‹ Cérémonial selon le rit romain (volume 4)Chapitre 8 sur 159 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la confMslon sacramentcne du Prêtre.

Question!. Le Prêtre est-il obligé de se confesser avant la Messe?

Réponse. Oui, sans aucun doute, toutes les fois qu'il a connaissance ou doute fondé d'être en état de péché mortel; et alors, quand même il lui semblerait qu'il a la contrition parfaite, il y a encore pour lui l'obligation de se confesser, conformément à cette déclaration du saint Concile de Trente : Quantumcunque se contritos exista

* Potur la parfaite intelligence de ces dispositions, il faut se rappeler, 1^ que les Messes privées sont en général interdites le Jeudi saint et le Samedi saint (Dec, de la S. G. des R. 19 décembre 165iC, 20 mars 176'>, 22 décembre 1770) ; 2« que la fête de saint Joseph ou celle de TÂnnoncialion tombant dans la Semaine sainte est renvoyée après Toctave de Pâques quoad officium^ mais non quoad feriationem : en sorte qu'il y a précepte d'entendre la Messe le jour de Tincidence, et non le jour de la translation ; 3» enfin, que si Tune de ces fêtes tombe le Vendredi saint ou le Samedi saini, elle est transférée quoad û/ficium et feriationem, et qu'alors le précepte d'entendre la Messe est pour le jour de la translation (Dée, 11 février et 11 mars 1 690, 14 juin et 15 septembre 1692).

ment^ habita copia Confessons^ necessario praemittmdam esse œnfessionem sacramentalem. (Sess. xiii, c. vu.) Cette obligation résulte clairement de ces paroles de saint Paul aax Corinthiens : Probet autem seipsum homo^ eî sic de pane illo edai. (I Cor.^ c. xi.)

Q. 2. Ce précepte oblige-t-il toujours?

R. Il pourrait se rencontrer des cas pressants où le Prêtre, qui ne trouverait pas le moyen de se confesser, célébrerait licitement après s'être excité de tout son pouvoir à la contrition. Tel, par exemple, le cas où il ne pourrait omettre de célébrer sans se diffamer gravement ou sans scandale ; celui où il se souviendrait de quelque faute grave après la consécration ; celui où, n'ayant pas de saintes hosties, il devrait administrer le saint Viatique à un mourant, etc.

Q. 5. Que doit faire le Prêtre qui aurait célébré dans ces circonstances?

R. Il doit se confesser au plus tôt. Voici les paroles du saint Concile de Trente (Sess. xiii, c. vu) : Quod si^ nécessitais urgente^ Sacerdos absque praevia confessions celebraverit, quamprimum confiteatur.

Q. 4. Ces paroles renferment-elles un simple conseil?

R. Bien qu'il soit clair que ces paroles du Concile de Trente renferment un précepte, il s'est pourtant trouvé quelques Casuistes qui ont soutenu le contraire ; mais leur opinion a été condamnée par Alexandre VU dans cette proposition xxxviii : Mandatum Concilii Triden^ tint Sacerdoti sacrificanti ex necessitate cum peccato mortali confitendi gtiampnmum, est consilium, non prc^ ceptum.

Q. 5. Quel sens faut-il donner au mot quamprimum?

Q. Quelques-uns, interprétant ce mot ^ leur fantaisie^ ont dit qu'il suffisait de se confesser le jour où l'on s'api-

\0 PART. ï, CHAP. ni.

proche ordinairement du tribunal de la pénitence, sans anticiper aucunement sa confession. Mais le même Pape Alexandre VII a condamné celte opinion dans celte proposition XXXIX : nia particula (quamprimum) inUlli' gitur mm Sacerdos suo tempore confitebatur. Le vrai sens de cetle expression parait être qu'on doit se confesser aussilfM qu'on en a la facilité, dès le jour si on le peut, et même en revenant de l'autel à la sacristie, si l'on y trouve un Confesseur et qu'on puisse le faire sans donner h quelqu'un sujet de scandale ; car, lorsqu'on a formé un propos véritable et sincère, on l'exécute k la première occasion.

Q. 6. Quelle doit être la fréquence de la confession du Prêtre?

R. Celui-lk serait dans l'erreur, qui penserait n'avoir pas matière k confession : Si dixerimus (cette sentence est de saint Jean, ép. I, c. i) quoniam peccatum non habemus, ipsi nos seducimus^ veritas in nobis non est Aussi saint Augustin conseille-t-il la fréquente confession, estimant trop difficile qu'il manque jamais matière suffisante à ce sacrement : Semper confitere, quia semper habes quod confitearis; diflicile enim est in hac vita ut homo mundetur^ ut nihil inveniat in se quod confiteatur (m Ps. xcix). Saint François de Sales recommande à Philothée, qu'il suppose personne séculière, de se confesser humblement et dévotement tous les huit jours. Il semble doncque ce directeur si éclairé demande quelque chose de plus d'un Prêtre. Et en effet, parmi les règles qu'il s'est prescrite à lui-même, on trouve la suivante : « Il se confessera de deux en deux, ou de trois en trois » jours, sinon que la nécessité porlât aulremcnt. » Egalement saint Charles Borromée, dans 1 Inslruction générale qu'il donne aux Prêtres, met la conicssion deux

Q13ESTION8 SUR LA MESSE. il

OU trois fois la semaine ; a parce que, ajoute le saint » Prélat, le Prêtre ne doit pas se contenter d'être pur 2» de péché mortel, mais il doit se garder des fautes vé- » nielles, en faire l^objet de ses examens et les confes* 2» ser : car^ quoique ces fautes ne rendent pas l'homme » indigne d'offrir ceSacriGce, néanmoins elles lui ôtçnt » la ferveur de la charité, le goût, la saveur et les con- 9 ttolations spirituelles qu'ont coutume de trouver dans ce » pain céleste les âmes pures et exemptes de âels péchés, j» Et il est à craindre qu'en faisant peu de cas de ces sortes x» de fautes, et en célébrant sans en être purifié, on ne » tombe en quelque péché mortel occulte : car les pé- » chés véniels dont on prend peu de souci y disposent. » Lui, qui s'y entendait bien, se confessait tous lea^ jours. C'était aussi la pratique de saint André Avelliuo, de saint Ignace de Loyola, de saint Vincent Ferrier, et d'autres Saints, dont on ne peut croire qu'ils aient eu plus de matière a apporter à ce sacrement que le commun des Prêtres. Confessez-vous donc le plus souvent que vous le pourrez, et au moins tous les huit jours '.

Q. 7. Est-ce un usage recommandable que d'avoir habituellement le même confesseur?

R. Non-seulement c'est un usage recommandable^ mais on pourrait dire que c'est une chose en quelque sorte nécessaire, si l'on considère les pressantes recommandations de tous les maîtres de la vie spirituelle au

* Matthieu Beiivelet, dans ses Méditations de la vie ecclésiasiiquef donne )a même règle de conduite. In des moyens de vivre et de persévérer dans l'état d*mnocence et de pureté nécessaire à un prêtre, « c'est, dil-il, de se con- I fesser souvent, c'est à dire à tout le moins une fois la semaine, sauf les cas extraordinaires, t (Part iv, médit. CXLI.) Toutefois il fout reconnaître que de Imiis et saints prdlres s*tD tiennent à se confesser régulièrement tous les quinze jours.

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