‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 2)Chapitre 6 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PART. I, CHAP. I

toutes les fois que, par inadvertance, on omet une Rubrique,' on pèche mortellement : car il faut admettre sur ce point légèreté de matière. Pour développer plus clairement cet article, nous dirons que les rites prescrits par PEglise touchant la célébration de la Messe sont de trois sortes : 1^ essentiels, loisque sans eu h: il n'y aurait pas de Sacrifice: tels sont la matièie, la forme et l'intention; 2^ intégrants, lorsque, bien que sans eux l'essence du Sacrifice subsiste, ils appartiennent néanmoins à son intégrité, et sont nécessaires pour la parfaite représentation du Sacrifice sanglant de la croix : telles sont l'oblation et la communion du Prêtre, etc. ; 3^ accidentels, lorsqu'ils servent seulement à donner plus de solennité à la fonction sacrée et à l'orner : tels sont les signes de croix, les inclinations, les génuflexions. Cela posé, nous répondons que quiconque omettrait avec pleine délibération quelque Rubrique, que ce soit de la première ou de la seconde sorte, pécherait mortellement 5 mais en faisant des omissions de la dernière sorte, on ne pèche que véniellement, à moins cependant qu'il n'y ait mépris ou intention d'introduire un nouveau rit, ou à moins que les fautes ne soient nombreuses, et que de leur réunion il ne résulte une matière grave, comme, par exemple, si l'on omettait un bon nombre d'oraisons, de signes de croix, de génuflexions, etc. Il est certain que ce serait une faute mortelle que d'omettre de verser de l'eau dans le vin qui doit être consacré (1).

Q. 2. Les prières, qui sont marquées pour être dites pendant que le Prêtre se revêt des ornements sacrés, sont-elles d'obligation 1

R. C'est l'opinion unanime des Docteurs, que ces prières doivent se dire ex pro^cepto, et que par consé-

(1) On lit dans les décisions du clergé de Padoue : Ecclesiaromana, tanquam aliarum omnium mater et magistra edidit très libros, in quibus sacri ritus pro Missa, pro sacramentis administrandis, et pro divinis ofRciis paragendis continentur, videlicet rubricas Missalis, rituale romanum, et caeremoniale episcoporum; quorum quilibet habet vim legisj et obligat servare ritus, et cseremonias in iisdem praescriptas sub culpa mortali; ut tradunt Gratian. Discept. forens, cap, 112, n 7 ; Loterius, lib, i, quœst, 16, ri 123 ; Sperellus, decis, 179, n 23 ; Kota romana; part, 4. récent, decis, 647 tom, 3 et part, 17, decis, 8, n. 23.

QUESTIONS SUR LA MESSE

qiient on ne peut les omettre sans péclié : c'est ce qui résulte du texte même de la Rubrique (1). Cependant à raison de la légèreté de la matière, cette omission est excusée de péché mortel, quoi qu'en disent quelques auteurs qui sont d'un sentiment contraire. Pour ce qui regarde les prières de la préparation qui se trouvent dans le Missel, bien qu'il soit très louable de les réciter, il semble toutefois qu'il n'y ait aucune obligation de le faire, attendu que la Rubrique porte : Pro opportunitate Sacerdotis dicendœ, et que de semblables expressions ne renferment pas un commandement ; tandis que, quand il s'agit de l'action de grâces, la Rubrique prescrit absolument de réciter l'antienne Trium puerorum avec le cantique et les prières qui suivent (2).

Q. 3. La Rubrique qui enjoint aux Prêtres de dire Matines et Laudes avant la Messe, est-elle obligatoire ?

R. Il est certain que si un Prêtre, sans aucune raison légitime, m^anque, même une seule fois, de réciter Matines et Laudes avant la Messe, il ne peut être entièrement excusé de faute, puisque sa conduite est en opposition avec une Rubrique qui n'est pas un simple conseil, mais une loi de l'Eglise obligeant sous peine de péché ou mortel ou véniel. Mais, pour être exempt de faute, même légère, il suffit qu'il ait un motif légitime; et ce motif peut être suffisant sans être très grave, comme si, par exemple, un Evêque ou un prince demandait à entendre la Messe tout de suite. S'il arrivait que, sans aucun motif raisonnable, un Prêtre fît cela d'habitude, comme si c'était un parti pris de ne vouloir pas dire l'Office avant la Messe, il semble qu'on ne pourrait l'excuser de faute grave 5 car une telle manière d'agir renfermerait interprétativement un mépris de la loi ecclésiastique : c'est le sentiment du très docte Pontife Benoit XIV. {de Sacr. Miss., lib. m, cap. 13),

Q. 4. Le Prêtre doit-il dire à voix basse le Canon et

(1) Orationes dicendae cum sacerdos induitur sacerdotalibus paramentis. (Missal.)

(2) Redit ad sacristiam, intérim, dicens Ant. Trium puerorum, et Cantic. Benedicite. {Ruh, part. 11, tit, xii, n. 6.) — Discedens ab altari pro gratiarum actione dicit Ant. Trhm puerorum {Ruh, canon mis$,)

PART. CHAP. II

les autres prières secrètes î Doit-il dire le reste à haute voix ?

R. Quarti résout ainsi cette question : Peccat mortaliter qui alla voee legit totum Canonerriy quia cum hoc fiât data opera^ saltem videtur velle inducere novum ritum^ et difficile potest effugi scandalum ex contemptu ritus ecclesiastici, Ita Gavantus, et dicit esse communem Doctoruvi sententiam. Item dicendum videtur ^ si pnrs notabilis ejusdem Canonis alta voce recitaretw^ vel magna et notabilis pars aliarum precum quœ secreto recitari debent, si idfiat vel animo inducendi novum ritum^ vel cum scandalo notabili aliorum (part, i, tit. vi, dub. 1). Egalement il semble à Navarre et à Cajetan qu'il y aurait pour un Prêtre matière à péché mortel, s'il récitait les prières qui doivent être dites à haute voix, d'un ton si bas qu'il ne fût pas même entendu du Servant.

Mais d'autres sont d'un sentiment opposé ; ils n'y voient pas une grande irrévérence, ni un scandale, pourvu que le Prêtre prononce de manière à bien s'entendre lui-même. On doit aussi faire attention de ne pas dire la Messe d'une voix si haute que l'on trouble les autres Prêtres.

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