‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 3)Chapitre 5 sur 196 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De roMtffatf on de célébrer.

Question 1 . Y a-t-il quelque précepte qui oblige les Prêtres à célébrer ?

Réponse. Le Concile de Trente ne permet pas d'en douter, puisqu'il reconnaît un commandement formel dans ces paroles de Jésus-Christ aux Apôtres k la dernière cène : Hoc facile in meam commemoratianem. Apoêtolis^ dit le saint Concile (sess. xxii^ c. i)^eorumque in sacerdotio successoribus, ut offerreni praecepit, per haec verba : Hoc facile^ etc. Qu'on fasse bien attention qu'ici il n'est pas question seulement des Curés ou des Prêtres qui seraient tenus de célébrer k raison d'un bénéfice; mais il s'agit même des Prêtres sans titre, ainsi que déjk avant le saint Concile l'avait enseigné saint Thomas, qui, après avoir rejeté comme fausse l'opinion con* traire, conclut de cette sorte : Sacerdotijetiamsinonha* beat curam animarum^ non licet omnino a celebratione cessare (part, iii^ quest. lxxxii, art. 10).

Q. 2. Ce précepte l'oblige-t-il à célébrer chaque jour?

R. Quelques Canonistes l'ont prétendu ainsi; mais saint Antonin les trouve trop rigoureux. Tenons-nous

en plutôt à la doctrine de saint Thomas, qui enseigne que c'est pour les Prêtres un devoir de célébrer la Messe aux principales fêtes de l'année, et spécialement aux jours où les pieux fidèles s'approchent de la sainte communion : Cdebrare tenentur in praecipuis festis, et ma^' ^itne in illis diebus in quibus fidèles communicare constie'" verint; ce que ses meilleurs commentateurs entendent de tous les dimanches et des principales fêtes de Tannée. Cette doctrine est pleinement conformé à l'esprit du Concile de Trente, qui fait aux Évêques cette recommandation : Curet Episcopus ut Sacerdotes, saltem diebus dominicis et festis solemnibus, si auterf^ curam habu£rint animarum^ tam fréquenter ut rnuneri suo satisfaciantj Missas celebreÀl fsess. xxiii. Refont., cap. xiv).

Q. 5. Pourrait-il se trouver des cas où un Prêtre saisit tenu de célébrer même un jour férial?

R. Oui ; il peut se renconlrer quelques circonstances dans lesquelles un Prêtre, même sans titre, est obligé de célébrer dans les jours fériaux, comme, par exemple, si son Supérieur légitime le lui commandait, s'il fallait porter le saint Viatique k un malade en danger, et quMI n'y eût pas de saintes hosties. Hors ces cas et quelques kuires semblables, qu'on peut voir dans les Théologiens moralistes, il n'y a pas de péché à s'abstenir pour queU i)ue motif raisonnable de célébrer les jours fériaux. Cette pratique a été celle d'un grand nombre de saints et dé 'savants Prêtres, qui se privaient de la célébration de la sainte Messe quelques jours de l'année, par des motifs d'un profond respect, ou dans l'intention que cette privation du pain de vie ranimât dans leur cœur un désir plus ardent et plus vif de s'en nourrir.

Q. 4. Lequel est le plus louable, de célébrer souvent iMifafement?

QUESTICms^SUR LA MESSE. 7

R. Il est beaucoup mieux de célébrer la sainte Messe souvent, et même tous les jours quand on le peut, que de la célébrer rarement. En voici les raisons : 1^ le Prêtre qui célèbre souvent communie souvent ; or la fréquente communion est une très louable pratique, fort recommandée par tous les maiires de la vie spirituelle; 2** la célébration fréquente est appuyée de l'exemple des Saints, qui ont toujours dit la Messe quand cela leur était possible. On peut citer saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Vincent de Paul, pour ne pas parler de beaucoup d'autres dont rhisloire ecclésiastique fait mention. Et, quoiqu'il s'en soit trouvé quelques-uns^ même parmi les Saints, qui, par une sainte frayeur, n'ont célébré que très rarement, leur conduite en cela est plutôt à admirer qu'à imiter ; 5<> enfin, la sainte Messe n est pas seulement a l'avantage du Prêtre, mais au profil de toute l'Église. Que tous les Préires donc impriment en caractères ineffaçables dans leur esprit et dans leur cœur celle doctrine sentencieuse du Vén. Bède, reproduite par saint Bonaventure (lib. de Prsepar. ad. Miss., cap, v.) : Quiraro célébrât, quantum in ipso est, privât SS. Triniiatem laude et gloria, Angelos laetitia^ peccatores venta, juslos êubsidio etgralia, in Purgatorio existentes refrigerto, Ecclesiam Christi spirituali beneficio, et seipsummedicina et remédia œntra quotidianapeccaia et infirmilates. Par quelles autres bonnes œuvres un Prêtre pourraitHl jamais faire compensation k de si grandes pertes? Que le Prêtre donc célèbre souvent, mais qu'il le fasse toujours avec les dispositions nécessaires.

Q. 5. Quels sont les jours où il n'est pas permis de célébrer?

R. Il a été défini, par plusieurs décrets de la sainte Congrégation des Rites, qu'on ne peut pas célébrer de

s PART. I, CHAP. m.

Messes à dévotion privée pendant les trois derniers joars de la Semaine sainte, c'est-à-dire ni le Jeudi, ni le Vendredi, ni le Samedi. Si cependant la fête de saint Joseph ou de l'Annonciation tombe le Jeudi de cette même Semaine, il a été ordonné aux Évêques par plusieurs Souverains-Pontifes de veiller k ce qu'en ce jour il soit célébré, outre la Messe conventuelle, plusieurs Messes privées, afin de procurer aux fidèles la facilité de satis* faire au précepte ecclésiasiique de l'audition de la Messe. Mais cette disposition n'est que pour ce jour-là, et non applicable au cas où ces fêtes tomberaient un des deux jours suivants * .

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