PART. IV, CHAP. YI, ART. I
de soie blanche *. On mettra sor la patène du calice de la Messe deux hosties, dont Tune sera préparée de manière il entrer commodément dans le calice qui doit servir k la sainte réserve. On déposera aussi sur la crédence des étoles blanches pour les Prêtres qui doivent communier, le ciboire avec des hosties en suffisance, un voile blanc pour la communion, et la chape du Célébrant. Près de la crédence^ on tiendra prêt l'instrument de bois qui devra remplacer la clochette {Merati, ibid., n. 3).
4. On préparera en lieu convenable le dais {Caer. Ep,, lib. II, cap. XIII, n. 3), VombrelUno », et la croix de Procession couverte d'un voile violet {Caer. Ep., ibid. , n. 10; Bauld., ibid., cap.x, art. i, n. 1 ; Merati, ibid.; S. CmgrégaLR,,^déc. 1783).
5. On préparera une chapelle pour le reposoir (Rubr., ibid.; Gav., ibid., in Rubr. 9, litt. F). Elle sera bien ornée, avec un nombre suffisant de cierges et de fleurs. On y déposera une espèce de petit tabernacle {capsula) en lieu élevé ; on mettra dedans une pale ' pour dépo-
* Ce ruban est destiné à lier le voile en le serrant autour da pied da calice, lorsque la sainte réserve y sera déposée. Mais tel n*est point Tusage des églises do France : il serait même impraticable avec la forme de nos voiles et notre manière de les disposer. Au reste, on comprend, dans cette circonstaDcc, combien cette manière est défectueuse : et le Jeudi saint, la sainte réserve ne nous paraît pas convenablement voilée, en se conformant à nos usages de mettre le voile sur le calice. Il est vrai que les dispositions qu'indique notre Auteur relalivoment au ruban et à son usage ne sont pas prescrites par la Rubrique, mais elles sonl réglées par le Memoriale Rituum de Benoît XUI. Seulement la S. Congiégatiou des Rites défend expressément d'exposer la sainte réserve patemment, comuie se fait rexpoâition ordinaire du saint Sacrement ( Décret du 14 février 1705).
* Nou!» avons déjà eu occasion de dire que VombrelUno est un petit d»!^ qu'une personne tient au-dessus du saint Sacrement pour aller de Tautel jusque sous le grand dais.
' La pale est mise indistioctement pour le corporal.
DE l'office du jeudi SAINT. 565
ser dessus le très saint Sacrement {Merati^ ibid., n. 9). On mettra sur l'autel un corporal avec sa bourse et la clef du petit tabernacle. On tiendra prêt à côté l'esca* beau pour monter ^
ARTICLE II
De la Messe.
6. La Messe du Jeudi saint, depuis le commencement jusqu'à la communion du Prêtre, a ceci de particulier : on n'y dit pas le psaume Judica me^ Deus, et on omet le Gloria Patri à l'introït et au Lavabo {Rubr. Miss.^ ut in Dom. de Pass,).
7. Après que le Célébrant a fini l'intonation du Glo* ria, un Acolyte sonne la clocbette, et ne finit de sonner que quand le Célébrant a lui-même fini de réciter l'hymne avec ses Ministres. On sonne en même temps les cloches de l'église {Rubr. Miss.^ ut in die), et on
! joue de l'orgue; et cela dure autant que le chant du Gloria {Bisso, litt. F, n. 42, § 5; Meraii, part, iv, tit, VIII, n. i).
8. Au Sanetm et k l'élévation *, au lieu de clochette, on se sert de la crécelle (Bisso^ litt. S, n. 20, § 49; Clerie. deSacrif. Miss.^ dec. 45, n. 6).
*■ On orne cet antel, qu*en France nous appelons reposoir, de draperies rondes et blanches : le noir seul est défendu (S. R. C, 21 janvier 16G2). On ne doit y mettre ni les reliques des Saints, ni leurs images {Merati, ibid,, n. 9; Baidd., part, ii, cap. ix, art. 1, n. 2). On peut seulement y mettre des anges adorateurs tenant des cierges {Bauld.f ibid.).
Parmi les choses à préparer, il ne faut pas oublier la croix de procession, qui doit être couverte d*on voile violet (Memoriàle IHtuumf tit. ni, cap. 1).
* L* Auteur ne fait mention que de ces deux moments, parce que d'après la Rubrique cesont les deux seuls où Ton se sert de la clochette. . .
806 PART. Tf, CUAPi TI. ART. H.
9. On ne doiioê pfts la paix (Rubr., ib.) ; ttéamnoifiê, après VÀgnm Dei^ les Ministres de l'autel ehadgeot de edté : le Diaere passe à gauehe pour assister le Prêtre concernant le missel, et le Sous-Diacre à droite ponr découvrir et couvrir le calice en temps convenable ; ils ont soin de faire les génuflexions prescrites {Merati, ibid., n. 5) *.
10. Pendant que le Célébrant dit la dernière des oraisons qui précèdent la communion^ le Cérémoniaire' prend à la crédence le calice préparé pour la sainte réserve^ ainsi que la patène^ la pale^ le voile et le ruban, et le porte sur l'antel in cornu epistolae (Caer. Ep . , ibid., n. 6;.
il . Après que le Prêtre a pris le précieuiSang et que le SouS'^Diacre a couvert le calice^ les Ministres de l'autel font la génuflexion d'un seul genou, changent de côtéy et font une nouvelle génuflexion conjointement avec le Célébrant {Bauld., part. iv> cap. ix, art. n, n. 8; BissOj litt. F, n. 42, § 11 ; Merati^ ibid., n. 6). Le Célébrant, s'étant relevé, prend révéreneieusement avec la patène Tbostie consacrée, et la dépose a plat dans l'autre calice, qui alors lui est présenté par le Diacre. Celui-KSi couvre ensuite le calice qui contient la sainte bostîe de la pale, de la patène renversée^ et par-dessus du voile, qu'il serre vers le milieu du pied du calice, autour dn noeud, et qu'il lie avec le ruban ', quoique Merati (ibid.^ n. 10)
* Le sihtt Sacrement éUnt présent, ils foût chacaa me premâère géBfBÛ&iioa avuit de partir, et une secoade en arriniit : ifai ne la font pas au miliev.
*Gavafiti]8 el Merati demandent qae ce soit le Sous-Diaere qui aflie prcsidre le calice à la crédence (part, ir, tit. vui/ in Ruhr. 6). Mais ai le Gérétoentair» a le droit de touoher aux vases sacré% ainsi qa'oD le suppose toi^oun, c'est lui qui porte le ealiee# d*ipràs le Gérémonitl des ÉTé<|iies (/M.).
* Retetivenent k oe mlMD età eaa usage, ou peut eonsnlter ooe de an fiotet préoédentes, page SSé.
DB L^OFFIQB DU JEUDI SAIMT. 807
•oit do seotimeut qo'ii De feut le foire qa^&près la MeMOi àU monlent ofi le Diacre, moDté sur le marehepied dé l'auteL doit remettre la sainte réserve entre les maiM du Célébrant {Memoriale Ritmm, tit. iv, cap. ii, n. 8) : il a'appaie sur la Rubrique, qui prescrit de mettre le voile sur le calice, disposé de la même manière qu'au commencement de la Messe ^
18. Le Diacre, après avoir couvert le calice, le retire ttD peu en arrière sans le mettre en dehors du eorpora^ al le dispose de manière qu'il soit comme lorsqu'on Odmmencé la Messe {Bubr., ibid.; Caer. Ep., ibid.). Ensuite le Diacre ouvre le ciboire , et les trois Officiers sucrés font la génufieiion *. Le Diacre et le Sous-Diaere descendent sur le premier degré, se tiennent la face toomée l'un vers l'autre, et un peu inclinés; le Célé^ brant se tourne vers le Clergé ', et, tous trois ainsi plâ-^ eés, le Diacre chante le Confiteor{Caêr. Ep., cap. xxil, D. 3); lorsqu'il a fini, le Célébrant dit Miwrtaiur vesWi, elo«; et, après avoir fait le signe de croix sur les comaianiantS4 k Ylndidgéntiain, il se retourne vers l'autel ei ftiit la génuflexion. En même temps le Diacre et le Sous*" Diâcré se mettent h genoux devant lui suit le bord du marchepied.
iS. Pendant que le Diacre chante le Confiteor^ le second Cérémoniaire et le Thuriféraire (celiii-cl àprèà avoir pris la nappe de communion) s'en vont aux côtés de Tdatel, avec les génuflexions convenables, et, s'étant
*' Nous M oomprenoDS pas pourquoi notre Auteur s'écarte du MembritUe Riiuum, qui règle (tit. iv, csp. u, § n, d. 5) que le voUe n'itt sss(q«tti ave^ le mbeii qtt*su moment du départ pour la procession.
• d'y Allait tirer le eibol^e du tabernacle» en se ooaformerait k ee qui a été dH page 175.
* Qui doit (
368 PART. IV, GHAP. Vf, ART. II.
mis k genoux Tun vis-à-vis de l'autre, ils attendent que les Ministres sacrés se soient mis à genoux devant le Célébrant, et alors ils étendent la nappe, et le soutiennent des deux mains (Merati^ ibid., n. 7).
i4. Le Célébrant, ayant pris le ciboire de la main gauche, et de la droite une hostie, se tourne vers le peuple, et, après avoir dit Ecce Agnus Dei, etc., et ce qui suit, il donne la communion aux deux Ministres sacrés (Merati, ibid.). Ceux-ci, après avoir reçu la communion, font la génuflexion unico genu^ et se mettent aux côlés du Célébrant en changeant de place, c'est-à-dire que le Diacre passe à droite et le Sous-Diacre à gauche {Baulr dry, ibid., n H ; Merati, ibid.). Le Thuriféraire a soin de retirer la nappe, afin qu'ils puissent monter à l'autel . Le Célébrant donne ensuite la communion au reste du Clergé, more solito *; les Prêtres se présentent en étoles, qui auparavant leur ont été apportées par un Clerc {Caer. Ep., ibid.; Merati, ibid.).
15. La communion finie, le Célébrant retourne à l'autel avec ses Ministres, fait la génuflexion, et consomme les hosties qui seraient restées ^ Les deux Clercs chargés de la nappe, après avoir fait la génuflexion, la déposent sur la crédence, et retournent à leurs places.
16. Les Acolytes, ayant fait la génuflexion, remettent leurs flambeaux aux premiers du Chœur ^, ou les repor-
* On peut se reporter à la page liO, où Ton trouvera exposées les cérémonies delà communion solennelle.
* On suppose que le saint Sacrement ne reste pas an tabernacle de cet autel. > On suppose qae les premiers du Chœur conserveront les flaml>eaax pour
la Procession, à raison de ce qu'ils seront les plus proches du saint Sacrement; mais l'usage général de nos églises est qu'en outre de ceux qui marchent devant le saint Sacrement avec des cierges, des Clercs portent des flambeaiix autour du dais. Alors les Acolytes peuvent conserver leurs flambeaux, et les cierges sont distribués au Chœur par d'autres Clercs.
DE l'office du jeudi SiUNT. 369
tent à la sacristie s'il n'; a personne pour les prendre, et distribuent au Clergé les cierges, que l'on allume aussitôt. Les Thuriféraires préparent du feu dans les encensoirs. Le Sous-Diacre qui doit porter la croix se revêtira des vêtements préparés, et un Clerc portera k l'autel du reposoir les barrettes des trois Officiers sacrés.
17. Le Célébrant, ayant donné la communion, prend l'ablution du calice et celle des doigts sans quitter sa place (BatiUry.^ibid., n. 12). Le Diacre et le Sous- Diacre servent dès lors à l'autel en omettant les baisers accoutumés ^ Après les ablutions, ils changent de côté, ayant soin de faire la génuflexion d'abord avant de partir, et encore en arrivant. Le Sous-Diacre essuie le calice, et le couvre à l'ordinaire, en se retirant un peu lorsque le Célébrant dit Dominus vobiscum. Il fait ensuite la génuflexion sur le marchepied, et encore sur le degré, en passant devant le saint Sacrement; et, ayant placé le calice à la crédence, il revient derrière le Dia-
cre*.
18. Le Célébrant, ayant laissé le calice entre les mains du Sous-Diacre, fait la génuflexion, et va lire la Communion. Ensuite, retournant au milieu, il baise l'autel, fait la génuflexion avec le Diacre, se tourne vers le peuple en se retirant vers le côté de l'évangile, de manière à ne pas tourner le dos au saint Sacrement, et chante Dominus vobiscum (Caer. Ep., ibid. , n .7). 11 fait la génuflexion avec ses Ministres, et va chanter l'oraison. Après l'oraison,
* G'est-à-dire qu'on achève la Messe comme lorsque le saint Sacrement est exposé Relativement à la manière de prendre en ce cas les ablutions, on peut se reporter à ce qui été dit page 108.
* Faisant encore la génuflexion en arrivant, si le Diacre est au milieu de rautel.
Si
3T0 Pllft; It, CttAP. Vf, AAT. Uf.
il reioarûe «u milieii, bsise l'aUlol, fait Is géniiflexioft arec ses Mîmslres, èl, se ioarnaat comme nm» venom dédire, il diaote Daminuêvobiscum. Alors le Diacre, ayant fait de noavean la génafleiion^ et ae mtoornant de la même maDÎère que le Célébrant, cUante ÎU, Mùsa eH. Qitafiid il a ûtà, le» trots Oflteiers sacrés font la géntiflexion, le Célébrant dit Placeat^ et ses Ministres Tont se mettre ^ genoux k ^ordinaire sur le marchepied, pcNir la bénédietion. •
19. Le Célébrant, ayant dit le PlaceàU baise t'autd, dit BMéedkai wê efmipolms Ùeus; puis, att Hèu defitire l'inclinaiion, il fâit )a géniillèxion, et se tourne ters le peuple comme pour Dominué wbisdum; puis, sans achever le cercle et sans uûe nouvelle génuflexioti, il tourne sur sa gauche pour dire le dernier évangile (Bautdry, ibid., n. 43). Il ne fait pas de srigne de istùix sur l'autd, mais seulement sur lui-même (Rubr.^ Miês.^ ibid.; Caer, Ep , ibid., n. 9); et lorsqu'il dit Verbimn caro factum est^ il fléchit le genou vers le saint Satcrement (Bauldry^ ibid.).
20. La Messe terminée, le Diacre et le Sous-Diacre montent sur le marchepied, aux côtés du Célébrant; et, après avoir feit la g^uflexion unico gmu, ils vont per breviarem à la banquette.
ARticLB in.
De la Procession.
2i. Arrivés à la banquette, le Diacre et le Sous-Diacre aident Te Célébrant à ôter le manipule et la chasuble, et à se revêtir de la chape ; ils quittent eux-mêmes leurs manipules. Puis, comme on ne doit pas mettre TencieM
DE l'office du jeudi SAIlITi STI
à la bidiliMfté (Rubr. Miu., ni ni aie) y ils vent detàot le irïiM de Fautel atee le Célébrant^ en releranl lee bofée dé 8tf cbapei Ayant £aiii tons troîa in plana la gé« Bvflexîoli tiirof ué gmu^ ils se lâettent k gènoul sur le derAier degré, el ibioX une courte adoration {Memotiait Riti ÛU it, esfé lif g lii, n. 1^ d$ BroHan^ part, liij* eap. miTHy Oi 1 ; Mirait, part, iv^ tit. Viii^ n. 10). Aq signe du Cérémoniaire, ils se lèvenl : on mol TencMs àanê lee deux eincensoîrà, sans le bénir. Il» 6e remettent îf geoeHx^ et le Célébrant encense le très saint Sacre^ meiii (Au&r., ibid.), ses Minîiftres relevant lès bords de sft ebape ÇHeratii îbid«)* La Proeeseion se rend au réposoirp^r longiorem^ sans sortir de l'Oise, ainsi qaè l'a décidé la S. Congrégation des Rites, le 6 août I69f .
22« Pmdant que le Célébrant encense le très saint Saeffomrat, le Cérémoniaire va prendre à la crédenee récbafpe^ et la lui met sur les épaules, après qu'il a rendu rweensoir au Diacre. Les deux Tbilriféraifes se placent k cbaque eôté de l'autel, et les Clercs désignât pour cela remettent les montants du dais aui P/6tree revotas de surplis, ou, selon l'usage des lieux^ à tels attires qui doivent le porter.
25. Après que le saint Sacrement est ei^nsé, les Offieiers sacrés montent tous Irois sur le second degré, où le Célébrant et le Sous-Diacre se mutent à genoui. Le Diacre monte sur le marcbepied, où, après avoir fint la génuflexion uniœ genu^ il prend le calice renfermant le saint Sacrement, et, le tenant de la main droite par le nœudy et de la gauche par le pied {Merati^ ibid.), il le domie au Célébrant. Celui-ci, l'ayant pris de la gaueli^ par le neeud, pose sa main droite par-dessus, et le Diacre étaid par-dessus des mains les deux bouts de l'éeharpe (Mmmale Bit., tit. iv^ oap. ii^ § % Ensuite