‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 4)Chapitre 7 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Be l*oMlgatloii de célébrer*

Question 1. Y a-t-il quelque précepte qui oblige les Prêtres k célébrer?

Réponse. Le Concile de Trente ne permet pas d'en douter, puisqu'il reconnaît un commandement formel dans ces paroles de Jésus-Christ aux Apôtres k la dernière cène : Hoc facile in meam œmmemorationem. Apostolisj dit le saint Concile (sess. xxii, c. \)yeorumque in sacerdotio successoribus, ut offerrent praecepit, per haec verba : Hoc facile^ etc. Qu'on fasse bien attention qu'ici il n'est pas question seulement des Curés ou des Prêtres qui seraient tenus de célébrer k raison d'un bénéfice; mais il s'agit même des Prêtres sans titre, ainsi que déjà avant le saint Concile l'avait enseigné saint Thomas, qui, après avoir rejeté comme fausse l'opinion contraire, conclut de cette sorte : Sacerdoti,etiamsinonha'' beat curant animarum^ non licet omnino a celebratione eessare (part, iii^ quest. lxxxii, art. 10).

Q. 2. Ce précepte l'oblige-t-ilk célébrer chaque jour?

R. Quelques Canonistes l'ont prétendu ainsi; mais saint Antonio les trouve trop rigoureux. Tenons-nous

6 t»ART. I, CHAP. It.

en plutôt à la doctrine de saint Thomas, qui enseigne que c'est pour les Prêtres an devoir de célébrer la Messe aux principales fêtes de l'année, et spécialement aux jours où les pieux fidèles s'approchent de la sainte communion : Celebrare tenentur in praectpuis festis^ et maxime in illis diebus in quibus fidèles communicare cjnsueverint; ce que ses meilleurs commentateurs entendent de tous les dimanches et des principales fêtes de l'année. Celte doctrine est pleinement conforme à l'esprit du Concile de Trente, qui fait aux Évêques cette recommandation : Curel Episcopm ut Sacerdotes,saltem diebus dominicis et festis solemnibus^ $i antem curam habuerinî animarum^ tam fréquenter ut muneri suo satisfaciant. Hissas célèbrent fsess. xxiii, /î«/bm.,cap. xiv).

Q. 3. Pourrait-il se trouver des cas où un Prêtre serait tenu de célébrer même un jour férial?

R. Oui ; il peut se rencontrer quelques circonstances dans lesquelles un Prêtre, même sans tilre, est obligé de célébrer dans les jours fériaux, comme, par exemple, éi son Supérieur légitime le lui commandait, s'il fallait porter le saint Viatique à un malade en danger, et qu'il n'y eût pas de saintes hosties. Hors ces cas et quelques autres semblables, qu'on peut voir dans les Théologiens moralistes, il n'y a pas de péché à s'abstenir pour quelque motif raisonnable de célébrer les jours fériaux. Celte pratique a été celle d'un grand nombre de saints et de savants Prêtres, qui se privaient de la célébration de la sainie Messe quelques jours de l'année, par des motifs d'un profond respect, ou dans l'intention que cette privation du pain de vie ranimât dans leur cœur un désir plus ardent et plus vif de s'en nourrir.

Q. 4. Lequel est le plus louable, de célébrer souvent on rarement?

QUESTIOm^SUR LA MESSE. 7

R . Il est beaucoap mieux de célébrer la sainte Messe souvent, et même tous les jours quand on le peut, que de la célébrer rarement. En voici les raisons : 1« le Prêtre qui célèbre souvent communie souvent ; or la fréquente communion est une très louable pratique, fort recommandée par tous les maiires de la vie spirituelle; â^" la célébration fréquente est appuyée de l'exemple des Saints, qui ont toujours dit la Messe quand cela leur était possible. On peut citer saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Vincent de Paul, pour ne pas parler de beaucoup d'autres dont l'histoire ecclésiastique fait mention. Et, quoiqu'il s'en soit trouvé quelques-uns, même parmi les Saints, qui, par une sainte frayeur, n'ont célébré que très rarement, leur conduite en cela est plutôt k admirer qu'à imiter ; 5® enfin, la sainte Messe n est pas seulement a l'avantage du Prêtre, mais au profit de toute l'Église. Que tous les Prêires donc impriment en caractères ioeffaçakles dans leur esprit et dans leur cœur cette doctrine sentencieuse du Vén. Bède, reproduite par saint Bonaventure (lib. de Prsepar. ad. Miss., cap, v.) : Qui raro célébrai, cjuantum in ipso est^ privât S5. Trinitatem laude et gloria, Angeles laetitia^ peccalores venia^ justos subsidio etgratia^ in Piirgatorio existmtes refrigerio, Ecclesiam Chrisli spiriluali beneficio^ et seipsummedicina et remedio contra quotidianapeccata et infirmilates. Par quelles autres bonnes œuvres un Prêtre pourrait-il jamais faire compensation à de si grandes pertes? Que le Prêtre donc célèbre souvent, mais qu'il le fasse toujours avec les dispositions nécessaires.

Q. 5. Quels sont les jours où il n'est pas permis de célébrer?

R. Il a été défini, par plusieurs décrets de la sainte Congrégation des Rites, qu'on ne peut pas célébrer de

8 PART. I, CHÀP. III.

Messes à dévotion privée pendant les trois derniers jours de la Semaine sainte, c'est-à-dire ni le Jeudi, ni le Vendredi, ni le Samedi. Si cependant la fête de saint Joseph ou de l'Annonciation tombe le Jeudi de cette même Semaine, il a été ordonné aux Ëvêques par plusieurs Souverains-Pontifes de veiller à ce qu'en ce jour il soit célébré, outre la Messe conventuelle, plusieurs Messes privées, afin de procurer aux fidèles la facilité de satisfaire au précepte ecclésiastique de l'audition de la Messe. Mais cette disposition n'est que pour ce jour-là, et non applicable au cas où ces fêtes tomberaient un des deux jours suivants ^

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