‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 4)Chapitre 6 sur 159 · PART. I, CHAP · texte numérisé non relu

PART. I, CHAP

dientiae, ut Mmamjnxia ritum, modum, et normam, quae per Missale hoc a nobis traditur, décantent et legant. Et avaDt lui le S. Concile de Trenie avait fait celle recommandation auxÉvéques : Caveant ne Sacer dotes.., ritXÂS alios, aut alias casremamas et preces in Missarum célébratione adhibeant praeter eas quae ab Ecclesia probatae^ ac frequenti et laudabili usu receptae fuerint. (Sess. xxii, de Celebr. Miss.) On ne veut pas dire pour cela que toutes les fois que, par inadvertance, on omet une Rubrique, on pèche mortellement : car il faut admettre sur ce point légèreté de matière. Pour développer plus clairement cet article, nous dirons que les rites prescrits par rÉglise touchant la célébration de la Messe sont de trois sortes : 1^ essentiels^ lorsque sans eux il n'y aurait pas de Sacrifice : tels sont la matière, la forme et Finiention ; 2^ intégrants, lorsque, bien que sans eux l'essence du Sacrifice subsiste, ils appartiennent néanmoins k son intégrité, et sont nécessaires pour la parfaite représentation du Sacrifice sanglant de la croix : telles sont l'oblalion et la communion du Prêtre, etc. ; 3® accidentels^ lorsqu'ils servent seulement k donner plus de solennité à la fonction sacrée et k l'orner : tels sont les signes de croix ^ les inclinations, les génuflexions. Cela posé, nous répondons que quiconque omettrait avec pleine délibération quelque Rubrique, que ce soit de la première ou de la seconde sorte, pécherait mortellement; mais en faisant des omissions de la dernière sorte, on ne pèche que véniellement, à moins cependant qu'il n'y ait mépris ou intention d'introduire un nouveau rit, ou à moins que les fautes ne soient nombreuses, et que de leur réunion il ne résulte une matière grave, comme, par exemple, si l'on omettait un bon nombre d'oraisons, de signes de croix, de génuflexions, etc. Il est certain c|ue ce se-?»

raît une faute mortelle que d'omettre de verser de Teau dans le vio qui doit être consacré \

Q. 2. {Les prières qui sont marquées pour être dites pendant que le Prêtre se revêt des ornements sacrés sontelles d'obligation ?

R. C'est l'opinion unanime des Docteurs, que ces prières doivent se dire ex praecepto^ et que par conséquent on ne peut les omettre sans péché : c'est ce qui résulte du texte même de la Rubrique ^ Cependant, ï raison de la légèreté de la matière, cette omission est ex* eusée de péché mortel, quoi qu'en disent quelques auteurs qui sont d'un sentiment contraire. Pour ce qui regarde les prières de ia préparation qui se trouvent dans le Missel, bien qu'il soit très louable de les réciter, il semble toutefois qu'il n'y ail aucune obligation de le faire, attendu que la Rubrique porte: Pro opporiunitate Sacerdotis dicendae^ et que de semblables expressions ne renferment pas un commandement ; tandis que, quand il s'agit de l'action de grâces, la Rubrique prescrit absolument de réciter l'antienne Trium puerorum avec le cantique et lesprières qui suivent ' .

* On lit dans les décisions du clergé de Padoue : Ecclesia romana, tanquam aliorum uDjnium mater et m»gistra edidit très libros, in qu'bus sacri ritus pro Missa, pro tacramentls admintslrandis, et pro divinis ofliciis paragendis contio€nlur, videticet mbricMS Missalis, rituale romanum, et Câeremoniale episcoporom ; quorum quilibet habet vim legis, et obligat servare ritus, et caeremo* riias in iisdem praescnplas sub culpa luortali ; ut tradunt Gratian. Di&cepl foreru, eap. 111, n. 7; Loterius, lib. i, quœst. 16, n l'25; Sperellus, deets, 179, n. t\ ; Rota romana, par(. 4, récent, decis, 647, tom. 5 et part, \1, decu. 8, ». 25.

* Orationes dicendae cum sacerdos induitur sacerdotalibus paramentis.

' hedit ad sacristiam intérim dicens ant. Trium puerorum^ et canltc. Benedicite. (Rub, past. il, tit, xii, n. 6.) — Di.>ced6'is ab altare pro gratia-r rum actîjue dicit ant. Trium puerorum. {Rub. canon mi$s.}

4 PART. I, CHÀP. 1.

Q. 3. La Rubrique qui enjoint aux Prêtres de dire Matines et Laudes avant la Messe est-elle obligatoire?

R. Il est certain que si un Prêtre, sans aucune raison légitime, manque, même une seule fois, de réciter Matines et Laudes avant la Messe, il ne peut être entièrement excusé de faute, puisque sa conduite est en op«^ position avec une Rubrique qui n'est pas un simple conseil, mais une loi de l'Église obligeant sous peine de péché ou mortel ou véniel. Mais, pour être exempt de faute, même légère, il suffit qu'il ait un motif légitime ; et ce motif peut être suffisant sans être très grave, comme SU pdr exemple, un Évéque ou un prince demandait à entendre la Messe tout de suite. S'il arrivait que, sans aucun motif raisonnable, un Prêtre fit cela d'habitude, comme si c'était un parti pris de ne vouloir pas dire l'Office avant la Messe^ il semble qu'on ne pourrait Pexcuser de faute grave ; car une telle manière d'agir renfermerait interprétativement un mépris de la loi ecclésiastique : c'est le sentiment du très docte Pontife Benoit XIV (de Sacr. 3fm., lib. m, cap. 13).

Q. 4. Le Prêtre doit-il dire k voix basse le Canon et les autres prières secrètes ? Doit-il dire le reste k haute voix?

R. Quarti résout ainsi cette question : Peccatmorta^ liter qui alla voce legit toium Canonem^ quia, cum hoc fiât data opéra, saltem videtur velle inducere novum riturriy et difficile potesteffiigi scandalumex contemptu ritus ecclesiastici, lia Gavantus^ et dicit esse communem Doctorum sententiam. Item dicendum videtur^ si pars notabilis ejusdem Canonis alta voce recitaretur. vel magna et notabilis pars aliarum precum quae secreto recitari debenl, si id fiât vel animo inducendi novum ritum, vel cum scandalo notabili diorum {fdiTi. i, tit. vi, dub. 1). Également il

semble ^ Navarre et à Gajetan qu'il ; aurait pour un Préfre matière à péché mortel s'il récitait les prières qui doivent être dites k haute voii, d'un ton si bas qu'il ne fût pas même entendu du Servant.

Mais d'antres sont d'un sentiment opposé; ils n'y voient pas une grande irrévérence ni un scandale, pourvu que le Prêtre prononce de manière à bien s'entendre lui* même. On doit aussi Taire attention de ne pas dire la Messe d'une voix si haute que l'on trouble les autres Prêtres.

Page 1