné seulemeut du Cérémoniaire et du Porte- Bénitier, et non point des Ministres sacrés, qui l'attendent au pied de l'autel (Caer. Ep.^ lib. n;Cap. xxxi, n. 3).

PART. II, TIT. II, CHAP. ÎI, ART. ïï.

ARTICLE II

De la Bénédiction de PEau et de P Aspersion dans Us petites Églises,

15. Dans les petites églises, comme dans les grandes^ on peut bénir l'eau à l'église ou à la sacristie {RituaL roman,),

16. Soit qu'il s'agisse de bénir Teau dans l'église, soit qu'il s'agisse d'en faire simplement l'aspersion, on peut faire porter à l'avance la chasuble et le manipule sur le siège du Célébrant, au côté de l'épître {Caerem. Ep,, lib. II, cap. XXXI, n. 3), afin qu'il puisse achever de s'habiller aussitôt après l'aspersion, et commencer immédiatement la Messe.

17. Le Missel j comme le Cérémonial des Évûques, prescrivent d'asperger: 1^ Fantel ; 2^ le Célébrant lui^ mênae ; 3^ ses Ministres (ce que nous entendons senlement des Ministres sucrés) ; 4^ le Clergé, et 5^ le peuple. 11 n'y est mention de rien autre chose,

18. Cependant, dans beaucoup de lieux, l'usage s'est introduit d'asperger en outre, et immédiatement ou après l'autel principal ou après le Célébrant, quelques objets sacrés, tels que d'autres autels, des reliques, des images. 11 n'est pas de notre compétence de prononcer sur la légitimité de cette pratique. Chacun doit éviter d'introduire rien de semblable dans les églises où ces usages n'existent pas, tout en s'en rapportant à la décision et aux ordonnances de l'Ordinaire touchant ceux qui existent.

19. Chaque Prêtre donc, chargé de l'aspersion de l'eau bénite, la fera conformément aux usages régulièrement établis, sans rien innover de sa propre autorité.

20. L'aspersion terminée, Je Célébrant récite les versets et l'oraison devant l'autel sur le livre qui, à défaut de Ministres, peut être posé sur un pupitre amovible ( Caerem., ibid.). Après quoi, il se rend à la banquette, et il ] rend le manipule et la chasuble pour commencer la Messe {ibid),

21. 11 pourrait peut-être, à la rigueur, se rendre à la sacristie pour achever de s'habiller ; mais comme on ne

i)E l'office du thuriféraire.

doit commencer l'introït que quand lui-même commence la Messe, il y aurait là une interruption fâcheuse. Et, à ne considérer que cette seule raison, il est mieux de s'en tenir à la lettre du Cérémonial.

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