‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 3)Chapitre 4 sur 196 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Des Rubrtqucs* s. ..

Question, i. Les Rubriques prescrites par la sainte Église touchant la célébration de la Messe obligent-elles sub praecepto ?

Réponse. Les Docteurs soutiennent communément que les Rubriques ne sont pas de simples instructions ou de simples conseils, mais de véritables lois, qui obligent ex génère suo^ comme disent les Théologiens, sous peine de péché mortel. Voici les paroles mêmes de saint Pie V dans la bulle en tête du Missel : Mandantes et districte omnibus et singulis praecipientes^ in virtute sanctae o&e->

* Ces questions font partie du tome !«' de TÂutenr, où elles se trouvent nos ce litre : Esposhione ddle sacre cerimonie deUa Messa privata, partt if fondât Qumti sulla Messa.

2 PART. I, GHÀP. I.

dtentiae, ut Mmamjuxta ritum, modum, et normam, qtrne per MissaU hoc à nobis traditur, décantent et legant. Et avanl loi le S. Concile de Treme avait fait celte recommandatioD auxÉvéques : Caveant ne Sacerdoles.,.ritm alioSj aut alias caeremonias et preces in Missarum célébra^ tione adhibeant praeter eas quae ab Ecclesia probatae^ ac frequenti et laudabili usu receptae fiAerint. (Sess. xxii, de Celebr, Miss.) On ne veul pas dire pour cela que toutes les fois que, par inadvertance, on omet une Rubrique, on pèche mortellement : car il faut admettre sur ce point légèreté de matière. Pour développer plus clairement cet article, nous dirons que les rites prescrits par rÉglise touchant la célébration de la Messe sont de trois sortes : 1^ essentieh^ lorsque sans eux il n'y aurait pas de Sacriflce : tels sont la matière, la forme et Tintentiion ; 2° intégrants^ lorsque, bien que sans eux l'essence du Sacrifice subsiste, ils appartiennent néanmoins à son intégrité, et sont nécessaires pour la parfaite représentation du Sacrifice sanglant de la croix : telles sont l'oblation et la communion du Prêtre, etc. ; 3^ accidentels^ lorsqu'ils servent seulement k donner plus de solennité k la fonction sacrée et k l'orner : tels sont les signes de croix, les inclinations, les génuflexions. Cela posé, nous répondons que quiconque omettrait avec pleine délibération quelque Rubrique, que ce soit de la première oti de la seconde sorte, pécherait mortellement; mais en faisant des omissions de la dernière sorte, on ne pèche que véniellement, k moins cependant qu'il n'y ait mépris ou intention d'introduire un nouveau rit, ou à moins que les fautes ne soient nombreuses, et que de leur réunion il ne résulte une matière grave, comme, par exemple, si l'on omettait un bon nombre d'oraisons, de signes 4^ croix, 4e géouflexions, etc. Il est certain (}ue ce se*

QUESTIOro SUR tk ^SE. ^

rait UD6 faute mortelle que d'omettre de verser de l'eau dans le vîd qui doit être consacré ^ .

Q. 2. Lés prières qui sont marquées pour être dites pendant que le Prêtre se revêt des ornements saciés sontelles d'obligation ?

R. C'est l'opinion unanime des Docteurs, que ces prières doivent se dire ex praecepto^ et que par consé-. quent on ne peut les omettre sans péché : c'est ce qui' résulte du texte même de la Rubrique ^ Cependant, V raison de la légèreté de la matière, cette omission estex-«> cusée de péché mortel, quoi qu'eu disent quelques auteurs qui sont d'un sentiment contraire. Pour ce qui regarde les prières de la préparation qui se trouvent dans le Missel, bien qu'il soit très louable de les réciter, il semble toutefois qu'il n'y ait aucune obligation de le faire, attendu que la Rubrique porte: Pro opportunitaU Sacerdotis dicendae^ et que de semblables espressioni ne renferment pas un commandement ; tandis que,, quand il s'agit de l'action de grâces, la Rubrique prescrit absolument de réciter l'antienne Trium puerorum avec le cantique et lesprières qui suivent ' .

* On lit daos les décisions du clergé de Padoue : Ecclesia romana, tanquam aliorum umnium mater et miigisira edidit très libres, in qubus sacri ritus pro Hissa, pro sacranientis «dministrandis, et pro divinis ofiiciis paragendis contiœntur, videlicet rubric«s Missali», rituale rooianum, et caeremoniale episcopo* rum ; quorum quilibet habet vim legis, et obiig^t servare ritus, et caeremonias in iisdem praescriptas sub culpa uiorlali ; ut tradunt Gratian. Discepl forens, cap. 11 î, n. 7; Loterius, lib. i, quœst. 16, n l'25; Sperellus, dects, 179, n. 2'^ ; Rota romana, pari. 4, récent, decis, 647, tom. 3 et part. 11, dem. 8, n. 25.

* Orationes dicend» cum sacerdos induitur sacerdotalibus paramentis. (Missûl.)

* Redit ad sacrisliam intérim dicens ant. Trium puerorum, et cantio. Benedieite, (Rub. past, ii, t>t, xii, n. 6.) — Di^cedetis ab altare pro gralU"' nun actiûne dicit ant, Trium puerorum. (Rub. canon miss.)

Q. 3. La Rubrique qui enjoint aux Prêtres de dire Matines et Laudes avant la Messe est-elle obligatoire?

R. Il est certain que si un Prêtre , sans aucune raison légitime, manque, même une seule fois, de réciter Matines et Laudes avant la Messe, il ne peut être entièrement excusé de faute, puisque sa conduite est en op-^ position avec une Rubrique qui n'est pas un simple conseil, mais une loi de l'Église obligeant sous peine de péché ou mortel ou véniel. Mais, pour être exempt de faute, même légère, il suffit qu'il ait un motif légitime ; et ce motif peut être suffisant sans être très grave, comme si, par exemple, un Évêque ou un prince demandait à entendre la Messe tout de suite. S'il arrivait que, sans aucun motif raisonnable, un Prêtre fit cela d'habitude, comme si c'était un parti pris de ne vouloir pas dire l'Office avant la Messe^ il semble qu'on ne pourrait l'excuser de faute grave ; car une telle manière d'agir renfermerait interprétativement un mépris de la loi ecclésiastique : c'est le sentiment du très docte Pontife Benoit XIV (de Sacr. Miss.^, lib. m, cap. 15).

Q. 4. Le Prêtre doit-il dire a voix basse le Canon et les autres prières secrètes? Doit-il dire le reste k haute voix?

R. Quarti résout ainsi cette question : Peccat morta" liter qui alla voce legit totum Canonem^ quia, cum hoc fiât data opéra, saltem videtur veîle inducere novum ritum^ et difficile potest eff^ugi scandalum ex contemptu ritus ecclestastici, lia Gavantus^ et dicit esse communem Doctorum sententiam. Item dicendum videtur^ si pars notabiîis ejus-dem Canonisalta voce recitaretur, vel magna et notabiîis pars aliarum precum quae secreto recitari debent^ si id fiât vel animo inducendi novum ritum, vel cum scandalo notabili aliorum (part, i, tit. vi, dub. 1). Également il

semble h Navarre et à Cajetan qu'il ; aurait pour un Prêtre matière ^ péché mortel s'il récitait les prières qui doivent être dites k haute voix, d'pn ton si bas qu'il ne fût pas même entendu du Servant.

Maisd'autres sont d'un sentiment opposé; ils n'y voient pas une grande irrévérence ni un scandale, pourvu que le Prêtre prononce de manière à bien s'entendre lui* même. On doit aussi faire attention de ne pas dire la Messe d'une voix si haute que l'on trouble les autres Prêtres.

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